CHAPITRE XXXV
Qu'il ne faut •oobaîter que cc qai plall i Dira
Il faut trouver la paix et la tranquillité de notre ime dans racromplissement de la volonté de Dieu. Si noos avons commis des péchés, si nous avons excité les autres à en commettre , si ces péchés -là ont eu des suites dangereuses, nous en devons concevoir une douleur très sincère, et tâcher de les effacer par nos larmes, et de les expier par une satisfsctiim dont la rigueur réponde à leur énormité. Mais il fout aussi éviter l'inquiétude et le trouble, et travailler paisiblement à notre amendement, en implorant la miséricorde de Dieu , qui a permis que nous soyons tombés , pour nous apprendre à ne nous |ias élever, mais à craindre , et à ne nous pas attribuer ce qui lui appartient.
Nous attendrons de lui avec un esprit humilié et avec un cœur contrit le pardon et la miséricorde, comme un serviteur attend avec patience l'arrivré de son maître, qui viendra quand il lui plaira. lat serviteur fidèle et prudent ne souhaite rien et ne demande rien <pie la volonté de son maître , et dans quelque événement que cc soit, il dit de tout son coeur : « Oui , mon Père , je vous en rends gloire , parce que vous l’avez voulu ainsi. Que votre volonté soit faite. B Je suis prêt à me soumettre à tout ce qu'il vous plaira d'ordonner. Voulez-vous que je sois malade, ou que je me porte bien? A'oulez-vous que jcjouis.se de la douceur de vos consolations, ou que je .soi.s dans l’amerlnme et les ténèbres? Voulez-vous que je sois dans l'abondance, ou dansladiscltc?Jesoisconlcntdetout
ce que vous voudra foire; foltes de mol cequ’il vous plaira.
Cette préparation d’esprit et cette indifférence à tout ce que Dieu veut, rend l'homme intrépide et inébranlable, et le met au-dessus de toutes sortes de disgrâces , de soins , et d'inquiétudes. En effet, si le Sauveur nous a défondu de nous mettre en peine où nous trouverons de quoi manger , de quoi noos vêtir , de quoi entretenir notre vie, il nous a plus étroitement défondu de nous mettre en peine des autres choses moins nécessaires. On perd la paix de l'esprit quand on la dierche avec trop d'empressement. Ainsi, il font se délivra absolument de tous les soins pour se reposa uniquement dans ia volonté de Dieu.
La curiosité, qui nous foit rechercha te qui nous doit arriva, est un effet de l'amour que la nature a pour tout ce qui lui est propre , et de l'aversion qu'elle a pour tout ce qui lui est contraire. Dieu qui voit du haut du ciei ce qui se foit sur la terre , sait ce qui est avantageux à chaque homme en parliculia, et disposant de toutes choses ava autant de douceur que de force, il prend un soin singulia de ceux qui se leposent sur sa providence, et qui ne veulent dépendre que de lui.