CHAPITRE XXXVII
que l'ctpril et U perSectioa de ta retisko duVIioiiic onaialcm daiM la cbaiitf.
Bien que par la A>i que i^s recevons au baptême nous acquérions le nom de Chrétiens, et
VIE CHRÉTIENNE
que noos le soyons en effet, il est vrai pourtant que l'esprit et l'àme de la religion chrétienne consistent dans la charité, et que ce n'est que par elle qne nous pouvons vivre chrétiennement. Comme Dieu, poussé per l'amour extrême dont il nous a aimés, a envoyé son Fils au monde aAn qu'il noua rachetât par son sang , noos devons aussi l'aimer de tout notre cœur et de toutes nos forces, et notre prochain comme nous- mêmes. C'est en cela que consiste cet amour, que ce n'est pas noos qui avons aimé Dieu, mais que c'est lui qui nous a aimés le premier, et qui a envoyé son Fils pour être la victime de propitiation pour nos péchés. Cest le premier et le principal commandement où toute la loi et les prophètes sont renfermés. Le fondement de notre foi est de savoir et de connaître l'amour de Dieu envers nous, par lequel, lorsque nous étions encore ses ennemis, nous avons été réconciliés avec lui par son Fils Cest le feu que notre Rédempteur est venu jeter dans la terre; et que désire-t-il, sinou qu'il s'allume? Cest l'esprit des premiers Chrétiens, qui n'étaient qu'un cœur et qu'une àine. Cest comme l'âme qui donne la vie au corps de l'Église. Cest une marque que Jésus-Qu'ist notre .Seigneur nous a laissée, pour distinguer ses disdples d« ceux qui ne le sont pas, lorsqu'il nous a dit : • Cest en cela que tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres.! La perfection de la vie chrétienne consiste dans cet amour par lequel nous nous unissons â Dieu. Or, comme la perfeotion est un uuvrage de la grâce, nous ne devons pas présumer d'y arriver par les forces de la nature, ni mettre notre conAancc en nous, mais en Dieu, et implorer continuellement son secours, aAn qu'il nous présene du mal auquel noua I sommes si fort portés de nous-mêmes, et qu'il nous délivre des tentations que nous suscitent nos ennemis, dunt les ruses et les pièges sont innombrables. Que si nous tombons dans quelque péché, et qu'après notre chute nous perdions courage, c'est une nurqiic évidente que nous avions mis notre espérance en nou.s-mémes, au lieu de la mettre en Dieu. Celui qui se déAe de soi-même, reconnaît sa faibles.se, prie Dieu avec plus d'ardeur, et combat avec plus de courage.
Ur, le désir d'arriver â ly perfection doit être
P.\n l.F, CARDINAL BONA. -PARTIE 11.
mi dAsir rfficacc qui croisse de jour en jour, et qui excite ssns cesse aux bonnes (Fovres. Ce n'est pas assez de louer la perfection et de la recommander aux autres, il faut travailler pour l’acquérir de peur d'étre du nombre de ceux qui ne détestent les imperfections et Ici péchés que dans les autres. L’homme sera dans cette perfection lorsqu'il aura présenté h Dieu son âme pore, nue , simple , sans malice , sans affection pour les créatures , et détachée des plaisirs de la terre.