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CHAPITRE Xl.l

fie U féritible aniilk. ^

I.'amilié cimsisic dans la communication des biens, d'où il s’en.suit que l'amitié est telle que sont les biens que les amis se communiquent. Or , il n’y a point d'autres biens vérilabics que les étemels et les surnaturels , et parlant l'araitié solide consiste dans la communication de ces biens-là. L'amitié chamelle se rompt aisément , parce que l'esprit ne demeure pas toujours attaché aux choses sensibles. lai spirituelle au con traire Se consene, parce qu'cncorc qu'il survienne quelquefois de l'aigreur entre les amis, I néanmoins la cliarité l'adoucit et la consuuic. '

PAR LE CARDINAL

I.’imitiéqui attache l'Ame à la personne aimée est une amitié dan('crciise qu'il faut fuir, et dont il faut étouffer les premiers mouvemens , de peur qu'ils ne corrompent l'Ame par la douceur de leur poison. Cet attachement parait quand la personne que nous aimons occupe toutes nos affMions et toutes nos pensées, quand notre cœur SC repose dans elle comme dans son centre, et que nous lui consacrons toutes nos actions comme A une idole. Bien que cette amitié semble pure et innocente, elle ne laisse pas de devenir peu A peu cliamelle et d'amollir le cœur. hommes de pndtité sont toujours (paves, ils sont sérieux et doux envers tous; mais ils ne sont caressans envers aucun , ni familiers qu'avec peu de personnes.

I.,a modestie , la prudence , la sévérité et la droiture de l'équité paraissent dans leur conversation. Leur vie est tout intérieure , et ils ne se répandent point au dehors par leurs actions , ni par leurs paroles. Ils ne sauraient se dispenser de converser quelquefois avec les hommes ; mais dès qu'ils les ont quittés , ils oublient ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont entendu parmi eux pour s'attacher uniquement A Dieu. Ils usent d'une fpande prudence quand ils ont A I raiter avec ceux qui marclient par un autre chemin qu'eux , et qui tendent A une autre fin. I.eur conduite est aussi difKrente que leur inclination. Lin liommc du ciel et on homme de fa terre n'ont (;arde de s'accorder, puisqu’ils ne s'entendent pas , et qu'ils ne parlent pas le même lao(;a(;e. Comme un homme qui a la (teste la peut donner par son haleine, ainsi les liummes uliamels communiquent une contagion secrète A ceux qui approchent d'eux. Les malades ne ipiérissent (toint en s'approchant de ceux qui se portent bien , au lieu que ceux qui se (tortent biai s'infectent souvent en s'approchant des malades.

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