CHAPITRE XLIV
De t'obtiffAiloo d'aitoef- le* eanemi*.
L'amour des ennemis est une vertu tout-â-fbit héroïque, et le comble de la perfection de l’ËvangUe. Le Sauveur noos en a fait lui-mème le commandement, quand il nous a dit : a Et moi je vous dis: aimex vos ennemis, faites du bien â ceux qui vous haïssent, et priex pour ceux qui vous persécutent et qui vous calomnient, afin que voua soyei enfans de votre Père, qoi est dans le ciel , qui fait lever son sideil sur les bons et sur les méchans, et fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. » Comme ce commandement est dur à la chair et au sang, le Sauveur qui le donne élève nos esprits quand il dit : « Afin que vous soyex les «fins de votre Père qni est dans le ciel ; * afin qu'oubliant notre naissance corporelle, nous vivions selon la spirituelle, que nous avons re(ue de Jésus-Christ il ne nous oblige pas seulement â aimer nos ennemis, mais encore â leurfidre du bien, â avoir des senti- 'mens qui leur soient avantageux, A parler d'eux favorablement, à prier pour eux; et si nous manquons à quelqu’un de ces devoirs, notre Père ne noos pardonnera pas nos péchés, comme le Sauveur nous en menace.
L'apôtre nous a dit aussi : ■ Si votre ennemi a fiiim, donnex-lui â manger; s'il a soif, donneilui â boire. Ne vous laissez point vaincre par le mal , mais travaillexâ vaincre le mal par le bien. > Il n’est pas en notre pouvoir de n'ètrc pas vaincus par les hommes, mais il est en notre pouvoir de n'étre pas vaincus par le mal. Celui-là est vaincu par le mal, qui Imit ceux qui lui font du mal, et celui-là vainc le mal par le bien, qui les aime de tout son cmir comme ses bicnfiiiteurs, qui a compassion de leurs maux et qui les soo^ Lige avec joie. L'amour |>ersuade mieux de cette vérité que tous les argumens des philosophes ne sauraient faire. Il faut craindre, non les maux (|iic les humnies nous peuvent faire par leurs
PiVR LE CARDINAL
ictioDS ou par leurs paroles, nuisceoxque nous nous ferions en les haïssant, en entrant en impatience, en cherchant la vengeance. R n’y a que l’amour qui nous rende invincibles et qui nous mette au-dessus de tous les maux. • Les eaux des adversitüs et des persécutions n’ont pu éteindre l’amour, et les fleuves ne Hnonderont point. > U faut qu’un embrasement soit bien ardent, quand les fleuves ne le peuvent éteindre.