CHAPITRE XLVII
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les hommes souhaitent naturellement savoir, et le désir de la science croit en eux i mesure que la science même y croit. Quand ils sont parvenus âce haut point de suffisance, qu'ils s'imaginent avoir acquis de sublimes connaissances louchant la nature divine, ils en sentent une extrême joie, et ont une très grande estime des spéculations qui la leur apportent. De lâ vient qu’ils aiment quelquefois mieux la connansance de Dieu que Dieu même. C’est ainsi que les philosophes ayant connu Dien ne l'ont point glarifié , mais se sont égarés dans leurs vains ralsonnemens, et qu’an lien d’aimer Dieu ils se sont ahnés eux-mêmes et leur science. Il y a de la sorte plusieurs Chrétimis qui aiment plus et estiment plus la science et l’amonr de Dieu que Dieu même et ta volonté. Il est difficile de regarder un bon miroir sans y voir son image. Il est impossible de regarder Dieu , qui voit toutes les créatures, sans nous voir aussi en quelque sorte en lui; mais il faut attacher de telle suite notre coeur â lui par l'amour de sa beauté éternelle et de sa bonté infinie, que nous ne nous arrêtions ni â la simple vue, ni au plai-