CHAPITRE XLIX
Que II fériUble taioteté ooniiftc daiu l’amour de.lHco!
Dieu nous a commandé d’étre saints, quand il nous a dit : < Soyez saints parce que je suis saint. » La sainteté n’est rien autre diose qu’une pureté parfaite et exempte de tonte tache ; car > comme toutes les choses se gâtent et se corrompent par le mélange de celles qui leur sont inférieures , comme l'argent s'altère par le mélange du plomb , qu'une étoffe se salit par le rejaillissement de la boue, ainsi l'àme se souille par l'attache qu'elle a au monde , et ne peut jamais être pure et sainte qu'elle ne se détache de tout ce qu'il y a de créé.
La sainteté consiste donc dans une pureté parfaite et dans une union étroite avec Dieu , où l'àme se trouve lorsque étant délivrée de la rouille des passions terrestres, et élevée audessus des créatures, elle peut dire hardiment et véritablement avec Tapôtre : • Qui me séparera de l'amour de Jésus-Christ ? Serace l’afHic. tion , ou les déplaisirs , ou la persécution , ou la fsim , ou la nudité , ou les périls, ou le fer, ou la violence ? Je suis assuré que ni la mort , ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni tout ce qu'il y a au plus liautdes deux, on au plus profond des enfers, ni toute autre créature ne nous pourra jamais séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ notre .Seigneur.
le jeûne, les aumônes, les austériiés rorpo-
Diyiiiiitju uy
relies, b INipienutlao des sacremens et d'suires pratiques semblables peuvent beaucoup contribuer à l'acquisition de la sainteté. Mais elles ne servent de rien sans l'amour, non pas même a celui qui, selon la suppusilionde l'apOtre saint Paul , aurait distribué tout son bien pour nourrir les pauvres , ou livré son propre corps pour être brûlé. On peut être quelquefois dispensé de la pratique des autres vertus ; les malades sont dispensés du jeûne, les panvres de foire l'aomûne, les infirmes de se mortifier par les (pendes austérités; mais nul n'est dispensé d'aimer Dieu et d'accomplir ce précepte ,quiestlafindetous les autres et la perfection de la loi.
La pauvreté , la maladie et les autres obstacles qui empêchent d'exercer les autres vertus , servent a entreteniret a nourrir l'amour. Il est dans notre cœur, et quand Dieu nous le demande , il ne nous demande rien qu’il n'ait mis au milieu de nous-mêmes. C'est la seule chose nécessaire, et qui nous suffit pour nous rendre saints. C'est le principal commandement, le plus aisé et le plus doux ; car qu'y a-t-il de si doux que d'aimer? Qui est-cc qui oserait dire, je ne saurais aimer? Celui qui aime Dieu seul, l'aime en toutes choses, et toutes choses en lui; et celui qui aime quelque chose autrement qu'en Dieu et pour Dieu, n'aime point Dieu, parce qu'il aime quelque chose qui n'est point Dieu. Il n'y a rien ni au-dessus ni à côté de Dieu , et partant l'ûme ne peut se détourner de lui qu'elle ne se tourne vers ce qui est ■ au-dessous; et quand die s'y sera tournée, jamais elle ne pourra se décharf^r du pmds des clioses inférieures dont elle sera accablée qu'en se rapprochant de Dieu, d’où elle s'était malheureusement éloignée.
Nous sommes donc obligés , pour être saints , de sortir de nous-mêmes et de tout ce qui est hors de Dieu , pour rentrer dans ce prindpe d'où nous sommes tombés, et pour nous attacher si inséparablement à lui que nous ne soyons pins avec lui qu'une vie, un esprit et un bonheur.