‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 595 sur 684 · CHAPITRE Mil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mil

De l'niTie d de lâ parveir. Caractère de l'im rl de l'autre, La mnèdes comenablcf i nt ^icrt.

I. L'envie est son bourreau à cllc-méme. Elle se déchire avant que d'allaqucr l'objet qui la blesse. Si le châtiment suit de près les autres vices , il aaompagne et précède même celui-d , puisque la prospérité d'un voisin foit son tourment rl que les avantages d'un rival le consument d'ennui. Cest ainsi que le crime et la peine marchent d'un pas égal. Les autres vices ne combattent que quelque bien particulier. L’envie combat tous les biens , et détruirait , s'il lui était possible, la nature de toutes choses. Elle est opposée à la bonté de Dieu , qui répand avec profusion les richesses de .son être. Elle est contraire â l'état des bieuhrurrux , qui ne jouissent pas moins de la félicité des autres saints que de la leur. Elle l'est à la charité chrétienne, qui sait SC réjouir des avantages de scs ennemis. Elle l'est enfin â la lui naturelle , qui nous porte à souhaiter â autrui lessbiens que nous avons. Comme un œil malade est blessé de la lumière du jour, l'envieux ne peut souleuir l'éclat de la vertu d'autrui. Il ne voit (|ue trop pour son repos le mérite des Immmes ; et c'est peut-être de lâ que le mot latin tire son origine.

3. Satan n'a de la jalousie que contre nous , et non pas contre les autres anges rebelles, tandis que vous , qui êtes homme, portez envie aux Immmes; plus méchant en cela que les démons. Rien ne marque tant un cœur petit et qui se sent même contraint d'avouer sa faiblesse ; car on oc porte envie à quelqu'un que parce qu'on croit voir eu lui des lalens ou des vertus qu'on n'a

PAR LE CARDINAL lîONA. 371

Vniilez-volu ctmer d'ttreenvieuj.? ni£pri- Kz les biens périssables de ce monde , aimez les éternels. Un homme épris des choses célestes est bien éloigné d'envier ani autres ce qui doit bientôt finir. Uii prince ne s'avise pas de souhaiter les instrumens dont se sert un vil artisan. De même un esprit occupé de grandes choses dédaigne les petites. Hélas ! n’a-t-on point assez de ses propres mauz sans se faire un tourment du bonheur d'autrui.’ Gomment .serez-vous jamais heureux , si une félicité plus grande que la votre est capable de troubler votre repos? Ce que vous enviez à votre prochain, vous uele posséderiez peut-être pas quand il en serait privé. Mais j’entrevois un moyen de vous associer ô ses honneurs et de vous Faire partager avec lui ses richesses et ses plus rares talens :aimez-le sincèrement , et ses avantages seront les vôtres. On jouit sans embarras des biens de son prochain lorsqu’on a de la joie de l'en voir revêtu.

3. Je joins la paresse ô l'envie , parce <pie Tune et l'autre nous partent à la tristesse. Celle-ci s’afflige sur le bonheur d'autrui , celle-là est inscDSibleausien propre. Toutes deux ne peuvent entrer que dans un cœur lâche et bas. Comme I l’envie lue les petits, d la paresse est le vice d’un esprit languissant, d’une âme dégoôtée des biens invisibles, laquelle s'imaginant toujours des difficultés dans l’entreprise , n’ose rien de grand et de noble. > l,e paresseux veut et ne veut pas. » Toujours inconstant et léger, incommode à autrui , à charge à soi-méme , et trainanl partout son lien, il ressemble à ce morceau de bois que les enfàns font tourner par des coups de fouet redoublés, qui s’agite eu rond et n'avance pas. Le paresseux veut toqjours foire et ne foit jamais; il est comme l’eau tiède. Les hommes ne le peuvent goûter, «et Dieu même le vomit. «En vain désirez-vous votre salut, si vous ne sortez de l’assoupissement oû vous êtes, et si vous ne recueillez toutes vos forces pour vous animer à de grandes choses. Gomme l’oiseau est foit pour voler, l’homme est né pour la peine. Ou bien il travaille pour les choses du ciel , ou bien il est esclave du monde et de ses convoitises. Quels mouvemens ne se donne-t-il pas pour être riche et pour obtenir une dignité ardemment désirée P Combien en coôte4-il pour contenter ses passions? N’aura-t-on de l’indifforenee que pour le bonheur éternel? Rougissez

d'éirr sans vivacité dans une affiiire si importante. Le travaii est court , la récompense est immortelle. Il n'y a rien que l'homme ne puisse surmonter avec le secours de lagràce. Ayez du courage et bientôt vous verrez disparaître ces vains fantômes que l’amour-propre vous présente. Il ne fout que vouloir fortement une chose pour en venir à bout. Faites ce que vous pouvez I et rien ne vous sera impossible. Dieu n’aban- ' donnant jamais quiconque travaille pour hii.

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