CHAPITRE XI
Qu'il faut tort Ire un frein i ta langue. Conüiten il «t Important et eo rntoie temps difOdle de la dompter. Ce qu'il but obserrer en parlant. Ce qu'il faut «vilrr. Uaiu quelle diiposiliou on doit Mufrfir les mauvais discours.
1. Comme « la vie et ta mort dépendent de la langue, > il est si nécessaire d'y mettre une garde, que j’ose dire qu'on le doit fiiire avec le même soin dont on conserverait la prunelle des yeux. On compare celui qui n'est point le maître de sa langue à une ville ouverte de toutes parts. Il faut pourtant avouer que sans le secours du ciel il est presque impossible de la retenir, et que l’homme qui dompte les lions , les ours et les taureaux, peut â peine dompter cette faible partie deliii-mème. 11 est né avec une si grandeenvie de parler qu’il se sent naturellement porté â produire au dehors srs plus légères idées et ses moindres désirs. Cela vient pcot-étre de ce que la langue étant voisine du cerveau , en est plus facilement ébranlée, et est plus â portée d'exprimer par les paroles les impressions qu'elle en reçoit ; mais en même temps la nature a mis an- ' devant d'elle le double rempart des dents et deslèvTes, pour vous apprendre que c'est un ennemi dangereux que vous devez garder avec soin. Au reste la vigueur de l'esprit s'aflâiblit