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CHAPITRE XVI

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I . L'espérance est une passion vaine et trompeuse, et le songe d'un homme qui veille , si elle ii'a Dieu pour objet , qui peut vaincre seul les plus grands obstacles. Pourquoi vous tourmentrr dans ralirntc d'un bien incertain, et porter vus pensées jusque dans l'avenir? Vous espérez parce que vous êtes rempli de vains désirs, et que vous avez une haute estime des biens de la terre; mais vous ne serez jamais heureux lorsque vous aurez cette passion dans le cunir ; ne lui donnât-on pour but que des choses aisées à obtenir, et plusieurs fois obtenues, elle répand toujours dans une âme l’inquiétude et le trouble. Comme on ne s'avise pas de vouloir monter sur des lieux inaccessibles , on ne doit point se promettre ce qui ne dépend pas de soi. Si vous étudiez les misères de la vie , vous verrez que ce qu'elles ont de plus insupportable est de retran cher les espérances.

3. On ne saurait trop s'accoutumer â regarder ce qui nous environne comme sqjet au changement et â la mort , et comme suspendu à un fil très délié sur un précipice. N'oubliez jamais que vous êtes mortel, et que vous n’avez nulle assurance de prolonger votre vie jusqu'à la fin de ce jour, ni même de cette heure. Dieu vous | ayant donné à titre d'usufruit ce que vous possédez, il dépend de lui d'en étendre ou d'en resserrer la durée. latrsqu'il vous le redemandera , c'est à vous à le rendre sans vous plaindre. Concluons qu'il n'y a rien sous le soleil qui doive exciter nos espérances, et que le seul bien souverain et véritable est en droit de les animer.

.3. L'indolence, la petitesse du cœur, la crainte excessive des difficultés prévues, la défiance de soi-même et le manque d’habileté, sont les causes ordinaires du désespoir; mais on l’adoucit en se représentant les exemples de ces hommes généreux qui ont surmonté de plus fâcheux obstacles, et qui sont sortis de plus grands périls que ceux où Ton se tnmve. Commencez par agir et recueillez toutes vos forées. Dieu vient au secours de celui qui travaille. D'ailleurs

combien de choses rebutaient par la difficulté qu'on trouve aisées dans la suite I II était destiné de toute éternité que ce mal vous arriverait. Ou bien il est supportable, ou il est audessus des forces de la nature. Si vous pouvez l'endurer, soufliœz et ne vous désespérez pas ; si vous ne le pouvez, ne perdez pas pour cela tout courage; il finira après peu de inomens, en mettant fin à votre vie. Pensez quece qnise peut souffrir est léger, et qu'il dépend de vous d'adoucir les plus grands maux, en les regar- <lant comme nécessaires et utiles , el comme des occasions d'exercer la vertu.

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