CHAPITRE XIX
Tk fttal de cnrr qd trincrDl dani la Terta. Utiatnirt noyem d'y Mre dee pragrèa. De Tntiiiie qu'on doit bire do lempa. De K>o emploi. Qu’il but loojoun oonatrrcr la prtaeooe de Dieu.
I . Si vous voulez devenir parfait , vous devez avoir toujours vos défauts devant les yeui, et brûler d'un désir d'avancer dans la vertu; parce que ne vouloir pas y fiiire des profp'és , c'est reculer. Continuez donc votre route, et marcliez à grands pas , afin de jouir de bonne heure d'un cœur pur et d'un esprit tranquille. Vous connaîtrez au reste que vous êtes changé en mieux, si vous apercevez en vous des défauts qui vous avaient jusque-là échappé ; conune c'est dans un malade une marque de guérison de sentir son mal qu'il ne connaissait pas encore. DéBez-vous continuellement de vouMnéme ; examinez votre cœur, et jugez de votre avancement spirituel par la supériorité de votre raison sur vos passions aflâiblies. Cest un bien estimable que se posséder et être d'accord avec soi. Comme le méchant change à toute heure, l'homme de bien est toujours le même.
3. Si vous pouviez en un jour vous détacher de toute affection aux créatures et vous tourner vers Dieu de tout votre cœur, vous parviendriez en un jour au comble de la sainteté. Voici les marques auxquelles vous reconnaîtrez que vous marchez devant Dieu d'une manière qui lui est agréable. Si vous n'avez que du dégoût pour les choses passagères du monde, si vous aimez la retraite , si toutes vos actions tendent à la perfection , si vous méprisez enfin les jugemens des hommes, vous êtes sans doute dans les voies du Seigneur. Vous vous fortifierez au reste dans ce chemin pénible, en méditant assidûment la vie et la mort de Jésus-Christ ; car le divin Sauveur est un livre oû l'on trouve tout ce qui est nécessaire pour le salut étemel. Quand tous les livres seraient perdus, on puiserait dans lui, comme dans nne riche bibliothèque, les plus sublimes connaissances. Mais ce n'est pas assez de connaître Jésus<lhri8t et de penser en lui , si ou ne l'imite en pratiquant ce quil a enseigné , comme il l'a pratiqué lui-même. Un a besoin d’un anssi gruid modèle . pour réformer sou cœur.
3. Quelqu'un a dit fort sagement que pour avancer dans la piété, il faut continuellement
appliquer des renoèdes à ses maux. En effet , une infinité d'obstacles empêchent d'arriver au comble de la vertu. Tel est l’amour excessif de soimême ou de quelque créature. Telles sont ces affections qui renaissent , qui jettent le trouble dans rame et qu’on ne quitte qu’à regret. Tels sont les épanebemens de cœur dans de longues conversations, la délicatesse des repas , l'inquié tude dans les affaires temporelles, l'attachement à son sens et le peu d'attention que l'on fait aux mouvemens de la grâce et à scs impulsions toutes divines. Voilà les obstacles. qui vous arrêtent, voilà les difficultés que vous avez à surmonter. Que la vertu anime vos actions; que la vue de votre dernière fin vous soutienne et vous inspire une promptitude et une activité toutes saintes ; que de pures intentions vous guident , et que chaque choseque vous ferez soit conforme à l'idée de perfection que vous eu avez conçue. Mesurez votre progrès dans la vertu, moins par le nombre de vos exereices spirituels que par la manière dont vous vous en acquitterez. Ce n'est pas ce que l'un fait qui mérite d'être loué, ce sont les conditions dont on aatanpagne chaque action.
4. Le Ksnps fuit , les jours échappent , et ce qui est passé ne peut revenir. Vous ne vivez pas cependant, mais vous pensez à vivre, peu touché de l'heure présente , et toujours occupé du lendemain. Taudis que vous amassez de quoi passer la vie commodément , elle s'écoule : la vieillesse arrive, la mort vient, et ne vous trouve pas encore préparé. Gomme les voyageurs , qui trompent par leurs discours l'ennui d'un long chemin , se trouvent tout d'un coup arrivés au terme dont ils se croyaient fort éloignés, on est surpris de se voir à la fin d'une vie passée au milieu des embarras des affaires et des vains amusemens. Que tardez-vous donc à bien user du temps qui vous est donné? Mettez à profit ce jour-ci et cette heure même , puisque leur perte est irréparable. Vous êtes si attentif à conserver vos possessioos et à empêcher qu’on ne les usurpe. Sur la moindre conleslatioa pour des limites , vous intentez des procès et vous avez même quelquefois recours aux armes. Il n’y a que votre temps que vous vous laissez volontiers dérober, et que vous abandonnez à toin les hommes; vous montrant prodigue d’une chose de laquelle seule il voua sied bien d'être
LE CHEMIN DU CIEL
svare. Compte! vos «nuées et pensez à l’usage que vous en avez bit ; vous trouverez que, quand vous auriez vécu un siècle , vous avez peu vécu. I.e sommeil , les repas , les procès , les amis , les discours oisifs «n ont emporté la meilleure partie. Si vous jqoutez i cela le temps que vous avez passé à ne rien faire , ou à faire toute autre chose que ce que vous deviez , vous compterez à peine dans une longue vie quelques jours utilement employés pour vous-même, et la mort vous paraîtra toqjoors prématurée. On vous entend quelquefois vtNis plaindre que les heures passent vite, et que vous les avez perdues; mais que ne vivez-vous de aorte que vous ne puissiez ne pas les rqpetter, et vous dire à vous -même : quand ils reviendraient ces jours écoulés si rapidement , je n'en voudrais pas foire un autre usage. Puisqu'il n'y a que chaque jour qui nous soit présent , et qu'il ne nous l’est que par les momens dont il est composé , on doit en jouir à l'instant, et ne pas attendre un avenir qui ne dépend pas de nous. Les espérances et les délais font en quelque aorte qu'on ne vit pas. Pourquoi compter sur le lendemain? Vivez dès aqjourd'hui.
6. Ayez Dieu seul en vue dans toutes vos pensées , dans toutes vos paroles , et dans toutes vos actions , et soumettez-vous absolument i sa volonté. Quand on a Dieu pour guide on ne se peut égarer. Tout ira bien , si vous rapportez tout i sa gloire, et si vous vous regardez toqjours comme marchant en présence de celui qui voit tout , qui soutient tout et qui pourvoit a tout. En vain voudriez-vous édiapper i ses regards. Il est intimement présent non-seulement à vos discours et à vos actions, mais même è vos plus secrètes pensées. Ne croyez pas être seul lorsque vous vous êtes enformé dans voire chambre , ou que vous vous trouvez envirutmé de ténèbres. Dieu est avec voua, et il sanctifiera votre retraite, si vous vous entretenez avec lui. a C'est en lui que nous vivons, que noos agissons et que nous sommes. » Mangez , parlez, promenez-vous en sa présence. Appdez-le dans toutes vos affoires , et vivez de sorte qu'il daigne jeter sur vous des regards pleins de miséricorde et d'amour. Cest un heureui engagement d'être homme de bien, que de marcher toujours devant son juge. Vivez comme s'il n'y avait dans l'univers que Dieu et vou.s.
Soumettez-vous avec joie aux ordres de sa providcuce dans la disgrice comme dans la prospérité. Si vous clierchcz Dieu de tout votre emur, il vous importe peu par quelle voie vous aUicz a lui. Heureux mille fois si vous le pouvez trouver I