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CHAPITRE XXIII

De U Jut^m et dr hi rcll^km. Des actet de roue et de l’antre.

Ce que c’mI que la ptfattCDce , et en quoi die cooiiale.

1. la justice est une vertu sublime, née pour autrui plulùt que pour soi , qui répand abondamment ses biens sur le procïuin, et ne se réserve que la jouissance de soi-même. Elle empêche les hommes de se nuire les uns aux autres, et entretient la paix dans l'univn-s; elle est comme une intelligence secréte de toittc la nature , et Fait tout le lien de la société civile, sans lequel il n'est rien de louable et d'honnête. L'Iiomme juste n'oFFense personne. Bien éloigné d'usurper ce qui appartient â autrui, il fait du bien â tous; il pense et parle avantageusement de tous, et contribue de tout son pouvoir au bonheur du prochain. S'il est en place, il ne commande que ce qui est confonne â l'équité et â la droite raison. Il tst de facile accès, et préfère les intérêts de e< iix qui dépendent de lui â scs propres avantages. Punissant le crime,

PAR LE CARDINAL BONA

rAxxnpnmnt li rnlu et retenant aia^i chacun dans le devoir. S'il a des supérieurs, il leur est paifaitemeot soumis ; Il obéit avec joie ü leurs ordres, et entretient, autant qu'il est en lui, la pais et la concorde. Cxintent de .son état, il ne Insfpic ni rang ni dignités, et n'entre jamais dans les affaires qui ne le concernent pas. Enfin il tient à la justice sans intérêt aucun; et dans les actions d'équité qu’il exerce, il ne se propose d'autre récompense que celle d'étre juste.

3. La religion , la plus illustre des vertus , a pour objet immédiat Dieu et son culte. Or, le premier culte qui est dù au Seigneur est de croire en lui et d'avoir une liante idée de sa ipandetir et de sa bonté. Mais ce n'est pas assez de le connaître, puisque les démons mêmes cmimt en lui et le baissent. Il faut l'aimer et loi marquer son amour par des actes de religion qui sont souvent aussi connus qu négligés. Vous reconnaissez qu Dieu gouverne l'univers, et a une particulière attention sur les hommes ; qu'il est le tout-puissant et le très-haut , .seul juste et seul bon. Vous le croyez votre bien souverain et votre fin dernière , et vous attendez de lui un bonheur-étemel. Que ne lui rendez-vous donc un culte proportionné i sa grandeur et i vos espérances? Que ne l'honorez-vous par le plus profond respect ? Pourquoi lui préfièrez-vous un vil morceau de terre ? Votre religion est vaine si vous ne la justifiez par vos œuvres. Voolezvous être vraiment religieux ? marchez en présence de Dieu, et noyez , s'il se peut, parfait comme lui. Criui-U honore la Divinité, qui l'imite. Comme la vcaie religion vous attache i Dieu, et attache Dieu i vous , gardez-vous bien de rellcher ces nœuds par l'indolence , |iar les égaremens et par p^bés. Quelle folie de se montrer sage dans ses paroles et infidèle dans ses mœurs ! Un célèbre philosophe païen se moqua autrcfo'is de ces hommes insensés, en disant 1 qu'il n'y avait rien de plus grand et de plus sublime que les discours des Chrétiens, ni rien de plus bas et de plus indigne que leur conduite.

3. Lorsqu'on a eu le malheur d'offenser Dieu, 00 retourne i lui par la pénitence. Elle porte i détester le péché et à satisfoire à la justice divine. Elle consiste à avoir de l'horreur de ses foutes passées, 1 les expier par les souffrances et par la privation des plaisirs , et è foire tous ses efforts pour n'y pas retomber dans la suite.

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Le plaisir passe fort vile, et ne laisse après lui que ce qui ronge durant la vie , et ce qui tourmente après la mort : car enfin caclüt-on ses infamies à tous les hommes, on n'est pas pour cela innocent è scs propres yeux. On a au dedans de soi-même un tribunal redoutable , où chacun est son accusateur, son témoin et son juge. C'est là que vous devez tous les jours comparaître et vous foire rendre à vou.s-mème un compte exact de votre conduite. Plaidez votre cause devant vous, et ne craignez pas de vous condamner à la rigueur. Rappelez le soir toutes les heures du jour; repa.ssez vos actions, vos paroles et même vos pensées, sans rien omettre et sans vous flatter. Si vous reconnaissez votre iniquité, Dieu vous la pardonnera. Un aveu sincère de nos foutes en est le remède le plus certain. Qu'importe qu’on ignore votre vice , si vous ne sauriez vous le cacher à vous-même? Que vous sert-il d'être publiquement absous, si vous êtes secrètement condamné? Fussiez-vous dans un désert, vous ne pouvez échapper à votre conscience et à ses reproches. Que si vous méprisez sa voix, vous êtes le plus miséraUe de tous les hommes, 4. La vie est composée du présent , du |>aasé et de l'avenir. Le présent ne dure qu'un instant , et finit pour ainsi dire avant que d'exister. L’avenir n'est pas encore ; mais il est en votre pouvoir de rappeler le temps passé, et d’en foire une sérieuse étude. N'ayez point de honte de vous affliger sur vos iniquités, et de vous reprocher vos égaremens. Un souvenir continuel de vos foutes passées sera un poissant aiguillon qui vous poussera à vous en corriger. Exercez une juste vengeance sur vous-même, et ne retombez plus dans les crimes que vous pleurez. Plusieurs se voyant échappés du naufrage disent adieu à la mer pour toqjours, et conservent toute leur vie la mémoire du péril et de la bonté I du .Seigneur qui les en a délivrés. Je veux que vous ayez la même horreur du crime, et des occasions qui vous y ont foit tomber. Vous êtes sorti d'un grand péril, ne vous y exposez plus. Dieu vous a foit grâce autant de fois que vous l’avez offensé. Que sa bonté n’autorise pas votre malice. Vous portez si souvent votre vue sur l’avenir. Pensez plutôt à vos jours écoulés. Le passé est d'un grand secours pour régler ce qui est à foire. Plusieurs pourraient acquérir la sagesse , s'ils ne pensaient pas di^à l'avoir acquise.

LE CHEMIN DU CIEL

Enfin iOUYrna-Taus qur quiconque ne devient pa.s meilleur chique jour, devient chaque jour plua méchant.

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