CHAPITRE XXIV
IV la fim-ra <m proche*. De ce qu'on itoit 1 cnit qui •ont au-<lni«iu de noua. On exhorte à robéiataocc et A la ffratiiude. (Àrtnrarot oo doit rccefoir et reounoaltn. uo bM-tifail.
1 . Il n'est point de termes assez forts pour louer diitncment celui qui pourrait dire avec vérité : J-’ai tonjonrs oUM k ceux qui m'ont donné la vie. Leurs eommandemens doux ou ri|touri ux m'ont toujours sen i de loi J'ai été bon citoyen et bon sujet. Je ne me suis jamais lassé de foire du bien à mes frères et k mes proches, et il n'a pas tenu k moi qu'ils ne fiis.sent tous parfait' • ment heureux. Ce sont là des devoirs de la piété qui nous porte à rendre à notre patrie et à nos parens ce qu'ils ont droit d'exiger de nous. Le respect dù aux princes, aux magistrats , aux supérieurs, aux maîtres et à tous ceux qm sont au-dessus de nous par leurs dignités par leur sagesse, par leur âge et par leur sainteté, est de même nature. On a coutume de demeurer debout en leur présence, de se découvrir, de leur donner la main, de descendre de cheval ou de cuTosse, de se prostemerà leurs pieds, de leur baiser les mains ou la robe, et de leur rendre d'autres honneurs suivant l'usage du pays. Mais pour vous acquitter de ces devoirs avec une candeur et une franchise vraiment chrétiennes, vous devez vous bien convaincre de l'estime qui est due à leur mérite et à leur dignité. Cette juste prévention à leur>égard vous inspirera une crainte respectuense , vous éloignera d'une famille indécente, et ne vous laissera voir votre élévation que pour vous foire mieux sentir votre petite.sse et votre néant. Toute puissance vient . de Dieu ; si vous regardez Dieu dans ceux qui sont au-dessus de vous, vous ne croirez jamais <eur avoir rendu trop de déférence et d'honneur.
3. Comme la désobéissance du premier homme a été la source funeste de tous nos maux , la soumission du fils de Dieu à la volonté de son père nous a foit rentrer dans tous nos droits, à condition que noos serions ohéissans comme lui. L'obéissance est comme la perfection des choses, puisqu'elle est le lien qui les unit à leur principe, en rapportant à Dieu tout ce qui vient de lui.
Jésus-Christ nous a surtout reemnmandé cette vertu qu'il a lui-même pratiquée aux dépens de sa propre vie; et oo nous enseigne que Dieu la préfère au sang des vk-times, parce qu'elle renferme le sacrifice de la volonté. Nous devons donc écouter les ordres de celui que la Providence a placé au-dessus de nous, comme une voix qui se ferait entendre du oiel , et nous y soumettre sans réserve et sans en rechcrehar les motifs et 1rs raisons. Qui sait parfaitement obéir ne sait ce quec'estqued'eiaminer ce qu'on lui commande. Que mon supérieur me reprenne; que la loi s'explique et m'ordonne ce qu'elle veut que je fosse. Je ne dispute point , je ne cherche ni raison ni excuses. J'obéis simplement et promptement , 'et suis prêt à exécuter avec le même zèle ce qui est dur ou facile. Il n'y a qu'uiK occasion où il soit permis d'être opiniâtre et rebelle ; ce serait le ras où l'on voudrait vous détourner du bien, et vous porter à violer les eommandemens du Seigneur. Hors de là obéissez en tout sans délai et sans murmure.
3. La gratitude a pour objet les devoirs où un bienfoit engage ; elle doit avoir surtout une juste estime de la grâce reçue, et considérer beaucoup plus le cœur de celui qui donne que l'importance delà chose. Rien ne doit effocer le souvenir d'un bienfoit; car c'est en quelque aorte rccomialtce une obligation que de l'avoir toqjours présente, comme c'est être ingrat que de l'oublier. Il y a cet avantage en cette sorte de reconnaissance qu'elle est à la portée de tous les hommes , et qn'il ne fout être ni riche, ni habile, ni heureux pour la pratiquer. Tout vous manquàl-il , la volonté ne peut vimis manquer, laquelle a le pouvoir de vous acquitter envers les plus grands rois. Lorsque vous recevez un bienfoit , ouvrez votre cœur à la joie, et faites -la paraître au dehors, afin que votre bienfaiteur venant à la remarquer, la goûte à son tour comme le premier fruit de sa libéralité ; car s'il y a du plaisir à contempler un ami content , il y en a infiniment davantage à l'avoir rendu tel. Celui qui se laissant volontiers obliger, ne montre alors ni répugnance ni chagrin, a foit un premier pas vers la reconnaissance. Celui qui cache un bienfoit reçu est un ingrat qui ne méritait pas de le recevoir. Celui qui le public, qui en rdêve la grandeur et se confesse incapable de le pouvoir jamais reconnaître, l'a déjà en quelque sorte reconnu. Ac-
PAR LE CARDINAL BONA. 595
ccptcr un dun avec indolence et cha(^n , c'est man|ucr qu'on en fait peu lie cas. Ne remercier que faiblement celui qui vous donne , c'e.st faire pi.s que .si on fardait le silence. On oHige à |icine un homme de bien , qu'il songe dans le moment à s'acquitter, persuadé que la justice exige de lui rendre ce qu’il a reçu. Mais que le bienfait de votre ami ne soit pas toujours la mesure de votre reconnaissance. Imitez la terre qui rend avec usure ce qu’on lui a confié. N'allez pas non plus vous acquitter avec trop d’empressement. Quelques-uns ont reçu i peine un présent. qu'ils en renvoient un autre sur l'heure , comme s'ils ne pouvaient se décharger trop vite d'un fardeau qui les importune. C’est là rejeter en quelque façon le don qu'on a reçu , et le vouloir anéantir par une générosité prématurée.