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CHAPITRE XXX

De la palMoca. Dn ooraalaiM de la pratiquer, üe aea efreta. Oe« marqun de U vraie patieaee. QoeV^ie* prétextes poar •uppoflnr tes maiK de U vie. De U néoessiU de la petaéréraaoe.

1. La patience est une vertu qui nous Fait souHirir avec tranquillité les maux de la vie. Mais comme ces maux sont de plusieurs sortes, on lui donne des noms différens par rapport é ceux qu'dle a i soutenir. Lorsqu’elle reçoit les iiyures sans se troubler, on l'appelle patience. On la nomme égalité d'ame quand elle sait perdre les biens sans se décourager, et longanimité lorsqu’elle fortifie le cœur contre le chagrin que donne une espérance long- temps difHrée. Enfin c’e^ la constance, lorsqu'elle afformit l'éme contre les malheurs particuliers ou (Miblics. Au re^e, il n’est point de vertu qu’on ait plus souvent occasion de pratiquer. Nous sommes exposés à tant de maux, nous avons tant d’ennemis de toutes parts, qu’on a dit avec beaucoup de raison que la vie de l'homme est ici-bas une gnerre continuelle. En effot, il n'y a presque point de moment où l’on n'ait h combattre. Quand on manquerait d'ennemis au dehors, n’est-on pasi soi-méme un très cruel ennemi? Ce qui nous ronge, ce qui nops inquiète vient de nous, et a sa source dans notre osur. Nous pleurons en naissant, et dans un temps od l’on ne sait ni parler ni agir, on sait déjà répandre des larmes. C'est un essai qui dure toute la vie et qui ne se termine que par la mort. S’il y a eu des personnes qui n’ont jamais ri, vous n’en trouverez point qui n'aient jamais pleuré. On a donc besoin de la patience pour s’afformir le cœur et l’esprit et pour épurer sa vertu. U fout avoir été long-temps exercé par les maux de la vie, pour connaître de quoi on est capable. La sagesse est le fruit de la patience.

2. Malheur à l’homme qui n’a jamais éprouvé de mauvaise fortune. Celui qui jouit depuis long-temps d’une parfaite santé a tout à craindre, selon les médecins, et les matelots se défient toujours d’un grand calme. Ne regardez point comme un supplice le mal que vous endurez; recevez4e plutôt tomme une occasion de

(loi

combattre. On ne peut triompher qu’a|»és avoir vaincu, et on ne saurait vaincre si on ne livre de combat. « S’il a follu que Jésus- Christ souffrit, et qu’il entrât ainsi dans sa gloire, > comment osez-vous prétendre à une Félicité qui vous est étrangère, saus passer par les tribulations et les peines? Vous vous trompez si vous croyez aller au ciel par une autre voie. Faire le bien et souFfKr des maux, sont deux épreuves indispensables que la vertu exige de nous. Au reste, les marques d’une véritable patience sont de supporter constamment les misères de la vie, de ne point murmurer à la vue des croix que Dieu nous envme, de ne point fuir la présence de ceux qui nous affligent, de fermer l’entrée de notre cœur à toute haine contre eux , d'adorer toujours dans les maux la main du Tout-Puissant qui noos frappe, de garder alors un humble silence, d'aimer nos persécuteurs, de ne se plaindre qu’à Dieu seul des iqjures qu’on reçoit de la part des hommes, de lui offrir un cœur plein de reconnaissance et de joie, et préparé à souffnr les plus grands maux. Enfin une marque de la vraie patience est de supporter les défauts et les imperfections dn prochain.

3. En perdant les biens de la vie, on a cet avantage de connaître combien ils sont fragiles de leur nature. Tout ce que vous possédez, tout ce que vous aimez doit enfin périr, et est avec vous sans être proprement à vous. Ne vous laissez point aller aux vains désirs d'un établissement solide et durable. Il n’est rien de stable ni d’étemel pour des hommes sujets à périr si ce n’est la vertu. C’est la seule chose immortelle qui soit accordée aux misérables Ihortds. Tout le reste enferme en soi un principe de mort. Mettez donc un grand intervalle entre vmis et ce que vous possédez. On ne peut rien enlever àl’bomme juste, parte qu’il regarde toujaun ce qu’il a comme lui étant étranger. Pourquoi vous désespérer sur la mort d'un fils, sur le vol de quelques pièces de monnaie et sur l'inceiidie de vos maisons , et ne pas gémir sur la perte de votre modestie, de votre pudeur et de votre courage ? C'étaient là de véritables biens qu'H dépendait de vous de conserver, au lieu que vos possessions n’étaient pas des biens réels, et que vous n’aviez nulle juridiction sur elles. En pleurant si amèrement leur perte, vous foites connaître combien vous méritiez peu de 1rs

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