‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 621 sur 684 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

De l’état drt par^iiii. CirMién* de rhoniine parfait. Que l’unioD IMni Ml U Hn de la \ic parfaite.

I.On nomme parfait celui à quirien ne manque. Or, que peut-il manquer à un homme qui , purifié de tous péchés et de tous vices, e orné de mille vertus, est uni intimement à son Dieu , et est devenu un même esprit avec lui. C’e.st là le plus haut point de la perfection chrétienne et la fin où vous devez tendre toujours. Si chaque chose est regordée comme parfaite lorsqu'elle est arrivée à son terme, Dieu étant votre fin dernière , vous êtes nécessairement parfiiit lorsque , retournant à votre principe , vous vous unissez à lui. Mais, on ne peut arriver à cet état si sublime sans une grâce particulière du ciel ; et comme il y a fort peu d'hommes sur la terre qui travaillent à acquérir les dispositions nécessaires pour recevoir uii don si singulier et si grand , de là vient qu'il y en a si peu de parfaits. Chaque siècle en voit naître à peine quelques-uns.

2. Vous appellerez un homme partit celui qui ne peut être épouvanté par les périls, ni troublé par ses passions; qui sait être heuremt dans les adversités et content au milieu des opprobres; qui se montre tranquille au fort de la tempête; qui méprise ces mêmes choses que le reste des hommes craint ou poursuit avec tant d’inquiétude et d’ardeur; qui dédaigne de s’attacher aux biens de la terre; qui n’a d’antre éclat que celui qu’il tire de sa propre vertu ;

qui, toujours libre, toujours égal, et toqioars semblable à soi-même, est élevé au-dessus de tout , vide de tout désirs et plein de son Dieu ; qui ne se laisse point ravir les véritables biens qu'il possède; qui sait tirer avantage de tous les maux de la vie; qui n’est jamais trompé dans ses espérances ni déconcerté par les événemens; qui considère les choses par leur propre valeur et non par l'opinion qu’en ont les hommes; qui , sup^ieuraux choses créées , ne les regarde que pour s'élever par ce moyen à la contemplation divine; qui , se montrant toujours inébranlable et tranquille, a déjà la meilleure partie de lui-même dans le lieu d’où il lire son origine. Comme les rayons du soleil, quoique répandus sur la face de la terre, sont néanmoins attachés au corps dont ils partent, ainsi, bien que l’homme parfait vive et s'entretienne avec nous, son cœur est pourtant lié étroitement à son Dieu. Sun esprit doux et paisible ressemble à celte région de l'airoù il ne se forme ni nuages ni lem- |)êlcs. Comme il ne souhaite rien, il a peu de besoins; il n'est [loint inconstaut ni léger; il parcourt tous les siècles pour y trouver des leçons qui l’instruisent. Ite même que le soleil rr|iand sa lumière de toutes parts, il considère toutes les choses créées ; et retranchant la mulliplicilé des désirs, il se repose et se fixe dans l'amour de la souveraine unité. On ne le voit point s'empresser pour chercher au dehors de lui-même une félicité qu’il trouve au fond de son cœur. Il n’agit que pour Dieu , il ne respire qne pour Dieu , toujours prêt à quitter le monde pour se réunir entièrement à lui. Comparez maintenant votre vie à l’état que je viens de décrire , et vous conviendrez que vous êtes Ibrt éloigné de la perfection chrétienne.

3. Véritablement il n'est pas possible que vous arriviez à un état si relevé , si celui-là ne vous attire à lui , cpii a dit : « Vous ne pouvez rien faire sans moi. s Mais il dépend de vous de préparer les voies à la grâce par les dispositions nécessaires. La fin de la vie parfoite est une intime union avec Dieu; mais, «comme Dieu habite une lumière inaccessible , « vous ne pouvez parvenir jusqu’à lui si vous ne dissipez les ténèbres que les créatures répandent dans votre àme. li’hommc ne saurait se lier étroitement à la Divinité s’il ne s’élève au-dessus des choses créées et au-dessus de soi-même. Le moindre

LE CHEMIN UC CIEL, etc.

«uacbcment i la créature rcaaeinUe i ce petit poiMon qui arrête, dit-oo , les plus (p-aods «-aùaeaua au milieu de leurcourae.Cest la le triate aort d'une infinité d'amea, leaquellea, comme des navires chargés des richesses du del arrive-

raient sans doote au port de l'union bienbenreuac ai elles n'étaient retenues sur la route par quelque affection déréglée. Dieu est un et tréa simple, et notre ame n’eat capable de s'uniralui qu'autant qu’elle est une et simple comme lui.

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