CHAPITRE XVII
ke moyen ds Mn tout«« oot actiom de U minière U phn
porf^te , de dc trourer dans nous , en quelque Ueu que
ce ioil, aucun obiiicle en ce que ooui fiiUom.
H te rencontre des personnes qui par leur assiduité et leur travail arrivent dans un état où les occupations extérieures dans lesquelles elles se trouvent légitimement engagées ne leur causent aucune distraction, et ne produisent en leur cœur et en leur esprit aucune image qui leur paisse nuire; car le cœur et l'esprit, qui sont
«ffil INTSITÜTIONS DE
pldos de Difu , n'ont plus de place pour recevoir les créatures. Mais oeb ne doit pas encore noos suffire; au contraire, il n'y a rien qui ne doive servir à nous foire croître dans la vertu , et nous devons tirer avantage, en quelque endroit que nous soyons , de toutes les cliuses qui nous arrivent, quelque étrangères, quelque irrégulières ou inégales qu'elles puissent être. En effet, ce n'est que dans cet état et jamais auparavant que nous commençons i éire heureui, et nous ne devons donner aucune borne, ni aucun terme jl'Cette croi.ssance spiritoeUe , mais la laisser s'avancer et se fortifier de plus en plus, nous persuadant que celui qui veut arriver à cette perfection doit se réfléchir sur toutes sesceuvres avec une profmde attention, entrer tfons une wnnaissancc parfaite de sd-méne et des plus secrets sentiuiens de son eceur; recevoir son Dieu de la manière la plus sainte qui lui est possible , et enfin se rendre semblaMe à ces tiommes qui, comme dit le Seigneur, • veillent tuyonrs en attendant leur maître. >
Mais , (tour prendre ces choses de la façon la plus excellente, il est nécessaire que recevant tout ce qui arrive de la main de Dieu, noos lui en rendioos des actions de grâce et de louange, comme â celui qui en a ainsi ordonné pournotre plus grand avantage, afin que nous puissions rapporter â sa gloire, et pénétrer de toutes les farces de notre entendement , toatceqne nous entendons, tout ce que nous voyons et tout ce que nous concevons , et que , y donnant un aens favorable, noos en relirions un profit extrême; icar nous savons,» dit l'apOtre, cque tout contribne an bien de ceux qui aiment Dieu. »
U est encore nécessaire que nous examinant avec une soigneuse recherche , noos noos efforctons de nous prosterner et de nons anéantir devant Dieu ; de recevoir de sa main , comme nous avons déjà dH , tout ce qui nous arrive; de reconnaître que toutes nos sooffivinces sont beaucoup au-dessous de nos démérites, et que regardant d'un œil de charité et de compassion toutes les actions de notre prochain, nous les interprétions en bonne part, ce qui ne nons sers pas difficile, si le fond de notreâmeest dans cette parfoite dispositioa, qui seule est capable dechangertootesdiosesen mieiix, etdechanterhalitenient les louanges de Dieu en tontes rencontres, j Certes, il ne fout (wint foire de diffleulté I
FRERE J. r.âlILËR.
d’appeler un vrai diseiple de Jésos-Qirist celui qui est dans ces sentimens, et on peut croire qu'il lui découvre ses voies secrètes et cachées; il est toujours en attente et comme en arniincUe pour prendre garde de quel cAté viendra son maître qu'il attend, et il observe en tontes les choses qui lui arrivent , quelque étrangères qu'elles puissent être , s'il n'y rencontrera rien de celui après lequel il soupire ; car celui qui a le fond bon est vigilant et ingénieux dans le soin qu'il prend de plaire â Dieu, et dans le renoncement parfoit de soi-mème. Ur il est besoin pour cela d'une extrême diligence , et nous n'y devons pas naoins employer que toutes nos furces , puisque c'est un moyen pour nous rendre justes et saints, et pour trouver Dieu en toutes choses et le comprendre d’une manière toute divine , tant dans ih» actions que dans nos souffrances.
Celai donc qui foit toutes ses œuvres dans unr parfoite égalité d’esprit, les foit justes et équitables; et si ebacuu en usait de la sorte. Dieu, qui est tout-puissant, se forait paraître avec autant d'éclat dans les hommes les plus terrestres que dans les plus spiritueb et les plus semblaUfs â la Divinité ; car Dieu étant le conservatenr de toutes lescréatnres, il est aussi bien par son essence dans les médians que dans les justes, et il est plus proche d’eux qu'ils ne le sont eux-mémes, et plus Intime â leur essence que leur essence même. C’est pourquoi edui qui sait s'élerrr par les forces agissanici de son amour, étant arrivé au haut de son essencecréée , y trouvera Diru avec lequel il est uni immédiatement , et ne foit en un certain sens presque qu'une même chose; et comme dans iui-méme U trouve Dieu , il le rencontrera aussi dansics autres créatures , puisque, en les regardant commr élevée# avec Dieu au-dessus de leur essence créée, elles sont en quelque manière une même chose avec lui. Ainsi il trouvera Dieu en chaque chose créée, dans les bons et dans les méchans, dans ceux-ci par la justice et par les chàlimens , et dans les autres par la grâce.
De plus , comme il publie dans les mis la miséricorde divine , il bénit dans les autres la justice et sa bonté, qui souffre lein- malice avec patience , qui les protège et qui les attelé un jour â la pénitence ; et comme il adore la démener et la bonté de Dira dans ceux qui sont
INSTITUTIONS DK
sauv#s , il respecte «a jnstice dans ceux qui te l>erdenl. Enfin ; comme il rend grâce» à Dieu e( hii offre un sacrifice de looange» pour ceux qui sont doox et bienfaisant, Unt envers lui qti’envers les autres . il tâche aussi de le (j^ori- Her et de le remercier pour ceux qui sont rustiques, ficheux et importuns aux aulies etâ loMnfme, croyant que c'est ponr son utilité liarticuliére et pour le bien de» autre» que Dieu, |)ar sa toute-puissance, permet qu'il» vivent en cet état Ainiii , le juste trouve Dieu dans tous les liommes, tontes les choses lui tournent â bien, et fl y déeouvre Dieu de la façon la plus excellente qui loi est possible. Ce n’est pis pourtant ma pensée que cet homme doive s’imaginer qu’il lui soit permis de tomber dan» des défauts et de commettre queiqoe» désordres; mai» c'est que dans toute» le» choses qu'il voit et qu'il entend hors de lui , il doit lâcher d'y trouver Dieu présent de la fiiçon que nous avoua dit. Et celui qui a ainsi Dieu présent en toutes choses dans son entendement , c'est-à-dire dan» son essence toute simple et toute nue , ou dans l'œil de son âme qui voit Dieu au travers de toute» sorte» d'imagés, et qui s'efloree de sanctifier sa vie, et de s'exercer dans toutes le» vertu», en sorte <|n’il leâ puisse pratiquer par une pente amoureuse vers Dieu, qui surpasse la portée des fnrcés de fat nature , et tout diaccmemcut , celuilà seul , connaissant ce que c'est que la véritable paix , mène une vie parfaitement iHmrcusc.
Il finit que celui qui veut être juste clmisisse néeessairement 4’une de ce» deux dioKc», ou qaTl trouve, qu'il apprenne, et <|U'ü cbcrelie l'Meudans ses œuvres, ou que s'élevant même an - dessus de tontes œuvres par l'amour, il agisse moins vers Dieu qu’il n’en reçoive l'impression divine ; et parce que nous ne pouvons pas être sans nous occuper â quelque ouvrage, il est absolument nécessaire de nous accoutumer à être libres et dégagés en tous lieux et en toutes rencontres, et d'avoir Dieu présent en touleschoses. Toutes les fois donequ'un homme parfait et uni â Dieu sera obligé d'avoir quelque commerce avec les hommes, il veillera sur lui de toutes ses force», et il s'imprimera si avant dans Tesprit la présence de Dieu que son entendement ni la mémoire ne puis.sent être ocenpé» ni remplis d’aucune forme ni d’auetme image étrangère».
F RÈ R R J. T ALLER. OWJ