‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 647 sur 684 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Da but dt sente la perfScUoa, lai)uelle raneiale à wilr rame et touln Mt puinancu avec Dieu.

Le principe et la source de tous les biens qui arrivent J l'hamme spirituel , c'est de demeurer coutinuellement dans sa ciiambre dans le recueillement de son cteur et dans une réResion exacte sur ses défauts, c'est d'apprendre, par la ferveur de sa dévotion aux plaies et aux .souffrances de Jésus-Christ , et par la pratique des vertus morales, i accepter les biens et les maux avec égalité d'esprit ; c'est de les recevoir avec actions de gréces, comme venant de la main de Dieu ; c'est de persévérer avec joie dans ce désir et dans cette volonté.

Au contraire , la source et l'origine de tout le mal, c'est l'occupation inutile de nos sens extérieurs; ce sont les discours vains et frivoles; c'est Tamitiéet la fàmiliarilé des hommes, qui est d'ordinaire si infructueuse. C'est pourquoi , que chacun concevant une forte aversion pour toutes les affrétions déréglées et pour toutes les voluptés qui l'éloignent de Dieu , se pres.se, autant que la faiblesse de sa nature lelui peut permettre , de rentrer en lui-méme avec une profonde humilité et une résignation parfaite ^ la volonté divine , et que détournant les yeux de son corps de dessus les objets sensibles , Il tienne ceux de son éme dans une innocence et dans une tranquillité véritable et continuelle; qnll empêche son esprit de se remplir des images et des fantômes des choses visibles et périssables, pour ne l'appliquer et ne l’élever qu'j la contemplation des immortelles; qu'il affranchisse entièrement sa volonté et ses désirs des inquiétudes, des plaisirs, des craintes et de l'amour des biens de la terre, pour ne s'occuper sans cesse que de souhaits profonds et pressens et de prières ferventes, que de pensées du ciel toutes vives et toutes enflammées ; qu'il excite et qu'il accoutume son coeur J demenrer toujours attaché par les liens de l'amour au souverain bien ; qu’il possède avec

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une vraie pauvreté d'esprit et d'affection les richesses spirituelles et temporelles ; qu'il ne remplisse sa mémoire que des choses d'en haut, et qu'il ne l'occupe que du premier être, qui est le seul bien par essence et incréé , en sorte que toute son Jme, avec toutes ses puissances et toutes ses farces , se réunissant en Dieu , devienne un mèsne esprit avec lui, et qu'ainsi, l'amour divin la faisant entrer dans nn doux sommeil, au milieu des plaisirs célestes, elle écoute dans cette profonde paix ce que Dieu lui dit; et aussitôt qu'elle s’apercevra qu’il la veut encore faire passer plus avant dans la vie intérieure , qu'elle quitte la contemplation et les exercices particuliers auxquels elles'oocupaitpar son propre travail, pour entrer par un ravissement et par une extase continus dans l'obecorité sainte d'un silence éloquent , durant lequel Dieu lui fera connaître plus parfaitement son propre néant et celui de toutes les créatures , dans cette lumière suressentielle dont il est le Père et qui ne s'éteint jamais, oû Dieu se trouve efféctivemenl.

Pour les autres exercices , comme la contero plation , la méditation , les prières , le prosternement , le jeûne, les veilles, ils te doivent rapporter, comme J leur Rn, J celte union amoureuse dont nous avons parlé , et il ne les faut enlreprendre qu’avec prudence et discernement , et qu’aulani qu'ils peuvent être utiles J l'entretenir. Or la raison pour laquelle si peu de personnes y arrivent, est qu'elles ne persévèrent pas dans la pratique de celte perfection , et qu'elles ont peu ou point du tout de soin de détruire en elles les voluptés et les vices, d'obtenir la pureté du ctnir, et d'être sans cesse appliquées J Dieu de la manière dont nous l'avons dit. Mais parce qu'aucune créature mortelle, tant qu'elle vit parmi la corruption de la chair, ne peut demeurer continuellement dans cette sublimité de contemplation, jen'airapportécrs choses qu’afln que noas .sachions J quoi il faut attacher nos affections, et quelle est roccu|>alion , l'exercice et l'emploi que noos devons donner à notre ferveur et J notre zèle, toutes les fols que nous tombons dans le trouble et dans la distraction.

Au reste, lorsque l’Jme sc trouve dans cctie union avec Dieu , qu'elle lui en rende grlces et qu'elle s'en réjouisse; mais si elle s'aperçoit d'en être déchue, qu'elle s’afflige, qu'elle soupire,

Digili. “1 hy Googli

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(}u'eUe géiDiæe de <a perte, et qu'elle reatre de plue en plus eu Kind d'elle-mème. Que « elle y reucontre de U dlHIcullé au comœenceiBait , qu’elle ne se retwle pas pour cela ; car il arrive souvent que ce qu'une personne avait entrepris d'abord avec quelque sorte de violence et de peine, lui devient ensuite facile par l'habitude , et lui donne enfin de la satis&ction et du plaisir, pourvu qu elle n'abandonne point son entreprise. En un mot , si quelqu’un veut faire des progrès dans la vertu, qu’il s'imagine être devant le Père céleste , qui est effectivement présent partout , et qu'il entende sans cesse ces paroles retentir i ses oreilles, comme s'il lui disait de vive voix : c Mon fils, rentrez en vous-méme, en vousdégageant autant qu'il est possible de toutes choses; cherchez la pureté de cœur, en détournant votre entendement de dessus les images d'ici-bas, et eu délacliant votre volonté et votre cœur de l'amour des objets visibles. > Qu'il tyoute à cela, par un doux transport, un souvenir continuel de Dieu , eu s'unissant immédiatement i lui avec faveur, afin que l'ame, étant recueillie en elle-même avec toutes ses forces et toutesses puissances, comme nous avons dit , devienne un même esprit avec IuL

Cest là l'abrégé de toute sainteté, par lequel on arrive aisément au terme et à la fui dernière de la perfection qu’on cherche si rarement, qu'à peine voit-on une seule personne entre mille qui se la propose, chacun consumant ta vie et ses forces dans des occupations qui ne servent de rien , et passant inutilement la plupart de ses jours sans faire aucun avancement spirituel, mais négligeant par un aveuglement déplorable ce bien auquel nul autre ne peut être comparé. Que celui donc qui souhaite d'être heureusement affranchi de toutes les vertus , se retire sans cesse en Dieu, et s'y arrête; qu'il en fasse comme le camp où il dresse ses tentes, et il triomphera de tous scs ennemis ; car plus une liersonne connaît parfoitement sa bassesse , son infirmité et son impuissance, et offre plus sincèrement toutes ses œuvres à Dieu sans s'en rien attribuer , plus elle se sanctifie et elle-même et ses actions.

Que reste-t-il donc, sinon que nous foulant aux pieds nous-mêmes , aussi bien que le ciel, la terre, et tout ce qu'ils contiennent, nous fondions toute notre espérance en Dieu, et ne nuu'

arrêtions que dans lui , ne sonhattant rien davantage, s'il est permis de parler ainsi , que d’avoir une unkm comme essentielle avec lui ? Pourquoi fàut-U, par on déréglement étrange, que BOUS fàssiODS nos délices et DOS plaisirs des créatures mortelles, avec lesquelles néanmoins nous ne pouvons avoir d'uiiioo, au lieu que nous pouvons en quelque sorte être transfonnés en Dieu? Ofifons-Doas donc à lui avec toutes les créatures, et toute l'affection et tous les désirs que nous avons pour elles; et eu faisant, pour lui rendre honaeur, ce sacrifice à sa divine volooté, nous avancerous plus sans doute de cette manière durant un seul jour dans la véritable vertu, que nous ne fèrious pendant plus de trente années en conservant notre amour-propre.

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