‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 649 sur 684 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

L'ordre qn*ll faut tmir daiu le rommcncemrat et dam le prosrta de la «le apiritmllc. Commcai U faut parler A pr»* poa d sardrr le Mkooe.

Trois clioses contribuent à rendre l'homme juste. La première est uue conscience pure et exempte des remords du pêché mortel. C'est pourquoi , celui qui désire devenir homme de bien , se doit examiner et prendre garde sérieusement depuis quel temps il est tombé dans le péché, afin de se purifier de toutes ses Autes, suivant les ordonnances saintes de l'Église.

La seconde est qu’il soit parAitenoent soumis en toutes choses aux ordres de Dieu , aux lois de l'Église et aux mouvemens de la droite raison. Il Aut rendre une prompte obéissance à ces trois guides; et c'est le moyen de vivre sans crainte et sans inquiétude, et que notre cœur ne nous reproche rien dans toutes nos actions.

I,a troisième, dont personne ne doit être exempt , est d'avoir toqjours l'honneur de Dieu

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pour fin principale dans août ce que nous Aisons; que si la multitude de nos affaires nous empêche d'avoir toujours ce premier objet devant les yeux , il Aut au moins que noos soyons tellement disposés que nous n'ayons d'autre intention ni d'autres désirs que de vivre selon sa volonté adorable.

IjpossessioadecestroisqualitésAit l'homme de bien. Celui-là, sans doute, ne l'est pas à qui il eu manque seulement une , et il doit savoir qu'il est privé de la grâce de Jésus-Christ; comme , au contraire , celui qui a formé dans son cœur le dessein de pratiquer ces trois maximes devient bon au même moment , et est susceptible de la grâce et de Dieu même, quelque mutant qu'il fot auparavant. Mais si cet homme , qui est bon, veut devenir un homme intérieur et spirituel, ilAut encore sqouter trois qualités aux trois précédentes.

la première est d'avoir le coeur pur et dégagé de toutes les choses terrestres.

La seconde, de posséder intérieurement la liberté de l'esprit.

Et la troisième , de se sentir uni avec Dieu.

Que chacun donc de ceux qui s'imaginent être dans ces dispositions s'examinent soi-même, car quiconque désire avoir le cœur pur, et être délivré de toutes les images étrangères, ne doit pas mettre son amour ni son pAisirdaos aucune des choses qu'il possède, ni s'atAclier à aucun objet avec une avidité volontaire, ni s'arrêter et s'occuper de personne , ou souffrir qu'un autre s'occupe de lui par une affection déréglée; car toute Amiliarité, toute conversation et tout amour qui ne regardent point purement l'honneur de Dieu altèrent et souillent le cœur de l'homme, parce que leur origine vient de la chair et non pas de Dieu. Cest pourquoi celui qui aspire à la vie spirituelle et divine , doit renoncer à toutes les cupidités de la chair, s'attacher à Dieu seul par les liens de l'amour et de A charité, et le pmséder ainsi en s'y attachant ; car c'est le moyen d'efAcer tous le» Antômes qui sont peints dans notre cœur, d'en purifier les souillures, et d'éteindre les feux de l'amour déréglé dont il brûle pour les créatures. Ainsi, en possédant Dieu par la charité, on dissipe toutes les images étrangères qui sont au dedans. Et , en effet , « Dieu est un esprit > dont personne ne saurait Aire le portrait ; qu'on ne peut repré-

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wnirr «nn aocun trait ni etprimer par aneaot fignre , poiaqu'il aarpaaae inUnimeiit l'idée qo'on en poorrait éonoer. Ce n'est pas qoe quand nous voulons approdier de Dieu, on mttne durant nos exercices, il ne soit permis de tracer dans notre âme des imaqes saintes et édifiantes , comme sont celles de la pasikn dn Seigneur, et tontes les autres qui peuvent échauf- Ser noire zélé et notre dévotion; mais pour ce ' qtri regarde la posMsakm de Dieu, il ne se faut appuyer que sur la pnreté toute simple et toute nue, qui n'est autre que Dieu méirâ. VoiU le premier point et cooune le premier fèndement de la vie apiritnelle.

Le second est, ainsi que j'ai remarqué, la liberté intérieure qui consiste en ce que l'bomme, rqelaol toutes les idées profanes des choses du si^, s'élève é Dien promptmett, librement, avec dégagement et sans images, dans tous les «xeicices <k l'homme intérieur, comme dans les actions de grlcrs , dans les louanges de Dien , dans les témoignages de respect , dans Ici prières ferventes et dans les mouveraens d'une charité embrasée, exerçant tous lesactes de l'amour de Dieu avec le plaisir et la douceur de la gréce, et ayant une activité secrète ponr toutes les occupations spirituelles. Cet exercice de l'txMnme intérieur nous eomluit an temsiérae point, qui oonaiMe t sentir ton esprit uni avec Dieu.

Véritablenient celui qui a'apprache ainsi de Dieu par les éJsncemcns intérieurs avec une liberté et un dégagement entier des objets extérieurs, et qui ne prend que Dieu seul pour fin, ne peut pas manque' de reaaenlir les efiéts de la bonté divine et d'éprouver en aoi-méme une union véritable avec Dieu , laqaelle perfectionne la vie intérienre et spirituelle. Car cette nmon hit mriirr de nonveaux désira , écbauffie l'homme au dedans, et lui donne de nouvelles forces pour aimer et ponr agir, et l'esprit, en agiasant, acquiert ime plus forte union avec Dien; de aorte qœ l’esprit, et l'aetionde l'esprit, rtl'unioasvec Dieu, et le ptt^réa dans son amour, se perfiectioiHMnt et se rceouvdleut plus promptement : et c'est dans ce renouveUetnent d'œuvre et d'union que consiste la vie spirituelle.

Nous pouvons donc maintenant juger comment on peut devenir homme de bien par le secours des vertus morales, et même comme on peut se sanctifier par 1a pureté de l’intention.

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par les vertus qui sont dans l^me et p« rnnkn avec Dien, sans qooi l’homme ne peut être ni bon ni spirituel. Les vertus morales sont Itmmilité, la cbaateté, la patMoee, la réégnatioa et iea aucrea qni, se rencontrant avec toulea let qualités que noua avma remarquées ci-draaiia réunies dans une personne, lui donoeDt sryet d’espérer de mener une vie spirituelle, oequ'clle ne doit jamais s'attribuer autremeid.

Pour ce qui est des vertus théoicgalet, oumine la foi vive, l'eaptrir et la confiance ferme et la charité parfaite, elles sont nécessaires potHr perfectionner cette sorte de vie. A quoi sert bmmoonp aussi d’apprendre i modérer sa Uogue, comme un sage de l'antiquité wn^ nous l'ÎDlinuer lorsqu'il dit qu'il s'est souvent repenti d'avoir parlé , mais jamab d'avoir gardé le silenoe?«La langue, oomme dit l'apàtre saint Jscqnes, est un mal que l'un ne peut retenir; elle est pleioe d'un venin martel, elle a porté la gœrre parmi piosieurs qui jouissaient de la paix. La langue eat comme la main qni dôme la vieet la mort. Qoe chacun aoildonc prompt 1 écouter et lent 1 parier,» en aorte qu'avant que d'ouvrir la bouche pour dire quelque ^jwae ou ponr répondre, on faase réflexioa sur une de oes trois choses, ou s'il est i propos de parler, ou si Dieu en sera glorifié, ou si ceux qui UOU.S écoulent y trouveront la paix. Le sage Ât que «le cœur des insensés est dans leur bottdie, et que la bouche des sages est dans leur cœur. > C'est pourquoi qoe celui qui désire être estimé sage aux yeux des hommes pour la gloire de Dieu , s’abatienne de parler beaucoup et qn'il ne niéle rien dans ses discours qui mérite d'étre repris. iCar celui qui ne fait point de fuite en pûtaut, dit l'apôtre saint Jacques, est on homme parfait. >

Qu’il prenne aussi bien garde de ne pas blesser ou de ne pas troubler personne par ses paroles, de peur qu'elles ne soient plutôt des verges que des paroles. Qu'il ait perpétuellcment le menaonge en borreur. Qu'il ne sorte jamais des bornes de la justice et de la vérité luraqu'il hme ou qu'il bUme quelqu'un , parce que l’on et l'autre est également dangereux; car ai l'excès des louai^pes fait passer celui qui les donne pour fisiteor , le blême excessif le fût estimer envieux et téméraire. Qu'il évite les parolM piquantes aussi bien quuid il corrige que

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quand il instruit , et que ses discours soient toujouTS scconipagués de modération et de douceur. Qu'il soit concis , circonspect , véritable et modeste dans ses paroles. Qu’il s'accoutume à traiter avec respect ceux qui sont présens et i dire du bien des absens. Qu'il ne s’emporte point en des plaintes et des querelles. Qu’il cède autant qu’il est possible au sentiment des antres, et qu'il ne s'y oppose que par son silence, si le devoir de la charité fraternelle ne l'obliije de les instruire. Enfin qu’il mette en oubli toutes les choses qui méritent d’ètre oubliées , de même que s’il ne les avait jamais sçuea.

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