‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 650 sur 684 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

GonitiKnBOtHdeToiMnredqusét, tranquille*, pur* et vide* de nuoe-mlmn, alln que IHeu puitie agir dao» oolre Ame, eC queU progrts oous pooroaa Àiire A chaque momeat.

Afin que l'homme dont nous venons de parier avance continuellement dans la perfection de la vie spirituelle, qu’il rende sa vie conforme à celle de Dieu et qu'il devienne un même esprit avec loi , son soin principal doit être de travailler de plus en plus à l'éloi(rnenient entier, sincère et continuel de toutes les choses qui sont hors de Dieu , et à une conversion parfaite et amoureuse vers ce souverain être avec un recueillement libre et volontaire de toutes ses forces, de tout son esprit et de tous ses sens, afin de coutrihuer de toute l'étendue de son pouvoir à cet unique et parfait retour de son âme vers Dieu. Mais tout cela ne suffit pas si Dieu n'y coopère de son côté ; car c'est lui qui , par le secours de sa (p^ce, opère effectivement cette conversion ; c’est lui qui s'insinue au fond de notre ccnir et qui élève l'homme si fort audessus des forces de sa nature, qu'il le place jusque dans le sein de Dieu.

Que si quelqu'un demande quel est le moyen le plus court et le plus assuré pour noos mettre en cette disposition , je lui répondrai que c'est de demeurer recueilli soigneusement en soimème et de s'accoutumer 1 faire de continuelles réflexions sur son intérieur, parce que c'est IA proprement qu'on sent reluire la véritable lumièn;, c'est IA qu'on entend les inspirations de 1'^ 'ùprit saint, et qu’on reçoit les mouvemens -y- i noos imprime et que l'homme doit suivre beaucoup de promptitude: car il sollicite ,

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il presse, et entraîne sans cesse cent qui lui appartiennent: mais l'homme extérieur et qui se dissipe au dehors ne l'entend point. Il nous pousse et nous exhorte au dénbment, A la pureté, A la simplicité et au repos ; et au cootraire, la nature et notre sensualité, le monde et le démon nous incitent et nous emportent dans la multiplicilé , dans les occupations extérietares et dans les inquiétudes. C'est A quoi l'bomme intérieur et d'une véritable dévotion doit prendre garde afin de pouvoir reconnaître si Dieu est en lui, et tout demeurant cootinnetlement en soi-mème , il fant quU prépare une place au Seigneur pour accomplir en lui son œuvre : car le tréne de Dieu est en notre cœur, puisque son royaume est en nous.

Que celui donc qui ne veut pas venir dans le lieu où il y a un trésor caché ne se plaigne point d'être pauvre et de n'avoir point de part A tes ridtesses, comme on en voit plusieurs qui sont si malheureux qnedete plain^A tort que Dieu ne leur accorde rien , qu'il ne les attire point A loi et qu'ils ne le sentent point au fond de leur Ame. Car qui est celui qui peut accuser le soleil de ne pas répandre les rayons de sa lumière dans les lieux les plus secrets d'une maison, s'il bouche et s'il forme en même temps toutes les fenêtres qui devaient servir de passage A la clarté ? C’est ce qui foit dire au grand saint Augustin : c Je me suis trompé comme une brebis égarée cherchant au dehors de moi ceini qui était au dedans. J'ai parcouru les rues et les places de cette grande ville du monde en voua cherchant , et je ne vous ai point trouvé parce que je vous cherchait mal et que je n'arrivais point au lieu où vous étiez. Vous étiez en moi et je vous cherchait dehors. Vous étiez prodie et je vops cherchais loin : et si je fusse venu où vous étiez je vous eusse tout aussitôt rencontré. » Et ce même Père dit encore ailleurs : * J'ai commencé trop tard A vous aimer, ù vérité également ancienne et nouvelle ! J'ai commencé tard A vous connaître , ô vérité éternelle ! »

Certes quiconque désire de découvrir la vérité universelle doit sonder le fond de son cœur; il faut qu'il pénètre pardesélancemens amoureux et de brùlans soupirs vers Dieu , jusqu'aux plus secrets replis de son Ame, qu'il les développe sans cesse avec humilité et qu'il se place directement sous la main de Dieu sans regarder ni devant, ni

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eniiTière,ni i côté; nuis jeUat cootinueUement les yeux en luut.

Ainsi les influences de la Divinité , ces prédeux rayons de miel qui coulent sans cesse et qui necesseront jamais de couler, pourront se répandre sur lui. Car comme la fluidité de l'eau lait qu'elle tombe d'elle-méme dans le vase qui est placé au-dessous dans une juste proport ion , ainsi lorsque notre Ime est directement expusée A Dieu, le soleil de la Divinité qui ne pent avoir de couchant, et qui n'est jamais obscurci, darde sur elle ses rayons lumineux comme le soleil matériel verse les siens sur le cdté de la terre qui est directemeut au-dessous de lui. Et comme celuici, ne rencontrant aucnn ob,slacle, attire toutes les humeurs , les exhalaisons et les impuretés de la terre et les échauffe , les purifie , les desséche et les éléve jusque dans sa sphère, où ces vapeurs épaisses se chan^ot en des météores si purs et siéclatansqu'ilsbrillentcommedes étoiles, ainsi le soleil de justice produit le même effet dans l'homme intérieur qui retarde Dieu et qui lui est immédiatement soumis. Et en effet cet a.stre divin lance sans cesse sur le fond si bien préparé de cet homme les traits de sa lumière ; il élève par une douce chaleur toutes les vapeurs impures drs passions et des plaisirs de la terre et fait monter l'esprit de plus en plus jusqu':! ce qu'il arrive enfin 1 la sphère de sa divinité et qu'il le rende tout divin ; en sorte que l'homme qui est ainsi transmué sent et trouve Dieu bien plus prés de lui qu'il ne l'est ni Ini-mème ni quelque autre chose que ce soit ; il le voit reluire aux yeux de son Ame avec un plus fpand rejaillissement de clarté que celle que le soleil visible fait paraître aux yeux de son corps et il se trouve intimement uni avec cette vive Itnniére qui le pénètre.

Cest l'opinion d'un tliéoloftien célèbre, que plusieurs auront la béatitude étemelle quoiqu'ils entrent ici-bas aussi peu dans la familiarité de Dieu et qu'ils y soient aussi ifpiorans dans la connaissance de ses secrets qu'un villafteois qui aurait tnitjoiirs été nourri A la campa(;nr, sans être entré dans les palais des );ranris et .sans avoir appris de quelle façon on s'y gouverne , .serait peu informé avec quelles paroles et quelles civilités il faudrait aborder et entretenir la majesté royale. Et ce sentiment ne doit point paraître étrange, puisqu'il se trouve un grand nombre

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de personnes qui ont porté l'habit de religieux durant plusieurs années et qui désirent passer pour des gens de bien, et l'ètre effectivement , qui néanmoins sont si persuadés que les seules actions extérieures leur sufSsent , qu'ils ne se mettent pas plus en peine de s'inforâier et de s'instruire de cette union et de cet entretien secret avec Dieu , que d'apprendre ce qui se passe dans la cour du Soudan d'Êgypte, tant ces choses occupent peu leur amour et leurtouvcnir,comine si elles ne les regardaient point du tout ! Que si d'aventure on vient à parler des choses divines et spirituelles , ils les entendent aussi peu qu'un homme nourri dans la Grèce entend le latin, lis croient que c'est asses d'avoir récité de bouche de longues prières et un grand nombre de psaumes et de s'ètrc acquittés extérieurement et d'une feçon toute morte des obligations où la profes.sion de leur obéissance les engage. Que Dieu s'unisse avec qui il lui plaira, ce n'est pas là le sqjet de leur inquiétude. Au contraire, s'il y avait quelque espérance de s'élever aux honneurs, d'acquérir les commodités et de goûter les plaisirs qui se présentent dans la vie, alors vous connaîtriez combien toutes ces choses ne leur sont pas indifférentes. Il ne faut donc point s'étonner, au cas où ces personnes tièdes se trouvent quelquefois devant Dieu, si elles y I iennent et y tiendront toqjours un rang inflniment au dessous de ceux qui sont ses par- ^ts et ses véritables amis.

Après tout, l'homme intérieur veillera diligemment sur toute sa conduite, en prenant gardequ'il ne se mêle rien d'étranger, d'inégal et de disproportionné parmi cette lumière qui reluit eu son Ame, soit quelques illusions ou quelques pensées ou bien même quelque multiplicité iutérieure ou extérieure^ car II arrive souvent que le mépris des dons de Dieu couvre l'homme de ténèbres épaisses et le jette dans l'insensibilité , dans la sécheresse et dans le dégoût : de telle sorte qu'il a à contre-cœur tous les exercices de vertu, et qu'il perd presque la connaissance de tout ce qui regarde Dieu.

Iz;s choses saintes et divines deviennent sa plus grande peine et son plus grand tourment, et il est incapable de se làire aucune violence pour aller A Dieu, dans l'incertitude où il est duquel côté il doit avancer. Mais qu'il conserve la patience dans toutes ces sortes d'émotions ; car ces rodes épreuves ne ruinent pas entièrrjnenl

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