‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 654 sur 684 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

De ta pamTelé dm ebotet (cmporcHea , de orilc du oorpa , de eeOe de râme el de l’esprit, et de U iBorilfleelioB iierratie.

U y a trois sort» de prasmmes qui sont poussées et conduites par l'esprit de Dieu. Les premières sont celles qui ne le savent et ne s’eo apert^oivent point, et ne laissent pas pour cela d'en recevoir un très grand avantage, de même que Jacob était poussé par son frère Ësall. Les autres ne le savent pas 0 la vérité, toutefois elles y consentent volontiers, ainsi que l'apOtre saint Pierre était tiré de prison par un auge. Les troisièmes le savent et s'en réjouissent, et ce sont ceux qui imitent parfaitement Jésus- Christ dans la pauvreté véritable de toutes eboct d’eux-mèmes. Dr, il y a quatre espèces différentes de cette pauvreté. La première consiste dans le déuùnieot de tout ce que l'on possède sur la terre, et ccUc-ci se partage encore eu trois membres : 1. De n'avoir la propriété d’aucune cho.se. ‘J. De ne nous servir de ce que la Providence divine nous envoie qu'aulant que la nécessité nous y oblige. 3. De n'avoir aucune inquiétude d'amasser par notre travail les biens de ce monde.

La seconde est la pauvreté du corps, qui sc (lartagc aussi en trois membres ; 1. D'être dégagés de toutes les affections de la chair et du sang. 2. De ne rechercher en quoi que ce soit les commodités temporelles. 3. De n'avoir nul attachement pour tout ce qui est au monde.

La troisième est la pauvreté de l'éme qui demande pareillement trois choses de nous ; I. D'être vides de nos propres pensées. 2. l)'è- 1 Ire affranchis désaffections et des désirs dont

(üKi .NSTITIITIONS DE

l'âme s'oaupe. 3. Ile renoncer aui donceiirs et aux oonsolationa divines.

La quatrième est la pauvreté de l’esprit qui a besoin aussi de trois choses : 1 . D'effiicer de notre mémoire le souvenir des créatures. 2. De délivrer noire entendement des objets et des imai^es visibies. 3. De ne prendre et ne chercher volontairement de satisfaction dans aucune créature, ni dans les dons de Dieu, mais de te résigner absolument â sa direction et de se perdre, pour ainsi dire, en s'abandunnant aux trdres cachés et profonds de sa volonté. C'est ce qui fait dire à un célébré tliéolugien qu'il y a aujourd’hui des (lersonnes qui font des miracles plus visibles que saint Pierre , le chef des a|iôtres, et tous les autres saints n'en ont fait en ixssuscitant les morts, en rendant la vueaux aveugles, et en làisani marcher droit les boiteux. Ce sont ceux qui résistent aux voluptés et aux plaisirs et qui renoncent â leur propre volonté , dans tontes les choses qu’on désire pour la seule satisfoctiou et non (tour la nécessité. Et certes , il n’y a point de doute que mépriser pour l’amour de Dieu ees sortes de superfluités et les attraits de la concupiscence , et se vaincre soiinéme en brisant les liens qui y attachent, ce ne soit faire une chose bien plus agrt'able â Dieu que de ressusciter un nombre infini de morts. Car quelcpie petit que puisse être le sujet de l’opposition et de la résistance que nous nous faisons â nous-mêmes, comme par exemple, de supprimer un mol d’excuse ou de défense que imus nous sentons pres.sés de proforer , ou quelqueautre parole de celle sorte qui ne peut affliger notre prex-bain, ni lui nuire, ni aussi lui être utile, tuais que nous dirions seulement avec quelque plaisir par une vaine riTréalion, et que nous voulons bien ne pas dire pour l’amour de Dieu, on ne saurait exprimer combien ce juge étemel se plaît de nous voir ainsi résister courageusement à nous-mêmes, éteignant et mortifiant en nous ces petites satisfactions. Je ne crains pas même d’avancer qu’on peut , en s’appliquant â ce pieux exercice , retirer une âme des liens du purgatoire. Certes, les saints làisaient autrefois sans peine et même arec plaisir ces oîuxTes merveilleuses que j’ai dites , les opérant par la tuule-puis.sancc du TrêvHaut et non par aucun effort de leur vertu. Mais dans celle pratique, il faut faire violcivc â sa nature,

FRÈRE J. T.4LLER.

quelque faible qu’elle puisse être, et la détruire entièrement, et lorsque celte mortification n’est produite que par l’amour qu’on porte â Dieu, elle lui est, comme nous avons déjà dit, beaucoup plus agréable que de rendre la vie â un nombre infini de morts.

Mais quelqu’un me dira |teul-êlre ; « Puisque la plus grande perfection de l’homme consiste dans une entière mortification de soi-même et dans une tranquillité inaltérable de l’homme inl<^ rieur, qui se porte en haut par sa pureté ineffoWe, et se repose dans le ciel â l’exemple des anges, d’oA vient qu’un nous a laissé si peu de choses par écrit louchant cette perfection , et qu’on n’enseigne pas â tout le monde le moyen de l’acquérir?» Dieu a répondu ainsi âceltedifficullé par une voie en quelque façon surnaturelle. «On n’a mis en écrit que les actions les plus ordinaires de mes amis qui ont paru dans l’antiquité, parce que le commun des hommes ne comprend pas celles qui sont les plus rares et les plus excellentes. De plus , si celle |taix et ce repos d’esprit était connu indifféremment de tout le monde , on mépriserait sans doute tous les exercices de mortification qui semblent rudes â ceux qui sont imparfaits , pour se donner avant le temps aux exercices intérieurs, ce qui leur causerait ensuite une paresse extrême et une négligence des bonnes truvres; car tous ceux qui vivent maintenant , cherchent presque tous en toutes choses leur intérêt propre , mais principalement leurs aises et leurs amiinodilés , et bien plus encore aujourd’hui qu'on n’a fait dans les siècles passés. »

CtfAPITRK XXXIII.

CocDiitcm il fjut nouit exercer jcMir e( nuit pour Fairr n^lre et a^r cq doui Ji^tK-Cbrixt. Uccioq dont de Dieu que Tou obtient par œi cxercia* , et de* «ilei dot Sérapbiot doot il e«t parlt! daru luie

Quiconque veut être assez heureux pour faire naître .sans cesse Jésus-Christ dans son ctrur, de même qu’il est engendré de toute éternité dans le sein de son père, doit s’y disposer par la préparation suivante. Qu’il ne se lasse point de prendre garde conlinuelleineni à son homme intérieur et â son homme extérieur; qu’il abaisse , qu’il humilie, qu’ilanéantisse celui-ci avec tousses sens , toutes ses forces corporcilcs et toute la satisfoction que sa nature trouve, soit dans le Ixiire

E>igitr.?«'

INSTmiTlONS DE

ou dans le nunj'er, soit dans le sommeil , soit i tire assis ou a être couché , soit dans quelque autre sorte de sensualité ou de coiiipafpiie non nécessaire, telle qu'elle puisse être , quand elle serait de frères, desœurs ou de ceux qui sont autrement unis par le san(;. Il retranchera pareillement ses mumrs corrompues et ses mauvaises habitudes, et il ne se mettra pas plus en peine des nécessités des sens et de sa nature que s'il était mort à toutes ces choses , comme dit l'apôtre ; «Vous êtes mort , et votre vie est cachée en Dieu avec Jésus-Christ. »

Enfin, il élèvera son homme intérieur audessus de lui-même , et le conduira A Dieu sans regarder ni è droite ni à gauche, afin qu'il puisse dire dans l'esprit de l’apôtre : o Oubliant tout ce qui est derrière moi, et m'avançant à tout ce qui est devant moi , je cours incessamment vers le l»ut de la carrière. » U aspirera sans cesse après Dieu de toutes ses forces et de tout son esprit, par une humilité profonde de soimême qui le mettra au-dessus de toutes choses ; et se tenant prosterné en esprit aux pieds du Seigneur, il ne aonsidèrera ni les dons qu'il en a reçus , ni les faveurs qu’il en peut recevoir encore , ni les voies différentes par lesquelles Dieu s'unit à nous, et nous à lui ; mais il attachera purement ses regards sur Dieu seul , en sorte que quand il le voudrait combler de toutes ses grâces, il ne forait autre cliosc que se réfléchir sur son néant, disant sans cesse : «0 mon Seiipieur et mou Dieu , je ne cherche aucunement mes intérêts ; je n'ai de passion que pour vous , pour votre lionneur et pour l’accoinplisscment de votre volonté. » C'est à quoi l’on ne peut arriver |iar aucune méditation où l'on se serait appliqué par son propre choix ; mais en se mettant dans une sainte indifférence à suivre Dieu, comme il lui plaira , sans se restreindre ô aucune manière , pratique nu méthode part Iculiêre ; car pour arriver i l'état que j'ai dit , uue de ces manières ou pratiques qu'il est libre de choisir pourrait être utile aujourd'hui , qui demain n')' serait plus propre , mais au contraire. C'est pourquoi il fout , comme je viens de dire , te tenir indifférent à l'égard de ces diverses manières i d'allerà Dieu, et être prêt à le suivre en toutes, sans le prévenir en aucune, ou s’y attaclier parliculiêreuiciit.

Pour ce qui est des choses que le devoir de

FRERE J. TAIILEIV

l'obéisaance et la règle nous engagent S pratiquer, comme lire, chanter, prier, il les faut foire comme si nous iie les foisions point ; c'està-dire avec brièveté et recueillement ; et c'est ce qu'il fout olxscrver dans le sommeil et dans les repas; car prcmicrcment , il fout peu dormir, et sitôt qu’on est éveillé, on doit promptement se lever de corps et d’esprit avec crainte et déplaisir, comme en disant ; ■ Hélas! c'est là une infirmité de ma chair corrompue! 0 abîme de douceur, de charité et de grandeur! Seigneur, mon Dieu , qui êtes si fidèle dans votre amour, voilà que je vous ai eucore mis en oubli une fois! » Ensuite se levant avec une grande humilité et une résolution remplie de frayeur et de crainte, il faut demander trois nu quatre fois pardou à Dieu, faisant le signe delà croix; puis s'élevant au-dessus de soi-mème de toutes ses forces , de tout son pouvoir et de tous scs .sens, se retirer avec joie dans la profondeur immense de la Divinité. Pour ce qui est de la posture et de la contenance de sou corps , qu’il prenne celle qu'il croit capable de le porter plus sûrement à Dieu; en sorte que, s'il s’y trouve plus appliqué étant assis que lorsqu’il est debout ou à genoux , ce qui se peut focilement remarquer, qu'il ne fosse pas de difficulté de s'asseoir.

Enfin , celui qui est ainsi uni à Dieu en esprit, ne doit point appréhender de pécher par négligence, lorsqu'il laisse ses prières |iarticulières et les exercices dont il use en particulier pour s’occuper de Dieu , quelque saintes que soient les images et les idées qu'il prend pour sujet de scs méditations : car comment pourrait - ou mieux con.sener toutes sortes d'exercices dans leur force et dans leur véritable usage , qu’en les rapportant à la fin à laquelle toutes choses doivent tendre et aspirer, et d’où ces exercices d'ici-has, quoique saints, doivent être bauiiis, lorsque nous jouirons de cette souveraine fin avec les bienheureux ? Or, pour pratiquer cet exercice, il faut prendre trois heures différentes de la nuit , dans lesquelles on doit le renouveler avec une ferveur et uue dévotion particulière. La première est le soir après compiles; la seconde à minuit, I et la troisième .sur le point de l'aurore avant le lever du soleil. >ous devons dans tous ces troia temps veiller sur nous avec un soin et une diligence extraordinaire , comme Jé.Mis-nirist ihhis en avertit en disant : > à cillez, [larcc que vous

C;)« 1.N8T1TÜT10NS DE

ae !>uv«z quand le Seifpieur viendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou au matin, a Et il ii'y a point de doute que si nous eu usons de la sorte. Dieu ne nous visite quelquefois dans l’éclat de sa nutiesté ; et alors il faudra le prier instamment qu'il aatmiplissc en nous , de la manière la plus parfaite, l'ouvrage de la grèce, qu'il a accoutumé d'accomplir en ses saints.

Mais afin que nous n'y apportions aucune résistance de notre part , il faut prendre du loisir et un temps et uniieuconvenablespoury correspondre. Arégarddesautresactionsquisefbntdurant le jour, nous devons toujours tourner de ce côtélà les yeux de notre cœur, avec desdésirs et des élanccniens amoureux , aAn que nous n'ayons au fond de notre âme d’affection que pour Dieu seul ; et si par hasard notre sensualité voulait se porter ailleurs, et s'occuper et prendre plaisir â quelque antre chose, il faut la retirer aussitôt, jusqu'à ce que la raison, qui est sa gouvernante intérieure , la rende plus sage et plut modérée. Il faut aussi au commencement de chaque œuvre , de chaque parole et de chaque exercice rentrer en nous -mêmes, et voir si notre conscience nous les permet, et si noua devons les omettre on les exécuter, et croire que ce que nous fài.sons et omettons de la sorte après avoir consulté notre intérieur, est agréable à Dieu.

Lorsque nous mangeons, nous devons, à chaque morceau que nous portons à la bouche, former un désir de recevoir autant de fois de la main du Père étemel le sacrement auguste de l'eucliaristie. Il ne faut jamais chercher aucune sorte de plaisir dans le boire et le manger, mais il faut obéir seulement aux nécessités de la nature, et à mesure que nous faisons descendre les viandes au fond de notre estomac, il fout aussi foire descendre le nom vivifiant de Jésus- Christ au fond de notre âme, en disant : • O sang aimable et précieux de Jésus-Christ mon Sauveur, qui avez été répandu par l'embrasement de son amour excessif , coulez sur la dureté et la sécheresse de mon cœur, qui a plus besoin d'une nourriture céleste et spirituelle pour être soutenu . que ma chair n'a besoin d'une nourriture lerrcstrc et matérielle pour subsister ! » Ainsi vous élevant à Dieu par des désirs secrets, autant de temps que vous mangez, pensez plutôt à nourrir l'homme Intérieur , qui doit toujours vi\TC, qu'à entretenir une c^ir corrom-

FRERE J. TAULER

pue qui périra bientôt. En vérité , qukxmque vivra de la sorte, s'il désire, mais s’il désire de toute l'étendue de son cœur, il éprouvera eu soimême cette géoéraüoa divine dont nous avons parlé, et principaleaunt il recevra de Dieu les faveurs singulières que je vais marquer.

La première est le mépris de l'homme extérieur et comiptibtc, et le peu de soin des commodités du corps et des sens, et des plaisirs qu’on prend aux choses passagères, en aorte qu'on ne songera ni aux honneurs^ ni aux avantages de cette vie, ni â la délicatesse do boire et du manger, ni â la mtisfoction du corps, ni aux faveurs et aux disgrâces, ni â l'amour, ni â la haine, ni à la louange, niau blâme, ni à ce qu’on lui donne ou â ce qu'on hii ôte; mais il pourra dire avec l'apôtre ; • Je n'ai estimé toutes les choses du monde que comme la boue, afin de gagner Jésus-Christ. 'i

La seconde est qu'à cluique moment il s'appnv chera de Dieu toujours de plus en plus en esprit , et Dieu deviendra plus prémnt â son âme que les choses corporelles ne sont présentes à ses sens , étant toujours prêt,autant de foisqu'il respirera, â s'élever â Dieu de nouveau, et â le connattre par quelque sorte de science et d'expérience.

lo troisième est qu'il obtiendra la paix véritable dans ce monde, et qu’il méritera d'avoir quelque sorte d'avanl-goôt de cette paix éternelle dont il jouira â jamais, et il la possédera avec tant d'assurance qu'il n'y aura personne capable de la lui ravir; et soit que ce qui est au monde se renverse et périsse, soit que tontes les dioses visibles meurent, il gardera toujours un repos inaltérable au fond de soi-même, parce qu'il se plongera avec toutes ces dioses dans la profondeur de la volonté divine, qui lui est très agréable, et qni le conservera dans une tranquillité parfaite tant qu’il agréera tout ce qu'elle ordonne.

La quatrième est un discememrnt parfait de toutes les choses qui lui sont nécessaires, tant au dedans qu’au dehors, et une linnière si abondante qu 'il puisse aisément connaître la source de sa pente, de ses mouvemens et de scs indinations, et voir si les uns et les autres viennent de l'esprit ou de la nature. Il découvrira encore plusieurs vérités secrètes qui éclatent tant en lui que hors de lui, et il acquerra un grand nombre d'autres discememens très purs.

INSTITUTIONS DE

La cinquième e*t que , dans l’homme qui vit | de la manière que j'ai dite, le Père étemel accomplira sans cesse sa génération étemelle, j'entrnds celle de son Verte étemel qu'il engendre sans commencement dans aon propre sein , et qu'il commencera pourtant à engendrer aussi (Mrfait en cet homme qu'en son éternité. L'es- |irit de celui à qui il fera celte gréce sentira dans cette génération un certain changement , une élévation et un ravissement véritable dans la jouissanfx' singulière d'un repos étemel et dans la séparation des créatures périssables, et il commencera à avoir du dégoht pour toutes 1rs choses qui ne viendront point de celte origine, ou qui en étant venues n'y retourneront point , en sorte que tout ce qui est en lui changera de nature, selon qu'il s'unira i celte génération étemelle dans le lônd de son Ime , et toute la multiplicité qui pourrait être en lui sera réduite 1 l'unité.

Celle même conduite est figurée dans un endroit d'Ëaaie, où ce saint prophète voit deux séraphins qui ont chaciui six ailes, et les entend criant l'un à l'autre : • Saint , saint , saint , le Seigneur Dieu des armées !• Caries séraphins noos représentent ceux qui sont brftUms de charité et les âmes embrasées de l'amour divin, qui doivent avoir six ailes.

La première est la figure do mépris et de rivorreur qu 'on doit avoir pour ce monde et tous ses attraits, suivant cette parole de Jésus- Christ ! t Personne ne peut servir deux maîtres, a dont les commandrmms sont opposés, ni obéir à Dieu et au monde tout ensemble, puisqu’ils sont si contraires l'un à l'autre.

La seconde marque le violent amour qu'on doit avoir pour les biens étemels et immiubles, et 1e plaisir qu'im doit prendre è considérer la céleste patrie , la joie des esprits bienheureux , en aorte que suivant les expressions de rapétre,

• tout notre entretien soit dans les deux, a

La troisième signifie qu'on doit se quitter, s'abandonner et se renoncer intérieurement et extérieurement , sans iaire aucune sorte de réserve, se souvenant de ce précepledu Seigneur : a Que celui qui veut venir après moi , renonce i .soi-mème , prenne sa croix tous les jours et me suive, a

la qiialriènte, qu'on doit avoir soin de conserver la pureté de eonscience , en s'occu|>anl

FRÈRE J. TALLER

particulièrement è la rendre toujours libre , nette et exempte de toutes sortes de défauts, et en retournant à Dieu comme à son principe, par un roiouvellement continuel.

U dnquième signifie qu'il feut veiller infiiligablement à observer les ordres de la volonté divine, ne souhaitant autre chose que de les exécuter à toute heure et à tout moment, quand on les reconnaît en soi-mème.

la sixième , qu'il feut souhaiter ardemment d'èire délivré de toutes les choses périssables et mortelles, de père, de mère, defrfres, desmors et de son corps même , le considérant comme une triste prison , et , dans le désir pressant de. voir Dieu , soupirer après la mort et dire avec l'apOtre : « Jésus-Christ est ma vie, et la mort m'est un avantage : malheureux que je suis ! qui me délitTcra des liens de ce corps mortel , » afin que je poisse être avec Jésus-Christ?

L'ème remplie de charité s’envole avec ses ailes, comme les séraphins qu'Ësaïe nous assure avoir vus jusque sur le trône glorieux de la Trinité, chantant avec ces bienheureux esprits : • Saint est le Père en sa toute-puissance; saint est le Fils dans sa sagesse infinie; saint est l'esprit du Père et du Fils dans l'amonr ardent de sa bonté. •

Certes, toute âme qui s'est ainsi élevée audessus do temps, qui est morte à tous les plaisirs , qui a renoncé a soi-mème , qui brûle d’une ardeotecharitépourson Créateur, est semblable à ces esprits séraphiques , dans l’ordre et dans la compagnie desquels étant reçue, elle jouira éternellement de la clarlé bienheureuse, elle entrera par son amour incumparahie dans la possession de l'essence divine , et le fen de sa charité la consumant peu à peu , elle .se dissoudra et s'épandra pour ain.si dire dans lesablmes de la Divinité. Je prie le Pèreéterncl , le Roi des rois, et le .Seigneur des seigneurs , de nous accorder h tous cette grâce.

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