I.E OIRECTEL'R DES AMES RELIGIEUSES
TalioiM de l'ànic et <uu uuion avec Dieu. Car je ue prétends pas cèner votre dévotion. Il faut qu'elle soit libre , et que vous suiviez l'impression de la grâce sans aucune inquiétude.
3. Celui qui commence, qui n'est qu'aui premiers élémens de la vie intérieure, et qui n'a fait encore aucun progrésdans l'oraison ni dans la pratique de la mortification, ne feroit peutêtre pas bien d'observer en tout la méthode qu'on vient de donner, il lui sera plus avantageui de s'en tenir à celle qui suit. Qu'il se pro- \H)se donc aussi iin |K)int de la Passion il considérer tous les jours. Quelque |>art qu'il soit , et dansquelque situation qu'il se trouve, qu'il tache de l'avoir continnellenient devant les yeus , pourvu néanmoins (|u'il ne suit|Hiint obligé d'ailteurs de s'occuper de ces sortes d'affaires, qui semblent demander toute l'application de l'esprit. Hors ces cas-là, il pourra s’entretenir ainsi avec son àmc, en présence de Jésus-Christ souffrant.
tOinon aine! voici votre Dieu.Voyez, ingrate! regardez, misérable! considérez, malheureuse! du milieu de votre indigence, considérez votre Dieu , votre créatenr, votre rédempteur , le roi de la gloire éternelle, réduit pour l'amour de vous à cet état humiliant. Voyez comment la suprême majesté s'est abaissée : regardez les cruautés et les indignités que votre Sauveur souffre, et comprenez, s'il est possible, combien vous a aimé celui qui , pouvant se dérober aui toiirmcns, les cherche et les endure pour l'amour de vous. Sortez, mon àme, sortez de la poussière... raptivedepuis trop long-temps, Allé de Sion , rompez vos chaînes. l.evei-vous et cessez de vous traîner dans l’ordure de vos vices , dans le désordre d’une vie tiède, molle et languissante. Jasqu'à quand un charme trompeur vous donnera-t-il de la sécurité au milieu des plus grands dangers ? jusqu'à quand vous retiendra-t-il endormie dans le sein même de la mort ? jus(|u'à quand mettrez-vous votre repos ilans ce qui ne sauroit être qu'un principe d’agitation et de trouble, que la source de mille peines.^ jusqu'à quand abandonnerez-vous la carrière de la vertu, pour être vagabonde, et pour cotirir dans des routes égarées? Revenez à votre Dieu, puisqu'il vous attend; hàtcz-vous, puisqu'il est prêt à vous recevoir. I) ira audevant de vmis à bras ouverts; ne différez pas
davantage, approchez-vous de Jésus, et il vous guérira , il vous purifiera ; unissez-vous à Jésus, et il vous éclairera, il vous guidera ; attachezvous à Jésus, et il vous bénira, il vous sauvera.
Qu'il emploie même qorlqueJbis des termes encore plus vifs , pour reprocher encore plus fortement à son àme l'escés de .son ingratitude et de sa malice, s Hélas, mon âme ! pourra-t-il dire, quelle a été votre ingratitude pour votre Seigneur et votre Dieu ! Vous avez reçu de lui des bienfaits si considérables et en si grand nonilre , et t ous lui avez toujours rendu le mal |)our le bien. C’est lui qui vous a créée à son image et à sa ressemblance , qui vous a favorisée du don de l'immortalité , qui a formé pour vos usages le rid et la terre , avec tout ce que renferme leur vaste étendue. C'est lui qui vous a comblée de tant de grâces; lui qui vous a appelée et conduite à la foi de l'église catholique ; lui qui, vous arrachant aux écueils et aux orages du siècle , vous a fait venir dans le port tranquille de la vie religieuse, afin que là, comme dans un paradis terrestre, comim; dans le véritable séjour des délices spirituelles , il ne vous manquât ni motif de vous réjouir tt»jours dans le Seigneur, ni moyen de pratiquer les bonnes œuxTcs. C'est lui qui a souffert avec une longue patience l'énormité de vos crimes, et qtii^ dans le temps que vous l'offensiez , au lieu de vous précipiter dans les flammes étemelles , a toujours retenu sa main vengeresse. C'est lui qui, étant le roi des rois, s'est incarné pour l'amour de vous, et qui, étant votre créateur, s’est encore fait votre frère ; lui qui, non content d'être devenu dans sa naissance un enfant faible, a voulu devenir encore durant sa vie un homme de douleurs : et tout cela pour vous. Oui , c'est pour vous qu'il a langui dans la tristesse et dans une agonie mortelle, pour vous qu'il a été trahi par son apétre et saisi par ses ennemis, pour vous qu'il a été garrotté et chargé d'outrages comme un criminel , pour vous qu'il a eu le visage couvert de (TachaLs et meurtri de soufflets, pour vous qu’il a été l'opprobre du monde et le jouet d’une vile populace, pour vous qu’il a été flagellé et couronné d'épines , pour vous qu^il a été frappé d'un ntseau et ehargé du poids de sa croix , pour vous qu'il a été cloué à cette croix et abreuvé de fiel rt de vinaigre, pour vous qu'il a répandu son sang adorable, pour vous qu'il est mort ft qu'il
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avoir |KMir vous une si cou|)able indiffrreniT .
a été enseveli. Enfin c'rsl lui qui, ayant acquis par un si grand pris le royaume des cieus , vous a choisie prélérablemenl ù tant d'autres pour vous transmettre l'héritage qui vous promet ce que l'œil n’a point vu, ce que l’oreille n'a point entendu , ce (|ue le cœur de l'homme ne saurait comprendre.
« Mais vous, mon âme, que lui avez-vous rendu l>our tant de (p^ces? Vous avez quitté et méprisé celui qui vous en a favorisée, vous vous êtes depouilléede tout sentiment de respect et de crainte pour celui qui vous a aimée, vous avez secoué le joug plein de douceur de eelui qui vous a choisie, vous êtes devenue semblable aux enfans de Bélial; comme une prostituée, voua vous êtes abandonnée au crime sans remords et satis boute ; vous avez fait alliance avec la tnort , voua avez contracté avec le démon. D'abord vous vous êtes portée dés votre enlànce â toute sorte de mal , vous n'avez cessé depuis d'entasser crime sur crime . et d'ajouter aux dé.sordres communs aux autres hommes des excès qui ne pouvaient peutêtre aller plus loin. Malheureuse, vous avez cnicifié derechef par vos péchés Jésus - Clirist , qui vous avait prise pour son épouse , et vous avez rouvert les plaies d'une passion si douloureuse , par la multitude et l'énormité de vos péchés.
s Ah! qui vous donnera des soupirs et des gémissemens proportionnés â de si grands maux ? Qui fera de vos yeux une fontainede larmes pour pleurer nuit et jour une aussi noire ingratitude ? ilorriblc état que celui où vous êtes réduite ! De quel côté vous tournerez-vous ? O si vous étiez demeurée pure et sans tache I O si vous ne vous étiez pas couverte d'une telle infamie! O si vous n'aviez jamais quitté le Seigneur ! Mais, hélas I vous avez perdu l'innoceuce, vous avez contracté des taches hideuses , vous vous êtes honteusement déslionorée, vous avez lâchement abandonué votre Dieu. A qui recourir? quel secours implorer? I.e secours de celui-lâ même que vous avez offensé. Il est bon et miséricordieux au-delà de tout ce qu'on peut dire. Iluiniliez-vous, jetez-vous â ses pieds, anéantissez-vous en sa présence , et vous en obtiendrez miséricorde. •
Il est quelquefois à propos que ce pécheur adresse directement au Seigneur ses gémissement et ses plaintes â peu prés en ces termes : «Hélas, Seigneur! mon doux Jésus, hélas! qu'ai-je fait ? comment ai-je pu trahir votre parti ,
oublier ce doux litre de sauveur, qui vous a coûté si cher ? Comment ai-je perdu la crainte de vos jugemens ? Comment ai-je été capable de fouler aux piids votre loi? Je suis donc un prévaricateur, û mon Dieu! je suis un ingrat,/! mon créateur ! je suis le plus malheureux de tous les hommes, ô mon sauveur, ù ma vie, ô mou unique bien ! Malheur à moi , luisérable que je suis! malh ur à moi, parce que j’ai p^hé ! malheur â moi de m’être dé(podé jusqu’à la condition des bêles, ou plulùl d|êtrc tombé dans un état encore (dus houleux ! Doux Jésus, pasteur charitable et le meilleur de tous les maîtres, aidez-moi. Mc voilà abàllu sous le fwids de mes péchés, relevez-moi ; me voil.i prêt à tomlH-r dans le précipice, leudez-moi la main ; me voilà souillé de mille crimes, purificz-moi : me voilà couvert de plaies, guéris.sez-moi ; me voilà dans la langueur et dans la fbiblesse, forlifiez-moi; me voilà perdu, sauvez-moi. Je mériterais, je l'avoue , que la terre s'entr’ouvril sous mes pieds •cl m'ensevelit da'us ses abîmes. Je suis indigne et du jour que vous m’avez donné , cl des grâces que je vous demande; car mon ingratitude est horrible, l’énormité de mes péchés est infinie; mais votre misériconlc l’est infiniment davantage. Vous donc , Seigneur, qui aimez tendrement les hommes, vous qui êtes mon espérance, ayez pitié de moi , suivant l'glendue de votre miséricorde, et effacez mon pi cité suivant la multitude de vos Itoulés. •
D'autres fois sclaissant aller à desoudains moiivemens de dévotion, il se prosternera devant Dieu , s'écriant avec ferveur : «.Seigneur, si voua voulez vous pouvez me guérir.» Uu bien : « () mon Dieu, soyez propice à ce Ir/s grand pécheur.» Ou encore ; «Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. » Ou enfin : » Seigneur , secourezmoi. » Il déchargera |iarcillement son cœur en présence de la sainte Vierge et des saints; il emploiera de .semblables gémissemens pour implorer leur intercession auprès de Dieu.
Digitizfv ^ C OOgle