‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 666 sur 684 · M LK DIRKCTEUR DES · texte numérisé non relu

M LK DIRKCTEUR DES

CIIAIMTRE V.

I. Comment un comiiu'iiçant doit l’extTcer dan» la contidé' ration de tet 2. (}<Hiiinen( il petit hmVIUct sur la

glmre du ciel. 3. Comment il montera pnt 1 peu aut eserctoca les idu* aublimc*. 4. Divene» iudiaavUons à erilcr dans la firvmr.

1. Il doit chaque jour, ou du moins 1res souvent, rentrer st'i-ieusenient en lui-mime, et se rappeler Icspéchésdesa vie pass«'e,aveeune huniililil profonde et une ferme résolution de ne les plus iDmmellre. Il doit eiisiiite s'en accuser devant Dieu , s'arrêtant plus particulièrement sur ceux dont la Brièveté et l’énorinité ont le plusoffonsé la bonté divine. Mais pour les péchés d'impureté, il ne doit les considérer qu'en Bros, sans trop s'y arrêter , de peur que, dans une matière si délicate , les foutes passées ne réveillassent des idées capables de donner occasion à des fautes nouvelles. Dans celte confession il doit surtout s'exciter û une contrition véritable, A des lamies sincères , à une piété tendre et sensible , et faire en sorte que le motif de sa componction se prenne des outraBes qu'il a foits i son Dieu , A son Créateur , au meilleur de tous les pères , et de l'in- Bralitude qu'il a opposée A ses bienfaits, plutôt que des peines éternelles, dont ses péchés l'tmt rendu diBne.

Il ne s'attachera pas tellement A ces formules d'aspirations et de plaintes amoureuses, qu'il se eroie ubÜBé d'emplqyer toutes celles que nous avons proposées dans le chapitre précédent. Il n'est point nécessaire, ni d'en prendre un Brand nombre , ni de suivre l'ordre que nous y avons observé. Qu'il s'arrête A celles qu'il voudra , qu'il en choisisse le nombre qu'il jiiBera A propos, et qu'il les place de la manière qui lui paraîtra la plus convenable. S'il cupremlune, deux ou trois, qu'ii s'en souvienne et s'en nourrisse dans toutes les occupations de la journée; et il peut fort bien se borner IA si eela lui plaît. S'il en veut prendre un plus Brand nombre , il le peut encore. Tout ce que je désire c'est que sa dévotion soit entièrement libre, et toujours exempte de ce qui pourrait y répandre la confusion et la perplexité. J'ai contiu une personne qui dans ses occupations extérieures bornait tous ses entretiens sur la pa.ssiun A ce peu de paroles ou à d'autres semblables : «O mon aimable Jésus, ô pasteur plein de bonté, 0 maître plein de douceur! aimable Jésus, ayez pitié de moi ; pasteur

AMES RELIGIEUSES

plein de btinlé, Buidez-moi ; maître plein de diMiceur, inslnii.sez-moi ; mon SeiBneur et mon Dieu , secuurez-inoi. s J'en ai connu un autre qui faisait clioix de quelques pensées , tantôt plus courtes, et tantôt plus étendues , et qui aimait surtout A exprimer le même sentiment en mille et mille manières différentes.

Tout cela doit être laissé A la discrétion et au Boôt de notre disciple. Il lui est libre encore, s'il le juBe A propos, d'employer la considérai ion de la mort, du purBatoire, du juBement, de l'enfer et du paradis, pour s'animer A la componction et se fortifier dans le des.sein qu'il a pris de marcher A Brands pas dans les voies spirituelles. Plus un tel exercice approchera de la crainte filiale et de l'amour divin, plus il sera aBréable A Dieu et propre A purifier l'Ame. Au contraire, plus il donnera dans la crainte servile, moins il en retirera de fruit, lai crainte filiale nous fait craindre le pc'ché de peur d'oulraflcr un Dieu infiniment bon , et de perdre sa BfAce et son amitié; la crainte servile nous fait craindre ce même péché de peur qu'il ne nous rende la triste victime des peines de l'enfer. C'est pourtant toujours une bonne chose que d'user de la crainte même servile, comme d'un frein qui nous empêche de faire le mal. Mais il fout se souvenir de n'en pas demeurer IA, et de passer de la crainte des esclaves A celle des enfans.

2. Lorsqu'il voudra méditer sur la Blotre du ciel , il pourra prendre ce qui suit pour sujet de ses réflexions : «O que la céleste Jérusalem est un doux séjour! Ses murs sont bâtis des pierres les plus précieuses, ses portes brillent de l'éclat des perles les plus fines, ses rues et ses places sont pavées de l'or le plus pur, ses jardins émaillés de fleurs présentement le spectacle du monde le plus riant. C'est IA que retentissent continuelleroent des paroles d'alléBres.se, que se chantent sans relâche des cantiques de joie,queserenoavellent sans cesse des cris de réjouissance , que se font toujours entendre les concerts des esprits bienheureux. C'est IA que le baume et les parfums répandent les plus douces odeurs. (Test IA que rèBne une |>aix un repos qui passe tout sentiment , un calme au-dtssus de toute imaBination, un jour éternel, une union formée par un seul et même esprit qui anime tout, une ferme sécurité, une éternité assurée, une tranquillité [)erpéluelle, une aBréable félicité, une douceur

PAR LOUIS DE BLOIS

ineffiiblc, un charme délicieux. C'est U que les en abondance, et que tout ce qui pourrait chajusles brilleront commele soleil dans le royaume (i^ner en est lianni ! Qu'il est charmant, puisde leur père. O quel avantage que d'assister aux qu'on a le bonheur d'y louer le Tout-Puissant duchœurs des anges, et d'étre (Miur jamais en so- rant les siècles des siècles! « ciété avec les patriarches et les prophètes, avec II faut néanmoins, autant que cela se peut, les apôtres et les martyrs, avec les confesseurs rendre ces désirs du ciel purs et désintéres.sés, et les vierges , et surtout avec la glorieuse vierge et .soupirer après la céleste patrie , non à cause Marie mère de Dieu! Quel bonheur que de se du plaisir dont on y jouira , mais à cause de la voir pour toujours exempt de crainte, de tris- gloire et des louanges qui en reviendront à tesse, de chagrin, de peine, d'ennui, de travail. Dieu. Quoiqu'à dire vrai ces sortes de médilad'cnibarras , de dégoût, en un mot de tout be- tions , qui ont pour objet la vie éternelle , consoiii! .Mais quelle ahtmdance de consolations! viennentmieuiàceuxquiontdéjàfaitdiipru- (|uellc multitude de déliers! quel cxcèsdejoie! grès dans la spiritualité, ces aspirations ont (|uellf vaste étendue et quel abîme de plaisir, plus de vérité et de pureté dans leur bouche de voir la gloire ineffable de la Trinité, cet être que dans ceux qui, n'étant point encore exercés immense qu'on ne saurait comprendre, cette lu- à la mortification des sens, sont sujets à se cherniière douce et ravissante qu'on nesaurait assez cher eux -mêmes, plutôt que les intérêts de aimer; de vuirdans SionlcDieu des dieux, le Dieu,

.Soigneur des seigneurs; de le voir non dans un 3. Revenons donc aux pieux gémissemens niiroir, et en énigme, mais face à face; de voir qui leur conviennent. Ils doivent s'y appliquer enfin l'humanité sainte de Jésus-Clu-istdansson avec ferveur et avec persévérance; et si vous état de gloire! Si l'on trouve tant d'agrément me demandez combien de temps, je vous réponsur la terre à considérer la grandeur, la diver- drai qu'il est difficile de le déterminer. On peut sité , les révolutions , la chrté brillante des astres, dire, en général , que cela doit durer jusqu'ô ce l'éclat et les rayons du soleil , la blancheur res- que le mépris du monde et de soi-méme ait pris plcndissantc de-la lune, la lumière répandue quelque empire sur leur cœur, et que quelques dans les airs; à regarder la variété des oiseaux , progrès qu'ils auront déjà faits dans la vie spides fleurs, des pay.sages, des couleurs; à écou- rituelle aient allumé dans leur àmr une sainte ter le son harmonieux des belles voix et les doux ardeur d'en faire de nouveaux. Cela vient quelaccords des instrnmeiis, à sentir l'odeur des quefiois dans un mois , et quelquefois .seulement fleursrtdcs parfums, et à se nourrir de mets dé- après plusieurs. Il yen a meme qui ne se troulicieux ; si tout cela saisit l'àme et la pénètre de vent dans cet état qii'aprt'-s des années entières, joie , quel sera le torrent de volupté dont cette La parfaite conversion du cœur est pour qiiel- .àme sera enivrée quand elle pourra voir, écou- qiies-uns un ouvrage de longue haleine. Orditer, sentir, goûter, posséder pleinement celui qui naircment elle ne se fait que [>ar degrés; mais est la beauté et la bonté même, le principe d'où il y a des âmes que Dieu prévient tellement par émane tout ce qu'il y a de beau et de bon dans les bénédictions de sa grâce, qu'un instant suf-

l'univers, la source féconde de toutes les perfèc- fit pour opérer en elles un changement entier et

lions, dont tout le reste n'est qu'un faible écou- parfait.

Irment , Ah ! je comprends ce que c’est que l'état Au reste on peut , parmi ses exercices ordide l'homme resscnscilé quand il entre dans son naires de pénitence, en pratiquer de plus doux éternité bienheureuse. C'est comme lorsque le et de plus consolans, en y joignant les louanges printemps, succédant aux rigueurs de l'hiver, de Dieu, des actionsde grâces et des adorations, vient renouveler la nature , embellir le ciel et la Cependant le pénitent doit faire son occupation terre, réjouir tous les cœurs. Mais que dis-je? il principale de s’occuper de ses péchés, d’en géy a plus de différence entre ces deux choses mirct des'enaffligernuitet jour. Et néanmoins qu'entre les épaisses ténèbres de la nuit la plus s'il ne peut tirer de ses yeux les larmes qu’il

obscure, et l'éclat du soleil dans son midi. Qu’il voudrait répandre en abondance, il ne doit pas

est donccharmant,re séjour de la Jérusalem cé- trop s’en alarmer. La détestation dn péché et leste , puisque tout ce qui [>eut plaire s'y trouve l’hcirrcur pour les moindres fautes sont comme

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LK DIUËCTEL'R DES lu larmu du cœur, que Dieu e\i|;c principalement.

Après que l'amertume salutaire d'une véritable contrition aura redonné quelque lustre à l’image de Dieu , que le péché avait si étrangement défigurée, alors, animé d'iinenouvelle confiance, on pourra se servir plus utilement du réfleiions et des aspirations pius spirituelles dont nous avons parlé. C'est ainsi qu'un avancera peu à peu dans la voie de la perfection. Mais sachez qu'on ne s'élève de la .sorte qu'à mesure qu'on s'afFerniit dans l'Iiiimilité chrétienne, et que l'on n'entre en familiarité avec le céleste époux qu'à proportion de la ferveur qu'on a pour se disposer à cu communications étroilu.

Quand on se sentira froid et languis,sant , on tâchera d'allumer dans son cccur le feu de l'amour divin, en faisant des réfiexions sérirus<-s sur l'incarnation et sur ta |>3ssion du Fils de Dieu, et en formant de pieux entretiens avec soi-méine à l'occasion de ces mystères, l’ar ce moyen, le cteur embrasé d'une sainte ardeur sc portera bien vile à la prière et aux aspirations , et l'àme apprendra à demeurer unie avec .son unique et souverain bien. Kn s'accoutumant à celte excellente pratique, ou parvient en peu de temps à n'avoir plus besoin d'employer les considérations et les réflexions pour .sc porter à Dieu : d'une simple vue on se sépare des cn-atures , on les oublie et on s'enivre saintement et heureusement dans le torrent des délices de l’amour divin.

iji qualité de pécheur et le devoir de pénitent n'oMigent point à repasser dans son esprit tous les péchés de sa vie passée , ni à tenir toujours devant ses yeux l'image fâcheuse de ses anciens désordres. Ce serait un obstacle à la liberté de l'âme et aux pro|p-és de la charité : il suffit d'élever souvent son coeur à Dieu par l'amour le plus tendre et le plus vif. Ce qui n'empèche pas que l'on ne déleste de temps en temps tout ce qui a pu nous Oter sa grâce, et ce qui pourroil encore retarder la course qui nous porte amoureusement â lui ; car je ne prétends pas que par négliip’iice on laisse effacer de sa mémoire ce qu'on a fait de mal ; il faut au contraire qu'on s'eu ressouvienne loitjuurs, mais de telle manière que ce souvenir n'empéclie pas un plut grand bien. Cest pourquoi je voudrait

A.MES RELIGIEUSES

qu'un se contentât pour lurs de faire chaque Jour â Dieu la confession de ses péchés en général , sans trop descendre dans le particulier.

4. Pour les petites fautes, dont les âmes 1rs plus Ju.ste$ ne sont pas exemptes , nous avons un moyen de les effacer plus prompt et plus ethcare que ne le serait une attache scrupuleu.se à les examiner en détail et â noua en punir par des pénitences amères. Ce moyen est de les jeter dans la fournaise d'un amoiu' qui soit plein de vivacité, de force et de tendress , et de les plonger avec confiance dans les abîmes de la divine miséricorde ; là ils s'évanouiront comme l'on voit di$|>arailre une étincelle qui tombeau milieu de la mer. N'oublions rien pour rctram lier debonne heure les peines de conscience qui pourraient nous inquiéter mal â propos, les .scrupules qui se repaissent de vains fantômes , la pusillanimité i|ui méconnaît les règles de la sagesse et de la rai.son . les défiances que l'embarras et le trouble aaoiiipagnent luujotirs. De quelque bon princi|>e que ces inquiétudes .semblent sortir, elles u'unt guère que des suites funestes. Ce sont des épines dont il faut couper la racine dès qu'elle parait ; sans cela elles ôtent la liberté de l'âme , elles empêchent son artivité et la fi>nt marelirr plus lentement dans le rlirmin de la vertu.

Nous ne devons rien tenter aïKclessus de nos forces. Contentons-notis de notre sort , c'est-àdire do degré de perfection que Dieu nous accorde. Si nous ne pouvons pas arriver â celui que nous désirons, travaillons du moins â acquérir celui qui est pnqHirtionné â nos talens. Quand on ne se fiat te |Miinl, et qu'on ne se lai.sse pas aveugler |iar un excès d'amour-propre ; l'on voit aisément â quel degré de vertu on peut arriver. Cependant la bonté divine est libérale et infiniment liliérale; aimant à se coimnuniquer avec profosion , elle ne manque jamais de le faire quand elle trouve une âme bien disposée. Cest pourquoi si un homme appliqué â la vie intérieure ne se trouve pas tout d'un coup élevé â la «intemplation ni à la charité parfaite , qu'il se dise qu'il n’est point encore capable de cet heureux état ; car à quoi lui servirait d’ètre favorisé d'une grâce dont il ne ferait pas un bon ii.sage? Qu'il sc hâte dtmc de déraciner tous ses vices , pour se rendre moins indigne d'un si grand bien. Mais encore un coup, qu'il ne s'obstine point à vouloir aller aunlclâ de ses forces.

l'AK I.OL'IS

C'csl à la Rrâcc à le prévenir avec Unité , et c'e«t à lui à la suivre avec humilité. Qu’il se parde donc bien de vouloir pousser son esprit avec violence vers un terme où il ne peut encore parvenir. Le désir présomptueux demontertmpliaut ne ferait que le précipiter plus bas, et une chute meurtrière serait la peine desa témérité. Ce n'est pas qu'il ne soit obli5é de faire de continuels ef; forts pour devenir de jour en jour plus parfait, mais ces efforts ne doivent point tenir d'un emportement fouRucui, d'un .soin chagrinant d'une entreprise violente et tumultueuse.

Qu’il fasse attention ù la mesure de la gréée qu'il a reçue, et qu'il n'oublie jamais qu’on arrive plus facilement, plus sûrement, plus promptement et plus agréablement même, au degré le plus élevé de la coutcinplalion , quand c'est la gréce du Seigneur qui nuus y porte, que quand nous nous tourmentons nous-mêmes pour y pai^ venir. Ce n'est point ainsi qu'on acquiert l'intelligence de la théologie mystique; il faut aller sagement et avec beaucoup de retenue , de peur qu'une trop grande envie d'obtenir ce qu'on n'a pas ne fasse perdre tout d'un coup ce que l'on a.

Le pain des larmes est une nourriture excellente et délicieuse; mais il y a des personnes qui en prennent trop, et cet excès abat leurs forces, loin de les réparer. On les voit s'abandonner aux pleurs pendant si long-temps, et avec tant de véhémence , que leur corps et leur esprit, également épuisés , succombent enfin é cet exercice , trop violent , et |iar lui-mème , et par sa durée. Je ne nie pourtant pas qu'il n'y ait des imes privilégiées, dont les larmes, quoique continuelles, ne sauraient être accusées d'indiscrétion , parce que le Saint-Esprit les fait répandre.

Ne voit-on pas encore des gens qui , dans le moment que Dieu les plonge dans le torrent de sesdélices, font de nouveaux efforts pour porter leur ferveorau-deU de l'impression de la grâce.’ Mais ils ne tardent guère â être punis de leur indiscrétion; et c'est lorsque Dieu, lesabandonnant â leur propre faiblesse, leur fait enHn sentir tont le poids de leur misère ; et aussitôt ils se trouvent incapables de goûter 1rs grâces qu'il leur faisait. Il but donc modérer de telle sortecet esprit de ferveur dont on est quelquefois animé, qu'au lieu d'y ruiner les forces de notre âme, on y trouve au contraire un surcroît de vigueur.

Quand on a la tête forte , on peut se lai.s.vr

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aller plus librement à des aspirations animées et pleines d'ardeur. Quand on l'a faible, on doit se ménager, surtout si ces efforts indiscrets ont déj.i contribué aiitrrfiusâ la situation fâclieuse oû l'on se trouve. On se voit quelquefois réduit â un si triste étal, qu'on ne saurait presque s'occuper d'un motif de componction, d'une méditation courte et légère , d'une simple lecture. La moindre application incommode, lors même que, pour se la faciliter, on se met dans une posture commode , qu'on s'appuie la tête on qu'on se tient assis. Telles sont les suites déplorables qne l'indiscrétion traîne après soi. Ceux qui les éprouvent ne doivent pas pour cela se livrer au désespoir. Qu'ils travaillent au contraire pour écarter adroitement tout ce qui pourrait aigrir leur mal, et qu'il prient humblement le Seigneur de leur rendre, par un effet de sa bonté, le bien qu'ils se sont ravi par leur faute. .Si Dieu écoute leurs vœux , qu'ils ne manquent pas de l'en remercier. S'ils ne les exauce point , qu'ils ne laissent point de le bénir, et qu'ils apprennent .n supporter avec patience, pour l'amourdelui, un malheur qu'ils se sont attiré par leur impnidence.

Je veux que l'homme véritablement spirituel se tienne en garde aussi contre l'inconstance et la légèreté; et qu'après on choix judicieux des pratiques qui lui paraîtront les meilleures, il persévère constamment malgré les dégoûts et amertumes qui pourraient survenir. Il y a pourtant ici une précaution â prendre; c’est d’obéir avant toutes choses â l'Esprit saint, et de sacrifiersans peine tontes les méthodes particulières, à celle qu'il nous inspire, pourvu qu'on ne prenne pas ses propres pensées pour des inspirations du Saint-Esprit. 11 nous attire en diverses manières et il a un nombre influi de voies pour nous conduire dans ses celliers mystérieux oû l'on est abreuvé d'un vin réleste, et dans ses couches spirituelles oû l'on s'unit â lui par l'amour le plus pur. Suivons-le donc partout oû nous avons nn juste sujet de croire que sa voix nous appelle, et u'écoutons jamais celle de notre propre volonté. . Nous devons toujours être entre 1rs mains de ce divin esprit, comme des instrumens dans la main de l'ouvrier ; toujours prêts â plier du côté qu'il voudra ; toujours disposés à suivre toutes les pratiques qu'il lui plaira de noiui inspirer. L'âme qui se voit élevée â une sublime contemplation et â la jouissance anticipée dn bonheur

*:îK l.K IHRECTKUR UES

(In saints, ne s'y doit pas lellcment absorber qu'elle ne conserve la liberté de s'offrir continncttemenl à Dieu pour faire en tmil sa rninnié. C’est alors que celte àme eorablée des faveurs de son Dieu passe léBéreinenl sur les mystères de notre seiBnetir, pour courir avec ardeur et voler même partout où l'esprit du Seicneur la veut transporter.

Mais comme il peut .s’élever des doutes et des incertitudes dans cette voie , il est bon de consulter et de suivre les avis que l'on vous donnera. Crnx que l’on consulte doivent avoir trois qualités : la prudence, l'expérience et l'bumilité. Vous avancerez beaucoup plus par ce moyen , que si Toos vous en rap|M)rliea A vos lumières, et que vous suivissiez vos propres vues. Avec toutes oes précautions il ne faut point encore tellement s'appuyer sur ses Iwnnes intentions et sur les conseils des autres, qu'on ne recoure à la prière avec un saint tremblement. On ne saurait trop s'humilier devant Dim, ni trop lui demander la BrAce d'élre sûrement conduit dans ses voies , d'ètre éclairé de ses lumières et d’ètre mis à l’abri de cet esprit de séduction qui nous fiit suivre si souvmt l'erreur sous l’apparence de la vérité.

Enfin Bravez profondément dans votre Ame cette maxime importante, que vous ne pourrez amais vous unir parfaitement A Dieu que vous ne soyez entièrement libre et déBagé de tout ce qui n'est pas Dieu.

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