CHAPITRE V
Qtie fauMcIét de Maoiebét touchant In Mtm le rendaient
iodigne de toute ertaner dana In aiilm pointa de u doe-
tri ne.
Mais qui obligeait Manichés de nous faire dans ses livres de si longs discours des astres, dont la connaissance n'est point nécessaire pour être instruit dans la piété? Car, puisque vous avez daigné apprendre aux liummes dans vus Ecritures, que la piétéest la vTair sagesse, quand il aurait eu uneconnaissaoce parfoitedes astres, ce n'aurait pas été une preuve i|u’il possédât cette vraie sagesse; mais c'est une preuve indubitable qu'il ne la possédait pas, de ee que, ne connaissant rien dans cette science de la nature, il a eu la hardiesse et la présomption d'emseigner ce qu'il ignorait. Cest même l'effet ordinaire de la vanité de sc vouloir signaler par cette connaissance des choses natimelles lorsqu'on la possède ; au Uni que c’est le des-oir de la piété de vous rendre gràres et de eonfesser votre
nom. Mais vous avez permis que cet homme , qui n’avait aucun soin de vous louer, ait beaucoup parlé des choses de la nature , afin qu'étant convaincu de fousseté )iar ceux qui ont une véritable connaissance, on pât voir clairement quel était son esprit et son jugement dans les autres qui sont plus radiées. Car il n’avait pas une médiocre estime de lui-inénie, mais il s’efforcait de iwrsnadcr que le Saint-Esprit, qui remplit de divines coiisolations et qui enrirhit des dons célestes 1rs éinesqui vous sont fidèles, résidait persnnnelirnient en lui avec une pleine et une absolue puissance. Ainsi, lorsque l'on décousTc scs fiiu.Hsetés en ce qu'il dit du ciel, des étoiles et du mouvement du soleil et de la lune, quoique cela ne rripirde point la doctrine de la religion, on lie lai.s.se pas néanmoins de connaître manifestement que la hardirs.se avec laquelle il en a écrit était impie et sarrilége; puisque outre qu'il ignore ce dont il parle, et lumbe dans des erreurs et des faussetés grossières, il en parle avec une si haute pré.somption et un orgueil si insupportable, qu’il veut qu'un ajoute créance fi tout ce qu'il en dit, comme è des discours qui procèdent d'une |)craonne divine.
Quand je vois quelqu'un de mes frères en Jésus-Christ qui n'esi pas instniit en ceseonnaissaners ou qui s'y trompe, je le souffre sans aucune peine, sarliaiit qu'il ne hii importe nullement de savoir la situation et l’élat d’une créature roiqiorelle, poursu qu’il ne croie rien d'indigne de votre majesté infinie, ô mon Dieu créateur de toutes choses. Mais ce défaut de connaissance lui est dommagcalile, s’il estime qu'il fait partie de la doctrine essentielle de la piété, et s'il ose soiilenir avec obstination ce qu'il ne sait pas. I.a charité, ainsiqii'une Imnnc mère, supporte cette fiiibles.se en celui qui n'est encore que dans l'enlàncc de la fi)i , jusqn'é re que, devenant un ntMivel homme et un homme parfait , il ne soit plus sujet A être agité par les vents des diffrrentes doctrines. .Mais qui n'anrait en Isnreur et ne rejetterait comme détestable la folie de celui qui serait convainen d'avoir enseigné des elioses finisses après avoir voulu passer pour docteur, pour guide, pottr chef et pmir maître de ceux A qui il aurait osé entreprendre de persuader que res choses étaient tcHes qu'il les disait , et de le faire avec tant d'audace qne de prétemlre qu'en le suivant , on
C0.^FESS1Ü^S DE SALW AUGUSTL>. - UVRE V.
netuivrail pas tin Itonime, maia voll'C Esprit saint?
Néanmoins, je ne savais pas encore bien assurément si l’un pouvait cipliquer selon la doctrine de Manicbésceschan^emens qui augmentent on qui diminuent la longueur des jours et des nuits , et les vicissitudes mêmes du jour et de la nuit, ors éclipses du soleil et de la lune, et ce que j'avais remarqué de semblable dans les autres livres que j'avais lus. Que si cela se (lOUYail , cl qu'il n'y eât point de répugnance visible entre ce qu'il a écrit et ce qui se passe dans la nature , je n'étais pas touteFbis assuré que ce qu'il en dit fût véritable ; mais j'étais disposé à me rendre à son autorité, à cause que je le tenais pour un saint et pour un boimne de Dieu.