‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 9 sur 684 · JEAN GERSEN · texte numérisé non relu

JEAN GERSEN

I<iÊ A CAVACLIA VERS l^OO.

Jean Gerscu naquit â Cavaglia, près de Verceü, en Piémont, sur la 6n du xu* siècle.

Il entra de bonne heure dans le monastère bé* oédictin de Saint-Étienne de la citadelle de Yerceil, fondé, dit-on, par saint Maur, en â70, et en devint abbé. L’histoirede ce couvent apprend qu'il en fut le quairiènoe abbé, de 1220 à l^ô.

Tout ce qu'on peut savoir de lui , c’est qu'il parait avoir été lié d'amitié avec saint Francis d’Assise, né en 1182, instituteur de l'ordre des Franciscains en 1210, et mort en 1226, et avec saint Antoine de Padoue, né à Lisbonne en 1 lOo, élevé à Verceil et mort en 1231.

M. le président de Gr^ory, dans son Mémoire sur le véritable auteur de Vlmitalion de Jésus- Christ (Paris, 1827, 1 \ cl. in-12), et dans son /storia délia f^erctUete leUertUura ed arti (4 vol. in-4*, Turin, 1819), a prouvé, ce me semble, d'une manière fort satisfaisante, que c’était à ce moine piémontais du milieu du xm* siècle qull fallait attribuer ce bel ouvrage.

(Quelques savans l'ont attribué à Thomas à Keiiipis, chanoine régulier de Saint-Augustin, né â Cologne en 1380, mort en 1471. Il y a iiiènte en faveur de cette opinion un arrêt du parlement de Paris, rendu en 1652, dans une querelle entre les Augustins et les Bénédictins, qui le donnaient à notre J. Gcrscn,et avaient aussi en leur faveur l'avis d'une congr^ation de cardinaux, rendu 5 Borne le 14 février 1639. Mais ni l'avis des cardinaux, ni l’arrêt du parlement de Paris, ne sauraient avoir d’autorité dans l'examen d'un fait historique.

La première édition de VImüalion , donnée au xv« si^le, â Anvers, était faite sur un manuscrit de cette ville, de l’année 1441 , sur letiuel on lisait :

Finitus ei completut anno domini I439,m vigUiâ saaicti Jac^i //po.r/0/4, per manus /ira/rù Thomæ Kempis ad taudem Dei^ in numte sanuUe AgneÜs.

Otte phrase, où Thomas i Kempis se présente uniquement comme le copiste de ce volume et non comme l'auteur de l’ouvrage, a été la source de toutes les erreurs suivantes.

(Quelques autres personnes, trompées par la conformité du nom, l’ont attribué à Jean Cbarlier, dit Gerson, du nom d’un vHlage dans le diocèse de Reims, né en 1363, devenu chancelier de l'universitéde Paris, et mort dans le monastère des Çélestins en 1429.

Depuis la publication de son mémoire en faveur de J. Gersen, M. de Grégory a fait à Paris l’acquisition d'un manuscrit plus ancien que tout les manuKrits connus, et dont la date parait être de la fin du xiu* siècle. Un témoignage intéressant est venu fortifier les opinions de M. de Grégory sur l'antiquité de ce manuscrit. Ce petit volume porte sur l'intérieur de la reliure, des deux côtés, plusieurs noms des membres de la famille de Advocatis, écrits au xnr* et au xv« siècle; et on lit dans un journal ancien , conservé dans cette famille verccilloUe, ù l'année 1349:

1349 Die dominicâ mensis februarü, post

divisionem factam cum fratre meo Fincen/io qui Ceridonii lud>iUU, in ti^num fraterni amo~ ris quod hoc temporatibus tantum impulsus negoliis fet% dono UU preciosum codicem de liu- TATionB GHRisn quod hoc ab agnatibus mets longà manu teneo; nam nontudU anienaies mei hujus jani rtcordanoU.

Ce livre contient un traité de morale qui devait être expliqué et dicté dans les écoles, et qui avait pour but principal de réformer la discipline ecclésiastique alors fort relâchée. La mansuétude et la pureté de la morale en ont fait le manuel indispensable de la morale religieuse dans tous les siècles qui ont suivi.

Des milliers d’éditions en ont été faites dans tous les pays et continuent chaque jour â s'en faire. Les deux meilleures données dans les dernières années sont celles de H. Gence et de M. de Grégorj' *■

Les manuscrits s'en trouvent dans toutes les bibliothèques publiques.

(^ant aux traductions, elles sont innombrables dans toutes les langues. Nous en avons plus de cent peut^tre en français , au nombre desquelles figure celle de M. l'abbé de La Mennais, accompagnée de réflexions sur chaque chapitre. M. de Grégory en imprime en ce m<»nent deux traductions , l’une en français , l’autre en italien. Celles qui se lisent avec le plus de {4aisir sont encore celles de De Deuil (Louis-lsaac le Maistre de Sacy) et de M. de Beauxée ; toutes deux ne contenant qu'une reproduction fidèle du texte. Celle de De Beuil a vieilli; j’ai {M^féré celle de Beaozée, dont le style est suave et pur ; c’est celle que je reproduis.

‘ tPe iimtationc Chn$tt cl cotUempta mundt,iy. ia*8, 1833. O'sprèi le mauuiail de Adiocotù-

NOTICE SUR LES AUTEURS

Page 1