‹ Choix d́ pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 17 sur 75 · LV1I · texte numérisé non relu

LV1I

Don fait par le Roi à la reine de Sicile, duchesse d'Anjou, et a son fils, des aides pour la guerre qui se lèveront dans leur duché d Anjou, leur comté du Maine, et leurs autres terres.

Pam, 15 mars 1392.

Charles, par la grâce de Dieu roy de France. A noz amez et féaulx les généraulx conseillers à Paris sur le fait des aides ordenées pour la guerre, salut et dilection. Savoir vous faisons que Nous, par la délibéracion de nostre conseil, avons donné et octroyé, donnons et octroyons de nostre certaine science et grâce espécial par ces présentes, à nostre très chière et très amée tante, la Royne de Jhérusalem et de Sicile, et à nostre très chier et très amé cousin, le Roy de Jhérusalem et de Sicile, son fil, pour aidier à supporter les grans fraiz et despenses que noz diz tante et cousin dessus diz soutiennent pour le tait de la conqueste dudit royaume de Sicile, la moitié de tous les aides , tant de gabelles du sel comme autres, qui ont et auront cours pour ledit fait de la guerre pour ceste présente année, qui commença le premier jour de février derrain passé et fienira le derrain jour de janvier prouchain venant, comme ès autres parties de notre royaume,

en leur duché d'Anjou, en leur conté du Maine et en leurs terres de Guise , de Lodun , de Mirebeau , de Chailli, de Loncjumel et de Bonneville-la-Louet, et général ment en toutes les terres, lieux et pais où ilz ont acoustumé prendre ou temps passé les diz aides ou partie d'icelles par nostre octroy, à prendre, avoir, lever et recevoir ladicte moitié desdiz aides par noz diz tante et cousin et leurs gens et députez à ce en leur duché , contez et terres dessus dictes, ainsi et par la forme et manière que ilz le ont prinse Tan derrain passé. Si vous mandons et enjoignons estroitement, que noz tante et cousin dessus diz faites, souffrez et laissez joir et user paisiblement de noz présentes grâce, don et octroy. Et par rapportent ces présentes ou vidimus d'icelles soubz séel autentique, avec vérificacion de vous et quictance de nostre dicte tante ou de son receveur général, nous voulons et mandons, tant ce que par les receveurs des aides des duché, conté, et terres dessus dictes aura esté bail lié, paié et délivré à noz diz tante et cousin ou à leurs gens pour eulx, estre alloué en leurs comptes et rabatu de leur recepte par noz amez et féaulx gens de noz comptes à Paris, sans contredit ou difficulté, non obstant quelconques autres donz par nous autresfois faiz à nos diz tante et cousin, et quelconques ordenances, maudemens ou delfeuces contraires. Donné à Paris en nostre hostel lez Saint- Pol, le xv* jour de mars , l'an de grâce mil ccc un" et onze et le xu* de nostre règne. Ainsi signé : par le Roy en son conseil.

J. DE MoSt£ROLIO.

(Dans un vidimus original du prévôt de Paris du 25 avril 1392.) [Arch. <U CEm. Carton K. 54, .pièce ii.)

Instructions des ambassadeurs français envoyés vers le Pape pour la création d'un royaume d'Italie pour Louis, duc d'Orléans.

24 janvier 1393.

Instruction baillée par le Roy à l'évesque de Noyon 1 et au sire de Coucy, cousin et conseillers du Roy, et à maistre Jehan de Sains, secrétaire dudil seigneur, envoiez de par icelli seigneur devers nostre S. Père le pape' et le collège des cardinaulx, des choses que ils auront à faire devers nostre dit Saint Père et ledit collège.

Premièrement. Après la recommendacion et présentacion de leurs lectres, qui contendront créance, diront à nostredit S. Père que les roys de France, depuis qu'ils sont chrestians, ont eu grantdévocion, amour et alliance à l'Église, et aussi l'Église a eu en grant amour les roys de France ; et par le grant amour et alliance que les roys ont eu à l'Église, l'Église en a esté plus doubtée, honnorée et essauciée.

Item, que les roys de France, pour la grant amour et dévocion qu'ils ont eu tousjours à l'Église et au saint sieige de Romme, ont par plusieurs foiz remis le pape en son sieige, dont il estoit débouté par sçisme ou autrement, indeuement, et ont apaisié plusieurs sçismes et miz l'Eglise eu paix et en union, pour quoy l'Église s'est tousjours plus tenue obligiée aux roys de France que à nulz autres princes du monde.

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