‹ Choix d́ pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 34 sur 75 · LXXXX1X · texte numérisé non relu

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Lettre du duc de Bourgogne au parlement > et la réponse.

Du samedi 29 octobre 14(M.

Item , ce jour furent leues en la chambre certeines lectres envoyées de par monseigneur le duc de Bourgogne 1 contenant la teneur qui s'ensuit.

« Le duc de Bourgogne, conte de Flandres, d'Artoiz et de Bourgogne. Très chers et espécialz amiz. Nous tenons estre bien venu à vostre coguoissance , monseigneur le Boy nous avoir mandé par maintesfois et commendé venir pardevers lui. Et combien que en noz payz de Flandres et d'Artoiz nous eussions grandement à besoigner de plusieurs grosses besoignes, tant du mariage de Anthoine nostre filz", du partage de noz enfans et autres touchans grandement nous nostre seigneurie et noblèce, néantmoins, pour obéir à son commandement comme droiz est, et aussi que tousjours avons volu et voudrons faire à nostre povoir, avions et avons volu toutes autres choses laisser, en entencion d'aler pardevers lui, ainsi que mandé nous avoit. Et avons esté, comme vous avez peu savoir, jusques à Senliz. Si ne vous merveillez point, très chiers et espécialz amiz, se nous avons esté plus avant. Car jà soit ce que ès besoignes de mondit seigneur nous nous voulissions tousdis emploier de-

4. Philippe le Hardi, quatrième fils du roi Jean. 2. Antoine, comte de Rhétel , puis duc de Brabant.

vant toutes autres choses ainsy que tenus y sommes , toutevoie nous semble-il que quant à présent , actendu Testât de mondit seigneur tel qu'il est, nous y eussions bien peu prouffité; et aussi pour ce que les nosces de Anthoine, nostre filz, et les partages de nosdiz enfans , ne sont encores faiz , nous , tant pour les faire , en actendant la bonne santé de mondit seigneur, que Nostre Seigneur par sa grâce doint estre . briefment telle qu'il sçet que mesliers est à lui et à son royaume, comme pour entendre en nos autres besoignes et afères en nosdiz payz , et vous recommendons tant acertes et de cuer comme plus povons les besongnes de mondit seigneur. Et pour Dieu advisez et metez peine que sa cbevance et son demainne ne soient gouvernez ainsy que ilz sont de présent. Car en vérité , c'est grant pitié et douleur de oyr ce que j'en ay oy dire, et ne cuidasse pas les choses estre en Testât que on dit qu'elles sont. Sy y veilliez faire tout le bien que vous pourrez, et pour certain vous ferez bien et vostre devoir. Et quant est de nous , nous nous y employerons très volentiers et de bon cuer de toute nostre puissance. Très chers et espéciaulz amiz Nostre' Seigneur vous ait en sa garde. Escript à Ressons, le xxvr* jour d'octobre. Ainsi estoit la supscripcion : A noz très chers et espéciaulz amiz les gens du parlement de monseigneur le Roy estans à Paris. »

Les dictes lectres leues et considérées j>ar les dessusdiz conseillers, me fut enjoint 1 que je feisse unes lectres de par les dessusdiz qui contendroient ce que s'ensuit , en un demi foillet icy ataché ; et lesquelles

i . Me fut enjoint, etc. C'est ^greffier du Parlement qui parle.

je monstray à messire de Poupaincourt , premier président , lequel dist quelles [estaient] bien, et pour ce furent envoiées par un vallet ordonné par Blondeau , chambellan dudit duc.

« Très redoubté seigneur. Jà soit ce que la court de parlement vacant de présent ne siée point , néantmoins, touz quanques avons peu estre trouvez à Paris, avons esté le xxvin* jour d'octobre, assemblez en la chambre dudit parlement. Auquel jour avons reçeu à grant révérence, comme il appartient, et diligemment leu voz lectres escriptes le xxvi e dudit moiz, à nous de vostre grâce envoiées par Blondeau vostre chambellant. Dont nous tous vous remercions tant comme nous povons plus. Lesquelles voz lectres , très .retloubté seigneur, contenoient n poirîs principaulz : cest assavoir , l'empeschement du Roy nostre sire , pour lequel avez esté retrait de venir à Paris et estes retournez en vos paiz de pardelà pour la neccesité des besougnes de vous et de nosseigneurs vos enfans , en actendant la bonne santé du Roy nostresire, que Dieu par sa sainte grâce veille donner telle que tous désirer le devons. Outre , nous recommandez les besongnes, la chevance et le demainne de nostre devantdit sire le Roy , laquelle recomniendacion nous avons et devons avoir pour commandement , comme il appartient.

Si vous plaise savoir , très redoubté seigneur , que eu toutes les besongnes , chevance et demainne dessusdiz, qui nous toucheront ou appartiendront, tant au regart de nostre office touchant le fait de justice comme autrement , où nous serons présens et appeliez, nous sommes tousjoufiprests de délibérer, con-

seiller , faire et labourer de tous nos povoirs au plus loiaument et au plus diligemment que faire nous pourrons , comme faire le devons , au plaisir de Dieu , à l'onneur et prouflit de mon dessusdit seigneur le Roy et de son royaume, et à la grâce de vous, très redoubté seigneur. Lequel nous supplions humblement y vous plaise de vostre grâce avoir ladicte court de, parlement, tant en général que en espécial, nous et les personnes singulières d'icelle , avoir en vostre grâce et tousjours pour recommandées, en nous ofTrant, tant en général que en espécial, humblement à faire tousjours vos commandemens, services et plaisirs comme faire le devons et y sommes tenus.

Très redoublé seigneur, le Saint Esperit vous ait en sa saincte garde, que vous doint bonne vie et longue et à la fin sa gloire. Escript à Paris le xxni* dudit mois. Ainsy suscriptes.

Vos serviteurs les présidens et plusieurs autres conseillers de la Chambre de parlement. »

{Arch.deïEmp. — Rcg. XII du Conseil, fol. 36.)

Instructions des ambassadeurs français.

29 novembre 1401.

Instruction pour l'évesquede Chartres 1 , l'amiral', le premier président, le sire de Heugueville chevalier et chambellan, conseillers, et Jehan de Sains, sécretaire du Roy, envoyez de par lui pour assembler es marches

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