Vous t c'est-à-dire le chancelier
pour ce faire a esté ordonné que nosseigneurs les lais de parlement seraient présens à ce avec ledit prévost. » f
. Prononcé £ar messirè Jehan de Poupaincourt , président, ou Chastellet, sur les carreaux, présens le prévost., Je procureur du Roy et lesdis prisonniers.
Et ce mcisrues jour fut tant procédé par ledit pré- " vosl contre lesdis prisonniers que ilr furent condempnez par. le jugement dudit prévost , * c'est assavoir ledit Jehan Dubos à estre trainez et penduz, et ladicte Ysahellet à estre arse. Et ainsi fut fait et exécuté icelui jour.
(Arch. de tEmp, — Reg. XV du Crim., fol. 96»».) ,
Engagement du comté de Dreux fait au connétable
cTMbret.
• . . - Paris. S juin 1403. «
A tous ceuls* qui ces lettres verront. Guillaume; seigneur de Tignonville, chevalier, conseiller, chambellan du Roy noslresire et garde de la prévosté de Paris, salut. Savoir faisons, nous , l'an de grâce mil quatre cens et trois, le venredi xxn jours du mois de Février veismes unes lettres du Roy nostresirè séellées de son grant séel , contenant ceste forme.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. A noz amez et féaulx trésoriers à Paris, salut et dileccion. Gomme feu nostre trèschier seigneur et pere dont Dieux ait l'âme, par ses lettres séellées àe son, grant séel en laz de soye et cire vert , données au mois de
RÈGNE DE CHARLES VI. ikl
juing, l'an mil ccc lxvdj, au traittié du mariage de feu nostre très chier et amé oncle, Àrnault Amenieu, sire de Lebret, et de nostre trèschière et amée tante Marguerite de Bourbon , père et mère de nostre trèschier et féal cousin, et connestable Charles , sire de Lebret , eust donné et ottroyé à nostredit feu oncle pour tout , le mariage de nostre dicte tante la somme de trente mille livres tournois pour *une foiz , et quatre mille livres tournois de rente à béritaige pour lui, ses successeurs et aians cause seigneurs de Lebret , sur nostre trésor à Paris, jusques à ce que assiette desdictes mi™ livres tournois lui eust esté souffisamment faicte, si comme par lesdictes lettres nous est souffisamment apparu. Et depuis lors, eussions baillé, assis et asseuré, cédé et transporté à tousjours*perpétuelment à nostredit oncle, pour lui, ses hoirs, successeurs et aians . cause seigneurs de Lebret, la conté de Dreux avecques toutes les appartenances parmi le pris et somme que elle pooit valoir,] en assiete, en rabat et déduction desdictes ini™ livres tournois de rente , comme par nôz lettres séellées de nostre grant séel en laz de soye et cire vert, données le xnn* jour de janvier Tan mil cccnii* 1 et un, puet plus à plain apparoir. De laquelle conté et des appartenances d'icelje nostredit oncle ait joy et usé depuis' ledit temps jusques à son trespassement. Depuis le trespas duquel, nostredit cousin n'a peu joir ne exploitter de ladicte conté ne de ses* appartenances, pour cause de certains empeschemens qui y ' sont seurvenuzf ue .aùssy n'a aucunement esté paié desdictes iur^ livres tournois de rente. Pour quoy, nous voularis lesdictes lettres avoir et sortir leur plein effet et nostredit cousin et connestable estre doresena-
vânt paie de ladicte rente de 1111° livres tournois de rente par an et des arrérages qui lui en sont deubz comme raison est, vous mandons et enjoingnons expressément que de cy en avant vous, par le changeur de nostre trésor, présent et avenir, faictes paier à ycelui nostre cousin et connestable ou à son certain commandement , des deniers de nostredit trésor lesdictes ini m livres tournois de rente , ensemble les arrérages qui lui en sont deubz, ou l'en assigner en tel et si convenable lieu qu'il en soit content et qu'il n'ait cause d'eu retourner plainlif pardevers nous , jusques à ce qu'il joisse à plain de ladicte conté et des appartenances selon la teneur de nosdictes lettres, ouquel cas, nous et nostredit trésor demourront quictes et deschargés d'autant et de telle somme que ladicte conté et appartenances pourroit valoir ou que Tassiete desdictes uir livres tournois de rente lui en soit deuemcnt faicte autre part. Et nous voulons que par rapportant, pour une foiz, vidimus desdictes lettres dont dessus est faicte mencion avec ces présentes et quictancc sur ce tout ce que baillié lui aura esté , tant à cause de ladicte rente comme desdiz ariéraiges, soit alloué ès comptes et rabatu de la recepte dudit changeur ou d'autres qui paié l'aura ou auront, par noz amez et feaulx gens de noz comptes à Paris , auxquels par ces mesmeâ présentes nous mandons que ainsi le facent sans aucun contredit. Car ainsi nous plaist il et voulons estre fait, et à nostredit cousin et connestable l'avons octroyé et octroyons de nostre certaine science et grâce espécial par ces présentes , non obstans quelconques ordonnances, mandemens ou deflenses à ce contraires. Donné à Paris le v* jour de juing, l'an de
grâce mil quatre cens et trois et de nostre règne le xxiv e . Ainsi signé : Par le Roy, messeigneurs les ducs de Berry et de Bourgongne, les contes de Nevers et de Mortaing, le grant maistre d'ostel et autres présens.
P. Ferron.
Et nous, à ce présent transcript avons mis à ces lettres le séel de la prévosté de Paris , Tan et jour premiers diz.
(Orif. parcb.— Arch. de PEmp. Très, des Ch. Carton J. 477, pièce 9.)
Lettres de Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, pour la protection à accorder au commerce des Flandres, dans C éventualité d'une guerre entre la France et. l'Angleterre.
Melun, 29 août 1403.
Phelippe, filz de roy de France, duc de Bourgoingne, conte de Flandres, d'Artois et de Bourgoingne Palatin , seigneur de Salins et de Malines. A tous ceulx qui ces présenteslectres verront, salut. Comme h lasupplicacion des gens d'église , bourgois et habitans de nostre dicte conté et pais de Flandres, monseigneur le Roy, par grant et meure delibéracion de conseil, pour plusieurs causes et considéracions qui à ce l'ont men, nous ait donné povoir et licence de traictier ou accorder par nous ou noz commis telz qu'il nous plaira, avec les messaiges , commis ou députez de la partie d'Angleterre ayans povoir h, ce souftisant, des manières, seurtés et provisions par lesquelles pourroit avoir cours et estre exercé seureraent le fait de la «marchandise entre les marchans, leurs faiseurs, fa-
milliers et serviteurs de nostre pais de Flandres et les marchans du pais d'Angleterre et leurs aliez , gens et famille, ou cas que la guerre soit ouverte et renouvellée entre mondit seigneur , son royaume et ses subgiez et aliez d'une part; et son adversaire le royaume d'Angleterre , subgiez et alliez d'icellui , d'autre. Et que des traicliez et accors qui seroieut faiz par nous ou noz commis avec les commis de la partie d'Angleterre sur ce que dit est , nous et noz commis puissons bailler nos lectres telles qu'il appartendra, en prenant aussi lectres de ceulx qui seroient commis ou députez de la partie d'Angleterre, si comme ès lectres de mondit seigneur ces cboses et autres sont plus à plain contenues; et pour procéder oudit traictié mondit sei-* gneur nous ait fait baillier certaines instructions , lesquelles il nous a commandé garder et faire garder par • noz dis commis , esquelles instructions est contenu . un article duquel la teneur s'ensuit : « Item, Afin que la marchandise ait mieulx cours en Flandres , pour le commun proufit d'icelle marchandise et du pays , le Roy , de sa grâce se soufferra de mener ou faire mener sa guerre en ycellui pais de Flandres et de chargier ne presser les gens du commun de Flandres d'eulx armer pour sa guerre , ycelle durant , fors à la défense du pais et conté de Flandres et pour contrester les en- p nemis du Roy et du royaume s'ils le vouloient guerroier en passant par ladicte conté et pays de Flandres, ou se ce n'estoit de leur Volenté et sauf le service qUe le conte de Flandres doit faire au Roy , et ce que les nobles et autres, fiefvez doivent fairé au Roy et au conte, et aussi sauf en toutes autres choses les paix de Flandres et de la souveraineté et auctorité royal. » J
(Duquel article aucuns pourroient faire doubte comment il devrait estre entendu. Savoir faisons, que nostre entencion a tousjours esté et est, et ainsi l'avons déclairé et déclairons par ces présentes , que ou cas que mondit seigneur le Roy ou ses successeurs , pour l'utilité du royaume vouldroient ordonner et mectre sus aucunes armées orfdit pais de Flandres , en aucuns des pors d'icellui , 'pour faire passage à puissance de gens et de navire en Angleterre , en Escoce, ou en autre pais , mondit seigneur ou ses successeurs , ou leurs gens de par èulx, le pourroient faire licitement et raisonnablement , non obstant l'article dessusdit, supposé qu'il feust passé et accordé par nous ou noz commis pour et ou nom de mondit seigneur avec les commis de la partie d'Angleterre, et que mondit seigneur par ses lectres l'eust ratifié et accordé. En tesmoing de ce, nous avons fait mectre nostre séel à ces présentes. Donné à Melun , le xxrx* jour d'aoust, l'an de grâce mil quatre cens et trois.
Sur le replu Par monseigneur le Duc. m ê
ISABERT.
(Orig. pardi, scellé sur double queue. — Tris, de* Ch. Carton J. 573,
pièce i.) ■
Les instructions dont il est ici question sont datées de Pâris 24 mai */ 1404, et se trouvent dans de* lettres de Marguerite, duchesse de Bnur- , ^ f * . goingne, contesse de Flandres, d'Artois et de Bourgogne Palatine, dame de - »
Salins cl de Mali nes y et Jehan duc de Bourgogne, conte de A'evers et baron »»* • •
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de Donzr son fils ninsnr.TWv* finissent par Ces mot» : Donné, quanta nous '* ■ ■ duchesse^ en nostreville d" Arras le XI V e jour de jui/ig, f ande gràcem'dCCCC et quatre. Et quant à nous duc...: La phrase s'arrête là. (Iiid. t plète fc) , On trouve dan» ces instmetions le passage suivant, qui est à.refhar-' quer. C'est en parlant des Anglais : c Car ils ont plusse jnan hnns fré- • qoentans le pays do Flandres, que il n'y a de marchans de Fîaudres fré- ■ * quentans le pays d'Angleterre. »
Serment de fidélité au Roy prêté par Louis //, duc d'Anjou.
Paris, 29 décembre 1403.
Nous Loys , par la grâce de Dieu roy de Jhérusalem et de Sicile, duc d'Anjou , conte du Maine et de Roucy. Faisons savoir à tous, que au jour d'uy, après ce que nous avons oy lire en nostre présence la teneur de certaines lettres de monseigneur le Roy de France, de laquèle le contenu s'ensieut : Charles par la grâce de Dieu roy de France , etc. 1 .,.. Nous, comme duc d'Anjou et conte du Maine et de Roucy et per de France et subgiet de mondit seigneur le Roy, à cause des duchié et contez dessusdiz et des autres terres que nous tenons en France, avons juré et promiz, jurons et promettons aux sainctes euvangiles de Dieu et sur la ramembrance de la vraye croix par nous touchée en la présence de madame la Royne de France , de noz très chers et très amez oncles les ducs de Berry et de Bourgongne , des connectable et chancellier de France et de plusieurs autres du conseil de mon dit seigneur, garder, tenir et acomplir le contenu ès dictes lettres sans venir encontre en quelque manière que ce soit. En tesmoing de ce nous avons fait mettre à ces lettres nostre séel secret en l'absence de nostre grant. Donné
1. Ge sont les lettres du 26 avril 1403, qui prescrivent le serment. Elles se trouvent en original au Trésor des Chartes (carton J, 355, pièce 1), et sont imprimées dans le Recueil des ordonnances, etc., t. VIII, p. 579.
à Paris le xm e jour de décembre, l'an de grâce mil cccc et trois.
Sur le repli : Par le roy de Jbérusalem et de Sicile ,
duc d'Anjou , conte du Maine et de Roucy.
J. de Sàiïctis.
Au dos : Juramentum fidelitatis factum per regem Jhérusalem et Sicilie domino nostro Régi , de Odeliter serviendo sibi quamdiu vixerit in bumanis contra omnes qui possunt \ivere et mori , et post decessum , de fideliter serviendo domino Dalpbino, quicumque fuerit, tanquam Régi et domino suo naturali; michi traditum ad reponendum in Thesauro.
(Orig. parch, scellé sur double quene d'an sceau armoriai en cire vermeille. — Très, des Ch. Carton J. 375, pièce 7.)
ex
Lettre de la ville de Florence à Charles VI, contre le parti
Gibelin.
Florence, 24 avril 1404'.
Serenissime et ebristianissime principum, metuendissime Domine et hujus regii populi spes unica et presidium singulare. Quoniam nulla tam sublimis sapientia fuit unquam quam ignoranlia facti sepe tàcileque non fallat, oporlet devotionem vestram de condicionibus Italie pauca prémittere, que si diligenti
i . L'année \ 404 a commencé le 30 mars 4404 et fini le 1 9 avril
254 PIÈCES IîïÉDITES.
ponderentur examine, dabitur ea scientibussine dubio non errare. Est igitur in bac orbis parte et antiquitus diu fuit detestabilis factio que dicitur Gebellina. Hec quondam Ecclesie romane persecutoribus imperatoribus et aliis semper favit. Est et alia, quam Guelfam vocant, que summis pontificibus semper adberens contra persecutores bujusmodi se objecit, bujussancte catholiceque sortis bic dëvotissimus majestatis vestre populus se caput et pugilem semper gessit. Restituta quidem bec civitas, quam Totila, Dei flagellum, crudeli prodicione deleverat, restituta quidem dicimus a gloriose memorie Karolo Magno progenitore vestro cum eodem auctore suo per Dei gratiam sic incepit Ecclesie romane favere, quod capto depositoque rege Desiderio virtute principis ante dicti favores Ecclesie tune inceptos nullis temporibus dereliquit. Que res causa fuit ut illius diabolice factionis principes semper babuerit noster populus inimicos. Unde factura est ut in Tuscia jugiter contenderimus cum Pisanis et infaustissimam progeniem Vicecomitum in Lombardia, postquam turpi se vaque tyrannide Mediolanum patriam suam exemplo turpissirao subegerunt, ad nonaginta et amplius annos semper opposilam babueriraus et infestant. Cum his anliquis et naturalibus, ut ita loquamur, bostibus in fin ita bella gessimus, et a quindecim annis citra,dum lîgaset fédéra rumpunt, paces violant, nostramque • querunt opprimere libertatem, auctore detestabilis raemoric comité Virtutum, eodemque Me- <liolani duce, jani ter bello publico compulsi sumus in defensionem nostram arma movere. Wunc autem lioc ultinio beMo, quod ejus heredes contra nçs infestls animis prosequebanlur, per Dei gratiam abstulimus
eis phirimas civitates, Senas videlicet, Perusium et Assisiumiq Tusçia. In Emilia vero, quam Lombardiam vulgo drcimus, tyrannidem istam depulimus ex inclila civitate Bononie, quam ipsorum pater infideliter occupaverat, et in eadem provincia potentissimam urbem Parmensem atque Placentiam et oppida infinita citra flumen Padi fecimus contra dictam tyrannidem rebellari. Transpadum autem in regione Liguria exemimus ab illius servitutis jugo. Cremonam et Laudem oppidumque, quod Cremma dicitur, et finaliler urbem munitissimam Veronensem. Omittemus Pergamum, Brixiam, Alexandriam atque Cumum, et castra quorum infinitus est numerus, que, vel attentatis et rebellionibus pene destructa sunt, vel in statum libertatis se completis inceptis militer redegerunt. Nec hec tam magna, supra potentiamquidemliumanam sunt, nobis arroganter ascribimus, sed sicut decet a divina solum clementia reputamus. Àccedunt felicitati nostre motus incredibiles Mediolani. Populus quidem iJle in tumullum multocies concitatus magna gessit, plures tyranni ofliciales atque satellites interfecit, stipendiariorum et ^ mercenariam manum urbe depulit, custodiam portarum assumpsit, et tandem presidium, quod Citadeila dicebatur, gentium armorum tutumbospitiumetrecep- * tum, solo, violentis manibus diruentes, equarunt. Omnia post minam inceptam titubant atque mitant, et denique summa tyrannidis hujus dies et irreparabile fatum venit impetu tam precipiti tamque prodivi, quod nisi Deus deserit causam suatrf, mox nichil supererit ad vincendum. Huiq tânte securitati ac gioriê nostre sola restât in Tuscia urbsPisana; quam perfidus ille tyranrius de manu tyrarinunculij quem ibidem foverat, tam-
256 PIÈCES INEDITES.
quam justissiraus esset dominus, pretio non modico fuit mercatus. Nec eum latebit tali venditore se prorsus non posse dominium aliquod adipisci. Sed voluit, cum illa civitas portus noster sit unde solet pene quicquid mercantiarum et rerum percepimus advehi et alimenta m nostro populo ministrari, sitque perraixtis oppidis conjunctissima finibus nostris, nos lam opportuna comoditate privare, et velut obsessos in suam nos compellere voluntatem. Dicitur aulem hanc urbem testamento singulariter, proh nefas! filio suo spurio reliquisse. Quequidem abominatio tanta est quanta m vix possunt homines sustinere. Quid enim est videre miseram illam antiquissimam civitatem oppressam tyrannide vix adolescentuli spurii, ducisque mortui adultère concubine! Quequidem omnia prefatum esse voluimus, ut, quantum epistolaris brevitas patitur, videre possit regia celsitudo statum rerum et condicionem Italie, meliusque de ceteris que scribere nos oportet et convenientius judicare. Cum hoc itaque, proh pudor! adultero filio matreque sua turpissimo ducis scorto, certi venenosas viperas Tuscia pellere, bellum continuum gerebamus. Nec dubium est quin necessarium foret ipsos \i vel fédère dimittere Pisas, liberare tanta peste tantoque dedecore Tusciam, et secum venenosum anguem suum in Liguriam reportare. Inter hec autem, quod nunquam potuit nostra devotio cogitare, illustris et magnifiais dominus, dominus Johannes Bouciquaut, regius civitatis Janue gubernator, ad nos suum destinât oralorem, per quem aperte denuntiat se vice vestre celsitudinis illum spurium civitatis Pisane tyrannum et adulterum tyranni filium in protectioncm et clientelàm^ cum omnibus
que possidet récépissé, monens quod ob rèverantiam regiam a bello debeamus et oflensionibus abstinere. Et quod putat vestri culminis ahitudo turbationis fuisse in hoc, toto nostro populo, videntibus cunctis, hostera antiquum cum quo, pro Jibertate quam nobis tradidit auctor vester inclite memorie Karolus Magus, (sic) Francorum rex, nonaginta jam annis, dimicaviraus, Domine vestro protegi, cumque ruiturus esse\ paratis omnibus et exercitu valido quibus eum aggredi volebamus, solumin nostrum exitium preservari. Quid autem gravius in nos committi potuit et ta tu ab initnicis, quam bujus stirpis germen in libertatis nostre périculum, cum in ruina pergeret, juvari, foveri, defendi? Parcat Deus hanc talem nostram injuriam Boyciquauto. Parcat siquidem sibi Deus, quoniam in puritate maxima, non in ofTensionem nostram, hoc credimus eum fecisse. Sed non parcat illis^qui cogitaverunt manu regia nos confundere, et hoc periculosum. nostre libertatis objectum diàboliceque factionis Gebelline fontem et fomitem conservarc, cogita veruntque inter nostre devotionis habitum et benevolencie vestre clemenciam, que profecto nec hino nec inde comminui possunt, aliquod generare disstdium, vel malivolentiam excitare. Sed ad principale propositumredeamus. Certi sumus hec omnia, non solum prêter, sed contra vestre serenitatis vestrique glorîosi consilii conscientiam processisse. Quis enim sane mentis putare débet quod tanta niajestas fedissimam tyrannidera tyrannosque spurçjssimos, quos prosequi et extinguere debeat, contm suos devotissîmos filios protégeât vel defendat. Ergo temporibus nostris videbimus conspicuum et gloriosum regni Francie diadema tam abominabilis i 17
operis infamia maculari, quod per orbem terrarum defensor et clipeus turpis et seve tyrannidis appelletur. Regale quidem officium est scelera prosequi, nefanda corrigera, sed tyranpos super omnia conculcare. Régi u m opus esse dignoscitur oppressis succurrere et de libertate laborantibus, ne perire valeant, subsidium ministrare ; ut, quotiens. conlrarium cernitur , nullo modo, facto vel consilio, regium opusapud eos qui recte sen liant, judicetur. Dolemusergo, clementissime princeps, victoriam, que in manibusnostris erat contra perfidum inimicum, boc nescimus quo fédère de manibus nostris auferri, et pretestu vilissimi census et tanquam régis honor sit, non dedecus et infamia, tyrannidem alteirus in protectionem suscipere, vestris et nostris bostibus nos post poni. Semperenim detestabilis Vicecomitum ista progenies, cunctique quos habet Italia Gebellini tam Ecclesie romane quam pugilum ejus inclite videlicet et cbristianissime domusFrancie fuerunt, quicquid plerumque blandiantur et quanquam simulent vel dissimulent, inimici semper sunt et fuerunt, et vestri. Non enim diligere possunt filios, qui patres et auctores nostros semper odiosissimos habuerunt. Sciunt enim quam ipsos dilectione prosequi non possemus. Quamobrem sublimitatis vestre benignitati soliteque clemencie supplicamus, quatenusbec omnia que contra nos facta sunt dignemini revocare, si forte per errorem recepta sunt, vel si recipiendi mittantur, sicuti sperat nostra devotio, reprobare, gubernatorique vestro precipere, quod ab inceptis résiliât et in pristinum statum cuncta reponens, bec que facta sunt nullalenus prosequatur, et nos, sicutdevotos et filios maj estât is vestre, debeat in omnibus confovere, quo totura cernere pos-
sit Latium, nos taies vobis esse filios quai es semper fuimus ab omnibus reputati. Parcat nobis vestra serenilas si debito fuerimus longiores. Nonclum enim quantum oportuit dictum est, et ob id, que resta/it per nostros supplebimus oratores, quos per Dei gratiam e vestigio transmittemus. Serenitatem vestram, cui nostram et totius populi devotionem, quequidem summa est, cum reverentia commendamus incolumem et felicem dignetur Àltissimus pro defensione christianitatis et unione sancte matris Ecclesie conservare. Ceterum dignetur vestra clementia nobis per latorem presentium respondere, concedendo devolioni nostre licentiam quod, citra vestre majestatis indignation em, incepta nostra viriliter prosequamur. Datum Florentie, die xxim mensis aprilis, nativitatis gloriosissimi sancti Georgii, xn indictione, mcccciiii 0 .
Majestatis vestre devotissimi servi tores et filii.
Priores artium et Vexellifer j populi et comraujusticie j nionis Florentie.
Suscription : Serenissimo et christianissimo principi
et metuendissimo domino, domino Karolo, Dei gratia invictissimo Francorum régi, singularissimo patri et domino nostro.
(La pièce est écrite sur une feuille de vélin très- fin, d'une jolie minuscule italienne semblable à celle des manuscrits. Elle avait été pliée en forme de lettre missive et Ton y voit encore la trace d'un sceau plaqué. — Arch. de VEmp. Très, des Ch. Carton J. 804, pièce 13.)