Oye surchargé ; il y avait sans doute receu
Et il soit ainsi que quant le peuple de ladicte "ville oy parler que on avoit apporté ladicte taille en icelle ville, ledit peuple se feust assemblé en l'ostel de la ville où l'en a acoustumé de soy assembler pour les besongnes et choses qui surviennent touchans le fait commun de ladicte ville, et eussent esté tous d'accort que de ladicte taille ils ne paieroient riens. Etassés tost après les consulz d'icelle ville eussent fait assembler ledit peuple pour ladicte cause, et ilec ledit jour eusent esté leues certaines lettres envoyées par nostre très cher et très amé cousin le duc de Bourgongne, adrécans ausdiz consulz et habitans de ladicte ville, contenans entre autres choses qu'ilz se tenissent fors et qu'ilz ne paiassent riens de ladicte taille, et qu'il se faisoit fort de faire tant devers nous ou feu nostre très chier et très amé filz le duc de Guienne, dontDieu ait l'âme, qu'ilz ne paieroient riens. Soubz couleur desquelles lettres ledit peuple se feust tenu en l'oppinion de riens paier. Depuis lesquelles lettres ainsi leues, les gens de ladicte ville corn nuancèrent tousjours à murmurer entre eulx que noz gens et officiers, qu'ilz (sic) poursuivoient ladicte taille, dévoient mectre dedens ladicte ville gens d'armes affin qu'ilz feussent les plus fors. Pour laquelle cause, aucuns de ladicte ville jusques à trente ou quarente, entre lesquelz estoit ledit Robert, par leur folie, simplesse et mal advis se miadrent sus en armes et s'en alèrent à l'ostel du prévoit de ladicte ville et le firent lever de son lit où il estoit couchié , et lui disdrent qu'il alast avecques eulx pour viseter les portes et la muraille d'icelle ville pour ce que on leur avoit dit qu'il y avoit gens d'armes dehors qui voul oient entrer dedens. Lequel prévost y feust alé ; et visitèrent ladicte ville et
muraille, mais ilz ne trouvèrent riens. Et ce guet et manière de faire continuèrent lesdiz compagnons , et autres s'assemblèrent avec eulx par l'espace de sept sepmaines du consentement desdiz consulz et du peuple. Ên faisant lequel guet , par espécial de nuit advenoit aucunefoiz que aucuns desdiz compaignons frappoient contre les huys d'aucuns nos officiers et les faisoient lever, disant : « Traistre Armignac! il fault veoir s'il y a nulz gens d'armes séans. » Et visitoyent les hostelz, sanz ce toutesvoyes qu'ilz tuassent, ne prinssent ne emblassent riens, fors seulement pain et viu. Et aucunefoiz crioyent lesdiz compaignons. Vive Bourgongneî Et a tousjours ledit Robert tenu le parti de nostredit cousin, en parole seulement, sanz ce toutes voyes qu'il y ait eu de son costé aucune chose de fait. Et soit vray que durant ledit temps, ledit Robert eust esté envoyé par sesdiz compaignons ès autres villes et chasteaulx d'entour ledit bourc de Carcassonne, ou nom desdiz consulz, jà soit ce qu'ilz n'en sçeussent riens, pour amasser et faire venir arbalestiers et compaignons , et leur disoit que lesdiz consulz leur mandoient qu'ilz venissent aidier à garder leur ville. Et de fait y en vint aucuns. Et quant lesdiz consulz virent qu'il venoit en icelle ville arbalestiers et gens estranges , ilz fermèrent toutes les portes excepté une, que cinquante ou soixante desdiz compaignons gardoient, dont ledit Robert en estoit l'un. Et tantost après, iceulx consulz assemblèrent le peuple oudit îiostel acoustumé de faire assemblées , pour aviser qu'il estoit bon de faire , et eust esté dit et conclud que lesdiz compaignons feussent prins et mis en prison. Et lors, quant lesdiz compaignons apperceurent que plusieurs des
gens de ladicte ville, qui paravaul estoient avec eulx, s'en aloient au mandement desdiz consulz et les laissèrent, cinquante ou soixante d'iceulx compaignons ou environ , dont ledit Robert estoit tousjours l'un , pour ce qu'ilz se trouvèrent les plus foibles, saillirent hors d'icelle ville et s'enfuirent. Toutesfoiz, ceulx de ladicte ville les poursuivirent tèlement qu'ilz en prindrent la plus grant partie et les misdrent en prison , les autres s'enfoirent et absentèrent. Et encores est absent ledit Robert. Pour occasion duquel insuit, bruit, tumulte et assemblée, nostre amé et féal conseiller et chambellan Jehan le Meingre dit Bouciquaut , mareschal de France, et lors capitaine générai des pays de Languedoc et duchié de Guieune soubz le gouvernement de nostre trèscher et trèsamé oncle le duc de Berry , à la requeste desdiz consulz de Carcassonne , quinze jours après ou environ, se feust transporté en la ville de Bourq,et après ce qui se fut informé sur les faiz et cas dessusdiz , icelluy nostre mareschal fist exécuter et décapiter quatre desdiz compaignons, et les antres remist à nostre séneschal de Carcassonne et autres, pour en faire telle justice qu'ilz verront estre à faire. Aux autres remist lesdiz faiz et cas, et les autres fist appeler à ban , comme ces choses et autres on dit plus à.plain estre contenues ès lettres de nostredit mareschal sur ce faictes, lesquelles et tout le contenu en y celles depuis ce avons confirmées , etc....
Paris, ferrier 1415.
- {Tris, des Ch. JJ. 169, pièce 07.)
Sur rentrée de T empereur Sigismond à Paris f mar* 1516.
Dimanche 1 er mars 1415.
Ce jour entra à Paris monseigneur Sigismond, roy de Hon guérie et roy des Romains. Et alèrent au devant de lui à cheval les prélas qui lors estoient à Taris, le duc de Berry, le cardinal de Bar, les chevaliers, les seigneurs de céans et de la chambre des comptes, le prévostde Paris, le pré vost des Marchans, les advocas et procureurs tant de céans que de Chastellet, et les bourgoiz de Paris, tous à cheval, qui alèrent les aucuns à Estampes, les autres à Lougjumel, les autres comme Berry et conseillers du Roy jusques au molin à vant vers le Bourg la Royne. Puis entra à Paris et ala au Louvre loger accompaignié comme dessus. »
(Reg. IX. des Matin., fol. 45*».)
Séance de V empereur Sigismond au parlement,
16 mars 1416. #
« Et ce jour, pour ce que monseigneur Sigismond, empereur ou roy des Romains et roy de Honguerie, qui estoit venu oir les plaidoiries et veoir la court à oir proposer contre ledit Seignet, par le conseil de Peslel que icellui Seignet n'estoit pas chevalier et ledit
Pestel Pestoit, a, présens tous, lui assiz dessus les présidens et au plus hault, appellé ledit Seignet, en disant que à lui appartenoit bien de faire chevaliers. Et print d'un de ses gens son espée, et ledit Seignet, miz à genoulx près du grephier, frappa ui grans couz ledit roy sur le doz dudit Seignet ; puiz fit deschaucer l'un de ses espérons dorez et ly fit chaucer par l'un de ses gens, et ly ceindre une ceinture ou estoit pendu un cousteau long pour espée. Car aussi avoit-il paravant requis de l'avancement de la cause dudit Seignet.
Du lundi, 16 mars 1415.
(Reg. EX des Matin., fol. 51*°.)
En la cause de messire Guillaume Seignet d'une part, et messire Guy Pestel chevaliers d'autre part.
Sur Guillaume Seignet.
12 mar» 1416.
Jeudi xn jour (mars 1 41 5) messire Guillaume Seignet requiert l'entérinement de certeines lettres à l'occasion de l'office de séneschal de Belcaire que l'en lui avoit osté soubz umbre que l'en disoit que il seroit général 1 ; ce que ne wolt pas estre.
Le procureur du Roy dit, que incontinent ou avant du moins que Seignet fust miz hors de son office, s'absenta et ne résidoit pas, combien qu'il eust fait céans le serment de résidence, et si est ancores de nouvel ordonné que officiers du Roy, par espécial séneschaux