‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 35 sur 97 · LA MEUNIÈRE DU MOULIN-A-VENT · texte numérisé non relu

LA MEUNIÈRE DU MOULIN-A-VENT

Air : En revenant de Montmartre.

En amour je suis très savant De plus d'un' manière, Depuis qu'un jour qu'il f'sait du vent Par derrière comm' par devant J'ai vu la meunière Du moulin à vent.

Je me promenais très souvent

Près de la rivière ; L* moulin à eau dorénavant Ne me plaira plus comme avant :

J'ai vu la meunière

Du moulin à vent.

Je lui dis : « Je suis bon vivant,

Aimez-moi, ma chère ; Vous verrez qu'avec moi le vent Soufflera toujours du levant Pour la beir meunière Du moulin à vent. »

Mais c'est une tète à l'évent :

Eir tourna 1' derrière Et. refermant son contrevent,

Eir me laissa triste et rêvant A la beir meunière Du moulin à vent.

J* voulais, plein d'un zèle fervent,

Faisant ma prière, M'aller jeter dans un couvent, N' pouvant pas êtr* frère servant

D' la belle meunière

Du moulin à vent.

J'allai la voir le jour suivant.

Elle fut moins fière.

Se tourna mieux qu'auparavant ; Et, le lendemain, par devant,

J'ai vu la meunière

Du moulin à vent.

D'un autre moyen me servant,

J'allai chez 1' notaire ; Et, sur le contrat écrivant, J' dis : « Mettez : Passé par devant...

J'épous' la meunière

Du moulin à vent. »

Attribuée à Gallet (1).

(1) Né à Paris vers 1700, mort dans la môme ville en 1757. Epicier droguiste, établi à la pointe Saint-Eustache ou dans la rue des Lombards, le cabaret le détourna si bien de ses affaires qu'il fit banqueroute en 1751 et dut se réfugier au Temple, qui était alors lieu d'asile pour les

Page 1