LE BRACONNAGE
Air : Je suis un pauvre maréchal.
L'Amour est un vrai braconnier, On perd le temps à l'épier, Il met en défaut les Minerves ; Il chasse de jour et de nuit :
Ses fusils ne font point de bruit :
Il va sur toutes les réserves,
Chut, chut, chut,
Droit au but.
Le Dieu tire ; Mais ce n'est jamais pour détruire.
Fillettes, craignez le chasseur.
Sa finesse est dans sa douceur, n n'est soumis que pour surprendre ; Il peint tous les objets en beau.
Et le bonheur est son appeau ; Un cœur naïf s'y laisse prendre.
faillis. Lié avec Piron, Panard, Collé, Favart, etc., il fonda avec eux le premier Caveau. Devenu hydropique, il supporta stoïquement toutes les ponctions qu'on lui fit pendant plusieurs années et, quelques jours avant sa mort, il rimait encore des ctiansons fort gaies. Il passe communément pour être l'auteur de la célèbre complainte : La boulangère a des écus.
Doux, doux, doux, Tous ses coups Vous caressent ; Mais en caressant ils vous blessent.
Quand il détourne une Beauté, Il cherche avec avidité D'un pied léger la trace empreinte ; Pour gaulis il a des berceaux.
Pour cor de chasse les oiseaux Et le mystère fait l'enceinte :
Bas, bas, bas.
Pas à pas.
En silence, n cache ses traits et s'avance.
De fatigue il paraît rendu :
La Belle croit qu'il s'est perdu.
Lui tend la main et le console.
L'enfant, pressé contre son sein.
En profite pour son dessein, Y laisse une flèche et s'envole.
Quel malheur I
Ah 1 le cœur I
Je succombe :
Et l'Amant vient quand elle tombe.
Braconniers que ce dieu conduit, Il faut chasser à petit bruit :
Que l'on se moque des défenses, Toujours l'audace est un vrai dion ; On ne mérite le pardon Qu'en multipliant les offenses.
Mais, mais, mais,
Paix, paix, paix.
Voilà comme Un braconnier est honnête homme.