‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 37 sur 97 · VOISENON · texte numérisé non relu

VOISENON

{1) Claude-Henri de Fusée, abbé de Voisenon, né au château de Voisenon, près Melun, en 1708, mort au même lieu en 1775. Il se lia de très bonne heure avec Voltaire, qui lui voua une amitié inaltérable et qui, en raison de sa faible complexion, l'appelait « son cher ami Greluchon ». Entré assez tard dans les ordres, en qualité de chanoine à l'église de Boulogne-sur-Mer, il refusa l'évêché de cette ville, reçut en échange l'abbaye royale de Jard, qui n'obligeait pas à la résidence, et put demeurer ainsi à Paris où son esprit le fit rechercher dans les salons. Le pétillement de sa conversation lui valut d'être qualifié de <« petite poignée de puces » par le marquis de Polignac. Le duc de Choiseul se l'attacha et lui fit confier quelques missions diplomatiques qu'il mena à bien. L'Académie française fit quelques façons pour l'accueillir, sur la recommandation de Voltaire, en remplacement de Crébillon. A l'instigation du comédien Legrand, d'abord, puis ensuite de Mlle Quinault du Frêne, il aborda le théâtre et y réussit brillamment avec la Coquette fixée (1746). Pensionné grâce à la protection de Mme de Pompadour, il distribua toujours le plus clair de ses revenus aux gens de lettres dans le besoin. Cependant, quand il fut en danger de mort, il n'obtint l'absolution de ses péchés que grâce à un recours au pape : pour obtenir satisfaction, il dut verser mille écus au Saint-Siège, six mille francs aux pauvres et promettre de lire son bréviaire tous les matins.

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