VIVAIT DANS LA DERNIÈRE MOITIÉ DU XVI- SIÈCLE
Ce n'est que dans lés mémoires de Rabutin luimême que l'on peut puiser quelques notions rares et éparses sur sa personne ; et encore est-ce moins des faits relatifs à sa vie que des inductions relatives à son caractère. Rabutin parle fort peu de lui, mais uniquement et avec beaucoup d'exactitude des affaires publiques auxquelles il a été mêlé et qui se sont développées sous ses yeux. Sa manière d'exposer les faits, et les réflexions mêlées à son récit animé et judicieux, inspirent une estime véritable pour ses talents et ses qualités.
Il était homme d'armes dans la compagnie d'ordonnance du duc de Nevers, et fit avec lui toutes les campagnes du règne d'Henri II, qu'il a décrites dans ses Commentaires, depuis les premières hostitilités dans le duché de Parme en 1551, jusqu'à la paix de Cateau-Cambrésis en 1559. Il obtint ensuite le gouvernement de Noyers, petite ville de Bourgogne , et tout ce qu'on sait de lui, depuiç cette époque, c'est qu'il vivait encore en 1584. Quoique le vaniteux comte de Bussy Rabutin, cousin de madame de Sévigné, ait dédaigné de mentionner dans son emphatique généalogie le gouverneur d'une petite ville de Bourgogne et l'homme d'armes du duc de Nevers, il paraît cependant que François de Rabutin était son grand-oncle. Comme François de Rabutin est aussi modeste dans ses mémoires, avec beaucoup de talent et de jugement, que son petit -neveu était vain avec de l'esprit, mais sans jugement, il n'a nulle part fait mention de sa famille ou de ses affaires particulières.
Le style de ses commentaires est rapide, pittoresque et entraînant. Rabutin excelle surtout dans le .
Paris, 5 septembre 1836.
récit des batailles, et il rend justice à tous les hommes distingués et à toutes les grandes actions» sous quelque drapeau qu'il les trouve.
Dans ses récits des batailles de Renty et de Saint-Quentin , et des sièges de Calais , de Guines et de Thionville, son style naturellement vif et rapide s'anime et s'élève h la hauteur des événements; son imagination s'exalte de l'ardeur martiale qu'il éprouvait lui-même; mais jamais la victoire ni les défaites des siens ne le rendent étranger aux sentiments d'humanité.
Sa description de l'abdication de Charles V dans l'assemblée des états des Pays-Bas tenue à Bruxelles, le 23 octobre 1555, est un morceau historique aussi intéressant par l'importance du sujet que par le choix des détails et l'habileté avec laquelle ils sont présentés.
Les premiers livrer de l'ouvrage de Rabutin furent publiés in-4^, chez Vascosan (Paris 1555), sous ce titre :
Commentaires sur le faict des dernières guerres en la Gaule Belgique, entre Henri II y roi de France et Charles V, empereur, depuis l'année 155 1 jusqu'en 1554.
Les autres livres furent publiés plus tard in-8<^ ' (Paris 1559), sous le titre de :
Continuation des dernières guerres en la Gaule Belgique
Une édition complète des deux parties réunies fut publiée en 1774, k Paris, un vol. in-8®. C'est sur cette édition que M. Petitot a réimprimé cet ouvrage dans sa collection. Nous avons suivi les deux éditions*