SOS
Voilà, mes enfans, dequelte maMère ce susr dit voyage à la cour me réussit, contre le iea* ttmeni de mes amis particuliers, et eehii de tous l^s courtisons. Or, il Ceiut que vous saehies que leroiydanssef coifFes,s'étanteffcctivemeot emporté contre moi, et même jusqu'à me menar etr publiquement plusieurs fc^ de me fiaire un mauvais parti si je paroissois januisen sa pré* sence, cela avoit doôné lieu à tous ces n^auvais bruits qui convoient sur mon compte. Les eo*lères de moa maître contre moi prôvenoient de k manière dont je m^étois comporté dans les attsires de la religion, ayant quelques mois auparavant relevé dans un ^nods tenu à Sainl* Maixant les albiires du parti, presque per^ dues et réduites à un état de désespoir , paf ma disooors que j^vois tenu en pleine table à un grand nombre des convives, et lequel pro* dnisit oe qui est décrit aux chap. HX et II ^ liv. IV , t. lU, de mo^ Histoire.
Depuis, à la grande assemblée qui dura php de deux ans, tant à Yendâme qWà Saumur, Loudun et Châtelleraud, j'avois tes^^urs été choisi pour être du nombre des trois ou quatre (pii s^a£fr(mtoient hardiment dans les délil^éra* lions avec les commissaires députés du roi ; dans lesquelles ocoasions j'avoi^ 6iU plusieurs traita qui avoient déphi infiniment à mon mal<* tre, et, qui avoient ulcéré de plua en phis son esprit et celui de ses minii^res contre mol. Même dans mie séance, le président de Fre^» nes-Canaye, appuyé du vicomte de Tupepna« alors duc de BooÎHon , ayant ùÀt de magnifiques propositions tendantes à Pexaltation de la puisr »anee souveraine et au rabaissement du parti huguepol, conune je m'aperçus que six de mes confrères qui opinoient avant moi avoient baissé beaucoup leur ton, je pris le mien Imp plus haut que de coutume ; ce qui «ogagea de Fresnes-Canayeà m' interrompre au mibeu de mon discours et à s'écrier : « Est-ce donc ainsi que Ton traite le l^ien de l'État et le servîee du roi?v Sur quoi piqué de me voir interrompu, je lui répliquai et lui dis : « Hé! qui étesrvous^ vous qui me voules enseigner ce que c'est du service du roi? J'en étois instruit et Tavois pratiqué, avant que vous fussiez seulement écolier^ Vous imaginez-vous avancer votre fortune en iusant dioquer le service du roi contre cehii de Dteul Apprenez à vous taire quapd il lelsut et à ne point interroo^re ceux qui ont voix dé-
libérative dans cette assemblée. »» Cette vive répartie fîit suivie de part et d'autre de paroles très aigres, et ledit de Fresnes, frémissant de colère, s'écria de nouveau : « Que vois-je! où somtoes-nous? »» à quoi je répartis : «« Ubi ]/mh res ferrum rodunt. »
Ces quatre moU latins relevèrent fort à propos les courages à demi consternés de l'assemblée , parcequ'il étoit question pour lors des places de sûreté que la cour vouloit retirer des mains des huguenots. Ce président ainsi baffoué, me rendit depuis toutes sortes de mauvais offices auprès du roi. Le duc de Bouillon voulut me remontrer que je devois conserver plus d'égards pour un tel magistrat : « Oui, lui dis-je, qui s'en vaapostasier dans trois mois, *> comme il arriva en effet. Enfin la cour m'imputa toutes les altercations et mécontentemens arrivés dans cette assemblée ; dont j'en acquis le surnom de Bouc du désert, parceque je portois les iniquités de tout le parti.
U faut que je vous dise en cet endroit, mes enfans, que mon zèle pour ma religion, ma liberté à reprendre mon maître, mon peu de complaisance à ses volontés, le crédit que je m'étois acquis parmi les huguenots et l'audace que jefaisois paroitre en toutes sortes de rencontres, m'avoient souvent attiré des disgrâces et de rudes paroles du roi ; mais cela ne m'avoit jamais fait perdre son estime, témoin ce que je vais vous rapporter, quoiqu'arrivé longtemps auparavant. Lorsqu'il fut question de tirer le vieux cardinal de Bourbon, reconnu roi par la Ligue à la mort d'Henry III , et sous le nom duquel on battoit monnoye au titre de Charles X, de Chinon où il étoit détenu prisonnier, pour le transférer dans un lieu plus sûr que ce dernier et sous la garde de quelqu'un d'une fidélité éprouvée , mon maître, qui ne se fioit pas entièrement au sieur de Chavigny, chargé de cette garde à Chinon, résolut de l'envoyer à Maillezais dont j'étois gouverneur, et de me confier un dépôt de cette importance. Sur quoi du Plessis-Momay, pour combattre une pareille résolution, alléguant les sujets de plaintes et de mécontentemens que j'avois pour pouvoir prendre une telle confiance en moi, le roi lui dit : que la parole qu'il tireroit de moi en ce rencontre étoit un remède suffisant pour lui guérir l'esprit de toutes sortes d'ombrages. Ce prisonnier m'ayant donc été remis çntre les
mains, la duchesse de Retz m'envoya aussitôt un gentilhomme italien, qui, à la fkveur d'un passeport que je lui envoyai à une demie lieae de Maillezais, m'apporta de sa part cette lettre :
« Mon cousin, je vous prie de recevoir en bonne part, par ce porteur, les témoignages que mcMisieur le maréchal de Retz, mon mari et moi, nous pouvons vous rendre de l'amitié parfaite et du soin cordial avec lesquds nous pensons à votre élévation et au bien de nos cousins vos enfans. Montrez à ce coup que vous êtes sensible aux injures, puisque vous en avez trouvé l'occasion, par laquelle je désire vous prouver que je suis votre, etc. ••
Cette lettre lue, ce gentilhomme m^exposa sa commission, qui étoit de m'offiir deux cens mille écus comptans, pour fermer les yeux à l'évasion de mon prisonnier, ou, si je i'aimois mieux, le gouvernement de Belle-Isle avec cinquante mille écus. A quoi je répondis que ce second parti qu'on m'offiroit me conviendroit plus que le premier, pour pouvoir manger en paix et en sûreté le painjde mon infidélité ; mais que ma conscience me suivant partout de très près, elle s'embarqueroit avec mm quand je passerois à Bdle-Isle, et m'y caus^^it un perpétuel remords ; qu'il n'a voit ainsi qu'à s'en retourner comme il étoit venu, et que si je ne lui avois pas accordé un sauf-conduit, je l'envoyérois pieds et poings liés au roi mon maître.
Dans le temps à peu près que je reçus ce message de la duchesse de Retz, il y avoit à P&itiers un capitaine nommé Dauj^iin, qui exerçoit de grands brigandages dans les marais du Bas-Poitou, et tels que le comte de Brissac, commandant pour la ligue dans la province , l'avoit menacé de le faire pendre s'il ne les discontinuoit; ce dont ce capitaine témoignant vouloir se venger, au point que les ligueurs formoient diverses entreprises sur Maillezais, pour mettre en liberté leur prétendu roi, il me fit dire qu'il voudroit bien conférer avec moi en secret. Mais je fus averti en même temps, de Poitiers et de la Rochelle par des gens de confiance, que ledit Dauphin agissoit en ceci de concert avecjlc comte de Brissac; et qu'il ne me demandoit cette conférence que pour pouvoir entreprendre plus facilement surma personne à son instigation. Ces avis, quoique sûrs, ne m'empêchèrent pourtant pas, ayant moi-
DE D'AUBItîNÉ.
même formé un dessein de me saisir du susdit comte de Brissac, de lui donner un rendez-vous dans une maison abandonnée sur le bord d'un marais, pour qu'il s'y trouvât au point du jour. En étant convenu, je sortis seul de ma place, j'en fis lever les ponts-levis après moi, et, l'ayant trouvé au lieu indiqué, je lui tins ce propos : « On m'a, lui di»-je, voulu empêcher de venir parler à toi, parce que tu es soupçonné d'avoir pris charge de me tuer, ce que je n'ai pas voulu croire; cependant si tu as conçu ce dessein sur moi, voici deux poignards que j'apporte et d(Hit je te laisse le choix, afin que tu puisses avec armes pardlles parachever ton entreprise. Yollà de plus, continuai-je, un batteau que j'ai fait venir exprès, pour que tu te puisses sauver au-delà du marais» si le sort des armeat'estfavorable.» Dauphin, aussi surprisde ce propos que charmé de la franchise de mon procédé, me jetta dans le moment son épée à mes pieds, et m'assura, avec toutes les marques de soumission possible qu'un tel dessein ne lui étoit jamais entré, dans la tête ; après quoi nous eûmes ensemble un long entretien, qui au bout du compte n'aboutit à rien. Je ne vous rapporte pas ceci, mes enians,.pour que vous suiyiez mon exemple en pareil cas; au contraire, j'avoue à ma honte que je commis en ce rencontre une lourde faute; un gouverneur de place n'en devant jamais sortir aussi inconsidérément que je le fis alors.
Ayant foit un voyage à Paris quinze jours après la fameuse conférence de Fontainebleau entre l'évêque d'Evreux et du Plessis-Mornay, le rc^i voulut me mettre aussi aux prises avec ce nmême prélat. Je disputai donc avec lui sur les ]>oint8 controversés entre les catholiques et les protestans, pendant cinq heures, en présence de plus de quatre cens personnes de marque de Fune et l'autre religions. Dans cette dispute , le susdit prélat s'efforça de résoudre les difficultés que je lui proposai par de grands'^discours éblouissans; ce qui m'engagea klui faire une démonstration en forme , dont les deux premières propositions étoient tirées en tiennes formels de ses propres argumens. Cette contrebatterie mit mon antagoniste dans un tel embarras, et son esprit si fort à \h gêne , que les gouttes d'eau tomboient de son visage sur un Cbrisostome manuscrit qu'il tenoît à la main , ce qui fut remarqué de toute rassemblée. Enfin , XVl- siicLE, La PL et La PI.
notre dispute se termina pai^ ce sillogisme que je lui fis : « Quiconque est faux dans une matière, n'en peut être juge compétent : or les Pères sont faux dans les matières de controverse, puisqu'ils se contredisent souvent , donc les Pères ne peuvent être juges compétens dans ces matières. »» L'évêque d'Évreux convint de la majeure ; et, la mineure restant à prouver , je composai mon traité de dissidiis Patrum , auquel le prélat ne jugea pas à propos de répondre, quoique le roi se f&t rendu caution qu'il le feroit. Le fort de cet évêque étoit d'accabler son adversaire de citations.
Le duc de la Trimouiile étant mort accablé de la disgrâce du roy peu de temps après que je fus de retour de mon voyage de Paris, je pris la résolution de sortir du royaume , parce que je ne voyois plus personne dans le Poitou sur qui je pusse me confier pour deffendre ma vie contre les secrètes embûches de la cour, tous les autres seigneurs huguenots s' étant laissés corrompre par des pensions. Je fis donc préparerpourcelaun petit vaisseau sur lequel j'embarquai mes meilleurs efTets; mais,comme j'y faisois porter mes deux derniers coffres en vue de partir incontinent, je reçus un courier qui m'aportoit des lettres écrites de la propre main de mon maître et de la Yarenne, qui m'assuroient toutes que j'étois désiré à la cour, et que j'y serois bien reçu. J'étois alors dans une de ces fréquentes éclipses de la bonne grâce du roi. Ces lettres pourtant me firent changer de réisolution et me déterminèrent à me rendre à Paris; la lettre de la Yarenne surtout, qui devoit faire le moins d'impression sur mon esprit, fut néanmoins celle qui contribua le plus à me faire prendre cette résolution, quoique celle de mon maître fût conçue dans les termes familiers dont il usoit avec moi quand j'étois dans ses bonnes grâces.
Je me rendis donc à la cour, où le roi , sous couleur de me charger de l'inspection des jouxtes et tournois que la Broue et Bonnouvrières préparoient , me tint plus de deux mois sans me parler en aucune manière de ce qu'il avoit sur le cœur contre moi. A la fin , comme j'entrois un jour avec lui dans un bois où il alloit chasser, il me dit : « D'Aubigné, je ne vous ai point encore discouru de vos assemblées de religion, où vous avez pensé tout gâter, pareeque je suis persuadé que vous y alliez de bonne foi,
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et qae j'étote sAr de pi» faHl ne s'y pftsscroit rka eontre ma rolénté, csr /«Tofal mis les phn grandes têtes du parti dans mes interdis t et vous étiez pea qui trarailliezpo^irle bien de la saose eômmane ; la meilkiiré partie de vos députés pènsoit à ses arantages partleulier»» et k gagner mes bonnes grâces à vos dépens. Cela est si vrai que je me puis vanter qu'un hiMmne d'entre V6u^, et des meilleures maisons de France, ne m'a coAté que cinq cens écas pour ne servir d'espibn dans vosdites assemblées et ibe raporter tout ce qui s'y passait. Ho! combien de fois ai-je dit, en vous voyant si ré* ttfàmesdésiri:
■0!<|ue6iHMfeBt Eût ma voix oiSe, etc.
J*eu88e en moins de rien PQ Tàfocre et dél^, etc. »
Apris quelques autres propos de cette nature que le roi me tint encore, je lui répliquai : <»9irf ^ j'ai été député malgré mol à ces assemblées -, et pendant que bien d'autres briguolent cette députation. Ainsi, sans oublier l'honneur qu'on m'a fait alors , ni sans en tirer vanité , je vous avouerai ingénuement que je savois bien que nos plus apparens huguenots, hormis feu M. dé là TrimouUle, s'étoient vendus à Votre Majesté; mais comme les églises , en .me nommant pour Itur député , m^avoient marqué ht confiance qu'elles avoient en moi , je me suis cru obligé de les Servir avec d^autant plus de passion qu'elles étoient plus abaissées ayant perdu vottt protection. Si je vous ai déplu en cela, j'ose vous dire encore que faime mieux perdre la vie ou sortir de Votre royaume que de gagner vos bonnes grâces en trahissant mes frères et compagnons. Cependant , quoi qu'il m'arrive, je prierai toujours Dieu qu'il vous continue ses grâces, et qu'il vous favorise de sa prôtcji^ion en toutes vos entreprises. »
Sur cela le roi me repartit : ^ Gonnorsseivous le président Jeannin, qui a manié toutes les affaires de la Ligue par le passé? Je veux que vous fassiez habitude avec Itii, et je me filerai mieux en vous et en lui qu'en cent qui ont joué au double.»* A ces derniers mots,mon maître m'embrassa et suivit sa chasse; mais, courant après lui et l'ayant atteint, je lui dis : « Sire, en regardant votre visage je reprends mes anciennes libertés et hardiesses ; défisites trois
MÉMOIRES {mii
bornons de votre pou^p^flt;tty en voyant v^ tre cQSur , Mtes^ool là gnM à» me Oir^ ei frt vms a mu k ma hsAf , * Alors ee prince pltla^ sant comme il fiiisott oAUnafa^ment quand tt parloit d'affection me répondît : 'à fcntt cvies trop aimé la IVimon^lle ; vous savfet que je le haûMols, et cepetidam vous &'av«i pas ktsaë de hil continuer toujours vofre aflèctîoa.*^ Sire, repartfs-jê, j'ai iM nourri aux pieds de Votre Majesté, et j'y ai appris de bonne hemre à ne pas délaisser les personnes affligées et accablées par une puissance supérieure; aprouvet en moi cet aprentissage de vertu que f al fiût auprès de vous. • Cette dernière répense fut suivie d'une seconde embrassade qtie ase fit mon maître, en me disant de me retirjer. Sur quoy il faut que je dise id que la France, en le perdant, perdit un des plus grands rois qu'etta eût encore eus : il n'étoit pas sant deffimts, mais en récompense il a voit de subHmes vertus.
Puisque je suis tombé stir le chapitre de M. de la Trimouille, il est bon que vous aadiiet que quelque temps avant ceci, le roi ayant fait avancer des troupes pour l'kivestir dans Tbouars, ce seigneur m'écrivit ce bHiet :
tt IVAubigné^ mon ami, je ^us convie , fufvaiit vos jurénÉens, i vsdIt motirtar avee vott« affectionné, etc.*
A quoi je fis réponse:
* Votre lettre sera bien obéle; je Ja MÉim pourtant d'une chose ♦ c'est d'y avoir allégué mes senhens, qui doivent être crus trop inviokMes pour me les ramentevoir. *
M'étant, à cette semonce, rendu à Theuars» M. de la Trimouille et moi nous nous mimes à courir le pays pour asseuAter nos amis. Dans notre course, nous passâmesauprès d'une bour* gade,où, deux jours auparavant,on avoit coupé quelques têtes et exposé sur la roue qudques assassins et voleurs de grands chemins. Ce qtii medonnaoccasiondedireàM. de laTrimoulÛe, que je m'étois aperçu avoir changé de eooleur à la vue de ce tragique spectacle : • Contemples de bonne grâce ces objets funestes; en fiiisiutt ce que nous faisons, il est bon de s'aprivolser avec la mort.*
Deux ans après knon retour en Poitou du susdit voyage à la cour , il se tint à Châtelleraud une assemblée générale de ceux de la re^ Ugion,où le duc de Sully Ait envoyé de la part du roi pour y présider. Or,eoMtee j^étti aj^^ri»
PIW]
qoe d«M r aanmlilée promdftie teii«e à Saintr Maîiaat, Vm atoit nmmé M. de k No«e M moi prar dép«tM à oett# «aiemblée géaér#ki ett nttre «bitace, je m'» fov à Ch&tallerwd pour ni*esciifer d'a^eepUr laditt mmîaatîoa , a«r ee qo'il m §*y éleU pa» obBervé les formalités aoeonaHBées.ai pour remontrer que je n'étob pu prepra à ménager les al^es dpm on voaloit me charger , et que je les recoleroîs avlifo de lea aYancer* Mais, blea bio de déférer à mes ramoatraMes, rassemblée générale aaooDtratfa mt chargea encore d'aller dédarer an dae de fiuUy, qui eo«i|)toil d'y présider en ipertii de sa eoBuoissieB» qu'il e&t à s'abstenir d'y venk*^ sinon ^m quand il aorçit quelque ekÎMe à t préposer de la part du roi. Déplus, le duc de Sully m'ayant ordonné au nom de Sa Msgesté de me joindre à lui sur la fin de l'assemblée pour y faire recevoir ses propositions, je le eantraignis lui-mtme de se retirer de Chit«rileraiud, et de ronettre avant son départ a l'assemblée le brevet des places de sûreté qu'il avait d'aberd nié d'avoir ; et tout cebt se fit par mes diveraes intrigues, sans qu'il s'en aperçût, devant que Mite assemblée générale se séparât.
U arriva eneore dans la même asseenblée générsie qua les députés y ayant à traiter une affaire très épineuse et d'une difficile discu»aussiaa au siiget d'Oranges, à cause des] dif- Itrena intérêts du prince d'Oranges, du mar réebal de Les-Digoières, de la ville if Oranges même et des églises du Languedoc et du Daur phûbè, on proposa de nowner des commissaijws pour eaaminer cette affaire à loisir , et la iaporter ensuite toute digérée à l'assemblée , afin qu'on pût aisément statuer sur toutes les 4in.€ultés qui s'y renoontroienU Cela ayant passé, je fus du noad>re desdits commissaires , et je donandai trois jours pour &ire mon rapport. Je sortis donc incontinent de l'assemblée; et, arrivant obes moi, je traçai dans l'instant un projet pour eoneilier tons ces diSérens intérêts; essuitedaquoi, fiysemtr^exion qu'après m'être bien tourmenté à étendre les ravons eenteniies dans ce projet on ne laisseront peutelfe paa que de oontraltor mcm travail , je retmmmk sur le ebamp à l'assemblée a laquelle je prétentai mon canevas, qui, ayant été esar minépM 1» eompiigiHe, 4it aprouvé en tout, iaj)« ttsiftiftn d'une saole ayUabe; eU'« lou-
DE D'AUBIGNÉ
jours estimé eettô soudaine production la |^ua beure^se et la plus saisée de toutes odlesqie j'aye faites de ma vie.
Je fis encore un voyage à Paris du vivant de mon maître, et, en y amvant, j'allai descendre au logis du ministre M. du MouUn, ou je ttouvai deux autres ministres, MM. Cbamier et Du* rand, avec quelques autres pastwrs des églises, lesquels, sitôt qu'ils m'eurent salué, me dirent tous qu'on ne parloit par la ville que de l'accord des deux religions, et que ce bruit devanoit général; ce qui dénotoit, selon eux, qu'il y . avoit de leurs principaux collègues g^gaéâ par la cour ; d'où s'ensuivit que nous convînmes ensesibte 9» le cbamp de quelques points pour rompre le cours à de tels traités, qui ne pouvaient être que frauduleux. Ces préliminaires arrêtés entre nous, je leur demandai s'ils me soutiendroieat dans une dire que j V vois imaginé de fsirei nos adversaires, laquielle étoit de réduire toutes les oontroveraes de religion aux r^es qui se trouveroient avoir été observées dans kg quatre prwoiiera siècles de l'Eglise, et constamment suivies jusqu'au commencement du cinquième. Sur quoi le ministic» Cbamier s'avança de me dire oui, en quoi il fut aprouvé du reste de l'assemblée. Muni donc de ce pouvoir, je m'ep fos le lendemain matin trouver le roi dans son cabinet, lequd,saBs me donner presque le temps de lui &ire l|i révérence, me dit d'aller voir le cardinal du Perron, jadis évéque d'£vre«x. Je m'y acheminai dans l'instant; et cet éminenUseme me reçut avec des caresses et des cajolleries qui, par leur nouveauté, marqudent un dessein concerté de me séduire. Après qu'il eut mis fin à ses complimens, il commença à me fitire des bmentations sur le misérad)le état où se trouvoit la chrétienté, et me demanda ensuite s'il n'y avoit point moyen de ¥es{ retirer en s'ajustant de bonne foi , et en cherdiant quelque tempéram^t pour ooncilifir les malheureuses controvenes qui divisoient les esprits, les familles, la France, et toute FËurope. Sur quoi étant entré en matière après m'^re &it un peu presser , je m'expliquai en ces termes : • Puisque vous désirez que je vous dise nettement ma pensée , il me seôfible , monsieur, qu'on devroit pratiquer dans l'Ëglise aussi bien que dans l'Etat cette Bftaxiitsede Goieciartei :« Qua les sodétés bien ofdoBnéa, venant à toasber en décadence, no
M ^^établissent jamais bien qa*en les ramenant k lenr première institution. «• Prenons de part et d'autre pour loix inviolables les constitutions de l'Eglise établies et observées jusqu'à la fin du quatrième siècle, et, sur les articles qqe Ton prétend avoir été corrompus, vous qui vous dites les aînés, commencerez par remettre la première pièce que nous vous demanderons , et nous de même nous vous remettrons la seconde; et ainsi consécutivement jusqu'à ce que le tout soit remis dans fa première forme de l'antiquité.» . A ces mots, le cardinal s'écria que les ministres désavoueroient ces propositions; et lui ayant Irepliqué que j'engageois ma tête et mon honneur de les leur taire accepter , il me serra la main et me dit : « Donnez-nous encore quarante ans, outre les quatre cens que vous venez de nous offrir. — Je vois bien où vous en voulez venir , repris-je ; vous voulez avoir pour vous le concile de Calcédoine : eh bien! j'y consens, entrons en lice, n Le cardinal souscrivit à la thèse générale en disant : « Vous serez obligés par-là de consentir à l'élévation des croix reçue sans difficulté dans ce temps-là. — Oui , répondis-je, pour le bien de la paix nous les mettrons dans le même honneur où elles étoient alors ; mais vous n'oseriez convenir de réduire l'autorité du pape au point des quatre premiers siècles, et dans un besoin nous vous donnerions encore pour cela deux cens ans pour vos épingles.*» Sur quoi le cardinal, qui avoit été autreibis emprisonné à Rome et en étoit revenu mécontent, me repartit en haussant la voix qu'il falloit conclure cette afhlre particulière à Paris, si on ne pouvoit pas la terminer à Rome.
Je revins après cette conférence trouver le roi qui me demanda de prim'abord si j'avois vu le cardinal du Perron, et ce qui s'étolt passé entre nous ; ce qu'ayant fait aussitôt, et redit en présence de beaucoup de seigneurs tout ce qui s'étoit fait et dit dans ma visite, il échapa à ce monarque de me dire : <« Pourquoi avezvous dit à monseigneur le cardinal , en parlant du concile de Calcédoine, que vous voulez bien le lui donner, en entrant en lice? Que ne le lui abandonniez-vous sans condition? — C'est, sire, hii répondis-je, que si, outre les quatre cens ans accordés, les docteurs de l'Église romaine en demandoient cinquante de plus, ce seroit une confession tacite que les quatre premiers siècles
ne seroient pas pour eux. * A cette réplique, quelques prélats et jésuites qui éloient là prèsens commencèrent à murmurer hauteonent; et le comte de Soissons prenant la parole dît d'un ton aigre que de tels propos ne se dévoient pas tenir devant le roi ; ce qui obligea ce monarque, en entencfatnt cela, à me tommer le dos, et à se retirer dans la chambre de la reine.
Cette affaire en demeura là pom* lors ; mais quelques jours après, le roi, pressé et sollicité de me fahre mourir ou du moins arrêter, comme un séditieux qui avoit troublé et rompu les mesures prises pour en v^ir au susdit accord, dit au duc de Sully qu'il faUoit me mettre à la Bastille, et que j'étois un brouilkm à qui l'on trouveroit assez de quoi faire le procès.
Madame de Châtillon, aywit su je ne sais par quel canal ce que le roi avoit dit à M. de Sully, m'envoya prier de venir cbex elle, et qu'elle avoit un mot à me dire. Je m'y rendis aussitôt; et, après m'avoir demandé le secret, elle me conjura de me retirer cette même nuit de la cour, ou que je pouvois m'assurer d'êtrte perdu. Je lui répondis sans m'émouvoir que j'ailois prier Dieu, et que je ferois sur cela ce qu'il m'inspireroit. Mon inspiration fut de m'en aller le lendemain de grand matin trouver SaMajesté, et après tai avoir représenté en bref mes services passés, de lui demander une pension, ce que jusqu'alors je n'avois point vouhi faire. Le roi surpris et bien aise en même temps de remarquer au travers de mon fier courage qudque chose de mercenaire, m'embrassa soudainement, et m'accorda sur le champ ce que je lui demandois. Le jour d'après je m'en fus à l'arsenal visiter le due de SuUy, qui me convia à dîner, et me mena avec lui voir la Bastille, en me jurant qu'il n'y avoit plus de danger pour moi, mais depuis vingt-quatre heures seulement.
Le dimanche ensuivant madame de Châtillon m'emmena au sortir du prêche diner chex elle, avec le ministre du Moulin et madame de Ru Vigny, femme du commandant de la Bastille. Comme nous ffimes à table, madame de Châtillon, émerveillée de ce que je m'étois tiré d'un si mauvais pas, se mit à déplorer mon matheureux sort qui m'y avoit entraîné, ce qui toucha si fort la susdite dame, qu'en me regardât fixement, elle ne put s'empêoher de pleura, el
DE D'AUBIGNE.
pressée d'uvoner le sujet de ses larmes, de dire qu'elle avoitj reçu ordre par deux fois de me &ire préparer une chambre à la Bastille, et que au second elle m'avoit attendu jusqu'à minuit.
Le roi, s'étant ainsi départi de la rigoureuse résolution qu'il avoit formée contre son ancien serviteur, me reprit en teHe grâce et amitié, qu'il délibéra de m'envoyer ambassadeur extraordinaire en Allemagne, avec un ordre à ses autres envoyés dans les cours de ce pays-là de me rendre compte deux fois par an de leurs négociations ; mais il changea de dessein d'abord qu'il eût formé les grands et vastes projets que tout le monde a sus, et desquels il me fit part au long. Or, comimeX'étois dans ce temps-là viceamiral des côtes de Poitou et Xaintonge, je ne voulus point rester oisif dans la grande guerre qui se projettoit, et je sollicitai fort mon maître de tourner vers l'Espagne un rameau de ses desseins, pour l'attaquer dans le cceur, tandis qu'on assâilliroit de tous côtés ses autres membres. A quoi ne voulant point entendre, fondé sur ce vieux proveii)e qu'il me répétoit sans cesse : «que qui va foible en Espagne y est battu, et que qui y va forty meurt de faim, •» je lui proposai un marché, par lequel je m'engageois, en m'entretenant un petit nombre de vaisseaux de guerre, de fournir des vivres à telle armée qu'il envoyeroit en Espagne au prix qu'ils seroient à Paris.
Ce marché auquel j'adjoignis Descures ayant été, après bien de difficultés qu'y fit d'abord le duc de Solly, à la fin conclu et signé, je pris congé du roi pour m'en aller en Xaintonge faire les préparatift nécessaires pour pouvoir accomplir mes oigageroens; et mon maître en me disant adieu me dit ces paroles : « D'Aubigné, ne vousy trompez plus, je tiens ma vie temporelle et spirituelle entre les mains du pape, que yd reconnois pour le vériuMe vicaire de Dieu ; «• d'où je conjecturai dans le moment que ses vastes projets non-seulement s'en iroient en fumée, mais encore que la vie de ce pauvre princeétoitengrandpéril,puisqu'ilenremettoît ki soin à un homme mortel. Je communiquai même cette pensée à mes phis oonfidens amis, en qooy je ne iusque trop bon prophète à mon grand crèvecceur; car à quelque temps delà on me TÉit annoncer, étant encore au lit, la nouvelle affireuse ie la piort de ce grand roi» avec
la circonstance que le bruit couroit qu'il avoit re^ le coup mortel dans la gorge. Sur quoi je dis aussitôt, en présence de plusieurs personnes qui étoient aitrés dans ma chambre avec le porteur de cette malheureuse nouvelle : « que le coup n'avoit point été donné à la gorge mais au CQrar,fet que j'en étois sûr, » ainsi qu'il se vérifia par la suite. Ce qui me fit taiir ce propos, fut que je me souvins dans cet instant de ce que j'avois dit à ce monarque à Chauny, au sujet de l'attentat de Jean Chastd.
La reine ayant été incontinent après la mort du roi déclarée régente du royaume pendant la minorité de Louis XIU, par le parlement de Paris, sa régence fut reconnue par toutes les assemblées provinciales de ceux de la religion; et nul n'osa y ccmtredire en Poitou que moi seul, qui soutins qu'une pareille élection n'apartenoit pas au seul parlement de Paris, mais bien aux états généraux du royaume. Quoiqu'une si franche déclaration m'eût mis en mauvais prédicament à la cour, je ne laissai pas cependant que d'y être député pour ma province, pour assurer la reine d'une parfûte soumissi(Hi à sa régence. '
Je me rendis d(mc pour cela à Paris, ou je fus obligé d'attendre plusieurs autres députés de diverses provinces, pour faire en corps notre soumission à la reine. Enfin, nous y étant assemblés de neuf provinces, nous convînmes ensemble de nous y faire présenter par le sieur de YUIe-Amoul, député général des églises. Mais nous ràmesentre nous de grandes ccmtestations pour le rang, et sur les termes dont nous userions en parlant à cette princesse; à la fin, il fut décidé qu'on me déîereroit l'honneur de porter la parole, comme au jdus vieux et au plus expérimenté de la députation, ce dont je m'acquittai assez augréde mes collègues. U n'en fut pas de même de Rivet, qui fut chargé de faire la harangue après mes premiers complimens; car il remplit fort mal cette fonction, et ne la prononça qu'en tremUant, quoiqu'il eût bien brigué cet emploi. Le conseil du roi se scandalisa de ce qu'aucun des députés ne s'étoit agenouillé ni en entrant à l'aïklience ni en sortant; de sorte que monsieur de Yilleroy m*ayant abordé, et demandé comme nous nous retirions pourquoi je n'avois pas fléchi le ge* nouil devant Leurs Mijestés le roi et la reine, je hû rq[K>iidis audacteusement : «qu'il n'y avoit
parmi noos que des gentiishommes et des mi- &j8tres,qiii ne dévoient à Leuri MajeHés que ia révérenee et non la génnfleiîon.N
A quatre moia de là, il prit i» capr ioe à la reine de m'entretenir en partiealier,et, ra'ayaot éerit pour cela, je m'en vins aoisitôt en potte k Paris, contre le sentiment de mes amis qui apréheftdoient pour moi ce voyage. Je fos deum heares enfermé avec oette prinoesse dans son caMnet, la dnchesse de Merooeur en fardant elle-même la porte. EHe m'avoit bit venir sons le prétexte d'essayer à tirer de mm quelque éelaireissement sor une affaire seerète; mais son véritable dessein dans ce mistérieux voyage butoit à me rendre infidèle, ou du noias sus* pect à mon parti.
Enfin arriva la fiimeiise assemblée de fiaumur, à Touverture de laquelle monsieur de Boissise, commissaire député du roi, m'ayani kH de magnifiques promesses p<»r m^induife à fevoriser les intérêts de la cour, Je me eoatentai de lui répondre : • Monsieur, j'aurai de la reine tout ee que je désire, puisque je me corn* portevai de feçon qu'elle me tiendra pour hoq chrétien et pour bon franeois.* Depuis, on mit k mes irousses la Vareime, qui me courtisa si assidûment et si publiquement qu^un de nos coiw rompus eut Taudaoe de me demander en prérsence de monsieur Is duc de Bouillon : # Qu^est donc allé faire la Varenne en votre logis, où il a été dowe fois depuis Uer )-^Ce qu'il y est venu fiire ? hii rq[>ondis-je : oe qu'il a fait au vôtre dès la première, et ce qu'il n'a pu fMre au mien à la dcûisième. »*
Ce fut dans eette assemblée où je perdis Pamitié de monsieur de Boiiillon, que j'avois à bon titre acquise et eonsM'vée depuis trente ans, parceque je rempêcbai d'y présider, et que je m'oposai hautement à plusieurs propositions importantes quHf y fit pour plaire à la eoor, lesquelles le déetéditèrent terrifatemoit auprès de ceux de la religion, particulièrement à l'oo^ casion d^un discours fort patbftiqœ qu'il y pro^ nonça pour persuader à l'assemblée de se dér saisir de toutes leurs places de sûreté, et de se remettra eatièremeni à la diserétion de la ré*gente et de son conseil; coneluasl par des louanges aiTectées de la gloire qu^equéioient les réformés en s^peeant ainsi volontairement à souffrir le martire. Auquel disaoufs je is sur le obamp uno içéptmm fui en détruiiMt {es psin-
cipes, etjekiinbpar œtte âposireie : «Oni, BMnrieur, la gloire du martire ne se peut célébrer par tn^ de louanges. Bienheureux sans mesure qui endure peur Christ, e'ost le caractère d'un vrai et bon chrétien de s'exposer pour hiiau martire; mais, d'y exposer ses firèivs et de leur en fiMâlker les voyes« c'est le caractàred'oi trattre ou d'un bouneau. 9
A la fin de cette aMcmUée^ moi pavois eoo^ tome de ne dire adieu ijpi'à eeax que je voyais à la veille de saourir ou d'apoelasier, je dis adieu devant tonte la rompagnie an nmitstre du Ferrier ; lequel adieu Ait reçu Uè$ aigpemeat par Iscbl du Ferrier et par plosîears autres de ladite omniiagnie. Mais, deux mois après oe onmslre ayani afej uré tt ma prédie* tion se tnmvant véritable, «a que j'avois firit ci-devant fut pour loM loué et aproQwé généralement de tous. DMofg les aÂires de la religion et du parti cmasmeûcèreirt à toniberen décadenoe et à menacer raine, paroeqne phsieun des grands solgneu» huguenots se lais • sèrent ga^er par la eonr, et que ravariee des ministres, dont il y en eut tmis de oorrempos à force d'argent, savoir ledit du Forri^, Rifd, et un antre, donna lieoàdiversesintrigiies qm firent dMindoraier à beaosoupd'ontr'eux ia cause commune pour songer à leurs mtérête pnrtieliliers ; de maniive que les phis sflés des réfemiés eurem à essuyer à l'ass^aobiée stnodale de Thouars de grandes traverses. Là, on vit le minvtre la Forcade se lever plusieurs fois de sa place, et inténrosapre ceux qui parMeol xm pas hardiment, en s'éeriant : « Messieurs, gaidonsnous d'offemer ht reinein eiuq autre mimstre répéter souvent ces mou latins : Prmeipihui piamtmt vWiê nom ultàma hut $$t. Ce que voyant, et ne pouvant y remédier, je ne retirai de ee stnode, sons prétexte que mon âge avaaeé me devoit diapenser dea assemUéca publiques) d'autant phis qu'elles ésoient devenues telles qnedes fiûnmes prostituées.
il arriva de tout eeet que le due daRoham hai et raaltraitlé de la cour pouf avoir £ut aea devonr à PfssembUe génénite dé Saworar, aa retira mécontent a SakH-leaa^d'Aligély dont il était gouverneur, (rii il fit miiie do von* kir se fortifier d'amis el de tioupes. Moi dnmon oèté, k qui Fan ne deimoil plus rien pouf f entrelien dn ma ganîaon de MaiHenis^ ne» plus ipi'aumvdildt^de RohaftpMr payer Ik 1
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bfi fi^Atrftl&KË.
4è SÊbkUJmsk'^Àx^i et q«l se taoefam fis «& mI de là pomaa de Mpt arilitt li vrai q«e le ira hii m'aroît denDèe, (KHtf a'avmr pui Teula aceq>ter FugnenlatioD de cinq miUe «Urée lîTree qoe la retàe y vouhHt âjoQter ; mei, di^, réduit par là à k néceeeité» je aie rie ooatrakit a altar cherehar ma sufasutanoe mut la rivière de Seore; el bda ayani damé Itea à la cour de mé flaenaaer d'un sUge, el ayaat léoomni dan eelle petite expédttioa Taseiette 4a Doîgiian, j'en achetai la petite irie où je fie îoÉBatiDeat bâtir nae aiaisea forte 91e Para* Mb Tint visiter par ordre de la reine, où je le reçaa et festoyai de non oûeiix. L'année d'après, le m(me FarabeUe;« ehai^ d'une pareille eoBunission qae la précédente an 8^ietde qnelqoes vaeberies q«e je fiôso» feire an Doignon, m'en avertit^ et me pria de m'y trouver ; mais je lui fis repense qae la b^ogne n'en valloit fêM la peine; ee qu'ayant mandé ^ eour, il litsï ensuivit ^leiqnes mouvemens^vec plu^ sieurs allées et venues de sa part et de la
Peu (de temps après^le prinee deCondé sere* tthi de la conr et fit quelques préparatifii de gterre^ lesquels éngagèrfiot les dues de Robatt et de Bomilen> qui s'éloient déclarés pour luy, a n'envoyer sommer de leur déclarer mes sentimens. Je leur fis done cette réponse : • Nous vovteiis bien mettre s«r nos q^aides le fardean de votre paix» • prévoyant qu'ils ne tarderoient goères à la faire* ainsi qu'il arriva incontinent par un aecommodement et une amnistie pour tons leurs partisans^ de laquelle il n'y eut que moi seul d'excepté ^ ce qui m'obligea, pour me préserver d'une fimeste catastrofe, de fortifier MaUleiain» et de mettre ma nouvelle acquisition da Dotgnon en bon état de deffense.
Cette paii fourée n'ayant servi qu'à former da nouvi^ies eaballes et à laire diverses menées, lut suivie d'une seconde guerre, au sujet delaqudleleprincede Condé, qui étoit le chef des méront^s, me choisit pour son maréchal de camp, et m'en envoya les provisions, que je ne voukn pas accepter de sa main; mais je c(msenUs à les recevoir au nom des églises assemblées à Nismes.
Le due de Sully, gouverneur da Poitoa, qui se trouvait pour tors à Poitiers^ promit dans Cdttooecasioo à la reiaev coi^ainiement avos 4ef(«e dos principaux de la provinee, de conle-
nir son gouvernement inm le devoir, et d'em^ péebsr que riaa n'y branlftt en faveur du prince dé Condé. Il vint pour e^t effet à MatUezais, afin de m'engager par earesses ou par menaces à promattre ht n&éme chose; me disant de plus qns si je ne le fiusois pas de bonne grâce» les autres seigneurs du Poitou me le iérotent foire de force. Sur quoy je hii répliquai qu'il avoit obmis dans le nombre de ces seigneurs un grand homme qui lui diroitle lendemain ce que j'étnis résolu de foire. Par ce grand homme j'entendais le premier tambour d'un régiment que j'avois aiis en pied (tour mon fiU, lequel en battant aux champs au point du jour lui fit connottre que je ne craignois point ses menaces. Ce même jour le sieur Dacé, mon lieutenant, avec la garnison de Mailleaais se rendit maître de Moureille par pétard. Quelques jours après» le due de Bouillon marchant pour foire le siège de Lusignan me rencontra sur la rouie comme j'allois à la même entrq[>rise, ce qui donna lieu à notre ré^nciliation, et à renouer notre aoeiome et mutuelle amitié, que l'assemblée générale de Saamur avoit rompue, ou du moins fort refroidie.
U ne se fit rien dans toute cette guerre qui vaiUe la peine d'être écrit, si ce n'est vers la fin que j'engageai le j^ince de Gondé presque aoalgré lui à assiéger Tonnay-Charente,où j'eus la moitié du corps grillé par accident. Ensuite vint le traité de Loudun» qui fet comme une foire publique de perfidies particulières et de lâeheÀ générales ; le prince de Condé, qui dans les conseils m'apelioit son père, m'y ayant foit foux bon, ainsi qu'à son (Mropre honneur. A quoy il igouta encore un trait de moquerie; car après l'avoir signé il me cria par la fenêtre et d'un ton moqueur : «D'Aubtgné, allez- vous-en au Doignon. — £t vous, hii réjiartisje, àla Bastille.» U paya dé plus d'une noire ingratitnde les sévices que je lui avais rendus dans c^e guerre, et tes seiae mille éous que j'y avois dépensés pour hiy ; car étant arrivé à ht cour, il rendit ce tém<%aage contre moi dans un cons^ secret oà il assista: que j'étois un factieux, un ennemi de la royauté, et capable moi seul d'empêcher le roi, tant que je vivrms, de régner avec une autorité absolue.
Ge prince» non content eno(Mre de ce dernier traitée asauvajse volonté envers moi, ayant. Inspiré au doc d'Épemotk l'envia do Ibre mea
MÉMOIHES
Tragiques, et lut ayant interprété te contenu du second livre comme le regarcknt personnellement, il Fexcita à en tirer vengeance par la mort de l'auteur, laquelle fot effectivement par la suite pourchassée plusieurs fois et en (Kverses manières. Ce dont m'étant aperçu, je me tins sur mes gardes; et vivant en cet état, deux gaitilshommes me vinrent aporter de la part dudit duc d'Épemon la nouvelle de la première paix de la Rochelle, ce qui me convia à leur donner à dîner au Doignon, ou, entre la poire et le fromage, le discours étant tombé sur la haine déclarée que ce seigneur me portoit, ces deux gentilshommes me dirent qu'il «'étoit déclaré hautement en présence de cinq c^s gentilshommes, que s'il ne trou voit pas moyen de me faire tuer, il se réduiroit à me faire apeller en duel, pour me faire éprouver une des bonnes épées de France. Sur quoy je repartis : « Messieurs, je ne suis pas si ignorant que je ne sache les prérogatives des ducs et pairs de France, et le privilège spécial annexé à leur dignité de ne se point battre contre leurs inférieurs; je sais de plus le respect que je dois au col<mel général de l'infanterie françoise; mais si un excès de colère ou de valeur poussoit M. d'Épemon à me commander absolument de venir mesurer sa bonne épée dans un pré, certes il seroit obéi. Il m'en a autrefois montré une sur la garde et la poignée de laquelle il y avoit pour vingt mille écus de diamans; s'il lui plaisoit d'y aporter celle-là, j'en ferois plus de cas que d'aucune autre. — Mais, me répliqua, un de ces gentilshommes, monsieur d'Épemon a des qualités dont >1 ne peut se dépouiller, pour venir à une telle épreuve de son courage. — Monsieur,lui répondis-je, nous sommes tous en France, où les prin ces qui y sont nés dans la peau de leur grandeur, ne peuvent s'en dépouiller sans l'écorcher ; mais sachez qu'on peut sans se blesser se dépouiller de sa grandeur quand on ne la possède que par acquêt; le duc d'Épemon peut s'en dépouiller, puisqu'il n'est né que simple gentilhomme comme moi. — Or, reprit l'autre gentilhomme, suposé que le tout soit ainsi que vous le dites, il y a tant de gentilshommes et même de seigneurs qui ne quittent point monsieur d'Épemon, que cela seul le peut empêcher de vous faire un apel quand bien même il le voudroit, comme aussi de vous assurer le lieu du combat. • Ces derniers mots irritant mon audace, je ne
pus m'aodpêcher dé lui Tèf(mdit que je tireroiâD monsieur d'Épemon de cette peine; que je me faisois fort, moi, de lui assurer un lieu de combat dans son propre gouvernement, et que j'en garantirofe de plus la sûreté contre tous ses amis. Là finit ce propos, qui ayant été redit mot à mot au duc d'Épemon, le fit jurer tout de nouveau son paufardious qu'il m'en feroit repentir, et qu'il m'en coAteroit la vie.
Il y avoit déjà longtems que je m'apereevois que je me rendois ennuyeux par mes fi^uentes remontrances à ceux qui étoient à la tête des affaires des huguenots; cependant je ne voulus point les discontinuer, et il ne se tenoit aucune assemblée de ceux de la religion où je ne mandasse ce que ma longue expérience me suggérott y devoir être traitté. Non content de cela, je leur faisois part* encore des découvertes que j'avois faites dans la lecture des mémoires d'un certain César Baronius, neveu du cardinal de ce nom, que Dieu avoit édairé des lomi&res du pur Évangile.
Ce César Baronius, qui par la faveur de son oncle et par son mérite perscmnel étoit parvenu à être de la congrégation depropagamdd Fide, avoit été choisi pour être un des trois que cette congrégation envoyé tous les ans aux extrémités de l'Europe, avec un mémoire de l'état où se trouve le monde chrétien. Cet envoyé donc, qui avoit formé le dessein d'abjurer le papisme, étant parti de R<mie bien fourni d'or et muni de ses dépêches authentiques, sous codeur de passer en Espagne se sauva à Briançon, ou ayant trouvé monsieur de Lesdtguières il se mit sous sa protection; et monsieur de Lesdiguières l'ayant fait conduire à Paris par un consul de ladite ville, il fut amené à un assemblée qui se tenoit chez monsieur de Bouillon. Je fus nommé avec monsieur de Feugré pour l'examiner*, et, pour nous convaincre de sa bonne foi , il nous remit entre les mains le susdit mémoire distingué par provinces, qui coAtenoit deux cahiers, sur l'un desquels étoit écrit à la première page : artespacis^ et sur l'antre : artes belli. Après avoir parcoura ces deux cahiers, nous lui demandâmes, monsieur de Feugré et moi, à voir ses mémoires particuliers pour les provinces de France les plus à portée des menaces de Rome ; ce qu'ayant fait après bien des difficultés et que nous l'eûmes menacé, il nous montra un troisième cahier dont le Utre
éloit : JikBtortMfi cwmmiariu», ce qxû nous apraioU que la persécution des réformés deyoit «omiBenoer par Ik Voilà proprementoù j'ttvois puisé la sctence de mes prédictions, qui, poor s^étre trcovées souvent TéritaMéi, m'avoiei^ lût donner le nom de d'Ashagnéle prophète, ,et noBrpoar aroirtenu difz moi le muet qo^oh m'a tantreprocbé. Celte avÉntnre estasses sin^- -g«iiièrepoiir>en£Bàre ici- «me petite mention;
Ce muet étoit un jeune homme,. si tant est ^qo'on lui puissedonner wôon^ car les plusdocles.ottl jugé, après l'avoir pratiqué, quenc'étott oa démen incarné 7 ce muet éoneparoissoit&gé de.dixHàeuf à vingtranatorsqiie jrlepris chez -am; ilétoit aésomsd et muet, ilavoitie regard affreux, le visage livide, et il s'étoit ùdt une ha* biUide de s!expliquer par seà doigts et ses gestes d'uae manière tôtt intislligible. U^demeura avec moi efi Poitou quatre on cinq ans, partie à lA -Ghevrelière et partie aux (Mches, où tout le inonde le^venpit voir par admiration; à cause de son i^t de devination qui lui iliÂsott déeou* vrir les choses les plus cachées et' retrouver ceUes que l'on avott perdues; De plus, il disoit à ceux qui le lui demandoient leuns généalo^ gies, les néliers de leurs pères, ayeuls, biaayeiris et trisayeulr, leurs mariages et le nombre des enfans qu'ils mvoient eus ; Ib spécifioit toutes les pièces de monaôyequHmchajcuii avoit dans sa podie; il pénétroit les plus secrèteê pensées de ceux qui Pinierrogeoientr enfin, il IM*édiiM>it l'avenir^ Ce furent ks ministres les plus estimés de la province qui m'en donnèrent eonnoissaaee,et l'envie en même temsde l'avoir auprès de moi. Quand il y fat, je deffiendi^ à mes enftuoset à mes domestkiues, sous de grosses prâes, de lui &ire aucunes questions sur les choses falures; inais, malgré mes deffenses, ib ne le^piestiennpient que iMtessuspar la règle, NiHnmr m vetUum.
J'eus durant on mois la curiosité de savoir les heures où Henry IV faîsoit «es promenades, les proposquMI y tencrft, tes noms de ceux à qui il parloit, et plusieurs «ntres choses sembhîUes; et le tout, confronté de cent lieues loin avec les réponses du muet, se trouvoit entièrement eeofonne. Un jour les fiHes du logb hitvayant demandé combien le r^ vivroit encore d'années, le temps et les drconstances de sa mort, il leur niarqua trois ans et demi, et leur désigna» la ville, la rue, et lecarroiBse avec XVI- »iicLa, La PI. et La PK
DE D'AUBIGNÉ
les deux coups de couteau qoHl reeévroit dans le cœur, où cela hii devoit arriver. Il leui^prédit encore de jdus tout ce que te roi Louis XIII a iiit jusqu'à présent 1630, les combats don* nés devant la Rochelle, le siège de cette viHe, sa prise, son démantelleiûent, la ruine entière du parti huguenot, et beaucoup d'autres choses que Pon peut voir dans mes ^>îlres( CBtmflîères qui courent imprimées par le moxide. Enfin, mes enfans. pour peu que vous doutiez de la vérité de tout ce que je viens de raportér tou-» chant ce muet, vous pouvez vous ^ assnret en interrogeant' les doiovestiques de la maison, qui vivent encore, et qui étoient alors au serrée de votre père.
. C'étoit sur les merveilles de mon niuet que mes ennemis, pour rendre mes remoKitrances infructueuses et me^ salutaires avis iMtitélr^ disôleot que le tout provenoit des révélations qu'il me faisoit et auxquelles j'àjoutois foi légèrement ; mais la vérité est qtîe je ne demandai jamais rien à mon prétendu prophète de ce qui coBcemoit l'avenir ; et que s'il to'est arrivé quelquefois de prédire certains événemens, ce n'a été que par des conjectures fondée^ sut mes propres connoissances, et peut-être sur lèé indications que j'avois tirées des mémoires du susdit César. Baronius, que j'avois lus avec une grande aplication. Quoi qu'il en soit, voyant le peu de cas qu'on faisoit de mesdits avis et remontrances, je me pourvus par devers dàix assemblées tenues à la Rochelle, pour en obtenir la permission de me démettre de mes emplois et de la garde de mes deux places de Maiilezais et du Doignon entre les mains de personnes fidèles et courageuses, afin que le duc d'Épernon et l'évéque dudit Maiilezais, qui faisoient traiter avec moi de ces deux places par des voyes indirectes, ne s'en rendissent à la fin les maîtres par ces mêmes voyes indirectes. Une partie des députés auxdites assemblées enteiidit volontiers à nties demandes ; mais les divers corps de la ville y ayant été contraires, les sindîcs du peuple qui étoient pour moi choisirent l'avocat Bardouin pouf plaider ma cause ; lequel s'éiant laissé corrompre' par mes ennemis, conclut dans son plaidoyer au rasement de Maiilezais et du Doignon que je n'ïivois jamais demandé, ce qui donna occasion à monsieur de Vilteroy de m'é-* crine cette lettre ;
«, Que dites-vousde vos bons amis, pour tesr qaeh vous avez perdu uae p^iisioa de sqpit mille livres, et refusé une augmentation de ciiiq autres mille Uvres que la reine y vouloit ajou-^ 1er, sans compter la malveillance du roi que vous avez encourue pour Famour d'eux? Ces messieurs nous sollicitent à toute outrance de £iire raser votre maison sous votce moustache, je ne change rien aux termes de ces beaux amis. Si c'étoit à vau3 à faire réponse à une telle demanda» comment la feriez- vou^? j'en deBoande votre avi&, etc, »»
Voici la réponse que je fis. à celte let^ : Monsieur,
«• Si vous agréez que je voua serve de commis pour répondre à b requête des RocheUois, j'y mettrai au bas ; Soit fait ainsi qu'il eal requis, aux dépens, de qui il aparUendra. •*
Monsieur de YiUecoy ayant fait raport au conseil de cette courte dépêche, le président Jeannindit en ju;rant qu'il en eomprenoit bien le sens, ** C'est-à-dire, poursuivit-U, que d'Aubigné œ craint ni euxniçous;*» ce qui fit donner ordre à VignoUes, maréchal de camp, d'aU 1er examiner de près sur quoi se fondoit mon audace,
U me yin^ donc voir comme mon ami, et comme ayant été nourri page du feu roi mon maître sous ma direction; je le reçus en cette qualité, et le festoyai de mon mieux. Après qu'il eut bien visité et iieconnu les place» de son Ip^te, il écrivit en eouc cpie la RocheUe dont on méditoit dès lors le siège ne pouvoit être assiégée, que 1^ rivière de Seure^ asseivie par le I> oignon et Miailleaais, ne £ul tQutrà>Eai^ rendue hhre, poni^ qu'on y pftt voi^jurw de&vk? vrea à l'armée d» roi ; et que, épiant à la forée de mes deux places, MaiUezais coûterait tour jours un bon si^e r^yal ; et le. Doignon pkia h être assiégé que la Rochelle à êure prise. Suf ce report, le conseil dépêcha en Poitou deux maîtres des requêtes, le prem^ monsieur de Montholcm, et le second te sieun.de la Vache* ne, pour traiter avec moi de U récompense de ces deux places.
Cette oégociat^m fut ménagée aveebjende^ ruses pendant dei|x ans, au bout desquek le duc d'EperQon me fit offrir par le, mar<}uis de Brezé, deux cens mille livres; mais à la fin j'aimaî mieux remettj;e mes deux places, Maillezais et Doignon, entre les ipaains du duc de
Hdian pour k aornine. de omt mitta livMS, payable, moitié en lui en lemettant let^leCst at te reste dans un cectain temps dopt noua cour vinmea ensemble. Cfla exééutè, je me retirai à Saiot-Jeih-d'Angely, où m'-étant étabh, je Bs achever l'in^yession de mes oaviagea à mes dépens^ lesquels à peine paraceot-ib f u jom, qu'île fièrent condamnés à Pari» à étce brâUs par la main dubçoreau dana la coop du cafclége ixiyal.
La petile guermde k leioeHnèrei^yanlféclfs dans ce tempa, fe duc de Roliian le déolna pour elle, ft aasembk qpekpaie^'UPa de aaa amis dont je fua du nombre à Saim-Maixant^ pour consiiller avee eux aur les engagemans <)a'il devoir prendre dans cette guerre. U me demanda danaun des oopseiU qju'ti tint pour cet eifet ce quMl laudvoit bûsEe si k reine en^ treprenoit d'asuéger Baris «is^ une année de soixante nMUe hommee; mais^ au lieu de pé* pondre à une si folle question, je le pvUi de réfléchir que k co^ftision et k mésintclligenoe qui r^noient dansée focqiidable parti aHoiakt le dissîper d^s sa naias^noe ; à quoi î'ajrmiaî que, quanta moi, je lui protestois de^ne point tirer ma petite épée hors du fauseao. CMa dit, je pria congé du duc de Rehan, en Tasaiirant, de même cfue k pnnee de Soubise son bèn^ que je n'embraqscraia point k p^rti de k leii^mère, et que dan» leur pressant beaoia je ne leur maaqueroia pas et me joindrots 4 eux. M'étant amsi licencié de ces deux feères» je m'en revins à S^intJSeaiv^'Ang^, où ayant apris que ceux qui vonloient assiéger Bacis avaient été eux-i(i\âme^ assiégé^ et foioéadi^af k pont de Ce, j'aUai retrouver k duc de Ro* han sur une kttife par kqueUe il me sommoit de ma proaiesse, et me mandoit quHt se (ronvoit réduit à rextrèmité^; et je kneneentod avec son frère, accompagné de cent ehevanx et de deux cégimena d'inkntcrie^ k tmil ensembk faisant dovoe ou quinze cens hommes, qu'il ne «aveiit que devenir. Je pm.ahipr8 par k naain ces preneucs de Par^svet km: propcpai un dessein que j^auvois intaiUiblement eséoaté k nuit mémeaaBak nou^k qaeiioiia.reçà* mes dans k moment de k paix êonolue avec k reine^mèfie et ceux de set adbérans qui ¥o«droient y étrecûmpria*
1^ roi ayant éocasé en moins de rien, et po«r aîiisi dire avec les seules tioupea de aa garde«
Thfin éa parti de la reine ni mère, qâ avmt M» i»Mt flotUe bras mais pas fine tètie ^ s'a^t«nça<diAs le PoHra ila tété il>nie armée vie* t0rie«Be «t «enaidérablenjeat grossie de èelie des taiticns. Dans œl létak tTfcm[^haBt, tout AéeMffiant devant kn, je me vis cdmme forcé de prendre ie parti de me retirer à €enève. Je putis dbne pour cHa de Sant-Jean-d'Angely aveodeiaae cairaKers iyien amés; èt> qabiqUe tetts ies plissages fassent bien gardés, et qu'A y eèt ordre ife m'ârt^èter par tout, JHisai d'ane si gmhde dlUgeBee, et je me préràhis si à propos delà peHhHéeofemeirisanoeqiie f a^veis desche^ mlns, que févitsl ht pinpart des embdehes qui ]É*ételentdreesées. La première nuit qui snivit radn départ-, je ^passai «u milieu de troi^ régimeus eit de trois corps de garde sans en être aperçu; je fus arrêté à Cbât^auroux^ mais un paysan du ttcn «me fit sam^er en me menant passer la ririflre i «m gué, qui^ peurn'étré péûit connu, étoit Sans garde, de m^bappai de Bourges par %ne même voye; et, ôe qu'il y e«t de singulier daa» ma Mte, tftest que plu^ siem gemilsÉiommes chargés de m'ak'réter me fisunilrenteux-^mémesdes guides sur ma route^ sauB Éie eonAOttre.
Aitivé que je fas 1 Odolbi^gien, le baron -du Ueat m'arrêta à souper et i coucher^ en me AsBBt ^Hl m^aTQiH destiné un nommé Petite Aèi pobr me servir de guide lé lendemain ; de qaoi iie gahmt en avertit pendant h nuit phisieurs geutlMKimmes des (OiTirèns, afin qn'ih puaaeAt tne dresser uile embuscade. Uxàs le matlft , isoîtktm je me dfspoeois à partir, il prît unei -vieiefttmatdeieesuràiiKmtraltreettrae parlamt^ quil "fat forcé de deoteurer^ et de donner Baoenimisslen àim^vtre, qui mte fit passer par un cbemin dWEérent de celui que ce trakre «toit projeté de tenir. Oe qui me sauva la iKe, et ce ^ue j^ai su depuis par fat confession qu'eu fit à l'aniele de ta mort un jeune gentilhomme, qui é«ot< de ceite padie, et qcû m'en demanda pardos en exjirtrant.
fie pasteur de Saint-Léonard, qui m'avoit dmduti lui^éme à Conferglen, me fit voir sur lit route«iie«nliffie de sèixente et dix ans, dont laAtleétamtnort^eèeooehe, Tèfifant nouveau né uiruit pris le fétoa de sa grand'inère qui le tenait ewtre ses bras, et ses mameltes s'étoient trèuviës^dansllnstaiit remplies de laK^ ce qui si^étolf ceiïltmié dur^t dix -huit atiois qu^ctte
DE d'adbignë;
aroit nourri cet enfont. Cette histoire n'est pmnt un conte fait à [daisir; car, après avoir été certifiée véritable par tm acte autentique de réglise du lieu où cÛe étoit arrivée , on Fa vue imprimée.
Gomme je passois par Maçon, et que j'y fal« sois défiler ma troupe deux à deux afin d'être moins remarqué, un veillard arrêta un de mes gens, et lui dit à roretlle : « Monsieur d'Aubigné fiiit bien d'user de cette précautton.*» Au sortir de cette ville, je trouvai un homme de monsieur de Fosiat, qui me conduisit chez monsieur d'Asnièfes, d'où je m'en fos à Gex. £n arrivant dans ce lieu, quelques soldats de la garnison, voyant mes gens armés^ ce qui n'étoitpas permis, leur sautèrent au coHet, et m'en voulurent faire autant à mbi même ; mais je les en empêchai par ma vigoureuse résistance , et je fos assez heureux pour me tirer de leurs mains sans tuer personne; autrement j'étois arrêté et perdu infailliblement, parceque j'aurois été bicâitôt reconnu par le marquis de Cypierre, commandant danà le pays, qui me suivoit de près, et qui aveit mon portrait afin de ne me pftsméconnoiire.
Enfin, après avoir essuyé et échapé bien des allarmés et des périls, j'arrivai le premier jour de septembre lAdO à Genève, où je fos re(u avec plus d'honneur et de caresses que n'en espéroit un réfogié-; car, outre les courtoisies ordinaires dont on y use envers les étrangers de quelque difetinction, lesquelles me furent faites, le premier sindic de la viUe me vint prendre à mon lo^, pour me mener au prêche, où il me fit asseoir en la place de celui qui Tavoit précédé r^nbée d'auparavant dans la même charge, laquelle place ne se donne qu^aux princes et aux ambassadeurs des têtes eouromiées. Au retour du prêche^ la viHe me fit un festin public, auquel la magistrature en corpft assista, et où forent conviés aussi plusieurs passagers de nom. De plus on y servit des massepains à mes armôiriesy et on y but force rasades à la santé du nouveau venu.
Cette bosine et honorable récepti<m fut bientôt suivie de plusieurs marques de gratitude et de cokifiance, que je reçus de ceue petite république. La viUe me loua à ses dépens le logis de monsieur Sarrasin; on me fit voir tous les magasins, on me communiqua les secrets du gouvernement ; on fit passer en revMje devant
moi toutes les trùtipes qui conàpesàient la gar- AiBaB; <eiiQn, caforma on conseil de gnerre composé de sept personnes, dont on me fit le pré^ sident. Mais. peu de jours après, comme on roulât exiger un serment de fidélité, et degar^^ der un secret inviolable^de la part de ceux qui étoient de ce conseil, je me démis de ma prè» sidence, ne voulant point vendre ma libôrté. De plus, on me commit le soin des foriificatioos auxquelles je fis ajouter de nouveaux ouvrages du côté de Saint- Victor et de celui de Saint- Jean.
Six semaines après mon arrivée à Genève, rassemblée générale de la Rochelle me dépêcha deux exprès; ruD,poarme tonoigner publique^ ment son extrême repentir de m'avoir traité avec tant d'injustice, et l'autre pour m'apporter une procuration générale pour pouvoir engager les* églises de France en corps et les Kochellois en particulier dans divers traités qui y étoient énoncée, avec des lettres de créance pour négocier avec les eantoos Suisses proteftr tans,laviUe de G^ève^es villes anséatiqiies, et plusieurs princes d'Allemagne de notre communion, un traité de garantie réciproque. Outre cela, elle m'envoyoit^noore des Mancs-seings pour être remplis à ma discrétion, et des cachets volans nouvellement . mis ea usagepar ladite assemblée pour m'en servir selon que je le jugerois à propos ; le tout accompagné d'une instruction qui butoit à engager les Saisses protestans à une levée gratuite en faveur du parti huguenot de France, et à me faciliter le passage des troupes que je pourrois -assembler par mon industrie particulière, avec uœ commission poureommander cette armée en idée. Lesieurd'AniaSfdéguiséen paysan, étantarrivé à Genève avec ces dernières dépêches, Saint-Julain le premier envoyé m'envoya un homme vêtu de même pour convenir avec moi d'un lieu oô je pourrois conférer avec ce dernier envoyé^ comme sachant bien que le grand respect des Genevois pour la France nonsobtigeoit à observer de certaines mesures. Je hii indiquai pour cela les cazemes nouvellement bâties dans les dehors de la viUe, où nous eûmes plusieurs conférences ensemble. Dans ce même tems, M. Sarrasin ayant reçu des lettres du bâtard de Mansfett, par lesquelles il le prioit, se voyant sudmenéen Bohême, de lui chercherun maître, j'entrai en négociation avec
MÉMOiRES peu]
cet avenluriei'et les detnditoÉ 4» Veymar^.et je fis un traité avec eux« que^ moyennant «me certaine somme que je m'engageoii tle leur, faire toucha*, ib amènereiest oûnjoialeiifnt>aa service des réarmés de France.doDze mille hommes de pied, six. mille phevanx, donae eail6Bs« etdes.pcovîsiona.à propootion jusque sur .les bodrs de la.Satone^ ou je prometlois de mon côté de les joindre avec trois régimens d(e jdenx mille hommes. ch«3un, et de. servir dans cale armée en qualité de maf édial ide campgénéral. Ensuite de quoi nous dÎBvions , marcher en Forez^ où l'assemblée généralede la ftochette s'engageoit de leur.fkice toucher deux montres .en attendant le payement du re^e de.Ja somme que je leur avoîs poomise, assigné snr.ks salines d'Aigueimortea et de Piquais qui aha étoittit.enjCQre.en la puissance des. huguenots. Tont ce que dessus ayant été. agrée, et signé de part et d^Jtutre, et Jlansfek s^tant. d^ avancé jusqu'où Alsace, je lus averti, commeje n'attendoia plus qu'une remîaedela RneheUe de deux censmîlle livnesponrmemettoeencampagne «viecies trois .susdilslrégimeai, q«» quieiquesuns de mes enmnx ayant remontré à ladite assemblée générale que cette graade.Affidre seràit. mieux entre les mafiM de M. de Bouillon qn'ealre les miennes^ lui avaient lût changer d'avis ; ioe qui X«t cause que Mansfiilt marcha veraSedàn^ et que je.demeumi dans la nassje, aprèa a¥oir dépensé cinq eens.pistoles de mon argent à négocier ces diveo traités»,
Pendant le cours de la> susdite, négociation, les Bernois advoyèrent à Genève le fibde knr premier avoyer^ pour meprier de Ytgok visiter leur viDe, et ce dans le tems^du siège d^Frankendal.. A quçi ayant consenti, j'y fus reça avec force cannonades» testÂns»^ autres honneurs dont je ne pouvnis «prouver l'excès. J'y fis à quelque temsde là un second voyage qui dura trois C|U quatre mois« pilant lequel^ après avoir visité les dehors dé Berne» j'eatrepris de ceindre cette place d'une fortificMJon régulière, et cela contre Je sentiment des eptpcrts, nonobstant k répugnanoe qn'y avioient les principaux de la ville, et mi4gl)é,p$uraîaaî dire, les loix et les usages fe pays qMi s'y ofposoient; maiaàla ân,j'eti6s sÛMen eompmâpe l'abaoluenénessitié à tous lesis^stratSi ^fsiemm entreprise ne souffrit ^us de répliqule. M. de Bouillon même m'en ayant écrit pour m'en dé*
tooincr, et à ^pwlipiet-Qiig deania^stifUs^aliéf gmBt pour ae» rtema» la «Uni^a déMvama* gm»^ de lapbee.etjsm reeutemeat à un coist du omton, je hû fis réponse que je veodroiA a» mauvais «tuatioa tMmne {Mtr les travaux que j'y ferais. faire; H qu'à Tégard . de atm recule* meut, je le pHois de oeeudérer qi^ feocBor n'^eit qu'à un doigt du eôté.
Le peuple de Berae avoit une ri grande aver* ttOB pour toutes aorteadeforiîei^ions.etétoitlet leoMit Infetné de sesfoFces de campagne i|u'il croyoU demr le «lettre à eouvert de tout péril, qo'aux prtfiiîttrs aigaes qu'on donna d'y Toolofr travailler» quelques ivrognes prirent leurs ballebanfes et yinrfnt. hors despcotes, en cHant à t«e-t4Ce qu'il Moit jetter dans l'eau toua ces cMffWf ée Françoi$ qui étoient venus obet eux pourvioler leurs coutumes. Mais je ne laissai pas pour cela que de poiuwiivre l'exécotiondeiMnproJetyiq^ayéqufij'étoisde Graffier, d'£rlae , et de i]uelques ministres dont le prineipal, ayant accompagné le corps des ma^* gifltrals lorsqu'il vînt me voir tracer le plan des fortifications désignées, proposa de rendre graees à, Dieu (ians L'instant d'une si salutaire résolfition; . ce qu'il exécuta aussitôt en met* tant les gSMux. à terre, en.qsoi il fiit ineontineat imité par tout laeoqps desdits magistrats el'partousJes:assiaUms.JLe lendemain toute la ville a'étant rendue au même lleu^ le susdit mi* niaU« y fit .une longue prière, iuivie du chant d'un pseaume, et:le tout terminé par une exbortattan qu'il fit aux Bernois de concourir à panaehever une entreprise qui leur seroit si arantageuse. Après quoi, &isant dans le mo^ ment aporier 1^ piquets, j'en présentai un à monaienr ManueU afin quULeût l'honneur de l^anier le premier; mais me l'ayant déféré, je jettaî mon chapeau, en l'air, mis un genootl à terre, et dis tout- bsut en donnant le pcemier coup de maillet: «Soit fMtàlagtoiredeDieo,et ponr le bien commun des.Suisses coniédérés J » ^pnrès quoi le premier avoyer et tous les antres magistrats de suite. plantèrent le restantdespiqntftsdecette nouvelle enceinte, qui fut pamr ohevée avise ardeur, et gui passe aiqonrd'hui poor unedcs plus belles et des plus régulières fofftîfieatfoos qu'il y ait en Europe.
Quelques jours après, lea magistrats deBernèt-nous prétexte decetravaili firent passer en revue devant moi la milice de leurs bailla-
DE I^AUBIGNE.
&it
ges; ei il s'y trouva qtiarattte4iuit mille hom^^ mes bien armés. Ensuite je fis la visite des au»très (daoesdu canton et des campemens, dont sur mon report on en marqua sept. U fut déli^ béré en même tems de m'élîre pour leur capitaine général, ..et M. Greffier m'ayant mis la jdume à la main pour esk signer le serment, je m'en expusai sur mon grand âge et sur mon ignorance de leur langue* Sur quoi étant pressé de leur indiquer un autre à mon refus, je leur en nommai trois : le yidame de Chartres, le marqois de Montbrun, et le comte de ta Suze ; leur choix tomba sur ce dernier.
A l'exemple de Ben»e, oqux de Basle voulu* rent meconsulter aussi snr leurs fortlficati<ms, et me dépéchèrent pour ce sujet le sieur de Lntkelman. Ntais de vingt-deux bastions que je leur fis tracer par le sieur de la Fosse, ils se contentèrent d'en faire seulement quatre; de sorte que cette fortification est restée dans Timperfection oi| efie se trouve jusipi'à présent.
Durant mon séjour en ^uia^, Squaramel»
ambassadeur de la république de Venise auprès des Cantons» voulut m'engager au service des Yénitieûs enqualité.de général. des François qw étoient à leur solde; et ce traité fut poussé au point d'être conclu au gré jde;ii deux pitiés. Mais le sieur Miron, a<¥d)assadeur de France en Suisse, ayant écrit à celui de Venise que la r^ubiique s'attireroit l'inimitié du roi Très Chrétien ^.elle pi^snoitàson service un homme que Sa Mik}esté avoit en abomination, cela le fit rompre, malgré plusieurs remontrances que firent mes amis à Sqqaramel que les causes qui engendroientlabainede souverains dévoient servir de lettres de recommandation auprès des r^pubtiqnes;,oe qui ne fit aucune impression sur son esprit, la crainte de déplaire à la France ayant prévalu sur le désir qu'avoient les Vénitiens d'attacba* à leur service un s^jet capable et fidèle*
Le susdit filiron, non contant d'avoir fait ainsi échouer mon traité, entreprit encore de me faire sortir de. Genève par quatre différentes, menées :Ja premièreven.sepk^gnantaux Genevois que je tenois idd^.majavais propps du roi son maître dans lenr >fiUe.. Sur quoi je demandai qu'il eaf&l fait une exacte information pour.connoitre la .vérité.de cette plainte, qui se trouva mal fondée. La seconde fat en écrivant
MÊMOtAËâ
pftMl
aux magistrats qu'il &T«tt reeti des tettreâ de Sa Majesté 1Vè8t)hrétleiinei}tfi /bans tne nomaer» éé9%Doimt mft pennMine comme uti enneail dé^ daré de là France. Snr quoi te eouseil s'^ant aieembté, on fit réponse audit MIron, de concert avec moi, en <ées ternies : « Quant au reste de votre lettre t»uchà«it certains |[>arti<!!iiriers q« se sont retirés dans notre ville, accusés et donvaincos de critties alrœes , d'avoir fait des traités et monopoles 6(Aitte la France, et même d'avoiir manqué de fespectau roi très chrétien. Mus vous dirons, monsieur, en distinguantes chefs, que jamais aucun particulier n'y est ^-enu former de plainte contre quelqu'un, qu'on ne lui ait rendu une aussi prompte, aussi sévère et bonne justice que partout ailleurs. Lors donc <}Ue ceux tjui se plaignent voudront nous envoyer un liemme i^pai)te de se rendre partie , avec des f ièees justificatives pour feetf, nous MUS efforcerons*, en déférant principalement Aux ordres de Sa Majesté Trfe Oiirétienne, et à votre recommandation, de conserver le renom de grands justiciei^s que nous ont acquis nos devariciers. A quoi nous ajouterons qu'en ce qui regarde dhrectement le roi de France , nous nous y porterons avee la vigueur et la rigueur eimvenaMes, pour témoigner à quel point nous révérons un si auguste nom. Nous en avons Fan passé dMné une marque authentique au lidjet d*un gentHh^mme tetiré dans notre vilie, let{ilel,¥iôus ayant felt plainte d'<un rap^t qui Vous aVoit'étë felt, semMaMe à celui dont il est à présent question^ nous députâmes xiesnt de nos ihessi^rs du conseil n anctei» fÉndics, pour fitife une soigneuse et diligente information à la "èécAiarge ou i la condamnation de Tacousé ; cette enquête dura mx tnoia, pendant lesquels ledit gentHfaomme eut notre vîtte pour pi'ison ; ensuite, ete. *»
Ati miUeu tle telutes tes travenes qu'Qn me [luaeltok saifis aucun fondenvent , je ne laissai pas d'acheter et de bâtir la terre de Crest ^ qoi me vint en t(mt à OÉne mille é«us,maiik qtri me pensa c^terta vie. Gomme je m'aftectionnoib extrêmement à mon bâtiment, je montai là un édhafà^t du cteiquième étage pour voir travailler mes uuVHers ; là, m^lMusant à les considérer , ledit écliafàm vint à mafiquertoat d^ coii^ Mmstti^ pieds, fiftnrue subitaecident^ J'empoign&i heutetnmient pour mot, d'une main Uea« séede deu^ ptat^s» uueplerre qui^ quoique è$^
see petite et ftatohement a&sise , me soutM néanmoins aases de tesAps un Fair pour me dun^ ner cdui d'envisager deux pièees de bois fort pointues au-dessous de moi« qui seiiAloieiit y avoir é«é mi^es exprès poui* m^empaler, si mes gens ne fussent venus ti^ès à propos me tirer de cet affreux péril, qui me fit de plus eà plus admirer la Providence qui permettoit que je fasse sons ceise et en tous lieuxeicposéàd'intmiAêns dangers, pour avoir la gMre de m^en délivrer. Cette terre de CrHvt me servit pendimt quelque temps d'asile, de retraite et de ôénsulation con^ tre les perséeutlons tMmtinueHes de ta €s«r de France, lesquelles me renésient leséfour de Ge^ nèveennuyeux, et m'a^n^ent à la ftn <riMigéd^ m'en bannir pour jamais si je n'y avals étére^ tenu par les menaces fréquentes et fea apparent ces visibles que cette viHe ne tarderait guires à être assiégée.
Le trdiaème trait que ledit ambasstdeurdéeo^ cha «ontre mol ne fot des plus rudes et des ploa sensibles. Car il envoya à Genève un lobg cornnMiitaii*e à mon désavantage sur un arrêt qui avait été rendu contre xnui à Paris^, par tequd, stns avoir été ni ajourné ni au!, j'avois été eundastaé a avoir k tête tranchée pufur avoir fak revêtir quelques bastions àfê matériaiux d'une église ruinée, en l'an 1572«<letan4t fbt le quar trième de mort rendu contoie moi peur des er^ mes à peu près de ceite espèce^ IO(fue(s m'ont bit honneur et {daisir. Mais le but du susdit ambassadeur visait à me rendre non-ueidemciiit odieux et tnfâmeà Genève» mais enoom à faire manquer un mariage qui ^y «raitoit «n ma Ai^ veur.
On y parloit alorsdemefaire ^user la veuve de M. Barbany, liommée Rénée^ de la mai-^ sondes Bourbmiaofai de LoqueSi C'éluit bne per* sonne fort aiuMe et eonslAérée à Genève, tant . pour sa vërtu^ chaHté et hvmeor blenfiusante« que pour son illustre extfaotion :it «es bietis qiri épient cénsidérables. Oomne je voulus donc prouver l'esprit et le courage de ma fatiSTU' épousé, j'allai moi-même lui apprendre la pre^ mière nouveUe dudit arrêt; mais eette bêrctoe, sanis changer de visage, me répondit sur le diamp : «Je suis trop heurëusede pouvoir parla-ger avec vous la querelie da Biëu; ainsi Flrâmlne ne séparera point œ que oe même Dieu veut coBfobidrei »» De sorte que Je passai avec eHe à mom aeeond uiartage^ au sujet duquel M. é^
[t6Sl] DE D'AUBÏGNE.
Fesiat, dent j?ai parlé ei-deans, fit ees qa»tM
Aid
fac^ te diçsae no T»io tOlpb^^ , Genève un certain hyméoée; A Paris tu meurs en tableau, Vk Id an seio de Renée.
LûTâdenum mariage je eosgédiai quatre genlUikcHMMa que j'avois toujours entret^ua, et jt me rédoifii» au ménage de ma fn&me. Je re* mia même grataiteaieat à k viUe le logis qu'eUe m'avoit |oué à mon arrivée \ de plus^ je celai de naoQ plein gré les honneurs et la pla^e que j'a- Toisau templeet au prêche» pour n'étte plus en hutle aux seigneurs allemans qui murmuroieot des dÎBtinotiûiis qu'«n avoit pour moi, et la rér pwyiqne me marqua dans le temple uof autre ()lafe, moins honorable à la vérilé, mais ausm plijs ccmunode, que j*avois vu autrefois oeeu^ pée par un prince palatin et par plusieurs Fran* foia d'une grande eoAsidération.
Ji'a\Mtt| Monique au posté* de Saint-Yiotpir deux cornes que ^. de B^une y avoît mec* YelUetuement bien placées, mais qui a¥oien| été fiâtes à la hâte et avec trop d'épargne ; oe qui me fit «BUtreprendre de les affermir en y i^outant les pièces qui s'y peuvent voirt et paiee^ ^pae le flape de la courtine se trouvott un peu ékMgQépwir les dedans deadiles cornes^ je traçai eatre i/m deax une pièce de coiijonotîoA> aaasia vouloir mettre en ^ffenaequekfsqu'elle pCttirro^ 8eFvir,taaiparceq«*eHesepouvoitfaife à la y4ia des ennemk, ^pie pour épargner te Cmd dctti paniottliers^t ne m^ pas attirer if aiû- «Milité qu'^eagencteent ofdinaivevaei^ de telles eiii|rfi^iaea. Tbuteiw» ua des pvopnétaires éadit ioad, qp étoi) procur^K-gàiétal et âlâd'uo «tedic des pkia accrédités de la ville, ayant sur oeta {Murlè trop hautement au gcé des ma^ «Istiaia da Intérêt quMI av^it en cette aliaivt, oea mêmeami^istrats ordonnèrent sur le duauàp^à leur ingénieuff d'aligner dans dewi bewresi sona peina d'élve crissé, la suedite pièe^ de oafijîoiietion; en ^lov ayant été ponotuelie* menl iÂéis, ils se recMlûf^iit eux-mtees «ir ke Ueox pour y mj»tipa prcMpiement les ouvcvrs eo besogne : ce qui Àaat iienu à ma connois* aanee, j'y courus au ptoa vite pour les prier de ne rien précépiMr; spAiemes prièrea ni mes raiaooa ne purent leeémouvoir ^ aerseoir d'un mor neail^isiéaohitioa. D'où ç'ens^ivit, quoiqu'il
n'y eàt pas de ma faute, que la haâlùe de ee {uceeupeur-général, très puissante dans Genève, m'en resta ennemie, et chercha depuis à me cha^r grinev.
Cette animoiité pliant toujours en croissant» ceux de cette Camille ^e servirait de divers préi* textes pour avoir occasion de se venger de miai j Qonme par exemple eehii de Fimpresaion que je fis de mon histoire, dont le méc^mteatement qu'en avoit la cour de France rejailiiroit in&îL» Ûblement, à de qu'ils puhlioiont partout, sur leur république. De m^e aussi, lorsque k vieux marquis de Badç se retira à Genève, ils firent courir le bruit qu^il y étoit venu à ma sollieitation pour y dresser une armée, ee qù^ ne se pouvoir exécuter que remperenr n'en fâl extrêmement irrité contre les Géne^ifoia. Il mq fut aisé., quant à oe dernier chef, de Caire connaît tre évidemment qq'il n^y avoit jamais eu entre ce marquis et moi aucun commerce, ai habi« tude, ni même de poui^rler.
. La quatrième affaire qui me fot f usQîtée païf le susdit Mirqndonpa beau champ âmes enne* mû, et allanna même une partie de mes amis. Le Hget en fut que Rozet , à son instigatioat qui avoit été élu député à la coud de Fcaçoe avec M. Sarrasin, ayant su adroitemunt ga<!> gaer la confiance d'Herhaut, fit donner tant de faux mx\ê sur mon compte à ce secrétaire c^ tat, cpie je passai trois moia dans de mottetlea angoisses et d^ terribles inquiétudqs oauféeo pat une infinité de mauvais rapports qn^qn isK sah de moi suf la prétendue intiBigence quq j'eiktretenoîB ayec led.it 4'HcdMiut. Joêat à cela que quelqu'un, soupçonné d'^re la due dîÉpev^ non ou farchev^qoe de Boidaanx , et peut* être tous les deux ensemble, aveil. donné dans oe même temps force argent àdix déterminés pouv m'assa^siner , lesquels roulèrent en faisant gran4 vacarme diueant deux ans aux environs d^ Sa» nèee, jurant et renij^untleur salut qu'4lg me tueroient au péril de leur vie. Mais jafts avorter tons leur» complus, parcequa me voyant ains( proscrit de tant de côtés, je me tenais sur mec gardes, et ne aottois poipt que bien aocMon pagoék. J'écrivis sur ceh| à M. (i|e Candale qu'il conaetHât à son père de mieux oboiaic ses assassins, et d'employer de metUsara oiavriefs que eeux-cî, s'il vôuloit voir sqn ouvrage pasa-* chevé. £nfim raautîéda peuple de GenèYopiq^ vatat sur les soupçons qu'on lui vouloit donner
de ma fidélité, et les i>récaQti(msqiie je pris me mirent à couvert des embûches qu'en dressoit contre ma rie. .
Quelque temps avant ceci, M. le connétable de Lesdiguières avec qui j'étois brouillé, s'étant embarqué dans la guerre de Gènes, m'avoit dépêché, malgré sa colère, le sieur de Bullion, conseiller d'état, pour me proposer de ten^ ter une entreprise sur la Franche-Comté avec trois régimens d'infanterie et nombre de cavalerie dont il me feroit donner le commandement. Mais cette guerre, finie aussitôt que commencée, fit avorter ce projet.
M'étant à la fin heureusement tiré de tous les pièges que l'on m'avoit tendus et de tous les complots tramés contre ma vie, je ne songeai plus qu'à passer en repos et dans les douceurs de mon second mariage le reste de mes jours à Genève. Mais il étoit écrit que je ne serois jamais tranquille; car an moment, pour ainsi dire, que je me faisois de si belles illusions sur la vie privée que j'avôis résolu de mener dorénavant, le comte de Garhsle ayant passé par Genève au retour de son ambassade de Gon8llantin(q[>te avec le chevalier son frère, et tous les deux m'y ayantfait une ihfinitéde caresses, rendu des honneurs excessiis, et isoUicité vivementde m'en venir avec eux en An^etêrre,j'oubHai ma première résolution; j'en pris une seconde de mt'adiemioer en œ royaume, et je m'y engageai à un point que maplace fut marqû^^ans le bar teau que ces deux firères louèrent à Strasbourg pour descendre le Rhin jusqu'en Hollande. ToutefdHs,^ la craônle que j'eus que le^ brait qui eourôit toujours dû prochain siège de Genève, dénuée alors de toute deffeosév ne se trouvât à h fin véritaMe, me- retiiit encore une fois dans cette villes par^ qiie je crus mon honneur engagé àne la pasqukter dans IHmminentpénl où elle paroissoit être à la veille dese trouver. -
A propos de ce voyage que je m'étois déter^ miné de faire en Angleterre, mes enfians, que je vous raconte ici un fâcheux détail de &miUe, dont le souvenir ne doit être agréable ni à vous ni à moi, et que j'aurois bien voulu obmettre, si je l'avois pu sans blesser la vérité.
Comme Dieu n'attache pas ses grâces ni à la chair ni »r sang, mon fils aine, nommé Constant d^Aubigné, ne ressembla pas a son père; quoique j'eusse pris tous les soins possibles de son éducation. Je l'avois élevé avec autant
MEMOIRES [itai]
d'aplieation et de dépense t|ue s'il eût été ua prince, et je lui avois donné les plus exceHens maîtres en toutes sortes d'exercices qui fussent en France, n'ayant rien épargné pour cela, et les ayant même soustraits aux meilleures maisons du royaume, en doublant les gages qu'ils en recevoient.
Ce misérable, malgré cela s^étant d'abiHxl adonné au jeu et à l'ivrognerie à Sedan, ou je Tavots envoyé auxacadéaileB, et hélant ensuite dégoûté de l'étude, «cheva de se perdre enlièrementxlans les ittu^quos d'HoMÛide parmi les fiUes de joye. Ensuite, revenu qu'il fut en France, il «e maria sans mcm consentement à une malheureuse qu'il a depuis tuée. Voulant le tirer de la cour, 6ù 11 continuott ses débauches, je lui fis donner un régiment lore de la guerre du prince de Condé, que je mi» sur pied à mes dépens; mais rien De pounmt arrêter ni contenter les passions déréglé» de œt esprit volage, libertin et audacieux, il retourna à la eour, où il penfit au jeu vingt iMs phs qu'il n'avoit vailbmt ; de sorte que se trouvant sans ressource, il abjura sa religion, embrassa la româtine, et sYÀ valoir par son gàiie ^siAlime et supérieur à tousceuxde ee^tem^là. Moi, instnât du Itiéquent commerce qu'ilentivtenQit atorsavec les jésuites, je Mdeffetidis par lettres de les v6lr à l'avenir, sous peine d'encourir ma malédiction; Sur quoi il me fit répoise qo'ii voyoit quelquefois à la vérité ks-pèns AmoQx et du May; et ce fot par tour moyen <pi\ï obtint du pape mi bref pour pouvoir assteter au prêche et partietper à 'Ja Cène des rtfomés', sans que cela put nuire à sa catholîelté, que j'ignorois encore, et de laquelle 11 nefaiscÉt pas une profession publique, de peur que je ne le déshéritasse. Muni^e ce bref, à la faveur duquel il assisioit a tous nos exereioes de rebgUm, il s'en vint en Poilou à dessein d'essayer à me dëpouaier ^e mes deux piMM, MaiHeEais et Doignon. Comme je ne coonoissois point sa perverse intention, je le fis mon Ueutenant dans Maillezais avec pleine puissance d'y comnianderen moû absence, et je mereUnd au DoigiMm.
Par cette belle disposition que je venois de fitire, la ville de Maillenâs devint UoEHiôt un brelan public, un rendèz-irous de 'femmes de mauvaise vie et une vraye boutique de buxmonnoyetirs. De phis, ce digne cmmiandam, poctr felre sa cour, se vanU^it dans les lettses
IlWl]
qu'il y éttiraii qtfetoosîes aoUats de sa giffiison étoient pkis.àloi qa'à moL Jenefiis.pas longtemps «aiaélreiii&^riDédetûDt£see8£h(K ses^ tant par une. daaae.de la oonr que par pluaiearaminifltee&da.pays, ce qui mafit anadUH reeourir aa remède. Je me nus pour, cet effiet dsDft «n grand bateau avec un noaibre de aol* data affidés, des pétards etdes échelles, at^ m'é* tant apeocbé à Ja faveur de la nidtdes mnratlles de Maillezais, je m'avançai senl et travesti, pomr gâgaer la porta de laciladeHe. La.ieati- BeUe alors m'ayant déeoavcart se mit en devoir de m'eaempécher^mais jeneJuien doonai pas le temps; car lui sautant au oot, et hii faisant briller aux yeux un poignard qui le fit taire, je me rendis .iemsàlre de ladite porte : je fis entrer par eUe mas gens dans la citadelle, et j'en chassai fieuk de mon fils foe je croyms lui être le plus attachés. .
Mao indigne fils, se voyant ainsi délogé de sa lantère, se retira à Niort auprès du baron de Nenilbou révolté comme lai contre son père. Là il coaunanea à former des entreprises centre Doignouy dès^lors vendu au doc de Rohan, et gardé^pouriui par lasieur dé Hautefontaine, qui acveit*.«n lientaaani aaseat. honn^ -homme, mais da tout moapahfe des fonétions militaires.
Après avoir vendu mes deux susdites places an doc de Rohan et les Ini-avur livréesi, je fis eacore .quelque séjour au Boignon, ou il m'arriva qnTétaAt.un jour couché dans «mon lit avec une grosse fièwe, un capitaine qui aoiwoit mon fils,, mais.qui i^avoîtpas tout à lût-ouUié les obligations qu'il avoit au père, vint me dire que mondit fils marchoit avec quatre-vingts hommes par terre^, et une autre troupe par eau, en vue de surprendre cette même nuit Maillelais oo Doignon^ ce qui me fit, tout fébricitant que j'étois, soudainement sortir démon lit, hablUer et résoudre, avec trente-six soldats que je ramassai sans aucun officier, d'aller attendre mon coquin de Gk, h un passage qu'il ne pouvoit éviter. Mais ma fièvre étant redoublée par les mouvemens que je me venois de donner, monsieur Dadé mon gendre, et deux autres de mes amis, se jettèrentà mesgmmx et oje, conjurèrent à force de prières et de remontrances de me remettre au lit, vu que je n'étois pas en état de soutenir une telle corvée. Je les crus, et mondit gendre s'étant mis à la tête de ces trente-six soldats, instruit par moi de ce qu'il XVl-siicLB,LaPI. etJUPI.
DE D'AUBIGNÊ.
devoit fidre^ fiit ad-devànt de son beau-frère, qn!il trouva marchant à l'entreprise du Doignon» deux fois plus foit.que Jui; ce qui ne Tempêcha pas toutefois de Tattaquer, de le def Cftire et de lui prendre des prisonniers qoMI remit.au duc de Rohan, gouverneur dcv Poitou, lequel ne put jamais obtenir de la cour d'en ûdre une justice exemplaine.
, Ëafin,.cefil&dfinatnré,àqui]erolavoitpro^ mis de.serar de.pèœ lors de son. abjuration, se trouva en feu. de temps, méprisé et abandonné de tout le monde, à la réserve de la Brosse, signalée, racrocheuse, et.de quelques créatures amiesdu prochalnipûrentretenoient Ce malhenreuxdonc se voyant réduit & un état si misàraUe, et ne sachant .plus.où doimer de la iiUi s'avisa de me faire parler de réconcl-r Uatfon; àquoije répondis ; «qucî quand ilauroit fait sa paix avec.liê père.çéleite, le^ père terresr trefieroltla sienne avec lui. » Sur cette réponse, il Skm vint me trouver k Genève,, se présenta aux nmûstres, et fit tout cei|ue Ton exigea de Uôvvqui fist il'écrinejen Poitou, et à Paris qu'il ^it renUé/difiskseindelajreligtQnjréfonqpée. Il fit même de plus quelques, ouvrages e^ prose et 0» vers contre la papautéL;..tQutes lesquelles choses m'engagèrept à lui donner .une pension pnoportiOMoe à la foctnne.d'u^ proscmt dépi^i^é de soA bien, mais au dessus néanmoins de. ce qu'il pouvoit en.esj|>érer...
Mon fils étant ainsi. rentré dans la commua niondes proteslans,jse8.amisMcon0fiiiièrent 4'aller trouver le ^roi de Suèd^^et. on l'assura posiji.ivjment que ce. prince lui.domeroit. de l'emploi* Mais le Jong.voyage. qu'il falloit faire pi^PT: oeta l'eA ayant déuiurné,.il prit le, parti 4e s'epjaller en Angleterre» et je n'x)asi jamais loi domier.des lettre de rAOommandation ni pour le roi ni poigf le.duc de.JBuckingli^^n, me çpptentant seul^nent de le recommander à quelques-uns.de mesamis.particulifir^; encoare^ ne lefe-àe.fttfayecplqstenrsre9triçtiQp;54parcer que je me méfiois toujours du caractère d'esprit méchant et dangereux du personnage. Il eut cependant assez d'effronterie pour se préj|€»U^jdeJj^D[^e au roi et à son favori, auxquels il dit que j'avois craint de leur écrire à cause du danger des chemins.
Peu à près son arrivée en Angleterre, lesiége de la Rochelle commençant à se former, Sa Majesté angloise assembla à ce sujet un conseil
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MËMOinSS oc iTAtîBtGNÉ.
^foÉlre «BtodB«t 4ufiî0Hr ^ ^iittr^Mrtiéanls «iv«Técb diicde ilvlnui^ rà il fetàdw^ pacrae^ <i|a^i Isedifloit antMé de «oè {lèife. Daas'ee con^ AU H Ait résria4e tiéelttrer la fneiT« à laf i^ Éi 4e ^ottmffioer sTust toiitie <ctose:pa.r'm\e»mfer rinrckeit lainUe oommissioa on iméUt donner d'abord am ehevalnr Vtenionc M«i mnm feorbë tdeiffls se la fit donner àiui-^éÉie, mm ]ireteite qti'M wiioit fin* fiQpfe tqa'im a«tiie à éoieirmr son vèe&i4 4e ^ète i tih^ A vdyage.
Élant demc airivé à Genève, H ni^expima Ék 45enHHis6îoâtoàt«along; et oomme je Im di(« iBàndai à direiiMB reprisea s^il n'aroît poM fksxé par ^li», U tad'iSMra totijoufs qne ncm aviec force serment ; «car j'avois wgi de kri sot iiial^sieboBei, lors de BOireréooactliatîon^ qu'il w netmHi jaknM te pied dans oBite viUe^ ^* chaM iiten i^e ladébaÉi^ des feiMBéBs te lÉRMge des maainais lieux, la pompe deia Kso/at^ )è8%pasde 4a volnplé et la cooi^ise é6sti^ iâiesses y dérangeoient tettemettt la eervéHe éa personnige qoand U y étoit^ q«'*il'ate potfvdtl ' ptas répondre de Im.
Après ce préambule^ il fut qiMtloft de «HiN imagerpoorfaire ce voyi^e;«t4aBsl*iftifer^i» de teÉisq[iie je mis à en faite les pvéjplkiratlfei jfê mwvs eoMpè lui « soi^çott ^, i^iwdl^ qa'assez léger, m'ôta l'envie de l'^eivtrepreodi^ et^ que je 4e renvojtti «a Atigteterk«e dbargé éa térènes fénérau de tooMt pamlea et de bettes promettes^ sans ini ci^nfier «Mm KetereUt et nwa i^éritaUè dessein^ U s'en aperçut n s'en pU^nit^ mais il n'mfai (atftre ^oi&.
<hr, vous sâurta, ises ^âifans, qtie CenMttt d'àviilgaè votre tiidtgoe frère a;«>on puMé^ eft ttnantd^Aaigleterre, par f^Hs^ et ^ft ^yiteèit ahaueM avec «lonsieiÉr de Sdiombet^^ et fa'en y reixiamaat d y passa etieoreel y vit ledit sieiàr de Sdiombeiig avec le roi^ auxqoela H déeottviit toat ^^'â «ivoR éis débbétà-
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de l'Al^^Irtewc^ me<elwiiiÉt ios eermen ^llttlwtftits d'toe fideile et les tonoeon et taeas q^av^tveçiâ dans^tref amne. ttsi •leBe perfidie me fat ai eettlUe que je sonipis pinir jiinMssnrèe Jiiîs oiridiant absifaim^ le^ lieiisdv -mùgfi def aiQitséfviin'iattadnneBt à«e fl^poft et snieénMe fib; et je vom eenjnrét fnes antres mbrns, de neemieenrer kmiénoirs de votre Iniigue ipère ^ JpéoÉr l'«voîr en éueratlot».
^«and j'eus apria IJbules ceé perfidies de rnsn Jbafbededift, >je«iedëtenBibaa,toiit vieoa qQe j'éOMi, de passerai An^i^lène poor nte purger ie IHnfinie triMson de ice ^céléml, et j'a^^s d^à tout disposé pour «oeia. Mais h guerrëde Mantcpeé ayant àintiré de tous «Étés des troupe» aux ënvirdns de tienèi^, et eda daos «D tens où icetee ville xtoit dépourvue de blé, de sel, et des provisions les plus méeessai^ res à b vie, la cmlnte q«e j'eds de nteveanque ees mattquemens «Ven fisisent «rtrcptendie k siège peadant «len absence use fit enœre «né fm danser de résdutien èt^)aBscrptr dessuà toalies kntes de coaeidératiaÉa^ (Morv ett «her* duMtia mort dàcisladdfieasède iienève^témoigsel'ttàigfrsiitade'et BsareptoaoissBusœà une vfHe q«i m^avôit doiÉrié amie, iqid an'aveit eeasfaté dlremeors, et de hqveHe j'weâs r^ «de infiiHté de imsrqiiés d'estÉnév d'affeedon^ decookicUration et de boass Iraîlemeiis. Aiiisi^ resençkint tomt de i)on -ei tout à fait i ls«t tîe qui pâ«v«it enceré flotter mai audMtieA, je fixai pour fe l'esté de nés joue tûêl deiBe«ie k Geitiève.
EPITAtE bû SIEUR D'AUBIGNÉ.
Cy-git le tSsimeux d* Aùbîgilë :
Plaibs-te, partit, sll eîH ààtliDê; *fcar pour k)û Weu et srtrt piVà 1Û qûthtà (<^ À 'Ak l^rôiiciAt,
1N>ur'B*eïi i^tebi]^ 'Motùrlf la.
MU m» «£ittiiEs M vikxmmii.
BBS NBralRE^ ^TBRIBS