‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 14Chapitre 48 sur 69 · DIXIESME LIVRE · texte numérisé non relu

DIXIESME LIVRE

De la prise de Calais, Guines, Hamas, et de tout le comté d'Oye, par le preux et triomphant prince et duc de Gu jse. — De la prise du fort chasteau de Hertieinoiit es Ardeooes» par le magnanime et victorieux prince le duc de Nivemois, et des grands estats du royaume de France» tenus à Paris au mois de janvier en l'an 165$, avant Pasques.

. ( 1 558) Se trouvant l'armée du roy assemblée k Gompienne dans le mois de novembre, et parlaiteinent accomplie de tout attirail et munitions pour estre employée et mise en besongne, fut mis en conseil et considération que, de premier exploiet, l'aller heurter et présenter aux rempars et fortification de Han et Sainct-Quentin, poor essayer et faire effort de les reprendre, ce serait adjouster seconde ruine à la première, et commencer besongne au souhait, ptniit estre, de l'ennemy, eu esgard que, se doutmtde ceste délibération, il auroit muni ces places tellement, que, sans remuer les armes ni desgainer espée, il seroit spectateur seulement de nous veoir desfaire et combattre du froid et de la famhie, estant deqà l'hyver du tout venu et le pays circonvoisin de fond en racine dégasté, bruslé et destruict, sans que nullement il y eust ordre d'y recouvrer vivres, mesmement pour les chevaux ; oultre ce que la pluspart de nos forces, et sur tout la gendarmerie, estoit fort débiffÉe et harassée, tant de ce voyage d'Italie que pour les fatigues de l'esté précédent. Parquoy fut jugé le plus certain avis abuser l'ennemy en ses opinions, et entre- |

prendre tout au contraire de ce qu'il pourpen* soit, selon que luy-mesme par expérience nous l'a voit démonstré ; qu'il valoit mieux s'adresser ailleurs où l'on le pourroit tirer de son fort et l'esloigncTt que s'arrester à ce qu'il avoit parfaitement appareillé pour nous amuser et nous laisser nous mesmes consommer. Ainsi fut remise ceste entreprise à autre saison plus propre, pour mettre en avant celle de Calais, que l'on a voulu dire toutefois dès long temps auparavant practiquée et menée, mesmement par la sage conduite et intelligence du seigneur de Senarpont, prudent gouverneur du Boulonnois, et toutesfois toujours regardée et em peschée par diverses et survenantes occasions; de sorte qu'il m'a esté dit pour chose véritable que, s'il eust pieu à Dieu départir tant de grâces à M. le connestable, que retourner heureusement le jour Sainct-Laurent, le lendemain ou peu de jours suivans, il partoit pour parachever ceste entreprise, ce nonobstant qu'à ceste fois elle a eu un prince autant vaillant et prompt exécuteur qu'il en peult estre en ce monde, comme l'effect en est sorty et apparu universellement. En narrant laquelle exécution

rse

FRANÇOIS DE RAfitJt Iff.

je sais emtthinci suivre et réitérer à peu près ce que desjà en ft été escrît et publié, pour n'y avoir esté présent, toutefois en ayant eu autres certains advertissemens; ce que néantmoins J"ay bien voulu faire pour en conserver et con^ tinuer plus longue mémoire, comme d'un oeuvre autant grand et mémorable qu'il en advint en France depuis deux cens et dix ans que ceste très forte ville avoit esté prise et poss^ée des Anglois , comme d'une entreprise si promptement et soudainement exploitée, en chose que Ton réputoit comme imprenable et presque impossible, que l'on le nombre entre les miracles et cas esmerveillables de ce siècle, principalement estant advenue en ceste saison d'hyver, où les marets dont ceste ville est en la pluspart environnée sont inaccessibles.

Doncques, pour conduire ce fait plus couvertement, et pour en oster toute cognoissance et suspicion aux ennemis, fut donnée une partie de ceste armée à M. de Nevers, ôomme dixhuict ou vingt enseignes de Suisses et autant d'Allemans, et douze ou quinze de François, et cinq ou six cens hommes d'armes, quelque nombre d'artillerie, pour mener en Champagne, faisant courir le bruit que c'estoit pour aller prendre Luxembourg et Arlon ; et M. de Guy se avec l'autre partie demeurolt en Picardie, tant pour empescher l'ennemy d'avitailler Sainct- Quenlin et Han, que pour tenir en assurance les places de la frontière, comme il feit pendant que M. de Nevers s'acheminoit en son voyage, pendant aussi que de nouveau l'on recognoissoit les moyens et advenues pour donner bonne issue au faict de Calais, et que Pon considéroit s'il y seroit point intervenu quelque obstacle et empeschement, et quels soldats et garnisons estoient dedans. Les ennemis estans advertis du département de M. de Nevers, et scachans le duché de Luxembourg dégarny de gens de guerre, avec ce qu'il n'est oit pas fort et en la pluspart enclos de villes et garnisons firançoîses, départirent quand et quand un secours do gens et munitions pour y envoyer en toute dàigcncc. Estant M. de Nevers arrivé à Varennes et à Clermont en Argonne, et à l'entour de Stenay, après y avoir fait temporiser pour quelques jours sa petite armée, voyant qu'il ne se rencontroit rien de soudaine prise, selon qu'il avoit esté ordonné, renvoya ses forces de par deçà devers M. de Guy se, lequel s'esloit

jà avancé vers Amiens , ftigtiaiit vouloir avitailler le chasteau de Dourlan, et lequel, ayant entendu nouvelles éa bref retour des forces de M. de Nevers, passa encore plus oui* tre, sous ombre d'aller pardllanent mqnîr et renforcer Ardres et Boutongne, reltnatt en ceste sorte f enneiiiy en doute de ee qa'û veuloit attenter toutàim coup. Après qu'à gnndes journées les troupes de M. de Nevers furent aiw rivées et rejointes à M. ée Guyse, œ prinee, ayant tout son appareil prest suivant sa très grande promptitude, le prem&er jour de janvier se présenta devuit le fort de MeuUay, on d'ar« rivée, trouvant un petit fort palissé et relevé de terre, que les Anglois avoient basti à Saincte- Agathe, petit village proche et sur le commencement de la chaussée qui va au p<mt de Nieullay, le fit assaillir par deux ou trois mille barquebusiers esleus, soustenus de vingt-cinq ou trente chevaux, avec teHe fciie et hardiesse, qu'ayant remis et récitasse uue enseigne de ceux qui le gardoient, sortie à l'escarmouche à la feveur du canon et du m»els, accompagnée et couverte de soixante ou quatre*vingts chevaux, finalement les contraignirent l'abandonner et se retirer au grand fort de Nieullay : ce qui donna à mon advis, peur le premier b^md, grand estonnement aux AugMa^ car je erois qu'ils ne se cuidoient pour Itieure estm si près d'estre assiégés, et ne jngeoi^ac les iarom éet François si grandes et si voisines ; et^ au eon* traire, ceste première victoire augmenta le courage aux nostres, et grand espoir de venir au-dessus du principal, quand ils vîreat ies ennemis de première lutte ne les avoir peu soustenîr.

Tout sur rheure, enoore qu^il fust deqà tard, M. de Guyse et M. de Thermes rseognurent os fort de NieuUay , et à l'instant furent eotoxom^ céeS les approches et trenchées , et l'artillerie amenée et logée en diligence pour comuieiieer dès que le jour poindroit à le battre. Et pourof que tout te fruict de l'effet requérott une trèi grande promptitude afin de rendre les assiégés entièrement estonnés, et sans loisir de s'asaeurer et recognoistre,et horsd'espèir de ponwirestre secourus, de mesme train oe prince avoit fiùi marcher une partie de son ansée et artUlerie à main gauche, le long des dunes, pour les oecuper, et pour se présenter et gainer un autre foH qui est à la pointe desditss dunes^ appeUé

GUERRES DE BELGIQUE, UV. X

RiBban, lequel cocoaMUide et tient solgect toat le port, et empescbe qu'il n'y peuk aborder aucun vaisseau ennemy. Ainsi il estoit si nécessaire, pour obtenir après la ville de Calais, se siûsir tout à coup de ces deux extrémités et forts (Vxm desquels, qui estceluy de NieulUy, garde et défend toutes les chaussées et advenues par terre, estans celles parties marescageuses), afin de retrancher ce passage aux Flamens de la pouvoir secourir; et de Fautre qui est Risbaut pour aussi ne laisser prendre terre et port au secours qui leur pouvoit estre envoyé d'Angleterre» i^'eatant ce port de Calais, que César appelle en ses Commentaires IlitM portt^^ distantdu premier port d'Angleterre, qui se nomme Douvres, que trente mille pas. Parquoy ayant M. de Guy se toute la nuict, avec M. d'Aumalle son frère» le mareschal Strossy, les sieurs de Thermes, d'Estrée, grand- maistre de Tartillerie, de Sansac, de Tavannes, Dandelot et de Senarpont, revisité et recognu ces dunes, approchèrent encore de plus près ce fort de Risban. Et tout à Tinsunt, la mer estant basse, fit conduire le jeune Alègre et w autre gentilhomme, par le sieur de Rendan, en un endroit du port où il avoit sceu y avoir un passage, pour le sonder, comme il fut fait et trouvé; sur le champ fut résolu, avec tous les capitaines, de battre et assaillir ces deux forts ensemble. En quoy M. d'Estrée se rendit si soigneux, et fit de telle assiduité travailler et vastadours et canonniers, que le lendemain, quatriesmede ce mois, son artillerie se trouva trois heures devant le jour (M*e9te et braquée en tous ces deux endroits, et, dès que le jour apparut en mesme temps commença a tonner et fouldroyer d'une part et d'autre ; ce qui espou venta tellement les assiégés, que ceux du port deNieullay , à la première ou seconde voilée, quittèrent la place et à la haste se retirèrent dans la ville de Calais. L'on a voulu dire depuis qu'ainsi leur avoit esté mandé, pource que la ville estoit mal fournie d'hommes. Et s'estant M. de Guyse en ceste sorte ouvert ceste première entrée et advenue, fit incontinent entrer et loger les François là-dedans, où il trouva force artillerie, pouîdres et munitions : en aprçs, pour fermer le pas à tout secours qui pou voit venir par terre dans la ville, fit passer et loger entre la ville et le marets, derrière les chaussées, vingt enseignes de fanterie françoise, et les Allemans du Ringrave

avec huict cens reitres, et deux ou trois cens hommes d'armes, soubs la conduite du prince de (a Roche-sur- Yon, laissant au surplus M. de Thermes avec autres compagnies de cavallerie et gendarmerie et les Suisses sur l'advenue de Guinesaux dunes, où ce prince avec le demeurant de l'armée alla camper. Une heure ou deux après la prise du fort de Nieullay, ceux qui estoient dans celuy de Risban se rendirent à la discrétion de M. de Guyse, duquel ils furent traités humainement. Et demeura ainsi ce prince saisi et emparé en un mesme jour des deux principales places qui luy estoient très importantes et néces.<»aires pour jouir de sa pleine et ^mple victoire. Parquoy, tenant et poursuivant de près ceste heureuse occasion que la favorable fortune luy présentoit, le mardy ensuivant, quatriesme de ce mois, fit amener et loger six canons et trois longues coulevrines devant la porte a l'eau, pour rompre les flancs et défenses, et feit là remuer terre et relever terrcplalnS et gabionnades, comme s'il eust voulu en cest endroit dresser sa principale batterie. Ayant aveé plusieurs volées de canon désarmé ceste porte, et ouvert et fracassé en cest endroit quelques tours qui pouvoient nuire aux assaillans d'allet à bresche qu'il délibéroît entamer, tenoit ainsi les assiégés en opinion que ce seroit celle part qu'ils se dévoient le mieux défendre, sans se douter du chasteau, qui estoit creux et sec, et sans aucuns rempars , où tout à un coup l'oil addressa autres quinze canons en batterie, chargeant et deschargeant tout le jour ceste tempestè d'artillerie, de si esmerveillable furie, que sot le soir la bresche se fit fort large et apparente. A l'heure mesme, avant que la nuîct fàt venue, M. de Guyse fit passer M. Dandelot, avec douze ou quinze cens harquebusiers et corselets, et une infinité de gentilshomtnes, pour aller investir et se fortifier au long du quay et l'estendue du port qui estoit encor entre les dunes et la ville, et pour auquel Heu aller faHolt passer quelque peu d'eau ; luy ordonnant en oultre que, si tost qu'il s'en seroit rendu maistre, il fist besogner chacun à creuser une trenehée et traverse avec des outils qu'il fit lors bailler à tous les soldats, qui traversast et allast respondre à la douve et muraille du fossé en cest endroit , que l'on feroit rompre en après, par où s'escouleroit Feaue des fossés dans le port, et par où aussi Ton pourrolt aller à couvert depuis ledit

FRANÇOIS DE RABUTIN-

[iS58J

port josques èsdits fossés. Sur ce propos fanh il aussi que je die que de si longue main aroit esté pqurvu aux artifices et choses nécessaires pour ce siège, qu'expressément pour passer les hommes et autres munitions sur les glaces et lieux marescageux, Ton avott fait porter par mer grande quantité de clayes poissées, afin que Teaue ne piist mordre et les transpercer et corrompre. Et pour couvrir les harquebusiers, à cause que le sable et la grève estoit descouverte et en vue, l'on avoit fait amener pareillement grand nombre de pierris et pallis de bois très sec, pour estre plus forts et légers, de la haulteur d'un homme, et de l'espesseur de demy pied, couverts au dehors de trois ou quatre doigs de papier collé l'un sur l'autre, chose que l'harquebusade ne peut faulser aisément, lesquels avoient par le bas un appuy au bout duquel estoit une pointe de fer, longue d'environ un pied et demy, bien acérée, pour le planter, afin qu'il entrast plus facilement en terre, quelque dure qu'elle fust. Et derrière iceux pallis, que l'on a appelle postes, les harquebusiers pouvoient tirer plus assurément par une petite lumière qui estoit au milieu. Voyant M. de Guyse que la bresche s'ouvroit fort, et pouvoit estre raisonnable dans deux ou trois voilées de canon, se délibéra au plustot d'y faire donner l'assault. Cependant pour tenir tousjours les ennemis en allarmes, et les empescher de s'y remparer, fit passer sur les huict heures du soir, après la retraite de la mer, le sieur de Grandmont avec deux ou trois cens harquebusiers des plus assurés et justes, pour aller recognoistre la contenance des assiégés, et pour, avec force harquebusades, desloger ceux qui s'y présenteroient et monstreroient le nez."^ Et de mesme suite le mareschal Strossy, avec autres deux ou trois cens harquebusiers conduits par le capitaine Sarlaboz, et cent' ou deux cens pionniers, alla gaigner l'autre bout du port pour s'y loger en des petites maisonnettes qui y estoient, et là se fortifiant avec unetrenchée, y demeurer du tout supérieur et commander à tout ce port. Toutefois les boulets y pleuvoient si espessement, qu'après y avoir esté tué vingt ou vingt- cinq, que soldats que pionniers, furent contraints s'en retirer, et se rendre vers M. de Guyse, lequel n'en estoit loing, s' estant desjà avancé et passé près du port avec messieurs d'Aumalle et marchis d'Elbeuf ses frères,

et messieurs de Montmorency et de Bouillon , suivis de plusieurs gentilshommes. Sur ces entrefaitcs,ayant ceprincefaitrecognoîstre la bresche par deux ou trois fois, tant par le seigneur Brancazzo* que par autres, et estant adverti qu'il estoit temps, et qu'elle se trouvoît preste à estre assaillie, sans attendre plus longuement fait donner le signal, et fait avancer le seigneur de Grandmont des premiers avec ses harquebusiers, soustenus d'autant de corcelels conduits par le mareschal de Strossy, suivis encore d'autres deux ou trois cens soldats. Et hiy, d'un autre costé, ayant passé dans Peaue jusqu'à la ceinture, se mit le premier devant toutes les autres troupes jusques au pied de la bresche, laquelle les François assaillirent de première furie de si grande hardiesse et impétuosité, qu'après avoir taillé en pièces ceux qu'ils rencontrèrent des premiers, contraignirent en peu d'heures le surplus leur quitter la place de ce chasteau, et les chassèrent et rembarrèrent dans la ville. Ainsi les nostres à vives forces s'advantagèrent de ce passage et première entrée dans Calais, où M. de Guyse leur commanda se fortifier et ne s'en laisser débouter pour fe surplus de la nuict, leur laissant pour chefs et conducteurs messieurs d'Aumalle et marchis d'Elbeuf ses frères ; et luy , pource que la mer s'enfloit, repassa de l'autre part en l'armée, afin de leur renvoyer secours Incontinent qu'il en seroit jour, et afin qu'il n'y advinst désordre.

Quand les Anglois se furent un peu recogneus, et eurent repris leurs sens, se repentant de la grande faute qu'ils avaient faite, d'avoir abandonné si soudainement ce chasteau, par où ils voyoient l'ouverture aux François dans leur ville, ik retournèrent avec une plus grande hardiesse que celle de l'assault, pour recouvrer ce chasteau, jugeant que ceux qui seroient làdedans ne pourroient soustenir longuenaent, et ne seroient secourus, à cause que la mer estoit haulte et enflée. Pourtant la teste baissée vindrent à r'assaillir les nostres où il y eut fort aspre et obstiné combat ; mais ils y trouvèrent si grande et rebelle résistance, que finalement ils en furent aussi reculés qu'auparavant. Ce nonobstant, demourans opiniastres à r^aigner leur chasteau, amenèrent deux ou trois pièces d'artillerie sur Pautre bout du pont devers la

(t; Brancas.

Digitizecl by

GUERRES DE BELGIQUE, LIV. X

ville, pomr enfoncer la porte, et m diasser ceux qui s'y mettoient en défense ; et d'ane pUteforme qai estoit sur Ton des coings de la grande place lEaisant tirer en plomb là dedans infinies canonnades , leur sembloit qu'homme dn monde ne s'oseroit y monstrer, rechargèrent et redoablèrentwiaatreassanhencore plus furieux que le prunier, où s'il y fat bien assailli, mcore nifeux défendu, car, les ayant repoulsés vivement, et y estans demeurés sur le champ morts ou blessés plus de deux ou trois cens de leurs plus braves hommes, malgré eux et à leur nez, les nostres fermèrent les portes, et tout soutbin lesremparèraat par derrière. Dont après tout courage et espoir défaillirent aux Anglois, tellement qu'ils advisèrent dèslors plustost à parlementer et traiter de quelque composition gracieuse et honneste, que de cui* der davantage résister, et l'obtenir par force. Parquoy le lendemain au matin lemillord Dunfort*, qui en estoit gouverneur, envoya devers M. de Guyse deux des principaux de la ville , qui demandèrent fort grosses et advantageuses conditions ; toutefois finalement Us se rangèrent et receurent les capitulations et artides qui s'ensuivent. Qu'ils auroient la vie sauve, sans qu'aux personnes des hommes, femmes, filles et enfants, il fust fait force ny aucun desplaisir. Se retireroient les habitans de ladite ville la part que bon leur sembleroît , fust en Angleterre ou en Flandres, avec leurs passeports ou saufe-conduits nécessaires pour leur seureté et passages; demeurant ledit millord Dunfort, avec autres cinquante personnes, prisonniers de guerre, tek que M. de Guyse voudroit choisir. Et quant aux autres soldats et gens de guerre, seroient tenus passer en Angleterre. Laisseroient l'artillerie, pouldres, boulets, armes, enseignes et généralement toutes munitions, tant de guerre que de vivres, en ladite ville, sans rompre, brusler, cacher ny endommager aucune chose. Quant à l'or et argent monnoyé ou non monnoyé, biens, meubles, marchandises et chevaux, le tout demeureroit an la discrétion de mondit sieur de Guyse, pour en disposer ainsi que bon luy sembleroit. Toutes lesquelles choses estans transigées et accordées le huictiesme de ce mois de janvier, ce prince commença à faire sortir et mettre hors la ville une grande partie de ce peuple; et le (i) Weotworth.'

Page 1