‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 119 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

confirma avec ses frères et aucuns autres, eonune le roi de Navarre, l'an de ses alliés , qu'il se défendroit tout contre ceux de sa partie adverse ; et avec ce fut publié de par le roi, en phuieors et divers lieux, que nul n'allftt en armes en la compagnie des dits duc de Berri ni d'Orléans, ni leurs alliés, sur confiscation de corps et de biens. ,

Lesquels seigneurs, nonobstant les dites défenses, continuèrent de faire leurs assemblées en très grand nombre; et mêmement contraignirent leurs suiiets à les servir et accompagner, c'est à savoir ceux qui étoient délayants d'y aller. Si fut pour ce temps faite très grand' assemblée au royaume de France, tant d'une parlie comme d'autre, au préjudice du pauvre peujde. Et se tinrent, tous les seigneurs qui vinrent pour servir le roi, à Paris; et leurs gens se logèrent sur le plat pays en l'Ile de France; et l'autre partie fit son assemblée en la cité de Chartres et au pays à l'environ. Et poavoient être, comme il fut estimé par des gens à ce connoissanis, bien six mille bamois de jambes, quatre mille arbalétriers et onze cents archers, sans les gros varlets, dont il y en avoit très grand nombre. Et quant à la compagnie qui étoit venue au mandement du roi et du due de Bourgogne, on l'estimoit outre le nombre de seize mille combattants, tous gens de bonne étoffe.

Durant lequel temps, à la requête du duc de Bourgogne, le roi de Navarre et le comte de Mortaigne, son frère, traitèrent la paix du duc de Bretagne, leur neveu, et du comte de Penthièvre, gendre du dit duc. Et ce Ait fait sur l'espérance que le dit duc de Bretagne viendroit servir le roi avec ses Bretons, et délairoit les Orléanois, auxquels ils n'avoient promis de les servir. Et pour lui avolenter et exhorter à ce que la dite paix fût accordée entre les parties dessus dites, lui furent envoyés vingt mille èeos d'or pour payer ses gens d'armes; et aussi furent baillées grands nombres de finances au seigneur d'Albret, connétable de France , afin qa'il asserablAt gens d'armes pour amener à Paris au service du roi ; de laquelle chose faire il n'avoitpas grand' volonté, mais étoit du tout affecté et allié au duc d'Orléans et à sa partie, tcmtae en assez bref terme ensuivant ce fut assex notoire.

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