‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 128 sur 761 · CHAPITRE LXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXV

Commeat l*4Me d'OrtéiM «nfroT* m* •mbUMdMm dercn l« roi, et de|iui« lui écrivU le* leurea, leiqaeUet grandement cbïrgeoient le duc de Bourgogne et ceux de m partie.

Au commencement de cet an, le duc d'Orléans, non content de ce qne les gonvemeurs do roi, est à savoir ceux qui étoient de par le duc do Bourgogne, avefeot plus grand' audience que les autres, et avec ce, que chacun jMir on déboutoit et éloignoit du dit gouverne ment et de leurs oflices ceux qui avoient été à leur tia père et qui étoient à lui, envoya devers le roi ses ambassadeurs, et lui fit remontrer les bes(^;nes dessus dites, et aussi requérir que les homicides qui avoient meurtri son dit

CHRONIQUES D'ENGUERïUND DE MONSTRELET.

père fussent puni» selon les traités par avant passés, lesquels homicides se tenoient chacun Jour AU royaume ; auxquels ambassadeurs fut promis, de par le roi et son conseil, qu'on y pourvoiroit ainsi qu'il appartieudroil. £t après leur parlement, le roi envoya & Bourges devers le duc de Berri son oncle, et lui fit requerre bien acertes que pour le bien de son royaume il se voulstt entremettre d'entretenir en paix ses deux neveux, est à savoir Orléans et Bourgogne: laquelle chose il promit faire. Et pour y besogner, envoya l'archevêque de Bourges*, son chancelier, à Paris, instruit de par le dit duc de ce qu'il avoit à remontrer et qui étoit à faire touchant cette matière. Et tantôt après fut le dit chancelier envoyé avecque le maréchal Boucicaut et aucuns autres devers le duc de Bourgogne, qui étoit & Saint-Omer , lequel, après qu'il eut oui les points et articles de la dite ambassade, fit réponse qu'à lui ne lenoit • pas ni tiendroit que tous les traités par avant passés ne fussent entretenus, et que du tout il vouloit obéir au roi ; et de ce firent leur rapport. Et pour ce que, selon la volonté du duc d'Orléans et de sou conseil, on ne procédoit point assez ftprement contre les dessus dits homicides , et aussi pour plusieurs autres choses , récrivit ses lettres signées de sa main devers le roi , desquelles la teneur s'ensuit:

« Mon très redouté seigneur, humble recommandation prémise. Naguère, très redouté seigneur, vinrent à moi deux de vos conseillers, c'est à savoir messire Collard de Charleville, chevalier, et messire Simon de Manterre, président en votre parlement, lesquels il vous a plu & moi envoya, pour moi exposer et signifier aucune chose de votre volonté et bon plaisir, si comme ils m'ont dit et affirmé ; et ce m'ont-ils bien saj^ment et distinctement déclaré es termes de leur légation sur trois points. Premièrement requirent et prièrent à moi, de par vous, qui pouvez et devez commander comme & votre humble et loyal sujet et serviteur, que je me soumette dn contend qui est entre moi et le duc de Bourgogne, pour la cause et raison de la orueuse et inhumaine mort de mon très redouté seigneur et père,

* GvUltiDM Boimtiw.

votre frère germain, duquel IMeu ait merci ! en madame la reine et en monseigneur mon amde le duc de Berri ; lequel en est aussi prié de par vous , par les dits conseillers et andw^sadeura, afin qu'on labourAtdiligemmait sur ce, pour lé bien de la paix et de votre royaume : et qiM semblablement, vous aviez prié le due de Bour^ gogne, £1 disoient que, pour ce accomplir et mener en bonne fin , j'envoyasse quatre de mes hommes, lesquels vous avez en propos d'envoyer devers mon devant dit oncle sur cette matière, qui aussi semhlaMement y envoieroit quatre des Biens. Le second point étoit que me priez que cessasse de mander et assembler gens d'armes. Le tiers étoit que Je reçusse les lettres que vous m'envoyez suri» requête par moi à vous autrefois faite pour prendre les homicides, consentants, oodsaurs et coupables de l'horrible mort de mon dit seigneur et père, votre firère.

» En après, très redouté seigneur, attendu diligemment les points devant dits, et eue délibération sur les choses devant dites, répondis & eux que je vous regraoiois , et regracie à présentàvous tant humblement comme Je puis de ce qu'il vous a plu envoyer à moi, car plus grand' joie avoir ne puis que quand j'ai souvent nouvelles de vous et de votre oMb état, et que j'ètois et suis celui qui en votre serviee «t obédience, comme Je dois, veuil exposer mon corps et tout quant que J'ai de ma puissance et de mes sujets.

» Mais pour ce qui m'étoit lors exposé de par vous, qui ètoient grands choses et nouvelles, quant est à moi je ne leur pus lors bailler réponse , eteepté que leur dis que je vous envoierols réponse le plus tôt que je pourrais. Laquelle rèponseij'ai différé jusqu'à présent i car je sais qu'entour vous et votre coosinl et service sont plusieurs de mes ennemis , lesquels vous devez dès maintenant tenir vos ennemis, auxqnels ma dite réponse, naes amers propos , mes intentions et mes faits je ne veuil mie être communiqués ni connus; ni aussi raisonnd^lemeat ne devroient pas être, ni assister & quelconque chose touchant ni regardant moi, ni mon fait, ni être entour vous en conseil ni service.

» Et A vous informer et certifier plus pelnenimt sur w , très redouté seigawr, que je sois

Page 1