CHAPITRE LXXVI
OMaawBt le due de Bir iréptiM de ce «Mcle. Et de TMatat- Hde que le roi envoya devers le duc de Bourgogne.
En cet an, Henri , duc de Bar, preux, homme sage et discret, trépassa de ce siéele. Auquel son Bis atné, c'est ft savoir le marquis de Pont, nommé Edouard, succéda en la duché de Bar et en la chfltellenie de Cassel , excepté aucune partie , laquelle il avoit donnée béritaUement, après son décès, à Robert de Bar, fils de défunt Henri de Bar, son premier fils, et de la dame de CkMcy : c'est h savoir Yameston, Bouibourg, Bunkerque et Rodest. Après laquelle mort, le dit Edouard fut nommé duc de Bar et commença à régner assez honorablement.
En lequel temps aussi Hirent envoyés devers le duc de Bourgogne , de par le roi , certains ambassadeurs, lesquels, avec antres choses qu'ils lui dirent de bouche , lui portèrent la copie des lettres que le duc d'Ortéans avoit envoyées , contre lui et les siens , devers le roi , desquelles et du contra en ioelles ne M pas bien content. Et par ioeiix ambassadeurs fit savoir que le dit duc d'Orléans ne disoit pas vérité par les dites lettres. Et après qu'il eut reçu iceux ambassadeurs bien révéremment, prit congé d'eux , et s'en atta en son pays de Flandre, et ils s'en retournèrent à Pa-
ris sans porter réponse qui lût de nolle valeur. Et bref ensuivait, le dit due de Bourgogne fit grand mandement de gens d'armes et les envoya en Gambrésis et vers Sùnt-Qoentin. Mais assez bref après, par Fordcmnanoe du ni et de son conseil , les fit départir et retourner es lieux dont ils étoient venus.
En outre , le inereredi , quinzième jour de juillet , mattre Jean Petit , doeleur en théologie , lequel le duc d'Orléans avoit en propos de poursuivre et foire accuser d'hérésie par devant l'imivenité de I^ris , mourut en la ville de Hesdin^ dedanS' l'hôtel de llidpital qui lui avoit été donné par le duc de Bourgogne avec autres grands pensions, et fnt ratorré en l'élise des fMres mineurs ao^-dît lieu de Hesdin.
En ce même temps fiit mis sur le dergé du dit royaume de France 'Ot de la llauphiné un subside caritatif en la valenrd'nn demi^ixiéme imposé pour le pape^ par le consentement du roi , des princes , de l'miiversité de Paris et de la plus grand' partie des prélats et cités , à payer à deux termes, c'est à savoir , le premier, h la Magdeleine, et le seclOnd , à la Pentecôte ensuivant. SS se cueillit assez rigpoureusèment, et tant que le pauvre commun clergé s'en plaignOit moult piteusement.
En tant que ces besognes se faisoient , le duc de Bourgogne- étant en sa ville de Bruges le samedi dixième jour, messire Amé de Salebrusse , meSsire Clignet de Brabant et auouns autres capitaines de la partie du duc d'Orléans vinrent atout grand, nombre de gens d'armes devers Coucy , au pays de> Yermandois , et à Ham-sur-Somme. ^ en furent tantôt portées les nouvelles au dessus dit duo de Bourgogne, lequel doutant qu'ils vwilsîssent entrer en son pays et lui faire guerre, pareillement fit mettre sus pKisieors de ses capitaines , c'est à savoir le seigneur de Heilly , Ëngnerrand de Bournonville, le seigneur de Rouq et aucuns autres ; et atout grand nombre de gens , les fit tirer entre Bapaumeet la dite ville de Ham, afin de résister contre les dessus dits, s'ils faisoientaucune envahie.
Durant'laquelle tribulation, le dit duc d'Orléans et ses frères, en poursuivant leiA' querelle, derechef envoyèrent leurs lettres devers le roi et son grand-conseil, et aussi à plu-
UVR£ PREMIER.
sieurs princes , cités et prélats , afin qne plus amplement fût Tue et sue la requête qu'ils faisment. Desquelles lettres , est à saYoir de celles qu'ils euToyërent au roi, la teneur s'ensuit.