‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 152 sur 761 · CHAPITRE XC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XC

Gomment IM dues (TAquiUiae et de Bourgogne aOérent eoa- quérir Éumpes et DounUn, et de h mort de meaire Hao- ' nrt du Boii et autres prisonniers.

Or est vérité que, durant les tribulations dessus dites, le roi et ses princes étants & Paris, eurent plusieurs complaintes des maux et violences que faisoient sur le pays ceux de la garnison d'Etampes et de Dourdan, et que pour ce, nonobstant qu'il eût été conclu parle conseil royal que le roi ni le duc d'Aquitaine ne se mettroientpas aux champs, & puissance, que l'hiver ne fût passé, néanmoins, pour résister aux entreprises des dessus dits, fut ce propos rompu. Et le vingt-troisième Jour de novembre, le dit duc d'Aquitaine, accompagné du duc de Bourgogne, des comtes de Nevers, de La Marche, de Pentbiévre et de Yaudemont, du maréchal Boucicaut et d'aucuns autres serviteurs, avec très grand nombre de piétons, tant de la commune de Paris comme d'ailleurs, se partit de la dite ville de Paris, sur intention de mettre en l'obéissance du roi les dessus dites places de Dourdan et d'Etampes, et aucunes autres qui faisoient guerre de par le duc d'Orléans et ses aidants, et s'en alla

par Coii>eil, où il séjourna aucuns jours pour attendre ses gens ; et de là, atout foison d'habillements de guerre, tant bombardes comme autre artillerie, se tira, atout son ost, devers Etampes ; auquel lieu étoit messire Louis Bourdon, qui tantôt se retira dedans le cbAtel, et ceux de la dite ville se . soumirent incontinent et rendirent en r<d>éissanoe du dk duc d'Aquitaine ; lequel les reçut assez bénignement, en la faveur du duc de Berri son onde. Mais messire Louis Bourdon ne voulut nullement obéir, Ji soit ce que il en fût sommé par plusieurs fois ; et pour ce fut sans d^i ordonné que le dit chfttel seroit de toutes parts environné.

Et pour lors étoit dedans un prisonnier, c'est à savoir le seigneur de Rouq, lequel avoit, un petit devant, été rencontré et pris par le dessus dit Bourdon. Et adonc furent dressés et assis plusieurs engins contre le dit ch&tel, lesquels en plusieurs et divers lieux le dérompirent et dommagèrent ; et avecque ce furent mis grand' quantité d'ouvriers en œuvre à miner par dessons les terres d'icelle forteresse. Et tant y fut continué que les assiégés, voyant qu'ils étoient en péril d'être pris de force, commencèrent à parlementer ; et finalement, par le moyen du dit seigneur de Rouq, se rendirent en la volonté du dit duc d'Aquitaine. Et par ainsi fut icelui Louis Bourdon et aucuns autres gentilshommes envoyés à Paris dedans le Châtelet ; et grand' partie des biens d'icelui Bourdon, avec un moult excellent coursier qu'il avoit, furent donnés au dit seigneur de Rouq pour ses lirais qu'il avoit eus & être prisonnier.

Et après que les dessus dits ducs d'Aquitaine et de Bourgogne eurent garni les dessus dites forteresses de leurs gens, ils s'en retournèrent avec toute leur exercite en la ville de Paris, pource que bonnement ils ne pouvoient icelle conduire pour le temps d'hiver. Et aucuns peu de jours ensuivant, tarent menés du dit lieu de Paris de par le duc de Bourgogne plusieurs seigneurs prisonniers au cbfttel de Lille ; 'c'est à savoir le seigneur de Hangest, messire Louis Bourdon dessus dit, le sire de Géresmes, messire Enguerrand de Fontaine, messire Jean d'Amboise et aucuns autres, lesquels avoientété pris en divers lieux en tenant

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