LIVRE PREMIER
neur et tMfeôri«r) <|ul s'est att dit «tace Mle^ ment gouverné, que dé l'argent de la reibe II à grands Acquêts et édifices , comme il appert aux champs et ft la tiiteé
» Jum. et il faut savoir où est celte financé^ car outre et sur la somme on prend certaine quantité de finances par forme et mandement exkaordinaire.
» /f«m . et pareillement y a htte grahde dé' faute des offices de l'argehliei-et delà chainbrë des deniers ; car par les officiers qui tiennent les dits offices plusieurs grands sommes d'at' gent sont levées et mises en autre usage qu^eri votre pirOK, et moult de vos dettes et de vos officiers les salaires sont retardés à être payés ; et plusieuis de qui on prend les tins et autres denrées pour vous ne sont pas payés. Et est très vrai qu'ils appliquent à leur profit tôuteS tes ehoseb dessus dites , comme il appert pa^ les grands états qu'ib mènent, par tes cheYftux qu'ib ont, pai' les excès et inconvenabies èdi^ flces qu% font de Jour en Jour, et qu'ils ont tut par ci-devant ; prouvé pài* Raitnond Ragtiiefj qui a édifié châteaux et grandes mai* sons, oA U a dépendu , comme on dit, plus de 30,000 ll*ancb. Et aussi Chariot Poupari, ar>t gentier, et mettre Ouillaome Budé, mettre des garnisons , ont édifié grands reMeS et pbsses-»^ siotis, et ont aeqms grosses et larges siibstan* Ces et dépens ; leiquellfes choses ils ne pourroîènt ,ndre des siàaireS de leurs otoccs , ni aussi de la richesse qufls avoienl quand Hs entrèrent es Ats offites. Et aussi y a-l-fl dei^ faMe en "iotre écurie , qui est office de très grand' recette, et y sont faites t^usieorii ^an<> des dépendes qui peu tournent à Voire honneur étproflt. *
» AeiH, et quant est itux salaires des sérVf^ teors de votre hôtel , ils sont très ménvàisé* ment Contentés en la chambre des dèirien, ni les serviteurs n'en peuvent avoir nouvenes, pour quoi ih oni gi'ands pauvretés et lK)nttre*' tés , et ne peuvent être «ntour vous M honnè^ temenl qu'il appartient ; nofadMtant qu'il «ta y a auctms qui ont port, lesquels spiA très bieii payés des dits salaires.
» Quant i la réparation devos £ts KiMirs, et aaoalins et châteaux , tout va â mine et perdi'' lion. Et <piâBl à l'épargne dn A domdne , il n'y a pas tm derier aii temps présent, )à soit
CHRONIQUES D'£1>éG(J£RR4ND DE MONSTRELET.
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ce qu'au temps passé il y eût noe grand' somme, et spécialement au temps du roi Philippe, du roi Jean et du roi Charles , auquel temps étoit gouverné bien autrement que maintenant.
» Ilem, et quant au fait des finances , il Taut dire nécessairement que le gouvernement de présent a eu cours depuis trente ans en ça , et par avant a été dévoré par plusieurs officiers qui n'ont point eu regard au bien de vous et de votre royaume, mais seulement à leur singulier profit. Et h déclarer les (aciers de votre royaume ésquels il y a grand excès, votre fille devant dite et vos dits sujets vous exposent les choses qui s'ensuivent:
« Premièrement , vous avez très grand et excessif nombre de trésoriers, qui toujours ont été puis le temps dessus dit ; et^ par la grand' pratique qui est au dit office , plusieurs hommes se sont efforcés d'y entrer, et tant qu'il n'est guère année qu'ils ne soient mués , remués et déposés k la requête des autres qui ont eu la voix en votre royaume. Et Dieu sait pour quoi ils y entrent si volontiers, sinon pour les lopins et larcins qu'ils font et trouvent es dits offices ; car si un trésorier n'amende de TOUS chacun an de 4 ou 5,000 francs, ce ne leur semble rien, et jà soit ce qu'au temps passé n'en y eut que deux , toutefois y en a maintenant quatre ou cinq pour la pratique qu'ils y trouvent, et a été telles fois qu'il en y avoit six ou sq[>t; et ainsi appert plus clair que le jour que vous avez dommage chacun an au dit office de 16 ou 20,000 francs, par le particulier défaut des dits trésoriers.
» Et quant est après des finances du dit trésor, ils n'ont eu nul regard à payer les choses nécessaires, ni de tenir les serments qu'ils font .à l'entrée des dites offices, mais ils ont enjtendu à payer les grands et excessifs dons à ceux qui les ont soutenus, par plusieurs voies, lesquels s'y lèvent tant sur le fait des coSres comme sur le fait sus nommé.
» Et quant est aux autres offices , c'est à savoir au gouvernement des finances et au clerc , il est à savoir que toutes les finances sont passées par leurs mains, tant qu'ils en ont acquis innumérables et hautes possesùons , comme il appert Et sont les trésoriers pour le présent Andrieu Guifbrt, Burel de.Damntartin, Ré-
gnier de Bouligni , Jean Guérin et le gouverneur Nicole Bonnet, qui fut clerc de Jean Chaa, son prédécesseur, et le derc maître Gui Brocher, qui sont inutiles, et ooupables du md régime devant dit , excepté Jean Guérin , qd est nouvel et ne s'est pas encore méfait.
» item, et spécialement en M «oiqwble Andrieu Guiffart, lequel , jà soit ce qu'il eût gfttë tout ce que son père lui avoit acquis , nénor moins, parla procuration du prévôt de Paris, duquel il est cousin à cause de sa femme y 9 a été fait trésorier; où il a été tellement reflqili de deniers qu'il est maintenant plein de rubis et de diamants , de ssfdùrs et d'autres pierres précieuses, et de vètures et de chevaux; et tient un excessif état rempli de vaisselle, c'est à savoir de plats, d'écuelles, de p«te, de tasses et de banaps.
» Item, et jà soif ce qu'il ne soit point nécessaire d'avoir trésorier sur le fait de la Justice du dit trésor, mais il soit de coutume d'y teair un clerc conseiller, toutefois il y a quatre conseillers qui emportent grands finances, au préjudice de votre trésor.
» Quant au régime des aides, il y a oflhâers ordonnés qui s'appellent généraux , par Terdonnance desquels passent toutes les finances des aides, ordonnées pour la guerre, qui bknit^t à douze mille francs par les cornsHas ans. Et si est que les devant dits trésoriera se sont mauvaisement gouvernés et font encore, encore se gouvernent si les dits généraux , car ils s<H)t premièrement mis an dit office pw force d'amis, à qui les ^ts généranx fost^Lcessifs dons en votre préjudice.
» lutu. et le profit que les dits généraux prennent quand ils entrent es dits offices nM»tent pour chacun d'eux, par chacun an, à éena ou à quatre mille francs ; et si un gtoéral est deux ans au dit office, sans faute, il acquftiera 9 ou 10,000 francs , ou autre ^and' somnae , par dons couverts , dont aucunes fois les dons sont levés au nom des seigneurs, sanaleur su ; et les particularités des défauts sereet trouvées es extraits qui furent faits, pour la réformation dernièrement faite.
» Jttm, et après le dit office, est Tenu un autre office qu'on appelle l'hargne, mal nommée, laquelle tient Antoine des Essarts, à cause de laquelle on lève des dites aides la somme de
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120,000 francs ou environ. Jà soH ce que la dite finance fût gardée et mise en l'épargne sous deux clefs, dont tous devez porter l'une, pour^lecourir à votre nécessité et votre royaume , néannioins ceux qui l'ont en gouvemeownt l'ont teHement disposée qu'il n'en y a croix ; et ne sait-on qu'il en smt mieux à homme du monde, sinon à aucuns qui l'ont tooslrait ie votre main par le consentement de ceux qui ont trouvé le dit office , dont ils mènent excessifs états en votre préjudice.
* Item, et avec ce le dit Antoine a en garde vos livrées et vos joyaux ; et dit-on qu'en ce a très pauvre gouvernement; et en ce qui est de Jour en Jour acheté pour votre corps ; et ce parla coulpe du dit Antoine.
» Item, et après cet office est venu autre office, qui est nommé la garde des coffires, lequel tient Maurice de RuiUy, pour lequel il reçoit chacun jour, pour l'ordinaire, dix écus d'or en monnoie, qui se doit bailler en votre main pour (hire ce que bon vous semble. Mais il n'y a croix, car il la distribue à son plaisir ; et soos ombre de cet office, sont dissipées plusieurs sommes de monnoies, desquelles on parlera^en temps et en lieu.
Il Item, est à démontrer comment^ vous, la reine et le duc d'Aquitaine êtes mangés et dérobés, c'est à savoir que, quand vous avez affaire de promptes finances pour la cause de voire guerre ou pour autres grandes vos besognes, il faut aller à certaines personnes, marchandes d'argent, qui, par usures et rapines SHdtes, trouvent et font finance de monnoie, moyennant ce qu'ils ont en gage de votre vaisseSe et de vos Joyaux d'or et d'argent, A grandes et clah-es pertes ; et tant que ce qui oe vaut que dix mille firancs vous coûte quinze oa seize mille, et tant faut que vous en perdez par an en telles usures qui se font par les dianges feints; et parcelle manière peut-on juger clairement qu'il y en a aucuns de vos serviteurs et officiers qui sont participants et compagnons des dessus dits frais et usures illicites; et par ainsi n'avez- vous croix, et sont les serviteurs de vos officiers, pauvres, et obligés et tempêtes; et pareillement sont gouvernés les autres seigneurs de votre lignée sans nal excepter.
M Item, il est à savoir comment subtilement
et malicieusement les généraux officiers, eux entremettant de vos recettes, vous gouvernent ; car puisqu'un receveur vous aura prêté pardessus la recette de 5 ou 6,000 écus ou autre somme, ils sont démis de leurs offices, afin qu'ils ne s'en puissent rembourser sur leur recette, et en son lieu met-on un autre receveur, qui recevra presque toute la recette ; et quand il aura peu ou néant à recevoir, adonc sera remis le premier receveur en son office, moyennant ce que le dit receveur s'obligera en une grand' somme d'argent, c'est & savoir aux dessusdits officiers. Et par ce ne peut le devant dit receveur être payé ni payer ce qu'il doit. Et ainsi font chevaucher an sur autre ; en quoi votre finance est dégfttée devant que le terme soit venu ; et par ainsi buvez vos vins en ver- Jus.
» Item, et quand il y a une ambassade à faire ou quand il faut envoyer un simple chanoine dehors, il faut emprunter l'argent aux usures, et souvent en advient que le dit ambassadeur ne peut être expédié par défaut d'argent, dont aucunes fois advient que vos ambassadeurs sont inutiles; et pour ce advient aucunes fois que vous en avez excessifs dommages.
» Item, il est nécessaire que vous sachiez où est l'argent de votre royaume de deux ou (rois ans en çà dessus, et outre le domaine et les aides; auquel temps ont été levées plusieurs tailles, dixièmes, demi-dixièmes, impositions, maltûtes, réformations et autres plusieurs manières d'avoir finance ; desquelles choses le prévôt de Paris s'est entremis, comme il est notoire, et s'est fait appeler souverain maître des finances et gouverneur-général.
» Item, n'est pas à oublier comment aucuns grands officiers, comme le prévôt de Paris et autres, qui ensemble ont tenu grand nombre d'offices et vendu et reçu les deniers, ont mis iceux en leur sac en votre préjudice, et contre vos ordonnances royaux, et aussi de la chose publique, dont il s'ensuit mainte fois que gens inutiles et non sachant, et de mauvais gouvernement, sont mis es dits offices.
» Item, et naguère le dit prévôt de Paris, qui depuis un peu de temps tenoit l'office de général, matlre et gouverneur des eaux et des forêts, a résigné ledit office en la main du seigneur d'Ivry, et à la cause d'icelles sont le-*
CHRONIQUES D'ENGDEWUND DE MONSTRELEÏ.
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vées clizrgfis de 6,000 Tr. au nom du roi» si comme on dit, mais toutefois le dit argent est levé au profit du dit prévôt; et avec, le dit pré^ vôt de Paris tient les capitaineries de Cher> bourg, dont il a par an 6, 000 fr. , et de Nemours, dont il a par an 2, 000 fr.
» Item, votre dite finance est g&tée et per-r due par une autre manière ; car un grand nom-' bre de receveurs, grénetiers, quatriëmiers, et leurs clercs, et aussi certains poursuivants généraux , et avec ce leurs clercs et serviteurs ont d>tenu chacun an, comme si ce fût leur rente, lettres et grands dons, outre les dons lesquels ont les autres ofllciers ; et est trouvé que par ce moyen du dit prévôt et des antres gouverneurs des dites finances, ils ont été de ce très bien payés, au grand préjudice de vos besognes et à la relardation du paiement de plusieurs prud'hommes, tant chevaliers, conseillers, comme autres oiBciers. Et voit-on communément que quand un jeune homme vient au service d'un général, receveur ou gré> netier, jà soit ce qu'il fût de petit état et de peu de science, en peu de temps il est fait riche, et mène un grand et excessif état, et achète grands offices et héritages à vos dépens. Et par les trésoriers de vos guerres ont été commises plusieurs grandes fraudes au fait de vos finances, et ont une manière de prendre de vos écuyers et chevaliers blancs-scellés, desquels ils ont très mauvaisementusé,si comme savent lesdits chevaliers, et de ce vous sauront mieux informer que nous. Et est grand' pitié d'ouïr les coni' plaintes des dits chevaliers et écuyers sur le .feit de leurs paiements , qui ont été toujours petits , vo^re envers la plus grand' partie ; car maintenant c'est une règle générale aux gens d'armes, qui vivent sur le pays sans être payés, de dire qu'il ne sont pas payés de leurs gages et qu'il faut qu'ils vivent en leur service.
» Item, et pource que les dits généraux et le souverain maître des finances , prestement qu'il vous plaira à les reprendre , ils diront , pour éviter et passer les temps , qu'ils sont près de montrer leur état , comme si ce fût réponse profitante ou sufflsable , et jà sont venus en requérant qu'on leur baille commissaires qui visitent leur état ; mais , sous correction , quand ce vient au fait , telle réponse est inutile; mais <pii voudroit savoir qui mangea le lard ,
il Cuidroit enquerre quelle substance ils pon-r voient avoir quand ils entrèrent es dites offices , et quels gages ils avoient en leurs offices , et combien ils peuvent dépendre raisonoeblement, et quelles substances ils ont de présent, et les grands rentes et possessions qu'ils ont acquises , elles grands édifices qu'ils font foire.
» Item . soU notoire au régime de généraux qu'ils sont riches et larges , et quand ils entrèrent es dits offices ils étoient pauvres. Mais ils ont maintenant acheté maisons de grands seigneuries ; si comme maître Jean Chfttenier, Guillaume Luce et Nicaise fiuges. £t, pour vérité dire , chacun votre loyal sujet se doit bien émerveiller de tel gouvernement , et bien leur doit douloir le cœur , quand vous , qui êtes notre souverain seigneur et prince, êtes ainsi dérobé de votre finance , et que toutes les finances chéent en une bourse trouée è votre égard ; et les devant dits , tant passés comme présents , sont riches , pleins et garnis , et vous mettent et laissent en cette nécessité et n'ont nulle pitié de vous ni du bien conunun.
» Item . et pource que ici dessus est fiaite mention des états , il semble & votre fille que généralement en ce dit royaume , au regard de toutes les gens , les états sont trop excessifs ; et est fort à douter que, pour les inconvénients qui viennent chacun jour , Dieu ne se courrouce à son peuple.
" /(em>et quant au gramd-conseil , on n'y tient pas telle ordonnance qu'il appartiendroit bien ; car chacun y est à peu reçu ; et toutefois n'y doivent être reçus que prud'hommes et sages , tant clercs comme chevaliers , ep nombre compétent, prenant pension et gages de vous , et non de quelque autre seigneur , ayant l'œil à votre profit et à votre honneur et de votre royaume , et à la confirmation de votre couronne et seigneurie ; et advient maintes fois que, pour la grand' multitude qui y est , Ie$ requêtes qui vous sont faites et vos besogne* en sont décaissées. Et quand une. bonne conclusion y est prise , comme il advient aucunes fois , elle demeure à être exécutée et sans être mise & fin , combien que souverainement vous louche ; et aussi devroient les ambassadeurs , tant étrangers comme autres , être expédiés ; et quand une conclusion est prise par mûrç dé- Ubératioa , ^le ne devroitpas être rompue par