‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 176 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

d« Tertttt, de Charolois, de Èar et de Lorraine , auxcônnétftbleet maréchal de France, au grandmattre de Rhodes , A ramiral , au matlre des arbalétriers , et généralement à tonte la chevalerie et écuyerie de votre royaume , qui est ordonnée pour la conseryation de rotre couronne , aussi à Tos conseillers et A tous vos autres sujets, que, pareillement, chacun selon son état se veuille acquitter devers votre majesté. Et ponrce qu'aucuns des dessus dits ont dit publiquement que ce que votre fille dessus dite vous expose , c'est par haine et par relation de peu de gens , c'est à savoir de cinq ou six, plaise vous savoir qu'elle n'a pas accoutumé de soi infirmer par cette manière ; mais elle a été informée parce que la chose est toute claire et notoire, et cuide qu'il n'y ait ci homme de si petit entendement qui ne connoisse bien la défaute des dessus dits. Et aussi en a été avertie par plusieurs personnes aimant votre bien. Mais par telles paroles n'orit-ils pas gagné leur cause ; car pour quelconque leur volonté, elle ne se taira pas , sauve votre volontaire audience.

» Et conclut votre dite fille que vous poursttitieK diligemment les choses devant dites , sans quelque dtlation : et à ce poursuivre se veut-elle employer sans faire quelque faute envers vous ; car autrement votre dite fille ne s'acqnitteroit pas envere votre dite majesté royale *. »

Après laquelle conclusion faite par l'université de Paris , et qu'ils eurent requis aux princes et seigneurs , et aussi aux prélats là étant, d'être avoués de ce qu'ils avoient dit et proposé pour le bien du roi , de son royaume et de la chose puUique , et que les dessus dits les eurent avoués en leur disant qu'ite étoient prêts de les assister du tout , en mettant et faisant mettre toutes les besognes dessus dites A pleine exécution , les gouverneurs du roi , c'est à savoir de eeux qui atoient eu la gouverne des finances , tarent fort émerveillés, et eurent grand doute q»'UB ne fassent arrétéS' personnellement. Et entre les autres , mattre Henri de Maries , chancelier de France , voyant ^'il

■ CoDrorménwnl i cette reqatte, t« roi fit paraître rordonnance générale poar la police do royaume, qui fut pnbliée le ià mat 1419. Voyez le tome 10d«$Qrdonnances.

éloit accusé comme les autres , par certains moyens qu'il trouva se trahit devers le roi , et fit tant par ses belles paroles qu'il fut bien content de lui , moyennant qu'il lui promit A payer une grosse somme d'argent en dedans brefs jours ensuivant.

Le samedi ensuivant , second jour de mars , Andrieu Guiffart , un des trésoriers , fut pris et mis en Châtelet , et son compagnon , Jean Guérin , s'enfuit en une église, et lA se tint.

Messire Pierre des Essarts , prévôt de Paris, qui naguère avoit eu grand gouvernement au voyage de Bourges , lequel le duc de Bourgogne avoit toujours soutenu , mais l'amour étoit refroidi , parce qu'il s'étoit depuis peu montré trop aflecté à la partie d'Orléans, se partit de la ville de Paris . et envoya A Charenton, pour prendre le pont pour avoir passage, Thomelin de Brie et antres hommes d'armes ; lesquels furent pris par ceux de la dite ville de Charenton, qui en étolént avertis, et furent emmenés prisonniers en la tour du Louvre. Et le dit prévôt, prenant un autre chemin, échappa et s'en alla A Cherbourg, dont il étoit capitaine, et là se tint aucune espace de temps. Et bref ensuivant, Le Baudrin de La Heuse ^ fut constitué prévôt de Paris ; et lors le roi fut malade de sa maladie accoutumée. Et pour tant toutes les besognes du royaume étoient conduites par le duc d'Aquitaine. Et adonc fut ordonné que plusieurs olBciers royaux , et par spécial ceux qui avoient en main les finances du roi, seroient arrêtés jusqu'à tant qu'ils auroient rendu compte de toutes leurs receltes.

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