CHAPITRE CXI
Onnmeot le coule de Vertiu se parlit de Ptri», el piuMeun «ulres ooblei , et auui d'iucuoes coniUtulions et aulrei mandements bits i U requête des dits Parisiens.
Durant les tribulations dessus dites , le comte de Vertus , considérant la prise du dit duc de Bar et des autres nobles , sans le su et licence du roi et du duc de Bourgogne, se partit secrètement de la ville de Paris, lui troisième seulement, et s'en alla devers le duc d'Orléans, son frère, en la ville de Blois , et là lui raconta les merveilles qui avoient été faites en la ville de Paris , tant en l'hôtel du roi , comme du duc d'Aquitaine et ailleurs, don t moult déplut an dit duc d'Orléans. Pour lequel parlemont le dit duc de Bourgogne fut très (plaisant, car il tendoit et avoit espérance que le mariage du dit comte de Vertus et de sa fille se paraccompliroit assez bref ensuivant , ainsi que promis avoit été par avant.
. Et pareillement se partirent plusieurs autres nobles personnes pour la crémeur des mutations dessus dites , c'est à savoir messire Jacques de ChàUllon< fils atné du seigneur de Dampierre , les seigneurs de Croy et de Roubaix , Copia de Viefville, maître Raoul, le mattre prévôt de Saint-Donat de Bruges, Pierre Geste, naguère prévôt des mardiands , et très grand nombre d'autres ; desquels les aucuns furent remandés spécialement du duc de Bourgogne ; néanmoins ils y retournèrent en grand doute , non pas sans cause, car de ceux qui avoient été pris et qu'on prenoit chaque Jour, tant hommes comme femmes, furent les plusieurs noyés en Seine, et les autres mis à mort piteusement, sans tenir termes de Justice.
Et le vendredi vingt-sixième Jour de mai, le roi alla en la chambre du parlement , et là fit, en état royal , à l'instance du duc de Bourgogne et des Parisiens, aucunes constitutions et ordonnances touchant le gouvernement de son royaume; et par spécial fui ordonné à envoyer un mandement par tous les bailliages et autres lieux où on a accoutumé de faire proclama'^
tiens ; et fut pour ce prineipriemeat que messire Clignet de Brabant et autres capitaines se tenoient ensemble à grand' puissance sur la rivière de Loire, pour venir devers Paris, duquel la teneur s'ensuit :
» Charles, parla grâce de Dieu, roi de France, au bailli d'Amiens ou à son lieutenant, salut.
>• n est venu à notre connoissance que , comme, pour le relèvement de notre peuple et sujets, et pour obvenir aux grands maux, oppressions , perditions et dommages , et autres inconvénients irréparables que notre dit peuple et sujets, en plusieurs parties de notre royaume, ont souffert et souffrent encore de Jour en Jour, pour la cause et occasion des grands assemblées de gens d'armes et autres gens de guerre que plusieurs seigneurs de notre sang et lignage, et leurs adhérents , de leur volonté et autorité , depuis aucun temps en çà, ont fait et assemblé, et fait faire assembler en divers lieux, en notre royaume ; lesqueto , tant par manière de oompagnies comme autrement , au temps pasaè , s'étoient assemblés ; nous eussions donné et feit plusieurs fois publier et proclamer publiquement par tout notre royaume, tant par messages comme par lettres closes et patentes, et autrement eussions fait défense, sur certaines grand' peines, que nuls, de quelque état ou condition qu'ib soient, soit nos sujets ou autres étrangers, ne fussent de telle ou si grand présomption ou hardiesse que d'assembler gens d'armes en notre dit royaume , sans notre exprès commandement , licence ou mandement, et de venir à notre mandement et service et non d'autres , pour quelque mandement, commandement on injonction qu'ils eussent d'eux ou d'aucuns d'eux sur grands peines ou autrement, Jà soit ce qu'ils fussent de notre sang ou autres : néanmoins plusieurs d'iceux de notre sang et lignage , en venant contre le traité de paix naguère fait par nous à Auxerre entre aucuns d'iceux de notre sang et lignage, sur tes débats et dissensions qui étoient entre eux , et en venant contre le dit traité par eux ou plusieurs d'eux accordé et solènncUemeat Juré, et contre nos dites ordonnances et défenses, et au contempt d'icelles sans notre oongè et lignage , el contre notre gré et volonté , ont fait et se préparent eux en bref terme faire et procurer en notre dit royaume plusieurs grau*