‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 205 sur 761 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

n'étoît sur ce pourvu de remède contenable. Pourquoi, nous les choses dessus dites considérées, -veuillant obvier et pourvoir aux dits maux, inconvénients et entreprises du dit duc de Bourgogne, nous sommes délibérés de résister de toute notre puissance contre lui et tous autres qui voudrolent empêcher la dite paix aucunement , et de nous , pour ce , aider de tous nos bons vrais vassaux et sujets. Pour quoi nous vous mandons et expressément enjoignons sur tout quapt que vous pouvez tenir ni méraire envers nous, que solennellement à haute voix et k son de trompe vous proclamez et publiez ces présentes par toutes villes, lieux et places à faire publications et proclamations accoutumés en votre dit bailliage, et par la teneur d'icelui, sur leur foi, loyauté, obédience qu'ils nous doivent, qu'ils soient au cinquième Jour de février prochain venant ea notre ville de Mont-Didier en armes, prêts et appareillés, pour, en notre vyie de Paris ou ailleurs où nous voudrons ordonner et commander, nous suivir. En laquelle ville de Monl- Didîer ils trouveront gens de par nous qui les recevront, ordonneront sur paiement tellement que de ce devront être contents, et là leur feront «avoir où ils devront aller ; en faisant ce savoir à tous nos dits vassaux et sujets, nousmêmes leur défendons, sur le? peines dessus dites, et sur être rebelles et inobédients envers nous, et de forfaire corps et biens, pour quelconques mandements, prières et requêtes qu'ils aient ou puissent avoir du dit duc de Bourgogne ou d'autres quelconques, soit de notre sang et lignage, ou d'autnii, sous ombre et couleur de nous, de notre fait, ou autrement, ils ne s'arment ni voisent avecqne eux, ni obéissent en aucune manière sans notre licence ou congé : dont il leur appert par nos lettrespatentes de date subséquente & icelles présentes lettres ; s'ils étoient devers le dit duc de Bourgogne ou autres du parti pour venir, qu'ils s'en retournent et viennent le plus tét qu'ils pourront en leurs niaisons, supposé qu'ils fussent du lignage, homoies liges ou vassaux du dit duc de Bourgogne ou d'icelui, ou de ceux qui ainsi les auroient mandés ou que ils tinssent en fiefs d'iceux. Desquels de leurs pouvoirs et Juridictions, quant i ce cas, et pour cette fois, nous tant seulement nous les exemp-

tons et promettons de garantir et défendre de tous dommages et intérêts qu'ils pourroienC avoir & cette cause.

» Et en cas que après nos dites défenses et outre notre dit mandement, aucuns de nos vassaux et de notre bailliage se partiront pour aller servir en armes le dit duc de Bourgogne, ou aucuns qui sont Jà en son service ne s'en retoumeroient dedans le temps dû après la pu-» blication de ces présentes en leur maison et hôtel, mais demeurassent envers le dit duc de Bourgogne ou autres qui les adroient mandés, nous vous mandons et commandons, sur les peines dessus dites, que sans délai, excusatioi) ou autre dissimulation, vous mettez ou faites mettre en notre main réellement et de fait, par bon et loyal inventoire, tous leurs biens meubles, et aussi toutes leurs terres, maisons, rentes, profits et héritages quelconques; et iceux baillez à gouverner de par nous & personnes qui de ce puissent et sachent rendre raison, quand et où il appartiendra, en procédant outre aux peines contenues en ces présentes, ainsi comme par raison il appartiendra et devra. Et avec ce, que tous les séditieux, lesquels vous trouverez ou savoir pourrez en votre dit bailliage, qui par fausses relations ou mensonges trouvés, de fait ou autrement s'efforcent ou se veulent efforcer de mettr« nouvelles divisions en votre dit bailliage, ou qui continueront celles qui autrefois ont été en notre royaume, ou qui autrement viendront ou voudroient venir contre la dite paix, vous les prenez ou faites prendre, et punir comme vous verrez être à faire par raison. Et de ce faire vous donnons pouvoir, puissance, autorité et mandement spécial. Mandons et commandons À tous nos justiciers, officiers et sujets qu'eii ce faisant obéissent etenlendentdiligemmeni; et aussi & tous nos autres baillis, capitaines çl gardes de bonnes villes, chftteaux, ponts, passages, détroits et juridictions, mandons et commandons que ils fassent et signifient j et laissent nos dits sujets do votre dît bailliage atout leurs chevaux, bagues et autres biens quelconques, en venant devers nous ou ailleurs où nous les ordonnerons à aller pour notre service, venir, passer et repasser, et par le» lieux devant dits, en portant seulement vidinms sous scel royal de votre dit bailliage et certifl-

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

calion de vous, comment ils viennent jdevers nous ou ailleurs pour notre dit service, sans à eux ou aucun d'eux faire ou donner aucun mal, encombrier ou empêchement; nonobstant que par nos autres lettres nous leur eussions mandé et défendu qu'ils ne laissent pas ou souffrent aucuns gens d'armes, de quelque état autorité ou condition qu'ils soient, de notre sang ou autre, passer ni repasser par les dits lieux sans notre licence, dont il leur appert par nos lettres-patentes de date subséquente h ces présentes défenses devant dites.

» Donné & Paris, lo vingt-sixième Jour de janvier l'an mil quatre cent et treize, et de notre régne le trente-troisième.

» Ainsi signé par le roi, àla relation du grandconseil tenu par la reine, monseigneur d'Aquitaine présent. E. Mauregard. »

Lequel mandement fut envoyé, comme dit est, tant en la ville d'Amiens comme en plu-> sieurs autres villes du royaume de France; et avec ce furent envoyées autres lettres missives de par le roi à plusieurs villes sur les passages, par lesquelles il défendoit qu'au duc de Bourgogne ni à ses gens on ne flt aucune ouverture, sur peine d'encourir son indignation.

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