‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 226 sur 761 · CHAPITRE GXXXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE GXXXn

Comment I« duc de Bourgogne fit «wernUer im otpiuinei avecque leur* gcni pour bailler aecoun i ceux d'Arrai ; e( d« omis d'En, ^ tat hit ckaraUer.

En après, le duc de Bourgogne ayant volonlè et intention de donner secours & ceux ée la ville d' Arras, manda tous ses capitaines, aveeqne lesquels il conclut de les envoyer en ua certain jour entrer A puissance dedans le logis de Baudimont , où était l'avant-garde du roi , sous la conduite du duc de Bourbon, A feneoBr tre desquels dévoient saillir grand' quantité de ceux de ta ville, qui de ce étoient avertis : pour quoi iceux capitaines se mirent tous ensemble jusqu' A quatre mille combattants ; desquels étoient capitaines le seigneur de Groy, le seigneur de Fosseux , le seigneur de Jamont , le seigneur de CbAlons, messire Gautier de Eupes et plusieurs autres, qui tous ensemble chevattchèrent jusqu' A quatre lieues d'Arras ou environ. Et adonc ordonnèrent et mirent leurs coureurs devant; lesquels coureurs furent Athis et Jacques de Bavière frères, Louis de Buasy etaucuns autres, qui tous ensemUe furent pris des gens du roi et menés e» l'ost. Et pour tant les gens du duc de Bourgogne dessus dits, sactaaats la prise de leurs dits coureurs et aussi espérant que par iceux leur entreprise seroit acôtsée ,

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UYRE PREMIER.

tarait nouk (roiddél, e( twtfw 8«m riea besogner s'«D retooraérent obaoun en en sa garni» son; dont moult déplut au duo de Bourgogne.

Et est yrai que pour le t«up8 que le roi vint devant Arrag, ses gens prirent la forteresse d'A> Teanes-to^Comte, ^î étoit au dit duo, et celle d» ViUers-lftCbâtel, qui étoit au seigneur de Gownai, toatea deux & quatre lieues d'Arras, dedans lesquelles étoieat toujours grand mmubre de gens du roi qui moult travailloient le pays, et àossi faisoient savoir à leur ost toutes nouvelles et assenoblées faites par les dits Bour« guignons.

Durant lequel temps les assiégeants, e'est à savoir ceux de l'ost du roi, oontinuellement, eoBune dit est, s'effor«oieBt de Jour en Jour de grever et oombattre ceux de h ville par toutes veÎM et manières qu'Us pouvoient, taAt de eaooiM, veoglaires, bricoles et autres engins, et par ^écial au les ven YaudeaioBt travaillèmt fort ioeut asuégés des engins dessus dits, et aveeque ce par>4eBsous tes murs, en divers lieux, firent plusieurs mines; entre les» çkIIm en firent one contre le dit lieu de Yaudemoat sur ialwlion d'eatrer seorétonent dedans la cité, laquelle des assiégés fut apeifue par «ne oostre-mine qu'ils avoient faite, si fut rompue, et y eut grands poussis de laboea les uns contre les autres.

Eaire lesquels le eomte d'En combattit eontre msflsire Jean de Neufcbltd, seigneur de Monlagu, àsset vaillamment, Jà soit ce que lors il étoit Jeiine d'âge ; et ftat fait ébevaUer & eette besopie par la main de son beau-firérele doc de BoariMn. Après lesqudles armes les parties se départirent et retournèrent cbaerai à SQQ eMé. En outre, durant le dit siège messire LoinB Bourdon et autres furent logés en l'abbaye du Mont-Saint^Éloi, à deux lieues d'Arrasy laqueHe étoit dose dé bonne muraille tout autour, et y avoit de moult notables édifices, ^ tous, ou an moins la plu» grand* partie, furent dèpoufflès par les dessus dits de treillis, de flsr, de plomb, de elocbeset antres dioses portatives.

Ainsi, et par cette manière, fut pour cette saison la comté d'Artois moult oppressée et travaiUée par les gens du roi de France.

cHAPrmi: cxxxtn.

Comoeat le dne de BraUai M It eontaiw de Htiomt TinreU devers le roi devant Arras , et traitèrent la p«iz de lew, frère le duc de Bourgogne et de ses pays.

Après toutes cas besognes, le lendemain de la décollation de saint Jean-Baptiste, vinrent le duc de Brabant et la comtesse de Hainaut sa sœur devers le roi et le due d'Aquitaine, aveeque eux aucuns députés par les trois états de Flandre, pour traiter devers le roi et son fils de la paix du duo de Boorgogne leur trbté. Lesquels Ut venus, environ deux heurM du matm, ftirent Joyeusement refus du roi, do dit due d'Aquitaine et d'aucuns autres. En laquelle paix procurant Aireat données trêves entre les assiégeants et les assiégés, lesquelles durèrent Jusqu'en la fin du dit traité; laquelle paix et concwde flnablemènl fttite hit p«d»liée devant la lente du roi ta ion de la trompette, le mardi quatrième Jour de sep^ ten^v, à huit boires après dhier, et fit-on CQtmnande très étroitement et sur grands peines que chacun très incontinent de Tan et de l'antre côté ôtflt ses bandes, comme ceut de l'ost du roi, et hs Bourguignons leur croix Saint-Andrieif, taquelle chose tantôt ftit faite.

Après taquet paix (taite et publiée, se départirent de l'ost du roi ancuns seigneuni soufflrant fin de ventre, c'est à savoir Louis de Bavién, frère de la reine, messire Charles d'Albret, connétable de France, et aucuns autres ; de hiqaelle maladie étoit Je mort messire Aimé de SaOebruse, dammseau deCk)mmercy, et autres infinies personnes. Pour laquelle mala^ le roi, son conseil et ses princes furent éontrainls H plus enclins de convenir au traité de paix, afin de s'en retourner èi parties de France. Par k confusion du dit traité furent offertes au roi, de par le duo de Brabant et la dan» de Hainaut, pour et an nmn du dit duo de Bourgogne, les cieh de la ville d'Arras et de la cité, et aussi prtMnirent de mettre en l'obéissanoe du roi tontes les bonnes vflles et forteresses dn dit dye de Bourgogne, appartenants par tous ses pa^s an royaume de France.

Et adme fat ordonné par le roi et son conseil d'envoyer dedans M tités villes d'Arras et de laoitèlecomtedeTendéme, grand-mattred'hôtel du roi, pour en icelles prendre l'obéis-

CHRONIQUES D'ÊNGUERRAND DE MONSTRELET. [1414

sancc ; lequel là venu fit mellre les bannières du roi sur les portes d'icelle ville. En après reçut les serments des habitants, lesquels promirent d'être désormais bons et loyaux au roi ; et ce fait, le dit mattre-d'hôtel laissa de par le toi eb icelles ville et cité «Capitaine lé seigneur des Quesnes, vicomte de Poix, sauf et réservé que du don du roi ne furent pas empêchées la justice et revenues accoutumées du dit duc de Bourgogne.

Après lequel traité f\]t ordonné de par le roi et son conseil au duc de Brabant, à la dame de Hainaut, aux trois états et aux députés d'être et comparoir, à certain jour qui leur tai assigné, & Senlis, devers le roi et son conseil, pour du tout confirmer la dite paix et remplir les convenances faites par iceux au nom du duc de Bourgogne.

Et après, le mercredi cinquième jour de septembre, par nuit, environ douze heures, aucun homme mu de mauvaise volonté bouta le feo au logis du seigneur d'AIençon, lequel hâtivement fut si grand qu'à peine lui-même put issir et (ùir es tentes du roi : et quand le comte d'Armagnac vit le feu es dits logis fit sonner la trompette' et armer tous ceux de l'arriéregarde, lesquels armés, ensemble le duc de Bar, issirent en belle ordonnance de leur logis, es quels à leur département firent bouter le feu, et après par parties s'en allèrent mettre en bataille, les uns devant la porte Saint-Michel, les autres devant la porte^int>Nicolas, et aucuns devant la porte dé Haisarmes, afin qu'aucuns de leurs ennemis ne saillissent sur eux, car quelque traité qu'il y eût, n'avoient-ils pas grand' fiance en eux. Et tantôt le feu saillant de logis en logis, saillit et prit au logis du roi et es autres partout l'ost, et tellement et si soudainement les éprit que dans le quart d'une heure ensuivant, il convint quele roi, son fils, duc d'Aquitaine, et tous ses princes d^rdonnémenl se partissent et laissassent plusieurs prisonniers et autei de leurs gens malades, lesquels furent ars. Et avecque ce y demeura plusieurs engins , tentes , habillements de guerre et grand nombre de queues de vin, qui tous, ou an moins la plus grand' partie, furent péris par le feu ; et le duc de Bôurtwn, faisant l'avant-garde, se délogea assez ordranément de Yaudemont.

En lequel jour très matin issirent de la ville plusieurs de la garnison, gens de petit état, lesquels prirent et ravirent ce qu'ils purent atteindre des biens qui étoient en l'ost, et avecque ce plusieurs marchands et autres furent par eux détroussés, non(d>stant la défense devant dite ; et par spécial, les Bourguignons de Bourgogne se mirent hors en grand nombre et détroussèrent par ce jour {rinsieurs gens du roi.

Ainsi, et par cette manière, Charles, roi de France, lui départant de devant Arras parBapaume, s'en alla à Péronne, et de là à Noyon, à Compiègne et puis à Senlis, où il séjourna lui et ses princes tout le mois de septembre durant. Toutefois icelle paix et traité lirite devant Arras, parle moyen du dit duc de Brabant, de la dame de Hainaut et des trois états et députés de par le dit de Bourgogne, fut parconclue par la volonté et niveur de Louis, duc d'Aquitaine, premier fils du roi, lequel, comme dit est, avoit éponsé la fille du duc de Bourgogne. Et combien que par avant avoient, par ledit duc de Bourgogne, été soutenues aucunes mutations à Paris du temps que Ibt pris le duc de Bar et aucuns serviteurs du dit dac d'Aquitaine , outre sa volonté , pareilleneat aussi lui avoient fait ceux de la partie d'Orléans : c'est à savoir lui avoient ôté ses serviteurs et fait plusieurs choses contre sa v<donlé et plaisir, pour quoi il étoit très désirant ^pw toutes telles besognes fussent mises jus, afin que le roi et lui fussent servis et obéis en bonne union des princes et serviteurs de lenr sang et lignage ; et nonobstant qw par plusieurs fois lui tarent dites et remontrées aucunes conclusions qui avoient été faites contre le duc de Bourgogne à Paris devant te parlement du roi, si répondit franchonent à ieeox qu'il feroit finir la guerre, et qu'il voyoit bien que par le moyen d'icelle le roi et son royaume étoient en voie de perdition. Et poarlant, comme dit est, se conclut sttbiende paix, de laquelle la teneur s'ensuit.

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