‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 247 sur 761 · CHAPITRE GLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE GLI

Comment le roi de France fit grand' «MemUée de geni d'arme) par tout wn rojaume, pour résister à l'eneanlre du roi Henri, et des mandemenu qu'il enroja pour ce faire.

Après qu'il fut venu à la connoissance du roi de France, de ses princes et de son grand- «ooseil comment la ville de Harfleur étoit rendue en la main de son adversaire le roi d'Angleterre, doutant que celui roi voulstt derecher faire autres entreprises sur son royaume, afin d'y résister, fit mander par tous ses pays la plus grand' puissance de gens d'armes qu'il put finer ; et pour ce faire envoya à tous ses baillis et sénéchaux ses mandements royaux contenant entre les autres choses comment il avoit envoyé par avant ses ambassadeurs devers le dit roi d'Angleterre en son pays lui offrir sa flUe en mariage avec terres et grands finances pour venir à paix, laquelle il n'avoit pu trouver. Mais de fait icelui roi d'Angleterre l'étoit venu envahir en son pays et assiéger la dite ville de Harfleur et la conquerre, dont il étoit moult déplaisant; et pour ce requëroit bien insta.mment à tous ses vassaux et sujets que sans délai le voulsissent aller servir.

Et mènoement manda en Picardie, par ses lettres closes, aux seigneurs de Croy, de Waurin , de Fosseux, de Gréquy, de Helchin, dé Brimeu, de Mammez, de La Yiefville, de Beaufort, d'Inchy, de Noyelle, de NeufviUe et autres nobles, que incontinent le vinssent servir avec toute leur puissance, sur tant qu'ils douioient & encourir son indignation, et qu'ils allassent devers le duc d'Aquitaine, son fils, lequel il avoit commis chef et capitaine-général de tout son royaume. Lesquels seigneurs de Picardie délayèrent à y aller, pource que le duc de Bourgogne leur avoit mandé et écrit et à tous ses sujets qu'ils fussent prêts pour aller avec lui quand il les manderoil, et n'allassent à quelque mandement d'autre seigneur, de quelque état qu'il fût. Et pource que les dessus d^ts gens d'armes ne se hAloient pas assez pour aller servir le roi, furent derechef publiés nouveaux mandements, dont la teneur s'ensuit :

« Charles , par la grâce de Dieu , roi de France, au bailli d'Amiens ou à son lieutenant, salut.

» Comme par autres nos lettres nous vous eussions mandé faire commandement par proclamations et publications par tout votre bailliage à tous nobles et autres ayant puissance et coutume d'eux armer, et à tous autres gens de guerre et de trait demeurant en votre dit bailliage et es mettes d'icelui qu'ils fussent appareillés et venissent hâtivement devers nous et notre très cher et très aimé fils le duc d'Aquitaine, notre lieutenant et capitaine-général, car jà pieça que nous partîmes à aller contre notre adversaire d'Angleterre, qui adonc étoit descendu en moult grand' puissance de gens d'armes et de trait et maints habillements de guerre en notre pays de Normandie, auquel pays après ils se tinrent à siège devant notre ville de Harfleur, laquelle, par négligence ou remanance ou retardement que vous et autres avez fait d'exécuter nos dites lettres, et par défaut de secours et aide, il convient que nos nobles et bons et loyaux sujets étant en icelle, nonobstant très grand' et très notable défense qu'ils firent, et que plus ne pouvoient résister à l'oppression et A la force des dits nos ennenemis, rendirent à iceux la ville par violence ; et pource qu'il touche i chacun de nos sujets, la conservation et défense de notre domination, nous qui avons délibéré et du tout conclu de ravoir et recouvrer par puissance notre dite ville, et combattre et débouter de notre royaume notre dit adversaire et sa puissance, h sa grande confusion, à l'aide de Dieu et de la benoîte vierge Marie et de nos bons, vrais et loyaux parents et sujets, desquels de présent nous requérons l'aide et secours : vous mandons, et le plus expressément que faire pouvons, enjoignons et commandons, en commettant par ces présentes, que sur la foi et loyauté que nous devez, et sur tout ce que vous pouvez forfaire envers nous, que derechef, incontinent vues ces présentes , vous fassiez commandement à tous autres de votre dit bailliage, Â leurs personnes, à leurs hôtels et domiciles, et à toutes gens qui ont accoutumé d'eux armer et servir guerre, et aux autres ayant puissance d'eux armer, par proclamations solennelles es bonnes villes et autres lieux ésquels en votre dit bailliage on a accoutumé de faire proclamations, tant et si souvent qu'aucun ne puisse prétendre ignorance que sur peine d'être ré-*

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

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puté pour inobédients et de forfaire corps et biens iceux, incontiaent après les dites proclamations , publications et commandements, viennent armés et suiDsamment habillés, et iceux qui ne pourroient venir pour trop grand' vieillesse, débilité, infirmité ou jeunesse, qu'ils envoient personnes suffisantes, armés et habillés chacun selon sa puissance, devers nous et notre dit fils ; et & ce faire vous les contraignez par la caption de leurs biens, en mettant en leurs maisons mangeurs à leurs dépens, et par toutes autres voies et manières qu'en tels cas est accoutumé de faire, pour nous aider h combattre notre dit adversaire et sa puissance, et à débouter hors de notre dit royaume à sa grand' confusion, comme dit est.

» Et néanmoins ces choses signifiées aux bourgeois et habitants des bonnes villes de votre bailliage, en commandant à iceux et requérant de par nous que tous les engins, canons et artilleries qu'ils ont, et dont maintenant ils n'ont point besoin, ils, sans délai, envoient pour nous aider en ce que dit est, lesquels nous leur ferons rendre et restituer ; et en ce vous procédez par si grand' diligence que par vous plus nuls inconvénients n'ent>uissent ensuivre à nous, à notre domination et sujets. Sachant que si aucunes choses par votre défaut s'ensuivoient , que Dieu ne veuille ! nous de ce vous ferions si grièvement punir que ce seroit exemple à tous autres. Mandons et commandons à tous nos justiciers, officiers et siyets qu'à vous et à vos commis en cette partie obéissent et entendent diligemment; et de la réception de ces présentes renvoyez certification à nos amés et loyaux les gens de nos comptes à Paris, pour valoir en temps et es lieu.

» Donné à Meulan , le vingtième jour du mois de septembre l'an de grâce mil quatre cent et quinze, et de notre règne le trente-six. » Ainsi signé par le roi et son conseil. » Après lequel mandement publié à Paris»

Amiens et autres lieux du royaume, le roi envoya devers les ducs d'Orléans et de Bourgogne ses ambassadeurs eux requerre bien acertes que chacun d'eux lui voulstt envoyer cinq cents bassinets. Le dit duc d'Orléans fut content d'envoyer; mais depuis y alla lui-même avec toute sa puissance. Et le duc de Bourgo-

gne fit réponse que point n'y enverrait ses gens, mais iroit en propre personne avec tous ceux de ses pays servir le roi ; néanmoins, paf aucune attargation qui survint entre eux , n'y alla pas ^ , mais grand' partie de ses gens se mireat «us et y allèrent.

CHAPnnRE GLn.

Conmenlteroid'Angielerre entra dedtiu HarneuridMordoniuncea qu'il j Qt; du TOftge qu'il enlrepritl venir à Gtlaii, et du gouTememenl des PiaufOis.

Or est TrAi qu'après le traité fait et conclu entre le roi d'Angleterre et ceux de-la ville de HarOeur, comme dit est , et que les portes fta* rent ouvertes et ses commis entrés dedans, ioelui roi à entrer en la porte descendit d« dessus son cheval et se fit déchausser; et et tel état s'en alla jusqu'à l'église Saint-Martin, parrochiale d'icelle ville, et là fit son oraison très dévotement, eh regraciant son créateur de sa bonne fortune. Et après ce qu'il eut ce fait, fit prisonniers tous les nobles et gens de gO0rr0 qui étoient léans, et depuis, bref ensuivant, les fit mettre hors de la Ville, grand' partie vêtus de leurA pourpoints tant Mulflfflenl, moyennant qu'ils furent mis tous par nom et surnom en écrit} et Jurèrent sur leur tci d'eux rendf e prisonniers en la ville de Calais, dedans la Saint-Martin d'hiver procbain ensuivant. Et sur ce se partirent. Et pareillemeoi furent mis prisonniers grand' partie des bourgeois de la ville ; et fallut qu'ils se rachetassent de grand' finance ) et avec oe tarent bouté» dehors la plus grand' partie des femmes avec leurs enfants; et leur bailloit^on au partir à chacune cinq sous et une partie de leurt vêtements. Si étoit piteuse chose de voir les regreti que falsoient iceux habitants, délaissant ainsi leur ville avec leurs biens, fin outre furent licenciés tous les prètrea et geâs d'é^te. Et quant est des biens qui là furent trouvés, il ea y avoit sans nombre , lesquels deineurèreal au dit roi, et les fit départir selon son bon plaisir. Toutefois deux tours qui étoieot sur la

mer moult fortes se tinrent environ dix jours^

' Henri V avait envoyé an mois d'ao&t en amba£' ude Philippe Morgan, pour traiter d'une alliance avec lui. (Voyez Rjmer, i l'année Hii.)

d^iik la raiditioB ds la viU«( iet aprèt se ron- Areot (MHQBW les autres.

£ii aprte , le éit roi aoglois eoToya en An^ gleterre « par Calais , grand' partie de son est , menant par navire grands dépouilles de prisonniers et MginS) en laqneUe compagnie étoil principal eapilaine son frère le doc de Glarencd et le comte de Wat-wiok. Bl le dit roi fit rëpa> rer les murs et fossés de la dite ville de HarfleoTt et puis y mit garnison de ses Angiois , einq eenis Hommes d'armes et mille archers , desquels étoit capitaine sire Jean Le tHoad * , cbeTalier, et avecqne oe j mit grand' provision de vivtes et habillements de guerre.

Après, ettk Un de quinie jours> se partit le dit roi de la ville de HarfleUir^ veuillant aller A Calais accompagné de deux miUe hemdies d'armes et traite nulle arcbnv on envirota , avecque grand nombre d'autres gâns , et s'en alla loger & Fauville et es lieux voisins. Après, en tressant le pays de Caux , vint vers le comté d'Eu. Et tat vrai que lés coureurs des ikls Angiois vinrent devant la ville d'Eu « de^ dans laquelle étoient plusieurs François qui saillirent à l'eneontre d'eux, entre lesquds étoit on trèsvaUlant homme d'armes ndmmd Laneelet Pierres , lequel , courant contre un Angiois , de fer de lance fut féru par eiitre deux lames au travers du ventre^ dont en la fin en DMNirut) et depuis qu'il fût navré à mort i tua le dit Angiois. Pour laquelle mort du dessus dit Lancelot furent la comte d'Eu et phisieurt autres Franfois très ennuyés. Et de U ioehii roi d'Angleterre , trépassant le Yimeu , avait volonté de passer la rivière de Smnme è laBlanehe-Tache, oà jadis passa son aléul Edouard, roi d'Angleterre , quand il gagna la bataille de Crécy contre le roi Philippe de Va* lois 3; mais, pour tant que les Fraufois & grand' puissance gardoient le dit pasriagë « comme il fût averti pat- les dits cohrsnrs, reprit son cboiiiB, tirant vers Araines, embrasant et ardant plusieurs villei , prenant boin^ mes et ehimenant grands proies. Et le diman^

• Bolmil HoMngthfed, l« rot nomtha te due «rxieter tmwatar d'Hirfleur, et itr John Futolfe lienteBUtgoatemeur. Le doc de Clarenee relooma en Angleterre, i censé de l'épidémie qoi tbt fi tnaette & l'armée devant Harflenr.

* VoTM FreliHrt.

ohe treiiième jour d'octobre fût logé à Bailleul en Yiiheu. Et de là passant pays, etivoya graiid nombre de ses gens pour gagner le passage du pont de Remy; mais les seigneurs deOaueoui-tr et du Pontde^Remy avec ses enfaiits et grand nombre de gens d'armes déflendirent bien et roidement le dit passage contre iceux Ânglois ; pour quoi le roi d'Angleterre , bon pouvant passer, s'en alla loger A Hangesl-sur-Somme et es villages é l'environ.

Et adono étoient & Abbeville messiré Charles d'Albret) connétable de France, le maréchal Bodcicaiit, le conite de Vendôme « grand-mattre<l'hôtel du roi, le seigneur de Dampierre , soi disant amiral de France, le duc d'AIençon et le comte de Rtohemont avec autre grand' et notable chevalerie, lesquels , oyant les noil^ velles du chemhi que tenoit le roi d'Angleterre, se départirent « et allèrent A Gorbie et de lA A Péronoe, toujours leurs gens mt le pays assea près d'edx , eontendant garder tous les passa' ges de l'eatt de Soàuiie contft les dits An"

Et le dit rei d'Angleterre de HAngest s'en alla passer auPont-Audemef, et par datant U ville d'AmientI, s'en aUa loger A Bovas et Après A Harbonniè^t YauviUer, BaUVilIer. Et toujours les dits François côtoyoient par l'autre les da la âomme. Finablement le roi d'Angleterre passa l'ean de Somme le tendeuain â« la Saint-Lhe, par le passage de Voyenne et de Béthettoourt, lesquels passages n'avaient pas été rompus par eeux deâaint-Quentin, comme il leur avait été enjoint de par le roi de France. Et alla le dit rei d'Angleterre log^r AMouchyla-6aohe , et vers la rivière de Miraunont ; et les seigneutt de Frahce et tous les François se tirèrent A Bapaume et au pays A l'anviren.

CHAPiïRË CLin.

GemneDl le roi ée France et itlusienrt de m ikrineei étant avec lui i Rooen cenctureal en tonieil qae le roi d'Aogl»terre seroit combattu.

Durant le temps dessus dit, le roi de France et le duo d'Aquitaine vinrent A Rouen, auquel lieu, le vingtième jour d'octobre, fût tenv. ntl conseil pour savoir ce qui étoit A faire contre le roi d'Anglelerre. Auquel lieu forent présents le roi Louis, les dues deBerri et de Bre-

CHRONIQUES D'ËNGUËRRÀND DE MONSTRELET

tagne, le comte de Ponthieu, mains-né fils du roi, les chanceliers de France et d'Aquitaine , et plusieurs autres notables conseillers , jusqu'au nombre de trente-cinq ; lesquels, après que plusieurs choses en présence du roi eurent été pourparlées et débattues sur celte matière, fut en la fin conclu par trente conseillers du nombre dessus dit que le roi d'Angleterre et sa puissance seroienl combattus ; et les cinq, pour plusieurs raisons , conseilloient pour le meilleur à leur avis qu'on ne les combattit pas au Jour nommé ; mais en la fin ftat tenue l'opinion de la plus grand' partie. Et incontinent le roi manda détroitement à son connétable, par ses lettres et à ses autres officiers , que tantôt se missent tous ensemble avec toute la puissance qu'ils pouiroient avoir, et combattissent le dit roi d'Angleterre et les siens. £t lors après ce ftit hâtivement divulgué par toute France que tous nobles hommes accoutumés de porter armes , veuillants avoir honneur, allassent nuit et Jour devers le connétable où qu'il fût. £t mèmement Louis , duc d'Aquitaine , avoit grand désir d'y aller, nonobstant que par le roi son père lui eût été défendu ; mais par le moyen du roi Louis de Sicile et du duc de Berri , il fut attargé de non y aller.

Et ad(»c tous seigneurs en grand' diligence se tirèrent tous ensemble devers le dit connétable , lequel approchant le pays d'Artois en- 'voya devers le comte de Charolois, seul fils du duc de Bourgogne , le seigneur de Montgoguier, pour lui certifier la conclusion qui étoit prise de combattre les An^ois , en lui requérant bien, affectueusement de par le roi et le dit connétable qu'il voulstt être à icelle Journée. Lequel de Montgoguier le trouva à Arras, et {lit de lui et de ses seigneurs très honorablement reçu. Et après qu'il eut exposé la cause de sa venue au dit comte de Charolois , présent son grand-conseil, lui fut répondu par les seigneurs de Roubaix et de La Yiefville, qui étoient avec lui ses principaux gouverneurs , que sur sa requête il feroit si bonne intelligence qu'il appartiendroit, et sur ce se partit. Toutefois, Jà soit ce que le dessus dit comte de Charolois désirât de tout son ceeur d'être à combattre les dits Anglois, et aussi que les dits gouverneurs lui donnassent à entendre qu'il y

seroit , néanmoins leur étoit défendu expressément de par le duc Jean de Boui^ogne son père et sur tant qu'ils pouvoient méprendre envers lui qu'ils gardassent bien qu'il n'y allât pas. Et pour cette cause , afin de l'éloigner, le menèrent de la dite viHe d'Arras à Aire. Auquel lieu furent derechef envoyés de par le connétable aucuns seigneurs , et Montjoie, roi d'armes du roi de France , pour faire pareilles' requêtes au dit comte de Charolois comme les devant dits. Mais à bref dire fut la besogne toutefois attargée par les dessus «Sis gouverneurs; et mèmement trouvèrent manière de le tenir dedans le cbfttel d'Aire le plus coyment et secrètement qu'ils pnrait faire, afin que pas il ne fût averti des nouvelles ni du Jour de la dite bataille.

Et entre-temps la plus grmd' partie des gens de son hôtel, qui sayoient bien les besognes approchées, se partirent coyment et secrètement sans son su, et s'en allèrent secrètement avec les François pour être à la dite journée et combattre les dits Anglois. Et demeurèrent avec le dit comte de Charolois le jeune seigneur d'Antoing et ses gouverneurs dessus dits. Lesquek en la fin, pour l'apaiser, lai déclarèrent la défense de non le laisser aller i icelle besogne, ce qu'il ne prit pas bien en gré ; et comme je fus informé, pour la déplaisance qu'il en eut se retrahil en sa chambre très fbrt pleurant.

Or, convient retourner au roi d'Angleterre , lequel de Moucfay-la-Gache , où il étoit logé, comme dit est dessus, se tira par devers Encre, et alla loger en un village nonuié Forceville , et ses gens se logèrent à Acheu et es villes voisine». Et le lendemain , qui étoit le mercredi , chevaucha par emprès Lucheu , et alla Ic^er. à Bouviers-l'EcaiUon ; et le doc d'York, son onde ,' menant l'avant-garde , se logea A Fremont, sur la rivière de Cahche.

Et est vrai que pour cette nuit les dits Ao- 0ois furent bien logés en sept ou huit villages en l'éparse. Toutefois, ils n'eurent nuls empêchements, car les François étoient allés pour être au-devant d'iceux Anglois vers Saint-Pel et sur la rivière d'Anjain. Et le jeudi , le des' sus dit roi d'Angleterre de Bouviers se délogea ; et puis, chevauchant en moult belle ordonnance, alla jusqu'à Blangy, auquel lieu»

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