‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 257 sur 761 · CHAPITRE CLX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLX

Gomment le duc de Brtugnâ tint S Paris et poér^noi. Oa parlement du duc de Bourgogne de Lagnr-eur-Mame, et de la priM de meaaire Martelel du Meanil el Ferrj de MalUt.

En ces propres jours , Jean , duc de Breta^ gne, alla è Paris pour traiter devers le roi que le duc de Bourgogne pût aller devers lui atout sa puissance , laquelle chose il ne put inpè» trer ; «t pour tant s'en Retourna assez tôt après en Bretagne. Mais devant son parlement tu courrouça moult fort ft messire Tannegiiy dtt Chfttel , prévôt de Paris , qui lui dit plusieurs injures, pour ce qu'il avoit fait mettre en prison en GhAtelet le ministre des Mathurins, doctetit- en théologie , lequel avoit fbit deVanI le dit prévôt] et peuple de Paris une propMi>' tion de par le duc de Bourgogne. Et bref en-^ suivant le dit prévôt le délivra franc et quitte. En outre , le dit dilc de Bourgogne , après qu'il eut été bien dix semaines en la ville de Lagny-8ur*Marne, voyant que par nul moyen ne pouvoit impétrer devers le roi ni bob con<seil d'entrer dedans Paris, sinon A son simple état , se partit de lA , allabt è Dammartin , et puis vers Rheims ) et de Ut par Laonnois, Thié« rasche el Cambresis ; et vint en la ville do Douai, et de là à Lille. El toujours durant ce temps avoit très grand nombre de gens d'armes sur les champs, desquels le pauvre peuple étoit moult fort oppressé. Toutefois & son pat' tement de Lagny fut poursuivi par aucims soudoyers du roi, lesquels vers le pont àVaire prirent et occirent de ses gens , dont grandement fut mal content. Et pour sa lohgue dé' meure dedans ioelle viUe de Lagny, les Pari« siens et autres gouvemeord du roi le nom* moient, en commun langage, Jean de Làgnjr. Et après , quand il ftat retourné, comme dil est , en la ville de Lille , aucun peu de temps I enniivint, s'en alla en Brabant tiiiier m» dau

CHRONIQUES D'£NGUËE(RàND DE MONSTRËLËT.

neveux, c'est à savoir Jean et Philippe, fils au dac Antoine de Brabant. Et lors prit avec lui Philippe le mains-né , et mit un commis qui gouverna toute la terre , et institua officiers , c'est A savoir es comtés de Ligny et de Saint- Pol, et toutes les autres appartenances qui furent jadis au comte Waleran de Saint^Pol , tayon des dessus dits enfants. Et de là retourna en Flandre , et ordonna au seigneur de Fosseux, capitaine de Picardie, A faire retraire tous ses capitaines , et leurs gens d'armes , hors de ses pays d'Artois et des mettes environ. Et pource que les aucuns Ira vailloient moult fort les pays du roi , le vingt-quatrième jour de janvier, par nuit, Remonet de La Guerre, le prévôt de Compiègne et le seigneur des Bosqueaux , gouverneur de Yalois , par le commandement du roi et son conseil , assemblèrent secrètement grand nombre de gens d'armes, et se férirent au logis messire Martelet du Mesnil et Ferry de Mailly , qui étoient logés au pays de Santerre , en aucuns villages , atout bien six cents hommes de plusieurs terres assemblés , et faisant grands dérisions sur le plat pays. Lesquels par les dessus dits furent tous morts, pris ou détroussés, sinon ceux qui échappèrent par fuite. Et furent les dits messire Martelet et Ferry de Mailly pris prisonniers, et emmenés A Compiègne. Toutefois , le jour de la Purification Notre-Dame , le dit messire Martelet et quatre autres gentilshommes , après ce qu'ils eurent été questionnés par les officiers du roi , furent traînés et puis pendus au gibet de Compiègne ; et depuis le dit Ferry de Mailly, par le moyen d'aucuns de ses amis, fut mis A pleine délivrance.

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