‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 316 sur 761 · CHAPITRE CCVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCVI

Comment la daupbine fut renvoyée i ton m«ri le dauphin ; du iiége de Tour* en Touraine, et du gouvernement qui lor« (« biaoit de par le roi et le duc de Bourgogne.

En ce même temps, par le consentement du roi de France, de la reine et du duc de Boui^ gogne , ftit renvoyée honorablement Jusqu'en AqJou la femme du dauphin , qui avoit été trouvée à Paris à la prise , et lui furent, délivrées à son parlement toutes ses bagues , afin que le dit dauphin fût plus enclin de venir à paix et retourner avec le roi son père ; mais ce rien n'y valut, car ceux qui le gouvernoient ne l'eussent jamais souffert , parce qu'ils savoient que s'il y retournoit, seroient destitués de leurs états et gouvernements. Et aussi vint adonc devers lui le Jeune comte d'Armagnac très grandement accompagné de plusieurs nobles hommes, lequel fit grand' plainte delà cruelle mort de son père, connétable de France, et des autres seigneurs qui naguère avoieut été mis à mort. Auquel comte d'Armagnac fût répondu par le dauphin et son conseil que de ceux qui les avoient occis on en feroit bonne et briëve Justice en temps et en lieu. Et adonc icelui dauphin atout grand' puissance de gens d'armes alla mettre le siège devant la ville de Tours en Touraine , de laquelle étoient capitaines messire Guillaume de Rommenel, chevalier', et Charles Labbe; lesqueb, dedans brefs jours, rendirent la ville au dauphin. Et mèmement se tourna le dit Charles Labbe de son parti, en faisant à lui serment ; et les gens d'armes qui étoient avec lui, non veuillant foire

serment, eurent sauf-conduit pour aller où bon leur sembla. Auquel lieu de Tours demeura le dit dauphin et tout son état par certaine espace de temps.

Et d'autre part , le duc de Bourgogne , qui avoit le roi et la reine du tout en son gouvernement, se faisoient toutes besognes es pays à eux obéissants à son plaisir. Et pour tant que par lui les aides que souloit de payer le peuple avoient été mises jus , il causa avec le conseil du roi certains mandements contenant qu'il falloit les dites aides payer pour secourtrla ville de Rouen, laquelle étoit moult, IravaiUèe par le siège des Angiois. Et de fait fUrenl remises sus ; et avec ce fut requis aux Parisiens de prêter certaine somme de pécune pour le secours dessus dit. Lesquels s'accordèrent et prêtèrent cent mille francs, par condition que de chacune queue de vin vendue en leur ville ils auroient douze deniers , et le recevraient par leurs mains tant qu'ils seroient restitués de la dite somme. Et pareillement furent levées grosses aides par tous les autres pays de l'obéissance du roi , c'est à savoir en l'évèché de Beauvais et es bailliages d'Amiens, de Yermandois et d'ailleurs. Auxquelles finances lever et cueillir au dit bailliage d'Amiens furent commis maître Robert Le Jeune, avocat en parlement , et un des seigneurs de parlement du roi , et aucuns officiers pour contraindre les refusants.

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