LIVRE SECOND
(rouYé en son lit. Et entre-temps, les dessus dits, en traversant les fossés parmi l'eau, et montaol par Rebelle de dedans la basse-cour au dit lieu, prirent le guet; et après ils s'eov* bûchèrent devant le pont du donjon ; et, au malin, quand le portier avala le dit pont, ils saillirent sus, les èpées traites, et oocirent et tuèrent le dit portier ; puis entrèrent tout paisiblement dedans, sans y trouver quelque défeose ni empêchement, Jà soit ce que ce fût la plus forte place et mieux gardable qui fût en toutes les marches es pays d'environ. Pour laquelle prise, tout le pays, ce sachant, fut mis en grand effroi ; et mèmement ceux du Ch&-' tel en Cambresis et le dit évèque , qui léans étoit à celle heure, furent moult grandement émerveillés que ce pouvoit être; car, pour lors, p'ëloit au dit pays nouvelle de nulle guerre. Toutefois, l'évèque de Cambrai envoya aucuns de ses gens, avec grand' partie de la communauté du dit chfttel, jusqu'au dit lieu de la Malle-Maison, pour savoir et connottre qui c'étoit. Et eux là venus et arrivés, parlèrent à aucuns de ceux qui l'avoient prise : lesquels, par malice, firent leur cri de Bourgogne et de Luxembourg : et pour tant les dessus dits envoyés s'en retournèrent en la dite ville du (Mtel en Cambresis.
El bref ensuivant, le dit messire Jean Blondel se pourvut de vivres et de gens en grand' abondance; et après commencèrent à courir et à fouler le pays de Cambresis et plusieurs autres, en faisant maux inestimables. Avec lesquels s'assemblèrent, par plusieurs fois, & faire les dites courses aucuns des gens du duc de Bourgogne et de messire Jean de Luxembourg. Et entre-temps, icelui évèque envoya par devers le duc de Bourgogne savoir si c'étoit de son consentement que sa forteresse avoit été prise. Auquel fut répondu que non, ains seroit conforté et aidé par le dit duc tant qu'il r'auroit sa forteresse.
Item, après la mort et trépas du duc Jean de Brabant, fut faite une grand' assemblée de seigneurs en la ville de Valenciennes ; à laquelle furent le duc de Bourgogne, les comtes deNamur, de Penthiëvre et de Conversan, le prince d'Orange, messire Jean de Luxembourg, les évèques de Tournai et d'Arras, et plusieurs autres nobles gens d'église; et fut
pour la cause de savoir qui aoroit le gouverpementdu pays de Hainaut. A quoi par mûre délibération de conseil fut ordonné et établi que le dit pays demeureroit en la main et goii>vemement du duc de Bourgogne; lequel, sur ce, y pourvut de gouverneurs et olDeiers. Ea cet an, le comte de Warwick et plusieurs autres Anglois tinrent siège devant la ville de Pont-Orson ) et tant contraignirent les assiégés qu'ils se mirent en composition, et promirent de, à certain jour, rendre le fort en la main du dit comte de Warwick, en cas qu'ils n'auroient secours des François et Bretons si fort et puissant que pour combattre icelui comte. Lequel secours ne fut point envoyé; et pour tant, comme promis l'avoient, repdirent la place aux Angtois.