‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 462 sur 761 · CHAPITRE XUn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUn

Comment meMire Jean Bkmdel rendit la (ortereMe de U Malle-Maiaon, qu'U avoll priie, laquelle apparlenoU 1 l'értque i» C«mbii|i.

En après, le duc de Bourgogne alla i Mons en Hainaut, avec lui grand nombre de ceux de son conseil ; et là, comme dit est, constitua plu» sieurs olBciers natifs du pays pour gouverner la seigneurie d'icelui ; auquel lieu , par saufconduit , alla le dit messire Jean Blondel , qui par le dit duc fut plusieurs fois sommé et requis de rendre et restituer à l'évêque de Cambrai sa forteresse. Auxquelles requêtes il ne voulut en rien obéir ; mais en dissimulant, s'excusoit aucunement. Toutefois , le dit duc de Bourgogne et son conseil condurent et délibérèrent de bailler gens et aide au dit évèque pour assiéger et reconquèter sa dite forteresse. Et pour ce faire, le dit évèque manda ses amis^ et se mit en armes atout ce qu'il put avoir de gens. Pour lequel aider et réconforter, y furent commis et ét«Â>lis de par le duc de Bourgogne messire Guillaume de Lalain , bailli de Hainaut, Le Bègue de Launoy, chevalier, gouverneur de Lille, et aucuns autres nobles hommes, et certain nombre de gens d'armes. Durant lequel temps , messire Jean Blondel , oyant ces^ nouYelles,et sachant que le dit duc de Bourgogne avoit son fait mal agréable , condescendit à traiter, et conclut et délibéra de rendre la forteresse, moyennant que sa paix seroit faite de-

CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET

vers le duc de Bedfort et le duc de Bourgogne, et si lui seroienl rendues ses forteresses et seigneuries , lesquelles ëtoient en la main du roi Henri deLancastre, comme confisquées, et avec ce , emporteroient lui et ses gens tous leurs biens, et si auroit pour les dépens quatre mille écus ; lesquelles choses en conclusion lui furent accordées et promises, et de ce baillée sûreté. Et par ainsi, délivra la Malle-Maison en la main dé Baltbazar , bâtard du Quesnoy , qui par le duc de Bourgogne y fût commis et institué à le garder à certaine espace de temps. Et pour payer la dite somme et autres frais, fut mise sus une grande taille par tout le pays de Cambrésis , tant sur gens d'église comme autres , lesquels à ce payer dirent contraints très rigoureusement .Après lesquelles besognes, par le consentement du dit évêque et d'aucuns autres du pays, fut la dite forteresse de la Malle- Maison abattue et du tout démolie , dont ce fut moult grand dommage : car c'étoit la non pareille et la mieux édifiée qui fût en tous les pays à l'environ et au plus fort lieu. Ainsi messire Jean Blondel, par force de mal faire , vint à son intention ; et fut, comme dit est, restitué et remis en la possession de tous ses héritages et édifices.

Page 1