LIVRE PREMIER
TaDée où son père avoit été oint et couronné roi, et là flt une conjuration contre son dit père et se fit enoindre roi. Et flt tant qu'il eut dix mille hommes qu'il attrahit à son accord; et s'en vint en Jérusalem avec les dix mille hommes dessus dits, pour occire son dit père et prendre la possession de la dite ville. Son dit père, quand il cuit les nouvelles de cette chose , se partit de la Tille tôt et hâtivement , et avec lui ses loyaax amis ; et se retrahit en une ville forte outre le fleuve du Jourdain , où il manda ses loyaux amis partout où il put , et Abralon tous les siens au contraire. Brièvement Journée de bataille fut prise , et fut la bataille en la lande d'une forêt, là où vint Absalon en personne, garni de très grand' compagnie de gens d'armes ; et flt prince de sa compagnie son conseiller, c'est à savoir un chevalier nommé Amasa. Le roi David y vouloit venir en personne, mais Joab, qui étoit son grand connétable, et les autres chevaliers lui conseillèrent (pi'il demeur&t en la forêt , pource qu'il étoit vieil et ancien. Si demeura ; mais pource qu'il étoit très expert en fait de bataille et tant bon chevalier que c'étoit un des preux du monde , lui-même ordonna trois batailles ; desquelles Joab, saa connétable-général, fût capitaine de la première bataille , et Misai , frère de Joab , de la deuxième; et de la troisième fut capitaine Escfaey, fils de Jeth. Et puis l'estour fut grand et la bataille cruelle.
La partie du déloyal Absalon fut la plus foible, les uns furent occis et les autres s'enfuirent.
n advint qu'icelui Absalon, en fuyant sur sa mule , après la déconfiture , passa en la forêt par dessous un chêne épais de branches et moult fort ramu; lesquelles branches venoient si bas que les cheveux du dit Absalon s'entortillèrent autour d'une des branches, ainsi qu'il coidoit passer par dessous. Si demeura pendant par ses cheveux et son mulet passa outre ; car le dit Absalon avoit ôté son heaume pour le chaud et pour mieux courre, et avoit de^ cheveux plus que deux autres , qui lui battoient Jusqu'à la ceinture ; si se levèrent en haut en courant et s'entortillèrent entre les branches du dît arbre ; et pour ce demenra-t-il là pendu par manière de miracle pour la grand' trahisoD et déloyauté qu'il avoit perpétrée & ren-
contre de son père , son roi et son souverain seigneur.
Et en outre, si advint qu'un des gens d'armes d'icelui Joab, connét{ô>le du roi David, le trouva là pendu, et tantôt le courut dire à Joad, lequel Joad lui dit : ^
« Si tu l'as vu, pourquoi ne l'as -tu occis? » Je t'eusse donné dix besans d'or et une bonne » ceinture. » Lequel répondit à Joab : « Si tu » me donnois mÛle besans d'or, si n'oserois-Je » toucher à lui ni lui faire quelque mal : car » j'étois présent quand le roi te commanda et » à tous les gens d'armes : Gardez -moi mon » enfant Absalon, et gardez qu'il ne soit oc- » cis. » Et Joab répliqua : « Le commande- » ment que le roi avoit fait étoit contre son » bien et son honneur, car tant comme le dit » Absalon aura vie au corps , le roi sera tou- » Jours en péril et si n'aurons à paix au » royaume : mène-moi où est le dit Absalon. » Il lui mena présentement ; si trouva Absalon pendant par les cheveux, et lui ficha trois lances dedans le corps en droit le cœur, et puis le fit jeter en un fossé et lapider et couvrir de pierres. Car selon la loi de Dieu, pource qu'il étoit traître , tyran et déloyal à son père , son roi et souverain seigneur, il devoit être lapidé et couvert tout de pierres.
Quand David sut la nouvelle que son fils étoit occis , il monta en une haute chambre , et se prit à plorer moult tendrement, et dit ces paroles :
FUi mi Abtalon, '/Ui mi, qui» miki tribuat ut ego moriar pro te, Absalon pli mi !
Il fut annoncé à Joab et aux autres gens d'armes que le roi menoit si grand courroux pour l'amour de son fils ; si en furent très indignés. Lors Joab vint au roi David et lui dit ces paroles :
Cotifuditti hodie vultut omnium servorum tuorum, qui talvam fecerunt animam tuam. Diligis odientes te et odio hahet diligente» te, et ostendisti hodie quia non cura* de ducibus tuis et de servit tuis : et vere cognovi modo, quod si Absalon viveretetomnesnotoecubuissemus, tune placeret tibi. Nune igitur surge et procède, et alloquent satisfae servit tuis. Juro enim tibiper Dominum, quod si non exieri», ne unus quidem remansurvs sit tecum nocte hac : et pejus erit hoc tibi qtiam omnia mala quai vénérant su-
CHRONIQUES D'ËNGUERHAND DE MONSTRELET. [1407
per te ab atbUtseentia tua lUjjftM in prœHtu, (Seribitur 2, reg. XIX.) C'est-à-dire que le bon Joab s'en viol au roi, et lui dit mérité sans flatter^ c'est à savoir : « "Tu bais ceux qui t'ai- » ment et aimes ceux qui te baient. Tu eusses » bien voulu que nous eussions été tous occis, » et qu'Absalonton fllsvesqutt, qui avons mis » nos corps en très grand péril de mort à com- » battre entour lui, pour toi sauver. Et pour » ce les gens d'armes et le peuple en sont in- » dignes contre toi ; que si tu ne viens seoir & u la porte pour les remercier à lie chère * » comme ils entreront dedans, ils feront un » autre roi et t'ôteront ton royaume , et onc- » ques si dolente journée ne te advint si tu ne » fais ce que je dis. »
Le roi, considérant que son connétable lui disoit vérité , s'en vint à la porte se seoir pour mercier les gens d'armes comme ils entroient dedans , et leur fit bonne cbëre et joyeuse. £t en ce présent exemple fait moult à noter que le bon chevalier Joab occit le fils du roi contre le commandement du roi, et n'obéit point i son commandement, pource qu'il étoit au préjudice de Dieu , du roi et de son peuple. Jtem, nonobstant qu'icelui Joab l'occit, ils avoient toujours été amis ensemble ; et tant que le dit Joab au dit Absalonjavoit fait sa paix par devers le roi David , son père, d'un meurtre qu'U avoit fait en la personne de son frère aîné , fils du roi David , qu'il avoit occis ; et en avoit icelui Absalon été Aigitif hors du royaume par quatre ans.
Mais aucuns pourroient arguer contre les choses dessus dites , pource que quand le roi David fut au lit de la mort , il enchargea & son fils Salomoo , qui devoit être roi après lui , qu'il ftt justice du dit Joab. A ce je réponds que ce ne fut pas pour le cas dessus dit, car nonobstant que Joab fût bon chevalier et loyal au temps qu'il occit le dit Absalon, néanmoins, envers la fin de ses jours, il commit deux grandes fautes. La première, fut qu'il occit un très bon chevalier et homme d'armes, nommé Amasa ; et en le baisant le prit par le menton d'une main , et de l'autre lui bouta une épée parmi le corps , en disant : Ave, frater Amasa. Dieu te garde , frère Amasa. La seconde ,
' ATee figure joyewe.
qu'il occit un cr^s bon chevalier, nomnoé Abner , aussi par grand' trahison ; et pource que le roi David n'avoit point puni le dit Joab des deux homicides dessus dits , qu'il avoil perpétrés si déloyaument , il en fit conscience au lit mortel, et chargea le roi Salomon qu'il en fit justice après son trépassement, et qu'il le punit en ce monde , et le priv&t de la vie du corps pour éviter la damnation perpétuelle du dit Joab, et lui dit ainsi :
Tu notti qwe feeerit miki Joab filius SarvUe, quœ feeerit duobiu principibus exercitui Israël, Abmr filia Ner, et Amuœ filio Jether, quot œeidit et effudit tanguinem beîli m paee. Faeiet ergo jtasta tapientiam tuam. et non deducet canitiem ejus paeifice ad infero». ( Seribitur 3 , Reg, n.) C'est-à-dire : Les deux chevaliers » princes de la chevalerie dlsrael ont été tués » déloyalement et en la paix de Dieu et de » son roi ; et je fais conscience de ce que je » lui ai été trop favorable ; et pour ce , si tu ne » le punis , tu seras cause de la damnation de » son ame. ■>
Je fais ici un nota. D n'est nul si bon chevalier au monde qu'il ne puisse bien faire une faute , voir si grand' que tous les biens qu'il aura faits devant seront adnicbilés. Et pour ce, on ne crie aux joutes ni aux batailles : Aux preux I mais on crie bien : Aux fils des preux ! après la mort de leur père ; car nul chevalier ne peut être jugé preux , si ce n'est après le trépassement. Ainsi avez le deuxième exemple du tiers article.
Delà reine Atbalie.
Le tiers exemple sera d'une reine, qui avoit nom Atbalie, reine du royaiune de Jérusalem, de laquelle dit la Sainte-Écriture : Athalia vero mater régit Ochozite, videns fUium tuum mortuum, mrrexit et interfeeit omne temen regium. ToUent autem Jotaba plia régit Joram et toror Ochozite. Joas filium OehotÙB, furata t*t eum de medio filiorvm régis qui interficiebantur. et nutrieem ejut, detridinio; et abeeondit ewm a fade Athdia, ut non interficeretur. {Reg. 4, c. XI.) C'est-à-dire dire qu'icelle mauvaise Atbalie, regardant que le roi Ochosias, son fils, étoit trépassé, et qu'il n'avoit laissé que petits enfants, pour à soi attribuer la seigneurie, par convoitise et mau-
UVRE PREMIER
Ttite coneapisceQoe et lytaimie, occU les enfiwU du dit rot son fila; et furent tous occis, flxoqrté qoe par la grâce de Dieu et d'une vaillante dame, qui ëtoit tante des dits enfants, scBur & leur pire, embla un uonunë Joas au berceau de sa nourrice et l'envoya secrètement i l'éTèque du temple, qui le nourrit jusqu'à sept ans. Cependant la mauyaise reine dessus dite régna sept ans par tyrannie et déloyauté; et le huitième an, le Yaillant évoque la fit occire par aguets et espiemeats. Et puis fit courooDer le petit enfant, lequel, nonobstant qu'il fût jeune, et qu'il n'eût que sept ans, gouverna très bien le dit royaume par le conseil du vaillant bomme ëvèque et autres très bons évoques et prud'hommes, car la Saiate-£criture dit ainsi :
Joai regnavit XL annit in Jerutahm. feextfM rêcUim eoram Domino cwMti» ditbut, quir htu dœmt «um Joiada laeerdot.
Ainsi avez Je troisième exemple, qui est (onuoent convoitise d'honneur vaine, qui n'est iDtre chose que concupiscence et volonté délordonaée A toUir à autrui sa noble dominalion et seigneurie, fit là dite reine être meurtrière, busse et d^oyale, pour d>tenir par force et tyrannie la couronne et seigneurie du royaume de Jérusalem ; et si avez ouï comment par aguets et espiements elle fut occise, car c'est droit, raison et équité que tout tyran soit occis TÎIainement, ou par aguet et espiement, et est la propre mort dont doivent mourir tyrans déloyaux, Ainsi je fais fin du tiers article de madite majeure.
Après je viens au quart exemple de ma dite majeure, auquel je pense noter et proposer boit vérités principales par manière de conolusioB et fondement d'icelui, et- conférer huit autres conclusions par manière de corollaires, pour mieux fondor la justification de mon dit seigneur de Bourgogne. La première est que tout sqjet vassal qui, par convoitise, barat, sortilège et mal engin, machine contre le salut eorporel de son roi et souverain seigneur, pour lui tollir et soustraire sa très noble et très haute seigneurie, il pèche si grièvement et commet si horrible crime comme crime de lësemijesté royale au premier degré, et par conséquent il est digne de double mort; c'est à savoir première et seconde. Je prouve madite
proposition , car tout s«]et et vassal qui est ennemi et déloyal à son souverain seigneur pèche mortellement. Adonc ma conclusion est vraie. Et qu'il soit tyran, je le prouve p«r moiv* seigneur saint Grégoire, qui dit ainsi:
Non juste pr!ncipatur,autnonprincipaiu déco ralar. Tjrrannus est proprie qui non dominus reputatur, Nam ticut regnum reclus principatus dicitar: 6ie doffiiniam perTersam tyrannis nunenpatar.
Qu'il commet crime de lèse-majesté, il appert clairement par la description dessus dite des degrés de lëge-majesté; car il fait si grand offense que plus ne peut à la majesté royale en la propre personne du prince. Qu'il soit digne de double mort, première et seconde, je le prouve; car, par la première mort, j'entends mort corporelle, qui est séparation de corps et de l'ame; et par la mort seconde, je n'entends autre chose que damnation perdurable, de laquelle parole monseigneur saint Jean l'évangéliste dit t Qtti viotrit, non morittvr. née lœdttura morte tecunda. G'est^-dire que toute créature humaine qui aura victoire finalement sur convoitise et ses trois filles, il n'aura garde de la mort seconde, c'est à savoir de perdurable damnation.
La seconde vérité est, jaçoit ce que, au cas dessus dit, soit tout snjet et vassal digne de double mort, et qu'il commette si horrible mal qu'on ne le pourroit trop punir, toutefois est plus à punir qu'un simple sujet, en ce cas, un baron qu'un simple chevalier, un comte qu'un baron, et un due qu'un comte, le cousin du roi qu'un étranger, le frère du roi qu'un cousin, le fils du roi que le firère. YoïlA quant &Ia première partie de la seconde vérité ; et quant A la seconde partie, je le prouve.
Car en moult de degrés, l'obligation est greigneur à vouloir garder le salut du roi et la chose du bien public. Donc par ce, ceux qui font le contraire sont plus à punir en montant de degré en degré. Que ma conséquence est très IxMuie, je le prouve; c'est A savoir que le fils est plus obligé que le flrère, et le frère que le cousin, un duc qu'un comte, un comte qu'un baron, im baron qu'un chevalier, etc., à garder le bien et honneur du roi et de la chose publique du royaume; car à chacune des dites prérogatives, dignités et seigneuries corres-
CHRONIQUES D'ENGUERRAND DE MONSTRELET
pond certain degré d'obligation ; et ainsi qu'ils sont greigneurs et plus nobles, greigneure et plus forte est r(d[)Iigation ; et pour tant que plus en a et de plus nobles, de plus est obligé, comme dit est en l'autorité de saint Grégoire dessus alléguée : Concresctmt dona et rationet donorum.
Item, pour le deuxième argument prends-je ma dite vérité; car tant que la personne est plus prochaine du roi et plus noble, s'il fait les choses dessus dites, de tant est-ce plus grand esclande'que ce n'est d'une pauvre personne quiestlointainedu roi. C'est un grand esclande qu'un grand duc et puissant seigneur, parent prochain du roi, machine sa mort pour lui tollir sa seigneurie, que ce ne seroil d'un pauvre sujet qui n'est pas son parent. Be tant que le machineur seroit plus prochain du roi et de greigneure puissance, de tant seroit la chose plus inique, et de tant seroit de plus grand esclande, et par conséquent seroit plus à punir.
Tierçement, je prouve ma vérité dessus dite; car où il a plus grand péril, adonc il doit avoir greigneur remède de punition. Et à rencontre qu'il y ait plus grand péril, je le prouve; car la machination des prochains parents du roi , et qui sont de grand' autorité et puissance, est trop plus périlleuse que n'est la machination des pauvres gens ; et pour taiil qu'elle est plus périlleuse, ils en doivent avoir plus grand' punition, pour obvier aux périls qui en peuvent advenir, pour les refreindre des tentations de l'ennemi et de convoitise; car quand ils se voient si prochains à la couronne, advient que convoitise se boute en leur cœur. Pourquoi ils se bouteront à machiner de toute leur puissance, et à empoigner la dite couronne; ainsi n'est pas d'un pauvre sujet qui n'est pas prochain parent du roi, car il n'y auroit jamais imagination ou espérance à la dite couronne du royaume aucunement.
La tierce vérité au cas dessus dit en la dite première vérité: il est licite & chacun sujet, sans quelque mandement, selon les lois morale, naturelle et divine, d'occire ou faire occire traître déloyal et tyran, et non pas tant seulement licite, mais honorable et méritoire, mémement quand il est de si grand' puissance que justice ne peut bonnement être faite par le souverain ; je prouve cette vérilé par douze
raisons, en l'honneur des douze apôtres. Desquelles raisons les trois premières sont trois autorités de trois philosophes moraux, les autres trois sont de trois autorités de sainte église, les autres trçis sont de trois lob civiles et impériales , et les trois dernières sont exemples de la Sainte-Ecriture. La première des troisautorités des trois docteurs de sainte théologie est du docteur saint Thomas, qui dit, en la dernière partie du second livre des Sentences .- Quando aliquis dominium sibi per violentiam surripit nolentibus subditit. ted etiam ad cohgemnim coaetis, et non est reeurnu ad auperiorem, per quem de tait judicium posset fieri; talig enim qui ad liberationem patriœ talem tyrannum oceidit, laudem et prœmium accipit. Hic prinium laudatur. Idem, débet laudari quia faeit opus dignum laude. Idem licitum prœmium et honorabile accipit, et idem débet aeeipere. lUe faeit opus meritorium, quia nuUum opus ett dignum, primo nisi fiât meritorium, A parler brièvement, et proprement, le docteur dessus dit veut dire que ce sujet qui occit le tyran dessus dit fait œuvre de louange et rémunération.
La seconde autorité est Salberientis, tacrw tkeologiœ eximii doctori». in libro tuo Polycrati (lib. 2, c. 15), sic dicentis : Amico adulari non licet, ted aurem tyranni mulcere licitum est ; et Mimque scilicet tyranno licet adulari. quem tieit oceidere. C'esl^-à-dire qu'il n'est licite & nulli de flatter son ami , mais est licite de adompter et endormir par belles paroles les oreilles du tyran; car puisqu'il est licite d'occire le dit tyran, il est licite de lui blandir par belles paroles et signes.
La troisième est de plusieurs docteurs, que je mets tous ensemble, afin que je n'y excède le nombre de trois ; c'est à savoir : Ricardi de MediavUla, Alexandri de Halis, et Astensis in summa. qui eonclusionem prœfatam ponunt in effectu. Et y adjoins pour greigneure oonflrmation l'autorité de saint Pierre l'apôtre, qui dit ainsi : SuMiïi estote régi quasi prœceUenti. sive ducibus tamquam ab eo mistis ad vindictam malefactorum, laudem vero bonorum, quia sicest voluntasDei. {Scribitur in prima Pet. 2.) €'est-à-<iire que la volonté de Dieu est que tous obéissent au roi, comme excellent et souverain seigneur sur tous les autres do son