‹ Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire, Volume 9Chapitre 700 sur 761 · CHAPITRE CCXXXVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXXVn

CouiineBt le pape Eag^c enTOfa lei leUrei en plariemn lieux de la chrélienié, et la teneur d'icelles.

Au commencement de cet an, furent envoyées unes bulles par notre saint père le pape Eugène contre ceux tenant le concile de Bàle, dont la teneur s'ensuit:

« Eugène, évéque, serf des serfs de Dieu. Tous exemples, tant du nouvel comme du vieil testament, nous admonestent les etîiAes et defbules, spécialement griefs qui sont et attentent à l'est^ndre et division de la chose publique et du peuple & nous commis et baillé, que nous ne les laissons paiser sous silence, ni que nullement ne les laissons inrpunis. Et si les fautes par lesquelles Dieu est grande-

UVRE SECO^D

ment offensé nous différons à poorsuivir et -venger, certainement nous provoquerions la divine sapience à se courroucer; car il est plusieurs deffaules ésquelles grandement pèchent ceux qui relâchent et diffèrent de vengeance, quand ils les doivent punir. Juste chose est et à raison consonnante, selon la raison des sainte pères, que ceux qui contemnent les divins mandements et désobéissent aux paternelles ordonnances selon saintes institutions, soient corrigés des plus cruelles vengeances, afin que les autres aient honte de commettre les crimes, et toute concorde fraternelle se réjouisse, et que tous prennent exemple de crémeur et de honnêteté ; car s'il étoit ainsi, que Jà ne soit ! que la vigueur et sollicitude de l'église fût par nous délaissée négligemment, la discipline de l'église périroit par notre paresse: ce seroit chose moult nuisant aux âmes des bons et loyaux chrétiens. Donc faut retrancher la mauvaise chair de la bonne, et la brebis rogneose du troupd, h ce que toute la maison et les bêles ne périssent et ne soient corrompues ni infectées i car, comme dit le glorieux docteur •ainl Jérôme i Arien Ait à Alexandrie une étincelle de feu, mais pource qu'elle ne fut pas assex tôt éteinte et oppressée, la flamme s'y dépopula et alluma tout le monde. Et pour cette cause h l'évèque de Home furent de Notre- Sauveur données les clés de lier et délier, afin que ceux qui se dévoient et vont insensiblement hors du chemin de vérité et de justice, soient astreinte et contraints des liens de oor<reclion et obligation. Disons donc, de l'aulorilé apostolique, ceux qui eurent et qui mettent et mènent les autres en erreur, parles censures de l'église être baillés à Satan , à ce que leurs esprits soient sauvés, et à ce que tant eux comme les autres désapprennent de blasphémer ; et comme dit le benoit pape Sixie : « Nous ayons mémoire de présider sous le nom » d'icelle église , de laquelle la confession est » de notre très doux Sauveur Jésus glorifier, » de laquelle la foi ne nourrit jamais hérésie, » mais toutes les détruit. » Et pour ce nous entendons à nous non être autrement licite que de mettre toute notre force et puissance à ce & quoi le fait de l'universelle église soit arrêté. ■ Vérité est que es jours prochains nous présidant i la congrégation du concile géné-

ral de cette sainte sacrée église , notre bien aimé fils, maître Hutin de La Plante, docteur en lois, et notre bien aimé fils, mettre Jean dd Platon, docteur en lois, promoteur d'icelui sa* cré concile, et maître Yenture Du Ghàtel , or** donné procureur de la chambre apostolique et licencié es lois, nous ont exposé une lamen-i table querelle sous ces paroles, en disant :

» Très saint et révérend père , en ce sacré et cecuménique concile général légitimement assemblé , jà soit ce qu'une soit la sainte catholique et apostolique église romaine, que le benoit Saint-Esprit en la personne de Notre* Seigneur au livre des Cantiques le démontre en disant : « Ma colombe est une parfaite , une » «si aussi sa mère, qui l'a portée et enfantée. » Et le vaissel d'élection, monseigneur saint Paul , démontre l'unité d'icelle église et le sa» crement de cette unité, en disant 3 « Un corps » et un esprit , une espérance de notre voca-* » tion , un seigneur et une foi , un baptême , » un Dieu. » Et comme dit le benoit Gyprien t « Elle est un chef, une naissance et une mère * plantureuse de toute fécondité , et ne peilt » adultérer l'épouse incorrompue do Jésu»« » Christ, nette et pure ; elle connott une mai* » son; elle garde, par chasteté, netteté et sain-* » teté , une seule couche. » Et en un autre lieu, icelui même Cyprien dit : « Il n'a point l'oc- » clèsiastiqoe ordonnance qui ne tient l'unité » de l'église. » Et comme Pelage, pape, affirme des paroles du benoit saint Augustin, très noble docteur d'icelle église, pource qu'il ne peut être qu'il ne soit église, et faut qu'ioelle le soit, laquelle est un siège apostolique radialement constitué par la succession des èvêques, néanmoins dès le commencement d'icelle église la libidinosilé et l'outrage effréné d'aucuns hommes a toujours attendu de déchirer et de délranoher l'unité d'icelle à rencontre desquels la divine vengeance premièrement , et apr^ l'autorité des saints pères se sont élevées.

» Quiconque donc par hardiesse , sacrilège et diabolique persuasion présumera d'entamer cette sainteté, et, sans nulle macule, unité de l'église , celui sacré canon le [démontre el enseigne ennemi de l'église ; et ne peut avoir Dieu à père s'il ne tient l'unité de l'église universelle { et ne p«at celui ni nul en rien con-*

CHKONIQUËS D'ENGIERRAND DE MONSTRELET.

venir qui no convient avecque le corps de l'église cl l'universelle fraternité ; car comme Jésus-Christ soit mort pour l'église et l'église soit le corps de Jésus-Christ , il n'est point de doute que qui divise l'église , qu'il est convaincu de diviser et déchirer le corps de Jésus- Christ. Et à cette cause, par la volonté de Dieu, en ses scbismatiques Dathan et Abiron, qui contre l'honneur de Dieu faisoient schisme et division, telle vengeanr« vint que la (erre s'ouvrit et les engloutit tout vifs ; et les autres qui les adhéroicnt furent consumés par feu qui descendit du ciel.

» En après, combien soit inséparable le sacrement de l'unité de l'église et combien s'acquièrent grand' perdition par l'indignation de Dieu , ceux font schisme en l'église qui délaissent le vrai époux de l'église et un autre faux évêque se constituent. On le voit es livres des Rois, où l'écriture divine déclare que quand de la ligue de Juda et de Benjamin les dix autres ligues se furent séparées et qu'elles eurent laissé leur droit roi et en eurent constitué un autre, Notre - Seigneur fut indigné contre toute la semence d'Israël et la donna en dérision et division , et aussi qu'il la déjeta de sa face. Et dit celte écriture .- « Notre-Sei- » gneur avoir élé indigné et iceux avoit don- » nés en perdition qui s'étoient séparés et » dissipés d'unité et se avoient autre roi con- » stitué. Et a toujours été si grande de Dieu » l'indignation contre ceux qui ont fait schisme » et division, qu'aussi quand l'homme de Dieu » fut envoyé à Jéroboam , qui lui reprochoit » et blàmoil ses péchés et lui prédisoit la ven- » geancc que Dieu en vouloit prendre , Dieu » lui avoit défendu qu'il ne mangefll du pain » ne bût eau avecque icelui Jéroboam ; la- » quelle chose il trépassa contre le comman- » dément de Dieu; et tantôt après, par la di- » vine sentence , il fut lellement persécuté » qu'ainsi qu'il venoit du dit Jéroboam , il lui » vint un lion 1res impileusement, qui l'occit. » Esquelles choses, comme saint Jérôme afflrme, nul ne doit avoir doute que le crime de schisme ne soit et ait élé de Dieu grièvement puni. Comme doncque jà piéça en un saint sacré concile général de Constance, ce pernicieux schisme a travaillé et donné alTliction à l'église de Dieu et fi la religion chrétienne, à

très grand' perdition d'ames, et non mie laBl seulement d'hommes , mais aussi de cités cl provinces, par persécution cruelle et longue ; et depuis , par l'ineffable miséricorde de Dieu (oui-puissant, et aussi par les grands labeurs, angoisses et dépens des rois et princes , tant ecclésiastiques comme séculiers , et aussi de moult d'universités et d'autres loyaux chrétiens eut élé apaisé, et croyoit-on l'église parfaitement, comme chacun le désiroit ,.en joie de parfaite paix , tant par l'élection de bien aimée mémoire le pape Martin , comme aussi après son (repas par l'indubitable , unique et canonique assomption de vous à la haulesse de l'apostolat ; mais maintenant voici que nous sommes contraints de dire comme Jérémie le prophète : « Nous avons attendu paix , mab » voici tribulation. » Et derechef avec Isale : X Nous avons attendu lumière, et voici lè- » nèbres ; » car plusieurs enfants de perdition et iniquité , peu en nombre et légers d'autorité, à BAle, après la translation du concile, lequel avoit là eu vigueur par une espace, par votre autorité , laquelle translation a élé faite par justes , évidentes , contraignants et nécessaires causes, canoniquemenl pour la très sainte et à tout le peuple chrétien très désirée union des Grecs et de toute l'église orientale , de toutes leurs forces, de toutes leurs douleurs, par cautelle, se sont efforcés de pécher. Car quand les devant dits appeleors qé étoient demeurés à Bile eurent failli aux Grée de leur promesse, et qu'ils aperçurent par les orateurs grecs et de l'église orientale que très noble prince messiro Jean Palé(4oguo, empereur des Romains, et aussi Joseph de bonne mémoire , patfîarche de (]onstantin<^lc, avecque plusieurs autres prélats et autres hommes de l'église orientale devoitmt venir au lieu élu pour célébrer le concile œcuménique, et que votre sainteté étoit là venue avec plusieurs prélats, orateurs et autres innombrables A très grands dépens et frais, pour détourner la venue du dessus dit empereur, ont été descemer nn monitoire détestable contre votre sainteté et contre mes très révérends seigneurs , inesseigneurs les cardinaux de l'église de Ronoe. Et quand ils aperçurent les devant dits empereur et patriarche de l'église orientale venir, ils ailèrenl de fait proposer contre votre sainteté une

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