LIVRE SECOND
« hem , el néanmoins le roi, pour toujours de plus en plus montrer et donner à connottre son bon propos et volonté , en continuant ce que par monseigneur le chancelier avoit Tait savoir à ma dite dame la duchesse de Bourgogne, est CQntent de tenir journée avec ses dits adversaires les Anglois , pour le bien de paix, au vingt-cipquiéme Jour du mois d'octobre ensuivant , es marches ci-dessus décla* rées , c'est i savoir entre Ponloise et Mantes, entre Chartres et Yerneuil , entre Sablé et Le Mans, jusqu'à la place'moyenne devisée et prise par les ambassadeurs commis d'une part et d'autre. Et ne peut le roi plus tôt prendre journée qu'au dit vingt-cinquième jour, pour deux causes très raisonnables. La première, si est, qu'il vouloit être retourné de la journée de Tartas au temps dessus dit el être prés du lieu où la dite convention se tiendroit, accompagné de messeigneurs de son sang qui être y voudroient ou de leurs gens ; aussi des prélats, barons et grands seigneurs et autres notables hommes de son royaume; mèmement de ceux de la nation de Normandie, sans lesquels, avec les autres dessus dits, il n'a intention de procéder ni besogner en la dite cause et matière de paix , ainsi 'que 'raison est , vu qu'ils ont bien acquitté leur loyauté envers le roi son père et lui; et tant y ont soufferts qu'ils ont bien desservi d'y être appelés et d'en avoir l'opinion d'eux et leur conseil , et aussi pour ce que la chose leur touche plus qu'é nuls autres. L'autre cause, si est pour les anciennes alliances qui sont entre les nations d'Espagne et de France et celle d'Ecosse, tesquelles jusqu'à l'heure présente se sont bien entretenues ; le roi envoiera icelui temps pendant , devers les dits rois d'Espagne et d'Ecosse et les autres alliés, pour eux «gniâer la cause de la dite convention, afin d'avoir leur avis, conseil el consentement ; car, par les anciennes alliances qu'ils ont ensemble, ils ne peuvent ni doivent faire paix finale ou prendre longues trêves aux dits Anglois sans le consentement les uns des autres ; car toujours depuis les dites alliances faites entre les dessus dits rois de France, d'Espagne et d'Ecosse et autres, eUes ont été bien gardées et entretenues, el de par le roi , qui, à l'heure présente, les a confirmées, ni pour rieo ne les
voodroit enfreindre ni aller au contraire ; et bien a cause de ce faire , car il a trouvé les dites alliances entre eux bonnes et sûres et les gens de leurs pays ; et ont fait leurs sujets de grands services à la maison de France; et iwurce que le roi doit désirer et désire que les devoirs en quoi il s'est mis et veut mettre, lesquels , comme lui semble, dévoient être tenus de tous gens très licites et raisonnables , soient connus partout, maintenant et pour le temps à venir, et que ce soit son acquit et décharge envers Dieu et le monde, il a intention de signifier les devoirs dessus dils, en quoi il s'est mis , et l'offre que de présent il fait de tenir convention avec les dits adversaires pour le bien de paix es lieux dessus dits, qui avant ou plus sont à sûreté de partie adverse , comme du roi à notre saint père le pape, aux dils rois d'Espagne et d'Ecosse et autres sei-' gneurs ses alliés. En outre, le roi fera savoir à la partie d'Angleterre, afin qu'ils y envoient. Et requiert le roi à monseigneur le duc d'Orléans , à messeigneurs les ducs de Bourgogne et de Bretagne , .et à madame la duchesse de Bourgogne, qui en cette matière se sont employés , que devers la dite partie d'Angleterre ils veulent envoyer aucuns de leurs gens pour exploiter, induire et mouvoir à renvoyer leurs ambassades solennelles , avec bon et suffisant pouvoir, au jour et an dessus dils , pour illec besogner au bien de la matière de paix ; auquel n'y aura point de faute que le roi n'y envoie gens noldïles ayant pouvoir suBIsant.
» llem , le roi veut dés maintenant ouvrir et découvrir sa volonté à messeigneurs, comme à ceux de qui il doit être sûr et certain qu'ils veulent l'honneur de lui et de sa couronne , ainsi comme raison est , comme ceux qui] en sont descendus et prochains, touchant certaines paroles qui furent dites , dont le roi est informé, qui servent beaucoup à la matière do paix. Lesquelles sont : qu'à la première assemblée, qui fui tenue entre Gravelines ,et Calais, présente madame la duchesse de Bourgogne et le cardinal d'Angleterre, fut prononcé par la bouche de l'archevêque d'York , que uêque tn uUimo itatu, toute la nation d'Angleterre ne souffriroit pas ni consentiroit que leur roi tint rien en hommage, ressort ni souveraineté de nul autre roi ou prince que
CHRONIQUES D'ENOUISVIUNO DE MONSTRËLET.
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d« liÛ4DtaM , qui éloit obow iml eeaeetéùHb pour psnreaîr à (pieloMique traité de paix ; et D'est poiot cbose qui se puisse et doive faire. £t pour ce, le roi est délibéré et arrêté que pour rien il se baillera ai délaissera aucune ehose aux dits Aaglois que ce oe soit en sod bomnuge, souveraineté et ressort, comme les autres vassaux de son royauBCke et ses sujets ; car il ne veut pas que oe que ses prédécesseurs ont augmenté et accru par vaillance et bon gouvernement d'eux et à l'aide de ses sujets, soit ainsi perdu; et ne pôurroit croire le roi que pour rien nul, messeigneurs de son sang ni les vaillants notables hommes de oe royaume s'y pussent consentir, ni encore, si faire le vouloit, le souffrir, considéré la bautease et excellence de la couronne 4o I* dite maison de France.
» Ittm , qu'afln que chacun connaisse lea devoirs que le roi a faits Jusqu'à présent pour entendre & avoir la dite paix, et que pour le temps à venir chai^ ne lui en pût être im-i putée, il fera, pour être en mémoire, enregistrer en sa chambre des comptes cette présente réponsç.
» Item , au regard de ce qu'ils opt requis provision convenable devant l'allée du roi à Tartas, aux nouvelles entreprises des Angloia au pays Cbartrain et de Beauoe, le roi y donne remède et y envoie le bAtard d'Orléans, que les dits princes ont et auront bien agréa- Me , avec puissance de gens de guerre , pour résister aux dites entreprises.
» Ifem , que pouree que les dits seigneurs se doivent prochainement assembler à Nevers, ont les dits ambassadeurs requis au roi qu'en entretenant toujours o« que par ses ambassadeurs avoit ttkU savoir aux dessus dits seU gneurs, qu'il étoit content que monseigneur le duo de Bretagne s'assemblât avec eux au dit lieu de Nevers , il plaise au roi écrire derechef et mander qu'il s'assemble au dit lieu de Nevers avec les dits seigneurs, en lui envoyant son sauf-conduit et sûreté, si besoin est.
» Le roi fit savoir par monseigneur le chancelier et messire Louis de Beaumont qu'il étoit content de leur assemblée , espérant les voir en sa ville de Bourges, ou en quelque lieu qu'ils fussent venus, et leur eût fait bonn» chère et vu volontiers comme ses plus pro-
duûnt partais, «t eoromuninoé avecque «ox sur les affaire» de son royaume. Et q»aAl à la venue de monseigneur de Bretagne k N«-> vers, le roi s'émerveille de ce qu'ils n'ea tooi mention ni plainte-, car le roi éloit en bonne intention que s'il fût venu par terre, que aoa plaisir étoit qu'il pass&l par Tours pour l'aecompagner au dit lieu de Bourges , à la venue des dits seigneurs, si bonnMnent et & l'aise de sa personne se pouvoit faire. Autremeat eût pu seuibter au dit duc de Bretagne que le roi se fût voulu étranger de lui. Et néanmoins k roi envoya le sire de Gaueourl avec lettrespatentes , lesquelles il a devers lui , pour lavoir s'il vouloit aller par eau par Blois el Orléans, pour lui conipagaer et lui faire ouverture comme à sa propre personne. Et dereohef écrire au dessus dit duo de Bretagne de rassembler à Nevers, ne semble poiot au roi que ce soit chose raisonnable ou coate* nable que les dits seigneurs fassent «aserablée pour traiter des faits de ce royaume en l'alH aence du roi ou sans ion oommiadcinent ; mais le roi , h son retour de Tarlai, a bien intention de les requérir de leur aide, etuueil et secours, e^ mettre armée sus, la plus grande qu'il pourra , pour entrer en Normandie , à ce qu'il ait meilleur trfité de paix , ou qu'il puisse, i l'aide de Dieu et d*eux, recouvrer m seigneurie.
» Item, au regard de Justiee, ont requis an roi que tant en parlement qu'autres offices de Justice de ce royaume , il lui plaise coanmettre personnes sages et expérimentées au fait de justice, et pourvoir aux offlees et non point aux personnes.
» Le roi, à son pouvoir, a toujours mis, éla et constitué en son parlement les meilleurs et les plus sages et plus idoines oleros qu'il a pa trouver ni flner-, et encore y sont des plus sa^ ges el des plus notables pour le présent cohh mis clercs, juristes et expérimentés de ce royaume. Et en foveur et requête de monsei^ gneur le duc de Bourgogne, le roi a mil douie, tels que mon dit seigneur de Bourgogne loi a voulu nommer, d'autres seigneurs. Quand ib ont requis pour personnes qui le vaillent es autres offices de la justice du royaume, le toi y a mis gens notables et suffisants pour exweer bien et dûmept les dits offlees, tant par eus